COLCHIQUE
rod tire de ces faits la singulière conclusion : que le Colchique diminue Vexcrêtion de l'acide urique. En administrant cet agent on irait donc contre le but à atteindre, puisqu'il s'agit d'empêcher la formation des tophus, soil en s'opposant à la production d'un excès d'acide urique, soit en aidant à son expulsion.
On observe aussi quelquefois des convulsions et .de l'insensibilité. Le pouls devient intermittent, puis imperceptible, et la mort arrive précédée par une extrême prostration. La nécropsie fait découvrir des trace? d'inflammation de la muqueuse digestive et des ecchymoses dans l'épaisseur des tuniques de l'estomac et de l'intestin, à la surface du poumon, du cœur et du diaphragme. — Cependant l'organisme s'accoutume à l'action du Colchique (Gafrod, Todd) comme à celle de l'opium, et la tolérance s'établit. -D'un autre côté, Todd lui-même constate que parfois les effets des petites doses répétées s'accumulent et Bôuchardat compare sous ce rapport le Colchique à la strychnine et'à la digitale.
Substances synergiques, auxiliaires. — La vératrine, l'aconitine et les végétaux dont ces alcaloïdes sont les principes actifs, sont synergiques du: Colchique et de la Colchicine. Les purgatifs, les diurétiques, les acidulés, la quinine et quelques substances ayant une manière d'agir analogue, peuvent en devenir les auxiliaires.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — L'action générale de l'opium, des stimulants diffusibles, est contraire à celle du Colchique: ce qui ne veut pas dire qu'une petite dose d'opium ingérée préalablement dans le but d'engourdir la sensibilité de la muqueuse gastrique ne favoriserait pas les effets éloignés du Colchique en assurant son absorption. Ssulement il faut se garder d'administrer concurremment les deux agents à doses équivalentes, sous peine de les voir se neutraliser dans leurs effets les plus apparents. Le tannin s'oppose à la pénétration de la Colchicine dans la circulation, il en est un contre-poison. L'opium, les alcooliques, les essences, etc., en sont les antidotes.
Usages. — Le Colchique- est un purgatif drastique, accidentellement un vomitif et indirectement un sédatif de la circulation, unhyposthénisant sudorifique, un sialagogue, un diurétique. Les effets indirects se confondent du reste avec son action généralisée ou diffusée. D'après cela, le Colchique est indiqué toutes les fois qu'on croit utile d'obtenir la sédation générale avec quelques-uns des phénomènes accessoires, par le moyen d'une révulsion sur le tube digestif.
Cette indication se présentedans les affections cérébrales ou pulmonaires, aussi bien que dans les maladies arthritiques. Cependant la coutume est de u'administrer le Colchique que contre ces dernières ; on a même voulu en laire le spécifique du principe goutteux, ce qui est absurde. Par un mécanisme physiologique en partie bien élucidé, le Colchique diminue l'intensité des manifestations goutteuses, abrège les accès, détourne le travail morbide des régions où il s'était primitivement fixé, mais il ne s'attaque pas
à une entité noorbide et n'a pas le pouvoir de l'aire cesser la disposition organique d'où dépendent les symptômes ni de prévenir le retour des manifestations. Il en est de même pour le rhumatisme, dans lequel le remède est employé aussi avec avantage, comme antiplilogistique et palliatif des accidents aigus. Mais c'est contre la goutte que le Colchique nous rend journellement les services les plus signalés et l'on peut affirmer qu'il n'est guère de spécifique jouissant de quelque vogue qui ne doive à cet agent héroïque ses principales vertus. Voici d'après Garrod, dont personne ne conteste l'autorité en pareille matière, les principales indications du Colchique dans l'affection goutteuse: 1° Dans le cours de la goutte aiguë, où il exercerait une action vraiment spécifique (disons spéciale) sur l'inflammation des jointures; 2» dans la goutte chronique dont il peut conjurer les exacerbations à la Condition d'être manié avec une prudente réserve pour ne point irriter les entrailles ni débiliter le sujet; 3° dans l'intervalle des accès, au moment des symptômes prémonitoires, afin de s'opposer au développement des paroxysmes.
L'action évacuante, spoliatrice du Colchique peut être utilisée dans l'hydropisie, le catarrhe bronchique et dans les maladies inflammatoires en général.'Cette plante a été conseillée avec quelque raison dansl'hypochondrie; elle est moins bien indiquée dans la chorée et l'hystérie. Enfin on s'en est servi po^ir expulser le ténia.
Contre-indication. — H faut éviter le Colchique chez les sujets dont les entrailles sont irritables ou atteintes d'une lésion consécutive à une maladie antérieure, et l'on doit en suspendre l'usage dès qu'il se déclare des symptômes de surexcitation du côté du tube digestif: douleur, coliques, hyper-
crinie. , Modes d'administration et doses. — Les bulbsp et les semences de Colchique s'emploient en poudre et en solution acétique ou alcoolique, rarement sous forme à'extrait. Les tubercules bulbiformes, souvent plus énergiques que les semences, ont l'inconvénient d'être moins uniformes dans leur action; aussi le Codex donne-t-il la préfèrent, à celles-ci pour la préparation de la teinture. On prescrit la poudre de ces deux parties de la plante a la dose de 10 à 50 centigi-ammes par jour.
La leinture alcoolique des semences de Colchique se donne à la dose de 1 et jusqu'à 8 grammes dans les vingt-quatre heures, dans un véhicule approprié • eau sucrée, tisane amère, infusion de café très-faible. Il est prudent selon la recommandation de .Galtier-Boissière, de ne pas administrer quotidiennement des doses élevées, et de s'arrêter tout à fait dès qu'il y a plus de quatre selles diarrhéiques par jour.
Le vin de Colchique est une préparation moins régulière et moms sûre qui .edonne k dose double de la teinture çt que Garrod a l'habitude de prescrire. ' D'âprès Maisch la Colchicine s'y transforme en Colchicéine, laquelle se forme également dans les préparations suivantes.
h'oxymel de Colchique fait avec : le vinaigre de Colchique 1 partie, miel 2 parties, se prend à la dose de 15 à 60 grammes dans un litre de tisane en