‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 41 sur 293 · COIGNASSIER · texte numérisé non relu

COIGNASSIER

Action physiologique. — Écrasé entre les doigts, le Cochléaria exhale une odeur forte et pénétrante qui se dissipe par la dessiccation. Mâché, il oifre un goût amer, piquant, peu agréable, et provoque la sécrétion salivaire. Parvenu dans l'estomac, il détermine une sensation de chaleur. Son action éloignée ou générale est stimulante.

Usages. — Modes d'administration et doses. — On le mange comme le Cresson. On le mâche dans les afl'ections scorbutiques de la bouche, pour raffermir les gencives, modifier les ulcérations. A l'intérieur, le Cochléaria est le plus usité de nos antiscorbutiques. Son suc se donne non-seulement dans le scorbut, mais dans les engorgements ganglionnaires et viscéraux, les scrofulides, les cache.xies et les dyscrasies, à la dose quotidienne de 60 à 150 grammes et au delà.

On prépare une Eau distillée, une Teinture alcoolique, un Sirop, une Conserve et un Extrait de Cochléaria.

Cette Crucifère entre dans une foule de médicaments officinaux, tels que le Sirop, le Vin et la Bière anliscorbuliques.

Les propriétés excitantes du Cochléaria l'ont fait défendre dans tous les cas compliqués d'irritation générale et d'éréthisme inflammatoire localisé ; lorsqu'il existe, par exemple, des hémorrhoïdes, des hémoptysies, des palpitations.

COlGiXASSiER, Cydonia vulgaris, Pers. — Rosacées-Pomacées.

Angl. Common Quince-tree. — Ali. Wilde Quiltenbaum.

Composition. — Cet arbre, indigène dans le sud de l'Europe, donne des fruits appelés Coings, dont la pulpe a pour composition chimique: sucre, tannin, acide malique, pectine, matière azotée, eau, hgneux, et probablement huile volatile. Ses semences ont pour composition: amygdaline, émulsine, amidon, huile fixe, et Cydonine, ou matière gommeuse spéciale déposée au centre des enveloppes de la graine.

Action physiologique et usages. — L'astringence de la chair du Coing est telle qu'elle n'est pas comestible étant fraîche sinon cuite sous la cendre; mais on la fait confire par tranches, et l'on en prépare une excellente marmelade, une gelée parfumée, et un raisiné appelé Cotignac. Ces confitures Dossèdent des qualités astringentes toniques et mêmes stimulantes, qui les rendent précieuses pour les sujets dont les entrailles sont ordinairement relâchées et dans les cas de diarrhée atonique séreuse. J'ai vu la dyspepsie itonique céder à l'usage des coings soumis à la cuisson sèche et mangés mauds.

Le Sirop de Coing des pharmaciens possède les mêmes vertus, et sert à ïdulcorer les boissôns qu'on administre contre l'entérorrhée, les écoulements muqueux ou sanguinolents,' les vomissements, chroniques. Il entre :omme auxiliaire dans la Teinture de Mars cydonisée, et comme correctif on l associe aux résines purgatives.

Quant aux semences de Coing, elles ne servent qu'à fournir, par décoclion

92 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DBS ANIMAUX, du mucilage employé comme émollient à l'extérieur : dans les gerçures des lèvres, des mamelons, dans la conjonctivite, l'érysipèle, les hémorrhoïdes enflammées, l'eczéma des mains, etc.

COLCHIQUE Colchicimi aulumnale, L. — Colchicacées, Angl. Common mcadow Saffron. — Ail. Wilder Suffran, ZeiUose. Composition. — Le tubercule bulbiforme {Cormus des Anglais) du Colchique d'automne, analysé par Pelletier et Gaventou, a donné : matière grasse composée d'élaïne, de stéarine et d'un acide volatil ; alcaloïde semblable ah vératrine et combiné avec de l'acide gallique à l'état de supergallale ; matièn colorante jaune, gomme, amidon, inuline en abondance, ligneux et petit quantité de cendres. Plus tard, les recherches de Geiger et Hesse ont dé montré que l'alcaloïde du Golchique était distinct de la vératrine : on l'î nommé Colchicine. Les semences contiennent également de la Golchicmi avec une huile fixe, de la résine et un acide.

La Colchicine est cristallisée, inodore, mais d'un goût amer, faiblemen alcaline bien qu'elle neutralise les acides et forme avec eux des sels amers Elle est soluble dans l'eau, l'alcool etl'éther. D'après Oberlin, la Golchicm est une substance neutre que les acides transforment en Colchicéme. On em ploie généralement k Colchicine amorphe ; c'est la seule que Garrod a: administrée, il se loue de son efficacité et en reconnaît la constance.

Action physiologique. — A doses minimes et répétées, le Colchique T^rc voque la sécrétion de la muqueuse intestinale et des glandes sahvaires Lf reins la peau, le'foie, ressentent aussi cette influence. A plus forte dosi elle produit de la chaleur d'estomac, des nausées et des vomissements, v sentiment de faiblesse et de malaise, de la céphalalgie, des effets purgatit et, le cas échéant, l'éruption menstruelle.

Pendant l'état nauséeux, le pouls se ralentit et h diurèse est accrue ( bien il se manifeste une sueur profuse. Les vomissements amènent d aboi dantes évacuations bilieuses. Il survient aussi de la diarrhée; alors on ol serve la diminution de la sécrétion urinaire.

Enfin, lorsqu'il est ingéré en quantité excessive, le Golchique donne lieu une exagération des symptômes gastro-inteslinaux, accompagnés alors > douleurs aiguës dans le ventre et des phénomènes cholénformes qui suce d^nt aux superpurgalions : la faiblesse et la précipitation du pouls, 1 accel ration de la respiration, le refroidissement des extrémités, l'atome muscuiai des membres et la suppression de l'urine. CheUus a vu la proportion d ac, urique doubler dans l'espace de deux jours, mais on voit souvent 1 invei dans le rhumatisme aigu, pendant l'usage du Colchique, et aussi (Garrc dans la goutte. Les recherches de Bôcker tendent également a demontxeru diminution de l'urée et de l'acide urique, contrairement aux observations Christison et de M'Gregor Maclagan qui n'opéraient que mr des echan Ions d'urine. Cela me porte à penser que le Colchique diminue plutôt formation de l'acide urique qu'il n'en favorise l'élimination. Cependant h

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