CHLORURE DE ZINC
secondaires du sel ferrique, après absorption et diffusion dans l'économie. Dans ce cas, non-seulement la présence des matières albuminoïdes n'est pas à redouter, comme on le croit généralement; mais je pense, au contraire, qu'une solution de blanc d'œuf serait un excellent véhicule, à la condition d'y ajouter, goutte à goutte, la liqueur de Perchlorure de Fer, et d'agiter chaque fois afin que le sel ferrique rencontre aussitôt un grand excès d'albumine pouvant l'incarcérer. L'absorption s'exerce sur ce composé ferrico-protéique duquel le Perchlorure de Fer s'échappe intact en passant dans l'urine ou d'autres sécrétions non albumineuses.
Pour fortifier l'action astringente, anticatarrhale et hémostatique du Perchlorure de Fer, il est bon de l'associer à diverses substances synergiques, telles que l'ergot ou ses préparations, les balsamiques, et spécialement les huiles essentielles.
Je le prescris avec l'essence de térébenthine et l'ergot contre l'hémoptysie, l'hématurie, les métrorrhagies, etc. Guibert donne la formule suivante contre la blennorrhagie chronique : Solution normale de Perchlorure de Fer, 2 grammes; ergotine de Bonjean, 3 grammes; extrait oléo-résineux de cubèbe, 5 grammes. Pour 50 pilules.
Le professeur Marcacci emploie un Perchlorure double de Fer et de Manganèse pour aviver les trajets fistuleux, exciter le bourgeonnement des plaies et hâter la cicatrisation des os et des parties molles. Il s'en sert également pour la cure de l'hydrocèle, mais la solution ne doit marquer que 6°.
Afin d'augmenter les propriétés coagulantes du sel ferrique, Adrian conseille de l'unir à un chlorure alcalin et recommande la formule : Solution de Perchlorure de Fer à 30», 25 grammes; chlorure de sodium, 15 grammes; eau distillée, 60 grammes.
De son côté, Jeannel propose un nouveau Perchlorure de Fer contenant cinq équivalents de protosyde de fer, ce qui donne la formule Fe^ Gl^+5 Fe^ 0', et auquel il attribue la propriété de former un coagulum stable, ne pouvant se redissoudre, et d'être peu douloureux pour les surfaces avec lesquelles il est mis en contact. II est clair qu'un tel composé dans lequel se trouve un excès de fer disponible, n'est point assimilable au simple Perchlorure ferrique généralement employé par les praticiens et n'est nullement passible des objections que je fais à ce dernier, envisagé comme recorporant hématinique. Je considère au contraire la préparation de Jeannel comme pouvant à l'occasion rendre le double service d'arrêter les hémorrhagies et de restaurer les globules sanguins.
Les injections de Perchlorure de Fer se font avec 1 à 2 ou 3 grammes au plus de Solution normale dans 150 grammes d'eau pure ou de décoction de Guimauve et de Pavot.
CHLORURE DE zixc, Chloruretum zincicum.
Angl. Chloride of Zinc. — AU. Zink Chlorûr.
Le Chlorure de Zinc (ZnGl) est un sel de consistance de cire, déliquescent,
soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Il contient parfois 12 pour 100 d'arséniate de zinc.
Action physiologique, — Appliqué sur la peau dépouillée d'épiderme, le Chlorure de Zinc détermine en quelques minutes une eschare blanchâtre, épaisse et très-dure, qui tombe après un laps de temps sensiblement égal à celui que met à se détacher la rondelle d'un cautère produit par la pâle de Vienne. Le délai est moindre s'il s'agit d'un tissu morbide. Naturellement cette mortification est accompagnée d'une violente cuisson. La présence de l'épiderme n'est pas un empêchement absolu; elle retarde seulement les effets du caustique.
De petites doses de Chlorure de Zinc portées dans l'estomac détermineraient une stimulation plus ou moins marqaée de la muqueuse et une sensation analogue à celle de la faim. Des doses plus fortes occasionneraient de la gastralgie ; enfin une quantité excessive de Chlorure de Zinc agirait comme un poison corrosif, et donnerait lieu à la série des accidents locaux et autres qui caractérisent tous les empoisonnements de cette sorte : vomissements, sueur froide, algidité, dépression du pouls, suppression des urines, crampes, etc.
Substances syiÎergiques, auxiliaires. — Les caustiques sont congénères du Chlorure de Zinc pour sa principale propriété physiologique ; mais il n'en est point, à part le Chlorure d'Antimoine, dont on fasse son auxiliaire thérapeutique.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — Les corps gras gênent l'action du Chlorure de Zinc de même que celle de tous les poisons uniquement solubles dans l'eau; les mucilagineux et les narcotiques en atténuent les effets. Mais les antagonistes spéciaux du Chlorure de Zinc, sous le rapport chimique, sont les alcahs, leurs carbonates et les sels alcalins à acides très-faibles. Aussi l'eau de savon est-elle administrée avec avantage comme contre-poison du Chlorure de Zinc. On donnerait avec le même succès la lessive de cendre ou les cendres elles-mêmes dont la soude précipiterait l'oxyde de Zinc en faisant du Chlorure de Sodium. Il n'y a rien à dire sur les antidotes dynamiques d'un agent dont l'action générale reste au moins douteuse.
Usages — Modes d'administration et doses. — D'après ce que nous savons de l'inertie du Zinc comme médicament antispasmodique, il n'y a rien à espérer du chlorure de ce métal dans l'épilepsie ou la chorée, maladiescontre lesquelles on l'a pourtant préconisé. Si le moyen n'était pas bon, en revanche il pouvait devenir très-mauvais à raison de son action corrosive ; on , a donc fait sagement d'y renoncer.
Le Chlorure de Zinc ne s'emploie maintenant que dans la thérapeutique chirurgicale. C'est peut-être le caustique le plus commode, en même temps que sûr pour détruire les productions homœomorphes ou héteromorphes : fongosUés'ou callosités des ulcères et des trajets fistuleux, productions epithéliales, sarcomateuses, mélaniques, végétations vasculaires ou cancéreuses. .