‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 207 sur 293 · CHLORURE DE SODIUM, SEL MARIN · texte numérisé non relu

CHLORURE DE SODIUM, SEL MARIN

urines, mais aussi par le mucus nasal, buccal, et par d'autres voies (Bergerel). La proportion dans les urines varie suivant les conditions physiologiques et morbides : diminuant quand on cesse de s'alimenter ou quand on supprime une partie de la ration normale, augmentant au contraire quand on sale davantage les aliments ou qu'on se nourrit de salaisons. Il se pourrait bien que les variations pathologiques fussent simplement l'expression de ces changements de régime, attendu que la cote des chlorures ne hausse jamais et que la baisse généralement observée trouve naturellement son explication dans l'abstinence du sel, dont le goût déplaît souvent aux malades et dans l'usage exclusif ou prédominant des aliments farineux et des boissons sucrées. Il serait rationnel d'interpréter de la sorte le fait de la diminution du Chlorure de Sodium chez les diabétiques (Na-«se et Scherer), chez les cholériques (O'Shanghnessy, Rayer, Mùlder), chez les ictériques (Lecanu), chez les chloroliques (Jennings) st chez les tuberculeux (Lehmann). Mais la pneumonie se prêterait moins bien à cette explication s'il restait établi, conformément aux recherches de Beale, que le chlorure sodique, absent pendant l'hépatisation, reparaît à mesure que l'inflammation se résout, et que, durant la période d'état de la maladie, ce sel est retenu dans le sang, où sa proportion arrive à dépasser notablement celle de l'état normal.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les Sels neutres en général, et spécialement les chlorures, agissent à la manière du Sel marin, tant comme cathartiques que comme excitants de l'hématose.

Comme stimulant du tube digestif, le Sel a pour auxiliaires les condiments et les assaisonnements usités chez les différents peuples.

Substances antagonistes et incompatibles. — Tout ce qui s'oppose au conflit de l'oxygène avec les hématies est antagoniste du Chlorure de Sodium. De ce nombre sont : l'eau de Laurier-cerise et l'Acide cyanhydrique, probablement aussi l'Arsenic et l'Antimoine.

Les invisquants et les délayants sont les correctifs des effets topiques et généraux du Sel marin, Ses incompatibles sont les sels d'argent, lesquels donnent du chlorure d'argent insoluble, sauf en présence d'un excès d'albumine.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Sel marin est le condiment le plus usité et le plus indispensable. C'est le meilleur stimulafit des fonctions digestives dans la dyspepsie atonique et les accidents secondaires : flatulence, acor et pyrosis, diarrhée lienlérique, et l'un des excitants généraux les plus utiles dans les affections de langueur, l'anémie, la chlorose des scrofuleux et des tuberculeux, dont il modifie également l'état diathésique. Il a rendu quelques services dans le choléra infectieux (Ghomei, Aran, Ri^ chard) et serait plus utile dans l'entérorrhée vulgaire et le cholé.'a nostras. On en retirera de grands avantages dans les deux diabètes : sucré et albumineux. Je l'ai fortement recommandé, dès 1865, dans le traitement de l'albuminurie, spécialement sous forme d'eaux minérales chlorurées sodiques, comme celle de Friedrichshall; mais les eaux protogéiques da massif volcanique de l'Auvergne, auxquelles j'ai donné le nom de lymphe minérale, se-

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raient alors particulièrement efficaces. On l'emploie comme tonique général dans les cachexies et les maladies asthéniques. Lind faisait boire de l'eau de mer aux scorbutiques. Quelques médecins (Morosohkin, Piorry, Brugs, Lari- Yière, Hutcbinson, etc.) ont conseillé contre les accès de fièvre intermittente l'emploi du Chlorure de Sodium qui réussirait mieux sans doute comme moyen préventif, à la manière du. vin, du café et des toniques, ou bien comme modificateur mélatrophique dans la cachexie palustre. Ce traitement infidèle et illusoire a de plus l'inconvénient de causer aux malades une répugnance invincible et bien naturelle puisqu'il s'agit de prendre deux ou trois fois par jour, dans cent grammes d'eau, une dose de Chlorure de Sodium qui n'est pas inférieure à trente grammes. Amédée Latour préconise justement le traitement chloruré dans la tuberculose pulmonaire et ganglionnaire. Labourdette conseille dans ce cas le lait des chèvres ou des vaches à la nourriture desquelles on ajoute une forte ration de Sel marin.

Les eaux naturelles chlorurées-sodiques de Balaruc, N.iederbronn, Saint- Nectaire, etc., joignent à leur action légèrement laxative quand elles sont bues en grande quantité, l'avantage de fournir, par l'absorption d'une partie de leurs principes minéralisateurs, des éléments très-favorables à l'activité de l'hématose.

Le Sirop de Chlorure de Sodium, qui renferme 5 grammes de Sel par 30 grammes, est une préparation peu utile. L'addition d'eau de Laurier-cerise pour aromatiser ne me paraît pas recommandable, en raison de l'antagonisme physiologique du correctif vis-à-vis de la substance principale.

A l'intérieur, on emploie le Sel marin comme stimulant, comme irritant et comme résolutif.

La Solution sert à lotionner les ulcères sanieux, les régions contusionnées et meurtries, les surfaces affectées de pityriasis ou d'autres dartres furfuracées. On applique aussi des compresses d'eau salée, ou bien un Uniment composé de sel, d'axonge et d'huile de lin, sur les engorgements lymphatiques. Ce topique provoque une éruption varioliforme (Ancelon) analogue à celle de la pommade stibiée. Les Baitis de mer froids et chauds sont usités comme toniques chez les sujets débilités. On fait prendre au même titre des Bains de mer artificiels préparés avec 6 à 8 kilogrammes de Sel marin dans une baignoire de 200 à 300 litres.

On emploie encore le Sel marin en collyre liquide dans certaines ophthalmies chroniques d'origine strumeuse. Enfin, une cuillerée à soupe de Sel de cuisine dans 500 grammes d'eau constitue un lavement purgatif très-sûr et très-énergique.

CHLORURE DE POTASSIUM, Chloruretum potassicum.

Le Chlorure de Potassium (KCl) existe en faible proportion dans l'eau de mer et dans quelques eaux minérales salines. Il se rencontre également dans les liquides végétaux et animaux, notamment dans le suc de la viande, dans les hématies et dans le lait.

Action physiologique et usages. — Cette dernière particularité fait prévoir que le Chlorure de Potassium, qui possède d'ailleurs les propriétés du Chlorure de Sodium, doit stimuler davantage la combustion respiratoire, notamment dans les muscles, et la sécrétion lactée.

De même que le Sel marin dont il a le goût, le Chlorure de Potassium était employé jadis comme sudorifique, résolutif et fébrifuge, à la dose de 1 à 4 grammes. On le connaissait sous le nom de Sel fébrifuge ou Digestif de Sylvius, ou celui de Sel ammoniac diurétique.

Pereira suppose qu'il pourrait être efficace contre le scorbut.

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