‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 22 sur 293 · BAUME DU PÉKOU TVOIR, DE SAIS SALVADOR OU DE SOIVSO · texte numérisé non relu

BAUME DU PÉKOU TVOIR, DE SAIS SALVADOR OU DE SOIVSO

WATE. Extrait du Myrospermum Pereirœ, Royle. — Légumineuses-

Papilionacées.

Ax,f:^\. Quinquina. — AU. Schwarlz peruanischer Balsam.

' Composition. — Le Baume du Pérou se compose essentiellement d'une huile volatile {cinnaméine de Frémy), à'acide cinnamique, et d'une résme considérée comme un hydrate de cinnaméine. ' Action physiologique. - Ce baume possède les qualités générales qui distinguent les substances analogues. Seulement, il agit comme stimulant légèrement acre. A l'intérieur, de fortes doses déterminent une excitation fébrile caractérisée par la force et la fréquence du pouls et par la soif.

Les principes volatils du Baume du Pérou sont excrètes par les voies respiratoires et la peau, les glandes rénales livrent passage à la résine à moins que celle-ci ne se dédouble en eau et cinnaméine. , .

Usages - Ces propriétés indiquent l'emploi du Baume du Pérou dans les aflections des muqueuses, non contre celles des voies urinaires, mais de préférence contre le catarrhe pulmonaire, la bronchite chronique simple ou Impliquée de tubercules, ainsi que la laryngite chronique Al extérieur, on Soie pour exciter les granulations charnues et fachter la cicatrisation des nlaies molles et blafardes. Il entre aussi dans la parfumerie. ^ MODE D'APMiNisTRATiON. - On l'administre en pilules et en poHon à la aose de 1 à 2 grammes.

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Il entre dans les Pilules de Morlon, dans le Baume Neroal et dans le Taffetas d' Angleterre .

B.4.UME DE TOLU. Extrait par incision du Myrospermum toluiferum, Kunth. — Légumineuses-Papilionacées.

Angl. Balsam of Tolu tree. — AU. Tolu Balsam.

D'après Frémy, la composition de ce baume solide est semblable à celle du baume du Pérou. Ses effets physiologiques sont également identiques, et les usages médicaux sont naturellement les mêmes. On en fait un sirop, des pastilles, une teinture éthérée pour inhalations. On l'émulsionne dans des potions.

Il fait partie de la Teinture composée de Benjoin.

Le Baume de Tolu est beaucoup plus e mployé que le précédent, quoique les sortes commerciales qui nous arrivent depuis trente ans et qui présentent quelquefois une grande dureté, donnent des produits moins aromatiques et ne jouissant plus de la même efficacité contre les afi'ections des organes respiratoires.

BDELLiuiti D'AFRIQUE. Gomme-résine produite par le Balsamodendron Africanum, Endl., Heudelotia Africana, Guil. — "Térébinthacées-Bursé-

RACÉES.

Ang. Bdellium, — AU. BdeUium Gummi.

Composition. — Cette sorte de Bdellium est produite par un arbre du Sénégal. Elle possède une odeur spéciale assez faible et un goiit amer qu'elle doit à une résine et à une huile volatile, associées à . de la gomme soluble et à de la bassorine. Elle répand en brûlant une odeur assez agréable.

Action physiologique. — Les propriétés du Bdellium sont presque semblables à celles de la myrrhe, à l'intensité près. C'est un balsamique mitigé par des principes mucilagineux.

Usages. — Cette gomme-résine a été employée comme bécbique, anticatarrhale, antispasmodique et emménagogue.

Elle entre dans le Mithridate, l'Emplâtre diabotanum et le Diachylon gommé.

BECCABUKGA, Veromca Beccabunga; L, — Scrofulariacées. Angl. Bach-punghen. — Ail. Bachbungen.

Le Beccabunga vient partout en Europe au bord des ruisseaux. La plante est tendre et gorgée de sucs. Elle aie goût légèrement amer, chaud, piquant Ht un peu astringent, et renferme du tannin, une huile volatile comme les Crucifères, dont elle se rapproche beaucoup par ses propriétés physiologiques et thérapeutiques.

Après avoir été beaucoup trop vantée, elle est presque inusitée maintenant. Cependant on l'emploie encore comme antiscorbutique, rafraîchissante et dépuralive, associée au cresson, au pissenlit, à la chicorée sauvage, etc., dans les Sucs d'herbes.

•bëllai»oi>;e, Alropa Delladona, L. — Solanées. Angl. Common Dwale, Deadly Nighlshade. — AU. Wolfskirsche, Waldnachtschallen.

Composition, — La Belladone, commune dans les sols calcaires et ombragés, offre une composition assez complexe. Avec de l'eau, des sels, des substances azotées, de l'amidon, de la gomme, du ligneux, de la chlorophylle et de la cire, elle renferme, selon Brandes, du supermalale d' Atropine, qui en est le principe actif, et une substance singulière à laquelle il a donné le nom de pseudo-loxine. Plus tard Lûbekind a nommé Belladonine un alcaloïde volatil distinct de l'atropine, cristallisable, d'une odeur ammoniacale; et Richter a découvert l'acide atropique, voisin de l'acide benzoïque.

Action physiologique. - La Belladone est un violent poison qui, dans un premier degré d'action, produit uimplement des effets sédatifs; dans un second degré, des désordres profonds de la motricité, des sens spéciaux et de l'intelligence', et qui, dans le troisième, amène le vomissement, l'impossibilité d'avaler, de parler et de se tenir' debout, la syncope et la mort.

Tous ces phénomènes appartenant en propre k Y Atropine, nous en donnons plus loin (voy. ce mot) l'exposition détaillée. En attendant, je ne ferai qu'une remarque, c'est que la chaleur excessive et la sécheresse de la gorge, ainsi que la constriction du phàrynx, loin de caractériser la belladonme, comme semblent l'indiquer les expériences de Lûbekind, appartiennent également k l'atropine, qui les produit à dose cent fois moindre.

Us-AGES. - Les indications de la Belladone sont celles de l'Atropine (voy. ce mot). Toutefois l'alcaloïde est généralement réservé pour l'usage interne, tandis que la plante et ses préparations pharmaceutiques sont employees de préférence pour l'usage externe. Ainsi c'est l'extrait aqueux de Belladonequ on emploie contre la rigidité du col utérin pour abréger le travail de 1 accouchement et mettre fin aux convulsions (Ghaussier, Velpeau, etc.). G est encore l'extrait dont on se sert pour couvrir des cataplasmes, faire des oncUons calmâmes au niveau des parties enflammées. Quand on cherche, a 1 exemple de Conneau et de Trousseau, l'effet laxatif de la Belladone, on s'adresse - habituellement à la poudre de feuille, dont on prescrit des doses mmimes, 2 3 k 5 centigrammes pour un adulte, k prendre à jeun dans de eau fraîche.

MODE .'ADMINISTBATIO. ET BOSES. - On se sert habituellement de la feuille mais la racine a les mêmes vertus. Elle a seulement l'inconvemen d'être trrLégale dans ses eff.ts, selon son âge. A deux ans la racine est tr ac V , mais elle perd beaucoup en vieillissant (Lefort). La feuille plus unTform doit être préférée. La poudre de feuilles récentes se donne en subra^ou incorpore' dans une masse pilulaire, k la dose de 5 - ;g-ni k 5 ou 10 centigrammes, selon les conditions individuelles. Toutes choses égales les e ifants supportent relativement mieux la Bella one que ne fon ttv— adultes ou plus avancées en âge. Il en est de même pour la

"Z^^^^^^ ^ - - de . k 5 centigram-

[BENJOIN DE fcUMATRA AMYGDALOÏDE- 39

mes, l'extrait aqueux en quantité double. La teinture alcoolique se prescrit à la dose de 5 décigrammes en potion, et le sirop à la dose de 15 à 30 grammes. Pour l'usage externe, on prépare de la décoction de Belladone qu'on emploie en injections et en lotions. On fait aussi des onctions d'extrait de Belladone simplement délayé dans l'eau, ou bien incorporé, soit à de la glycérine, soit à de l'huile, de l'axonge ou des pommades. Enfin, la plante s'emploie en fumigations aqueuses et en cigarettes.

BEîV OFFiciiVAL (SE!HE!\CE DE), dite Noix DE Ben, Moringa disperma,

Guib. —LÉGUMINEUSES-MORINGÉES.

Angl. Ben Nul, Acorn.

Le Moringa disperma^ Guib. {Mor, aptera, Gartner), croît dans l'Asie iVIineure, l'Arabie, l'Ethiopie et aux Moluques. Les amandes de ses semences, appelées Noix, de Ben, sont âcres, amères, et purgent à la dose de 4 grammes. On en retire une huile grasse qui retient les qualités purgatives de la graine, mais qui n'est guère usitée que dans les arts de l'horlogerie et de la parfumerie.

BEi\JOi]\ DE SUMATRA auygdaloÏde. Extrait du Styrax Benzoin, Dryand. — Styracinées.

Angl. Benjamin. — Ail. Benzoehars.

Composition. — Le Benjoin est un baume solide, formé de deux résines associées à des traces d'huile volatile, à de Vacide benzoïque, sans compter une substance analogue au Baume du Pérou, un exlractif aromatique et des matières inertes. Pelouze et Fremy remarquent qu'au moment de la sécrétion, le Benjoin est constitué par deux liquides, dont l'un produit la résine, tandis que l'autre, par son oxydation, donne l'acide benzoïque.

Action physiologique. — L'action du Benjoin est celle des autres balsamiques : irritante lo:;alement, simplement stimulante lorsque la masse s'est diffusée dans toute l'économie. Quelquefois il a paru exciter les organes sexuels. Dans la circulation, le Benjoin se métamorphose au moins parliellement, et l'acide benzoïque passe dans les urines à l'état d'acide hippurique. (Voy. Acide benzoïque.) .

Usages. — Le Benjoin est prescrit à l'intérieur contre les affections chroniques de l'appareil respiratoire, bronches et larynx (Trousseau etPidouxj. Son âcreté le conlre-indique toutes les fois que l'estomac est très-irritable ou phlogosé, et sa qualité stimulante, lorsqu'il existe de l'éréihisme général.

Modes d'administpation et doses. — On donne le Benjoin à la dose de 1 gram. 50 cenligr. à 2 gram. en poudre, dans du pafn à chanter; mais souvent on lui préfère, pour l'usage interne, les fleurs de Benjoin (voy. Acide benzoïque). On fait avec le Benjoin des fumigations aromatiques, utiles pour stimuler la peau chez les faibles et les rhumatisants. Les pastilles fumantes servent à masquer les mauvaises odeurs dans les chambres de malades. En Chine, on se sert de la teinture de Benjoin composée pour favoriser la cica-

Irisation par seconde inlenlion. J'en fais arroser des flanelles chaudes pour faire des frictions stimulantes.

Le Benjoin entre dans les Pastilles du sérail, le Baume du Commandeur, les Tablettes de soufre béchiques, etc. L'Eau virginale, qui sert à la toilette, est ordinairement obtenue avec de la teinture de Benjoin précipitée pa5reau.

BE1\J0I1\ DE SIAM, h odeur de vanille. Obtenu d'un Styrax. Espèce suave et d'une qualité supérieure, mais ne se distinguant de la précédente par aucune propriété particulière.

BEîVOlTE, Geum urhanum, L, — Rosacées-Dryadées.

Angl. Common Avens, herb Bennet. — AU. Benedicten-Wurzel.

Composition. — La- racine de Benoîte, qui est la partie officinale de cette Rosacée indigène, contient une huile volatile, une résine, du tannin et de l'acide gallique, avec d'autres substances inertes.

Action physiologique. — Récente, elle développe une odeur qui n'est pas sans analogie avec celle du clou de girofle. Son goût est aromatique, astringent et amer. C'est donc un tonique astringent et aromatique, et par Ik un diurétique.

Usages. — La racine de Benoîte convient dans la diarrhée et la dysenterie chroniques, la leucorrhée, la diathèse hémorrhagique persistante. Infusée dans le vin, elle constitue un assez bon stomachique. On l'a beaucoup vantée coptre la fièvre intermittente, mais il fallait en donner jusqu'à 60 grammes. Elle est maintenant fort peu employée comme fébrifuge. En Angleterre, on la mêle parfois à la bière pour lui communiquer une agréable saveur de girofle. C'est un diurétique usité dans les campagnes. Elle produit dans certains cas un flux d'urine excessivement abondant. Le Geum rivale paraîtjouir des mêmes propriétés.

BERBERIS OU ÉPlNE-vi]\ETTE, Berbcvis vulgaris, L. — Bebbéridées.

Angl. Barberry-tree, Pipperidges.—h\\. Berberilzensauer Doni, Saurach.

Composition. — L'Épine-vinette est un arbuste indigène dont les fruits rouges renferment des acides malique et citrique en forte proportion. On y a découvert dernièrement deux bases végétales. La première, appelée Berbêrine par Buchner père et fils, qui l'ont extraite, forme la partie colorante de la plante usitée pour la teinture en jaune. Elle se retrouve également, selon Bâdecker dans le Cocculus palmatus, et, selon Perrins, dans le Mentspermum fenèslralum. Son odeur est nulle, sa saveur très-amère et persistante en même temps qu'un peu aromatique. Elle se combme avec les acides pour former des sels jaunes et cristallins.

L'autre alcaloïde, découvert par Polex, porte le nom d'oxyacanthme. Ses sels sont incolores et possèdent une saveur amère et astringente.

Action physiologique. — Les deux alcaloïdes de V Épine-vinette possèdent des propriétés amères et stomachiques. Le sulfate de Berbénne, à la

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