‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 23 sur 293 · BEURRE · texte numérisé non relu

BEURRE

dose de 80 centigrammes à 1 gramme, exerce aussi une action catharlique. D'un autre côté, la pulp«3 ou le suc du fruit possède les qualités des acides •végétaux.

Usages. — Cette association de propriétés peut devenir fort utile dans une foule de circonstances où il faut rafraîchir en même temps que tonifier : ainsi, dans l'embarras gastrique, les fièvres bilieuses, même les fièvres intermittentes, rémittentes et continues de diverses natures, principalement d'un caractère adynamique.

Au résumé, sans être un rival du quinquina, l'Épine -vinette constitue un bon tonique acidulé.

Modes d'administration et doses. — On donne le suc des baies de Berheris en nature ; on en fait aussi un sirop. Le quinoïde Armand paraît être un extrait de Berberis, mou ou sec. Il possède une saveur fortement acide et amère, en même temps que légèrement sucrée. Ses vertus thérapeutiques sont celles que nous avons assignées à la plante elle-même. Les alcaloïdes en combinaison saline peuvent être administrés sous forme àe pilules, à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme.

bergahiote. Fruit du Citrus Limetla, Risso, var. Bergamota, — Au-

RANTIACÉES.

Angl. Bergamol. — Ail. Bergamotbirne, BergamoUcilronen. .

La Bergamote, cultivée d'abord à Bergame, contient dans son zeste une huile volatile verdâlre, la plus lourde de toutes celles du genre Citrus, et dont l'odeur suave est extrêmement recherchée. Celte essence est entièrement soluble dans l'alcool k 28°. On l'emploie dans la fabrication des parfums, et comme ténifuge à la dose de 4 à 8 grammes.

BÉTOij\E, Betonica of/icinalis, L. — Labiées.

Angl. Betomjwood. — Ail. Belonienkraut, Zehrkraut.

Decaisne nous apprend que jadis les Bretons fumaient la Bétoine à la manière du tabac, et lui donnaient le nom de Pêlun, qu'ils ont plus tard transféré à la feuille de Nicotiane, et dont Jussieu s'est emparé pour l'attribuer à un nouveau genre de la famille des Solanées, le genre Pétunia. Il est à remarquer que ce mot Pétun est aussi un des noms brésiliens du Tabac.

Le Codex de 1732 mentionne treize formules officinales dans lesquelles entThilla. Bétoine. Le Codex de 1866 se contente d'en inscrire le nom dans sa matière médicale.

Telle est la rapide déchéance de cette Labiée tant surfaite. A peine l'em-' ploie-t-on, de notre temps, comme sternutatoire et comme sialagogue.

BEURRE, Butyrum.

Angl, Butter. — AU. Butter.

Composition. — Le beurre est la matière grasse du lait des Mammifères;

celui de vache est formé d'oléine, de stéarine, de butyrine et d'acide butyrique qui lui donne son odeur.

C'est le plus digestible de tous les corps gras ; néanmoins, pris en quantité exagérée, il agit comme relâchant et même purgatif. Cet effet se fait sentir d'autant plus vite, que le sujet mange moins d'autres aliments, et que les glandes salivaires, pancréatique et biliaire fonctionnent moins activement.

Gomme les autres matières grasses, le beurre convient peu aux personnes disposées à l'obésité, adonnées k une vie sédentaire, dans les climats chauds. C'est un aliment respiratoire et plastique qui, s'il n'est pas brûlé, ou s'il ne contribue pas à la formation des globules sanguins et à la nutrition, détermine une surcharge nuisible, et accroît sans profit la sécrétion biliaire. Il est très-avantageux, au contraire, dans des conditions inverses, c'est-à-dire lorsque la dépense est proportionnelle, et quand l'économie réclame des combustibles, ou du moins des corps gras nécessaires k la genèse des hématies et des jeunes cellules en général. Ainsi le beurre est très-utile aux sujets faibles, scrofuleux ou tuberculeux. De temps immémorial les Japonais donnent des boulettes de beurre salé à leurs phthisiques, et Trousseau prescrit des tartines de beurre assaisonnées d'un mélange de chlorure de sodium, d'iodure et de bromure de potassium aux enfants lymphatiques, scrofuleux, cachectiques, etc.

En pharmacie, le beurre est un mauvais excipient, à cause de sa facile altération et de la rancidilé, qui ne tarde pas en k faire un corps irritant à la place d'un lénilif qu'on prétendait appliquer.

BIGARADIER. CUrus vulgaris, Risso, Citrus Bigaradia, Duh. — Au-

RANTUCÉES.

Angl. Bitter Orange tree. — AU. Pomeranzebaum.

Le Bigaradier, qui donne V Orange am'ere, fournit aussi des feuilles et des ûeurs dont ou se sert pour les usages domestiques et médicaux.

Fleurs d'Oranger. — Elles doivent leur odeur exquise à une huile essentielle abondante. De plus, elles renferment un principe qui jaunit au contact de l'air par érémacausie, et différents composés organiques ou minéraux. L'huile volatile, obtenue par distillation, et connue sous le nom de Néroli (voy. ce mot), ne reproduit pas exactement l'odeur de la fleur.

La fleur d'Oranger est un calmant du système nerveux, et peut devenir, k haute dose, un véritable stupéfiant. ' ' '

On en fait un usage constant contre les maux d'estomac, les maux de tete et les malaises nerveux. Chez les très-jeunes sujets elle est narcotique et tient la place de l'opium. Chez les adultes elle n'est que calmante et antispasmodique.

La fleur d'Oranger se donne en infusion, en pastilles ou bonbom et sous

forme d'eau distillée.

VEau de fleur d'Oranger de Paris, fabriquée avec les fleurs de nos orangeries, est incomparablement plus suave et plus estimée que celle qui nous

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