‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 209 sur 293 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

lODURES.

lODVRE DE POTASSIUM,, loclurelum potassiGum. Axigl. Joclicle or loduvet of <Polassium. — Ail. Kalium iodatum, lodetum kalicum, lod Kaii.

L'Iodure de Potassium (Kl) est rare dans la nature, mais l'Iode se rencontre dans l'eau des mers et dans les productions marines des deux règnes organiques : les Algues, les Éponges, les Huîtres et même les Mollusques, etc. Il existe aussi dans les eaux minérales en compagnie du .brome (voy. Bromure de Potassium).

Action physiologique. — L'Iodure de Potassium exhale souvent une légère odeur d'Iode, parce qu'il en renferme habituellement un -excès, et que, d'ailleurs, l'acide carbonique de l'air en^dégage une faible proportion de sa combinaison avec la base alcaline. Il possède une saveur salée et amère, spéciale et désagréable. Localement, il exerce une légère irritation qui se traduit à la peau, après des frictions réitérées, par de l'érythème, de la cuisson et par une éruption vésieo-pustuleuse acnéiforme, un peu furonculeuse même. Du côté des muqueuses on observe, suivant les doses, ou bien un peu de chaleur dans la gorge et dans l'estomac avec une. augmentation d'appétit, ou bien un certain degré d'acreté et même une véritable douleur gastralgique. Introduit dans le sang, l'Iodure de Potassium se comporte comme l'iode, à la manière d'un excitant général. Le pouls devient plus fort et plus fréquent, les capillaires artériels se développent et la chaleur périphérique augmente. Cette fièvre artificielle s'accompagne de congestion céphalique avec douleur frontale, rougeur des yeux et larmoiement, ■enchifrènement, douleur au niveau de la base du nez et des sinus frontaux, écoulement séro-muqueux par les narines, irritation de la gorge et quelquefois salivation plus ou moins abondante. Tous les sujets n'y sont pas également prédisposés; les pléthoriques doués d'embonpoint, ceux chez qui le ■sang se porte à la tète ou qui ont une circulation centrale difficile, sont très-

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impressionnés par l'iodure; ceux qui sont pâles, maigres, entraînés, résistent bien à des doses élevées.

Après quelques jours d'emploi, l'élimination de l'iode par la peau se manifeste par des éruptions de formes diverses, depuis la roséole et les papules jusqu'à l'acné ou l'eczéma. Il peut survenir dès le premier jour, avec une dose qui ne dépasse pas 50 centigrammes, un œdème énorme des paupières et l'occlusion complète des yeux, une céphalalgie très-intense, des élancements dans les yeux et les oreilles, des tintouins et des éblouissements.

L'ensemble de ces derniers phénomènes constitue l'ivresse iodique (Lugol), ou ce qu'on peut appeler Viodisme aigu. Lorsqu'ils sont poussés à l'extrême sous l'influence de doses excessives, comme dans les expérimentations sur les animaux (Devergle, Cogsv^^ell), ces phénomènes, joints à l'irritation des premières voies, peuvent avoir une issue funeste.

Goindet et plus tard Rilliet ont signalé et décrit une autre espèce à'iodisme vraiment constitutionnel, caractérisé par ces trois symptômes : amaigrissement progressif, appétit exagéré, palpitations cardiaques.

Tandis que l'iodisme aigu est proportionnel à la masse du médicament ingéré, l'iodisme chronique, décrit par Rilliet, se montrerait plutôt sous l'influence de petites doses; mais comme dans les faits observés par lui il s'agissait spécialement de goitreux, Trousseau et Pidoux pensent avec raison que cette condition morbide, — de même que la cachexie exophthalmique, dispose énormément aux accidents toxiques de l'iode. Cela me paraît d'autant plus probable, que j'ai eu plusieurs fois l'occasion de constater l'intolérance pour les iodiques de la part des sujets atteints de palpitations nerveuses avec bouifées congestives de différents côtés, rougeurs subites du visage et autres signes d'hyposthénie du système nerveux vasomoteur liés ordinairement à un état d'hypoglobulie.

A dose forte et soutenue, l'iodure de Potassium produit des phénomènes plus constants et fort remarquables. Son effet le plus important est d'accélérer le mouvement de dénutrition, et conséquemment de ramener dans la circulation les matériaux adipeux simplement déposés en réserve dans les mailles du tissu sous-cutané et dans les parenchymes, ainsi que les produits plastiques nouvellement formés ou épanchés, La diminution de volume des goîtres, l'atrophie concomitante des glandes mammaires ou des testicules ne s'expliquent pas uniquement par la disparition des vésicules adipeuses ou ^es éléments embryonnaires qui n'ont pas encore droit de domicile dans l'économie. Je pense qu'il s'y ajoute la résorption des produits de sécrétion des glandes, y compris les éléments figurés (cellules épithéliales, zoospermes), peut-être une réduction de volume de chacun de leurs éléments histologiques, mais je me refuse à croire, avec Moïsisowitz, qu'il disparaisse jamais un tube de la substance testiculaire, non plus qu'un acinus de la glande mammaire ; s'il en était autrement, il faudrait donc admettre aussi la reproduction consécutive d'éléments glandulaires, puisque nous voyons des femmes arrivées

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un moment à la plus extrême émaciation, recouvrer plus tard leur embonpoint et le volume, ainsi que la consistance normale de leurs seins.

La prédominance du mouvement de dénutrition peut-elle s'expliquer? Je serais tenté de la rattacher à un phénomène analogue à l'accélération de la progression de l'eau dans les tubes capillaires, sous l'inQuence de l'Iodure de Potassium qu'elle tient en dissolution (Poiseuille). Il semble que l'Iodure alcalin enlève aux hématies la faculté d'adhérer aux parois des petits vaisseaux, assez longtemps pour que le sang puisse fournir aux différents organes les matériaux de leur réparation. Cependant, la dénutrition continuant toujours, l'économie se réparerait imparfaitement aux dépens de ses réserves normales (tissus adipeux) ou accidentelles (épanchements plastiques).

Dans cette conception théorique, l'amaigrissement résulterait non pas d'une dénutrition exagérée, mais bien d'un ralentissement de la composition ou de Ja réparation qui s'effectue aux dépens des matériaux venus du dehors. Dès lors ces matériaux, par suite de leur défaut d'emploi, devraient s'accumuler dans le sang, diminuer le besoin de la réfection et la sensation de la faim, oblitérer même l'appétit. Or, rien de tout cela ne s'observe à la suite de l'ingestion de doses répétées d'Iodare de Potassium. Cette considération m'amène à penser que cette combinaison d'Iode, à la faveur de la fluidité qu'elle communique au sang et aux autres liquides de l'économie ou par tout autre moyen, favorise la résorption des liquides ou des produits plastiques interstitiels en même temps que celle de tous les résidus de l'usure organique, et accélère directement la désassimilation. Les effets secondaires seraient l'accroissement du besoin de réparation, une rénovation organique plus rapide et, le cas échéant, une modification avantageuse dans un état diathésique morbide. Une autre conséquence découlerait de ces prémisses, c'est que la dose moyenne d'oxygène introduite par la respiration, serait insuffisante à brûler cette proportion excessive des déchets organiques dont l'oxydation resterait incomplète, et l'on verrait de la sorte diminuer l'urée, dernier terme de la combustion des substances quaternaires, et s'accroître démesurément les principes immédiats moins oxydés. Cette vue se trouve partiellement confirmée par les expériences de Rabuteau, qui a trouvé l'urée diminuée quelquefois de 40 pour 100. Il serait intéressant de vérifier l'autre partie des corollaires énoncés ci-dessus en démontrant l'accroissement des autres principes immédiats et des matières extractives.

A l'appui de la théorie que je viens de développer, j'apporterai encore un fait expérimental très-important constaté par l'un de nos plus éminents chimistes. Payen a fait connaître que l'Iodure de Potassium soit pur, soit légèrement alcalin et ioduré, en solution aqueuse saturée, peut gonfler les grains de fécule au point de leur faire acquérir des dimensions 25 à 30 fois plus considérables que le volume primitif, en produisant la dissolution de la substance centrale et une expansion énorme des couches périphériques. Et, chose digne de remarque, le Bromure de Potassium en fait tout autant.

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tandis que les chlorures alcalins ne produisent rien de semblable. On peut donc, sans forcer l'analogie, supposer que l'Iodure de Potassium est capable de liquéfier la matière glycogène ainsi que d'autres produits de l'organisme • normal ou pathologique et d'en préparer la résorption. Dans ce travail, comme dans la dotation aux liquides organiques d'une plus grande facilité de circulation dans les espaces capillaires, l'Iodure et le Bromure potassiques se montrent absolument synergiques.

L'Iodure de Potassium augmente l'appétit s'il est. pris en petite quantité, et détermine en même temps la constipation. Il amène à peu près invariablement une exagération du flux menstruel pouvant aller jusqu'à la ménorrhagie et facilite les hémoptysies chez les tuberculeux. On a mis encore l'insomnie au nombre des syniptômes de l'iodisme, mais il faut distinguer. L'Iodure de Potassium, qui congestionne, empêche, de dormir lorsqu'il détermine une fluxion excessive du côté de l'encéphale, soit en raison de la prédisposition des sujets, soit à cause de sa trop forte proportion dans l'économie. Il fait dormir au contraire les sujets dont le cerveau est anémique et j peu excitable. C'est exactement l'inverse de ce; qui alieu pour le Bromure de ' Potassium et le Sulfate de Quinine.

L'Iodure de Potassium s'élimine certainement par les. urines, la salive, les larmes et le lait, où il est facile de le retrouver par un procédé bien simple et que je recommande. Un morceau de papier blanc, amidonné ou non, plonge au fond du liquide à examiner (du linge usé formé uniquement de cellulose rendrait le même service); on verse de l'acide nitrique-nitreux qui met l'iode en liberté et la cellulose ou l'amidon se colorent en bleu plus ou moins intense. Il passe aussi probablement par le sperme, le mucus buccal ainsi que par l'appareil sudoral et les glandules sébacées de la peau. A la traversée de ces différents émonctoires l'Iodure manifeste sa présence par des phénomènes de stimulation ou même d'irritation locale dont la forme varie selon la. nature de l'organe : ptyalisme, diurèse aqueuse, larmoie- • ment, etc. La salivation et l'augmentation de la sécrétion urinaire sont des phénomènes habituels; mais le dernier peut manquer dans deux circonstances : 1° si la dose est insuffisante et le rein torpide; 2° si la glande hypérémiée, irritable est en contact avec une dose trop massive d'Iodure de Potassium, capable de déterminer une sorte de phlogose dont l'albuminurie pourrait être la conséquence. Du côté de la peau, l'élimination continue de l'Iodure alcalin engendre diverses éruptions énumérées plus haut. Des phénomènes analogues s'observent également vers les membranes muqueuses.

Est-ce à ces phénomènes de sortie qu'il faut attribuer l'excitation générale si fréquente dans le cours de l'iodisme aigu, ou ne faut-il pas de pré- . férence invoquer de la part de l'Iodure de Potassium une action sur tout le système, diamétralement contraire à celle que nous avons admise pour le Bromure alcalin? Il est difficile de répondre catégoriquement à celte question, et le doute sera permis tant que la clinique et les expérimentations de

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laboratoire ae seront pas parvenues à éliminer les nombreuses inconnues du problème.

Cette élimination, qui se fait principalement par les urines et la salive, commence parfois quelques minutes après l'ingestion dans l'estomac. Mais on n'observe une telle rapidité que dans lasi cas où la dose ingérée est énorme, quasi toxique, parce qu'il faut, d'une part, un certain degré de saturation du sang par i'Iodure pour que les émonctoires s'emparent de ce dernier, et, d'autre part, une quantité notable d'Iode dans la sécrétion pour qu'elle soit mise en évidencepar les réactions courantes auxquelles se livrent les cliniciens ou les physiologistes expérimentateurs. Lorsqu'il pénètre une trèo-petite quantité à la fois dm principe ioduré dans l'économie, l'apparition s'en fait beaucoup plus tardivement dans les sécrétions. Par exemple, à la suite des badigeonnages de teinture d'Iode sur le genou, je n'ai généralement obtenu la réaction caractéristique qu'au bout d'une heure ou deux; elle s'accusait davantage dans les deux heures suivantes, puis elle décroissait graduellement. Il m'est arrivé de constater une faible proportion d'Iode dans les urines du lendemain, sans doute parce que l'absorption continuait à s'exercer vers la périphérie cutanée^

Substances synergiques, auxiliaires. — Comme excitant, I'Iodure potassique a pour auxiliaire tous les agents de la médication stimulante. Gomme modificateur du mouvement nutritif et plastique, il a pour semblables l'Iode libre, les lodures de magnésium, de calcium et de sodium, et pour adjuvants les différentes substances qui passent pour fondantes, résolutives,, antiscrofuleuses. En tête de ces dernières se trouve le Bromure alcalin, qui, sous ce rapport, est véritablement congénère de I'Iodure. Ensuite viennent le mercure, l'or, le chrome, la ciguë, les alcalins, etc.

Conformément à la loi que j'ai formulée, I'Iodure de Sodium est mieux toléré que I'Iodure de Potassium ; il séjourne davantage dans l'économie et apparaît plus tardivement dans les sécrétions, lorsqu'il est ingéré aux mêmesdoses, n produirait donc à un moindre degré les irritations des voieS: d'élimination et mériterait, à ce titre, les préférences du physiologiste, sinon toujours celles du thérapeutiste, puisqu'il fournirait le moyen d'étudier, sans trop de complications, l'action générale d'un lodure alcalin comparativement avec celle d'un Bromure de la même base.

L'Iodure de Sodium, plus fréquent que son congénère dans les eaux minérales, n'est presque jamais prescrit, ce qui ne l'empêche pas de nous rendre des services souvent méconnus. En effet, la teinture d'Iode introduite dans les premières voies et absorbée, circule, probablement à l'état d'Iodure de Sodium et agit en cette qualité.

V lodure de Calcium, en lames d'un blanc nacré, contient 86 pour 100 de métalloïde, qu'il laisse dégager avec une grande facilité. Il a été préconisé contre la phthisie scrofuleuse, par le docteur Malet (de Rio-Janeiro), et en France par le docteur Despalles, qui lui ont trouvé des vertus apéritives et reconstituantes en même temps qu'il leur a paru exercer une influence favo-

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rable sur la diathèse et sur l'état local. L'indication de ce composé est rationnelle et l'on peut en espérer de bons résultats dans les cas où l'affection marche avec une grande lenteur et peut être modifiée par les reconstituants et les métatrophiques ou altérants.

L'Iodure de Calcium a encore été trouvé utile contre le catarrhe bronchique, chronique, avec ou sans dilatation des bronches. La dose est de 0,10 centigrammes répétée deux k cinq fois par jour, de préférence au moment des repas, afin d'éviter toute action irritante.

Substances antagonistes. — Antidotes, contre-poisons. — Le Bromure de Potassium est le correctif et l'antidote par excellence de l'Iodure de Potassium, sous le rapport de l'action excitante seulement; car, à d'autres égards, il en est l'auxiliaire. Gomme agent de stimulation, l'Iodure potassique peut être combattu également par les divers médicaments qui ont une action tempérante, sédative ou contre-stimulante : ainsi par les acides, les amers, le froid, le sulfate de quinine et ses nombreux succédanés. Les substances que nous venons d'énumérer devraient être évitées si l'on voulait obtenir l'iodisme aigu ; mais comme généralement on ne recherche pas ces phénomènes physiologiques, qui sont même presque toujours un inconvénient sans profit, il n'y a pas de raison pour éloigner les médicaments antagonistiques de l'Iodure de Potassium eu égard à ses effets stimulants; au contraire, il y aurait lieu de les lui associer, à l'exception toutefois de ceux qui sont capables d'en altérer la composition chimique. De ce nombre sont les acides qui dégagent de l'Iode libre pouvant agir comme irritant local . Gomme contre-poison chimique de l'Iodure alcalin, on pourrait employer un mélange de limonade sulfurique et d'amidon, l'Iode mis en liberté par l'acide devant se combiner aussitôt avec la substance hydrocarbonée. En Angleterre on a signalé aussi l'incompatibilité de Kl avec le sous-nitrate de Bismuth. Il se forme un lodure rouge foncé de ce dernier métal, qui est très-insoluble (Woodman, Meymott Tidy).

Usages. — Les médecins n'ont guère cherché dans l'Iodure de Potassium qu'un agent altérant, ou tout au plus un adjuvant chimique de l'Iode auquel était réservé le rôle de stimulant. Cependant j'ai, pour ma part, utilisé dans plusieurs circonstances l'action congestionnante et excitante de l'Iodure alcalin chez des sujets anémiés et énervés, atteints de céphalalgie, de vertiges, de tintouins, de névralgies et de névroses, de tremblements (amyostasie), de subdélire, lorsque ces accidents étaient d'origine hyposthénique. L'Iodure de Potassium convient encore, d'après Trousseau, dans certaines espèces d'asthme dues peut-être à l'excès d'action des nerfs vaso-moteurs, à l'anémie du parenchyme pulmonaire et au défaut d'échange entre l'atmosphère et le sang.

La vertu fondante et résolutive de l'Iodure de Potassium est au contraire journellement mise à profit contre le goitre, les affections strumeuses ou scrofiileuses des ganglions lymphatiques, des viscères et de la peau, la tuberculose, la syphilis, les tumeurs diverses, la goutte et surtout le rhumatisme

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chronique ; enfin contre certaines inflammations des muqueuses et la morve chronique. L'usage externe et surtout interne de ce sel favorise également la résorption des fausses membranes qui doublent les séreuses enflammées. Des frottements péricardiques ou pleuraux, après être restés quinze jours stationnaires, ne commencèrent à s'atténuer qu'après l'emploi de l'Iodure de Potassium (Gubler, Bouillaud).

Après avoir reconnu que ce médicament convient dans la généralité de ces cas, il est bon cependant de faire plusieurs réserves, notamment en ce qui concerne le traitement des hypertrophies du corps thyroïde. Nuisible dans la cachexie exophthalmique, inefficace dans la forme aiguë des goitres qui surviennent accidentellement chez les femmes aménorrhéiques, etc., il ne triomphe vraiment que des goitres endémiques à marche lente, sans éréthisme. Nous pouvons en dire à peu près autant de la tuberculose externe et surtout de la tuberculose interne : l'Iodure alcalin ne convient pas aux formes aiguës. Mêmes remarques à propos du rhumatisme, de la goutte et des inflammations des muqueuses. L'Iodure de Potassium ne doit être dirigé que contre les accidents arthritiques anciens, exempts de phlcgose, et contre les blennorrhées indolentes. Cependant, même dans ces conditions, j'ai vu l'Iodure de Potassium, provoquer une recrudescence de l'uréthrite soit à la faveur de l'excitation générale qu'il détermine, soit par son action irritante locale sur les voies génito-urinaires. Le même inconvénient se reproduirait à propos de toute autre inflammation muqueuse, en sorte que si le docteur A. De Beaufort a obtenu de bons effets de l'Iodure alcalin dans le cas de catarrhe du sac lacrymal ou dans les métrites internes, c'est parce qu'il s'est adressé à des affections éminemment chroniques, ou parce qu'il a eu affaire à des phlegmasies catarrhales symptomatiques d'une lésion organique plus profonde ou bien d'un état constitutionnel justiciable de la médication iodurée.

L'Iodure de Potassium, aussi bien que l'Iode métalloïdique, a trouvé son emploi dans la maladie de Bright. L'un et l'autre me semblent indiqués pour faciliter la circulation rénale et pour favoriser la résorption des exsudais interstitiels. Grocq (de Bruxelles) et Baudon citent plusieurs exemples de guérison d'albuminurie par l'Iodure de Potassium et celui de Calcium G. W. Balfour l'adonné à la dose de 1,50 centigr. par jour, dans l'espoir de réduire des anévrismes inaccessibles aux moyens chirurgicaux. Dans certains cas de méningite granuleuse et tuberculeuse, l'Iodure de Potassium a paru faire quelque bien. Toutefois la bouffée congestive qu'il détermine vers la tête n'est pas exempte d'inconvénients. Pour la conjurer, il faudrait donner l'Iodure à doses minimes et même l'associer à des quantités beaucoup plus fortes de Bromure, ainsi que j'ai eu soin de le faire, avec profit, dans quelques circonstances.

Quant k la syphilis, voici les conclusions auxquelles l'expérience permet de s'arrêter : 1° L'Iodure de Potassium, conformément k l'opinion de Ricord, s'adresse spécialement aux accidents tertiaires. Néanmoins il n'est pas inutile dans le cours des accidents secondaires (Wallace, Trousseau et Pidoux

Gî>0 lODDRES.

Kûss, etc.), parce que les uns et les autres ont un caractère commun : c'est la. tendance plastique presque constante à la troisième période, moins ma^ nifeste, Lien que réelle déjà, dans la seconde, ainsi qu'en témoigne l'induration fibro-plastique du chancre. 2" L'Iodure de Potassium n'est cependant pas l'agent exclusif de la curation des symptômes syphilitiques profonds et avancés. Nos prédécesseurs obtenaient des résultats satisfaisants avec les préparations hydrargyriques seules dans toutes les périodes de la diathèse, et, d'après ma propre expérience, il serait sage de débuter presque toujours par un traitement mixte ou simplement mercuriel dans les syphilis à manifestations plastiques. 3° En effet, l'Iodure de Potassium, employé d'emhlée, a parfois le fâcheux résultat d'aviver la phlogose en vertu de laquelle se déposent les produits plastiques , ou se forment les éléments embryonnaires de tissu connectif, et d'amener dans les tumeurs un nouvel accroissement dépourvu à la vérité d'inconvénients graves lorsqu'elles sont externes, mais pouvant devenir dangereux quand ces productions sont enfermées dans la, boîte crânienne. 4° Ceci prouve, pour le dire en passant, qu'il ne faudrait pas juger toujours de la nature spécifique ou banale de certains accidents viscéraux d'après le succès ou l'insuccès des premières doses du médicament antisyphilitique, non plus que d'après l'échec définitif du traitement spécifique puisque, en aucun cas, l'Iodure de Potassium n'aurait le pouvoir de faire rentrer dans la circulation des tissus adultes tels que ceux d'une véritable exostose ou bien d'une cicatrice fibreuse.

La diathèse syphilitique n'est pas la seule intoxication dans laquelle l'Iodure de Potassium rendra des services. En qualité de désassimilateur ou atrophiant, ce sel est indiqué toutes les fois que, l'économie étant imprégnée d'un venin, d'un virus ou d'un poison quelconque morbide capable d'engendrer des accidents graves et constitutionnels, il y a quelque chance de la soustraire au danger en chassant la cause morbide par toutes les voies d'élimination et en accélérant autant que possible la rénovation de la trame organique qui a subi l'imprégnation. Ainsi l'Iodure alcalin donne de bons résultats dans l'empoisonnement mercuriel ou saturnin, et ne serait peutêtre pas absolument inutile dans les septicémies ni même dans les cas d'inoculations rabiques.

Modes d'administration et doses.. — L'Iodure de Potassium exempt de carbonate alcalin de chlorure de potassium et d'iodate de potasse qui sont irritants, se donne en solution aqueuse dans une tisane, un sirop, une potion,. à la dose moyenne de 50 centigrammes à 2 grammes par jour. On va quelquefois au delà de cette dose ; on reste également en deçà. Les enfants et les sujets disposés à l'éréthisme vasculaire supportent mal ce médicament, qui doit leur être administré avec une certaine réserve. A mon avis , l'Iodure de Potassium est ordinairement prescrit à doses trop massives; je me suis rarement vu dans la nécessité d'aller au delà de 1 à 2 grammes par jour, taudis que beaucoup de praticiens procèdent habituellement et sans motifs par des quantités deux fois plus considérables, et dont le seul privi-

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lége est d'exciter au plus haut degré les phénomènes d'iodisme aigu. Celte manière d'agir est cependant justifiée dans quelques circonstances encore mal définies où la multiplicité et la gravité des lésions, ainsi que la torpeur de l'organisme, semblent exiger l'emploi des moyens exceptionnellement énergiques. Dans ce cas, les doses, de 4,, 6 et 8 grammes par jpur ont été parfois curatives..

A l'extérieur, l'Iodure de Potassium s'emploie sous forme de Pommade : lodure de Potassium, 8 grammes;, axonge,, 32 grammes.

Le ghjcéré, établi d'après les mêmes proportions, est préférable en ce qu'il permet davantage l'absorption médicamenteuse.

A la longue l'Iodure de Potassium, en application, topique, détermine k la peau une irritation vive et des boutons d'eczéma>ou df acné,, ainsi qu'une sensibilité qui doit eni faire suspendre l'usage. Pour, éviter cet inconvénient, qui dépend de la mise en liberté d'une certaine, proportion d'Iode, par l'acide carbonique de l'air et d'autres agents.

On prépare maintenant la Pommade avec de l' Axonge benzoïnee;, autrefois j'avais l'habitude de prescrire l'Iodure rendu alcalin par l'addition d'une certaine quantité de Potasse à l'alcool. Toutefois cette éruptioa et cette inflammation du derme ne sont pas sans avantages, en ce sens qu'elles favorisent la pénétration du médicament devant lequel tombe, ainsi la barrière constituée par l'épiderme.

lODURE DE FER, PROTOIODURE DE FER, lODURE FERREUX,

loduretum ferrosum.

Angl. lodide.of Iran, Ferri lodidum. — Ail. lodetum ferrosum, Eisetiiodûr.

L'Iodure de fer cristallisé (Fel), inscrit au Codex, renferme 4 ou 5 molécules d'eau. Ce sel, d'un goût styptique, est fusible, volatil et déliquescent, et se décompose aisément au contact de l'air atmosphérique en iode qui s'évapore et oxyde de fer qui reste.

Action physiologique. — L'Iodure de Fer réunit les propriétés des ferrugineux et des iodiques (voy. Fer, Iode et Iodure de Potassium). Il est tonique, hématinique et fondant. C'est aussi la plus excitante de toutes les préparations martiales ordinairement usitées.

L'Iodure ferreux excite la sécrétion rénale, et ses deux constituants se retrouvent dans les urines.

Substances synergiques, auxiliaires. — L'agent médicamenteux qui .s'en rapproche le plus est le Sesquiiodure ou lodure ferrique. Puis viennent les martiaux d'une part, et les iodurés de l'autre , chaque catégorie reproduisant une série des propriétés complexes de l'Iodure de Fer. Ses auxiliaires sont les toniques et les stimulants, ainsi que les résolutifs, spécialement le Bromure alcaUn.

Substances antagonistes , incompatibles. — Ce sont les agents des médications débilitante, antiphlogistiquo et, au point de vue chimique, les

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acides et les alcalis pouvant décomposer l'Iodure ferreux, et surtout le launin elles substances végétales qui en contiennent.

Usages. — On lui donne la préférence sur les autres préparations martiales toutes les fois qu'on a afiaire, en même temps qu'à l'hypoglobulie, à une diathèse tuberculeuse, scrofuleuse ou syphilitique (Ricord, etc.), sans phénomènes d'acuité, sans menaces d'hémorrhagies. On en recherche principalement la double action dans l'aménorrhée des filles anémiques.

Par contre, on l'évite dès qu'on peut craindre les ménorrhagies chez les chlorotiques, les hémoptysies chez les phthisiques, ou un coup de fouet inflammatoire du côté des viscères importants, chez les uns et les autres.

Modes d'administration et doses. — L'Iodure de fer se prend à la dose de 10, 20, 30 et 50 centigrammes par jour, en pilules (Blancard), en dragées (Gilles), autant que possible aux repas, comme on fait des autres préparations ferrugineuses. Les granules de Mentel, qui peuvent remplacer ces deux préparations, contiennent cinq fois moins de substance active, c'est-àdire environ chacun un centigramme de Protoiodure.

On emploie aussi fréquemment le Sirop cCIodure de Fer, composé d'une solution de Protoiodure de Fer dans un mélange de sirop de gomme et de fleur d'oranger pour aromatiser. Celle du Codex est beaucoup plus chargée d'Iode que la solution dite normale de Dupasquier. Elle en renferme un poids plus que double de celui de la limaille de fer. Le Sirop d'Iodure de Fer officinal est donc plus actif comme agent iodique, et par conséquent plus redoutable chez les sujets prédisposés aux hémorrhagies et aux troubles généraux par excès de stimulation. Il se donne, comme celui de Dupasquier, à la dose de deux ou trois cuillerées par jour (cuillerées à soupe ou cuillerées d'enfant, suivant l'âge du sujet), soit pur, soit dissous dans une tisane dépurative ou purement amère. On doit avoir soin d'éviter les astringents tanniques, qui, en formant de l'encre noirciraient les dents, et de n'administrer avec le Sirop d'Iodure de Fer que les tisanes de Quassi amer, de petite Centaurée, de Gentiane, etc.

lODURE DE PLOMB, lodureium plumhicum.

Angl. lodide of lead, Plumbi lodidim. — AU. lodetum plumbicum, lodblei.

Action physiologique et usages. — L'Iodure de Plomb (Pbl) possède réunies les qualités des iodiques et des composés saturnins (voy. Iode, Iodure de Potassium, Plomb). On l'a dit utile à l'intérieur dans les maladies scrofuleuses (Gottereau, Yerdet), mais cette assertion ne s'est pas confirmée et l'induction ne lui est guère favorable.

L'Iodure de Plomb, comme agent de la médication externe, a joui d'une vogue qu'il ne méritait pas et qu'il commence à perdre. Il n'est cependant pas inerte, et l'on conçoit qu'étant facile à décomposer, il peut même agir à la fois en qualité d'iode et en qualité de sel plombique formés aux dépens des acides de la sueur.

PROTOIODURE DE MERCURE.

On le prescrit encore en pommade au 1/8°, pour frictionner les régions affectées d'adénites strumeuses, d'ostéite ou d'engorgements liés à la diathèse scrofuleuse,

PROTOIODURE DE MERCURE, loduretum hydrargyrosum. Angl. Subiodide of Mercury. — Ail. lodetum hydrargyrosum, quecksilberiodûr.

Action physiologique. — Le Proloiodure hydrargyrique (Hg^'I), insoluble dans l'eau et l'alcool, se dissout dans l'éther et un peu dans la solution d'Iodure de Potassium. Il est volatil et très-peu stable, puisqu'il se décompose à la lumière du jour. J. Lefort le produit k l'état de pureté et P. Yvon vient de l'obtenir cristallisé en faisant réagir directement l'un sur l'autre les vapeurs d'iode et de mercure.

A fortes doses, c'est un poison irritant dont il ne faut pas plus de deux à 4 grammes pour tuer un chien.

A petites doses répétées, il jouit des vertus altérantes des composés hydrargyriques (voy. Mercure); seulement il marche l'égal du Calomel pour la facilité de faire saliver et de produire la stomatite spéciale.

Substances synergiques, auxiliaires. — Ce sont les mercuriaux et les iodiques (voy. Iode, Mercure] .

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes , contre-poisons. — Les antagonistes et les antidotes de l'Iodure mercureux sont ceux du Mercure et de l'Iode (voy. ces mots). Ses incompatibles sont les agents chimiques capables de décomposer ce sel, particulièrement les acides. La limonade sulfurique additionnée d'amidon me semble pouvoir prévenir en partie l'absorption et les effets constitutionnels du Protoiodure hydrargyrique en donnant lieu à du sulfate de mercure basique et insoluble et à de l'iodure d'amidon.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Protoiodure hydrargyrique est affecté exclusivement au traitement des maladies syphilitiques, et particulièrement à celui des accidents secondaires. C'est Ricord qui l'a surtout mis en honneur. On pourrait croire, d'après sa composition, que cette préparation répond aux exigences des deux périodes de la syphilis constitutionnelle : oui, si le Mercure suffit; non, si le cas réclame des quantités d'Iode un peu fortes. En effet, la dose quotidienne n'étant guère que de 10 à 20 centigrammes, le malade ne prend pas journellement plus de 4 à 8 centigrammes d'iode au maximum, ce qui est tout à fait insignifiant.

Le Protoiodure n'en possède pas moins toutes les vertus des meilleures préparations hydrargyriques, et mérite la faveur dont il jouit auprès des praticiens dans le traitement de la syphiiïs secondaire ; mais il faut se méfier des accidents qu'il détermine du côté de la bouche, surtout aux doses relativement massives sous lesquelles on l'administre d'ordinaire (2, 3 et 4 pilules de 5 centigrammes par jour). D'après ma propre expérience, on obtient des résultats thérapeutiques aussi sûrs en fractionnant davantage, et je ne

lODURES.

prescris depuis longtemps que des pilules d'un centigramme au nombre de 2 à 8 au plus dans les vingt-quatre heures. La dose la plus faible est toujours suffisante chez les jeunes sujets depuis l'âge d'un mois jusqu'à celui d'un à deux ans. Au lieu de la leur donner sous forme pilulaire, on la fait plus souvent pénétrer en frictionnant l'intérieur de la 'bouche.

Pour faire mieux tolérer l'Iodure mercureux par le tube digestif, on l'associe à des narcotiques ou stupéfiants : la thridace, l'opium.

A l'extérieur, le Protoiodure hydrargyrique se prescrit en pommade: l gramme dans 30 grammes d'axonge, pour panser les ulcères vénériens ou frictionner des indurations spécifiques, tuberculeuses de la peau.

DEUTOiODURE OU PEKIODURE DE MERCURE, loduretvm kydrargyricum.

Angl. Periodide of Mercury. — AU. lodetum hydrargyricum, Quecksilberiodid.

Le Deutoiodure de Mercure (Hgl) est dimorphe : jaune ou rouge. Cette dernière variété, la seule employée, est du rouge écarlate le plus brillant, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, les solutions d'iodure de potassium, de chlorure de sodium et de tous les sels mercuriels ; soluble dans quelques acides, ainsi que dans l'huile de foie de Morue (Bames) .

Action physiologique. — Localement, ie Deutoiodure de Mercure est un violent irritant et même un cathétérique. Il fait bientôt rougir la peau, provoque une exsudation séro-plastique qui soulève l'épiderme et se concrète en masses jaunâtres semblables à celles de l'impétigo. En plus forte quantité il détermine une escharification du derme. Le Deutoiodure hydrargyrique est l'agent toxique le plus redoutable pour les organismes inférieurs. Pour les animaux mammifères, c'est aussi un poison irritant et -même corrosif des plus énergiques. Cette violence s'oppose à son emploi interne ; cependant avec des précautions on pourrait le prescrire sans danger, emprisonné dans une masse pilulaire, à la dose de 1 à 2 milligrammes, répétée plusieurs fois par jour. Il agirait alors en qualité d'altérant, à la manière du Protoiodure et des autres préparations mercurielles.

Les synergiques ou auxiliaires, comme les antagonistes i et des contrepoisons duPeriodure hydrargyrique, sont ceux du Protoiodure (voy. ce mot).

Usages. — Modes d'administration et doses. — L'Iodure mercurique est très-rarement employé à l'intérieur, dans la syphilis et la scrofule, à la dose de 5 à 10 milligrammes par jour, soit en jîMs, -soit en solution alcoolique ou èthérée.m prenant par gouttes (Magendie). A Uextérieur, ce sel est assez souvent usité en pommade, de 10 centigrammes à 1 gramme pour 30 grammes d'axonge, contre le gdître, le lupus, l'acné indurée et invétérée, les ulcères probablement cancéreux du grand angle de l'œil, même contre

.les taches cornéales.

On pourrait s'en servir pour détrun-e diverses excroissances, particulièrement les cancroïdes, le lupus, à la condition d'en forcer la dose. ha. Pommade

lODURE DE SOUFRE. 655

■scharotique de Gazenave en contient 20 parties avec lo parties d'axonge et lutant d'huile d'olive.

lODVRE BU sovFRti, lodureîwn sulfuricum.

Angl. lodide of Sulphur. — Ail. lodetum sulphurîcim^ lodschwefel.

L'Iodure de Soufre (S'I), ou Sulfure d'Iode, est une isubstance instable d'un violet noirâtre, à cristallisalion radiée, ayant l'aspect du Sulfure d'Antimoine, l'odeur d'Iode, et comme celui-ci teignant rapidement en jaune l'épiderme et Ja peau.

Action physiologique. — La lolinique enseigne iqu'il agit localement comme un puissant irritant, et à faible dose comme un stimulant diffusible et résolutif. Les effets généraux sont vraisemblablement ceux de ses deux composants. Les expériences de Gogswell sur les animaux ne nous en apprennent pas beaucoup plus. *

Les synergiques et les antagonistes de l'Iodure de Soufre sont > ceux de l'Iode et du Soufre (voy. ces mots).

Usages. — L'Iodure de Soufre a été administré à l'intérieur, d'abord par •Graltier, et récemment, avec succès, par H. Bourdon, dans un cas de morve chronique. On l'a fait pénétrer dans les voies respiratoires à l'état de vapeur, dans l:asthme humide (Copland).

•AJ'extérieur, il a reçu à ipeu près les mêmes ^ipplications que le Deutoiodure de Mercure dans le lupus, l'acné indurée et rosacée (Bielt, Rayer, •Oopknd), la lèpre (Rayer), la teigne et l'eczéma ichronique.

Modes d'administration et doses. — L'Iodure de Soufre se donne à -petites doses, depuis 2 centigrammes chez un enfant jusqu'à lOicentigrammes chez un adulte. La dose peut être élevée d'après Escolar jusqu'à 20 ou 30 centigrammes par jour. Il me semble prudent de rester en deçà.

Pour l'usage interne, on se sert quelquefois d'un Sirop d'Iodure de Soufre que n'admet plus le Codex, et qu'on prend par. cuillerées au nombre de deux -ou trois par jour. Le plus souvent ce médicament se prescrit en pilules de •Itcentigramme (Devergie), avec de la gomme arabique . et de l'huile d'amandes Ltbuces pour excipients.

Vezu recommande une huile à base d'Iodure de Soufre, dont le mélange 'avec 9 parties d'huile -d'amandes douces se prend à la dose de 1 à 3 cuillerées par jour.

^ La Pommade d'Iodure de Soufre (Biett) contient 1 à 2 grammes du principe actif pour 30 centigrammes id'Axonge. Ce icorps gras est remplacé par du beurre aromatisé avec 4 gouttes d'essence de Menthe dans la Pommade de Durgraeve. 'On en frictionne les surfaces affectées de dartres chroniques et ^uebelles.

CYANURES.

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