‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 49 sur 293 · CRESSON DE FONTAINE · texte numérisé non relu

CRESSON DE FONTAINE

triction de la gorge. Et, comme le Cousso n'est nullement purgatif, il faut le faire suivre de l'ingestion de 20 à 30 grammes d'huile de Ricin, ou d'une bouteille d'eau faline purgative; quelquefois môme il est bon de préparer le sujet par une purgation préalable.

Le Cousso s'administre aussi en granules (1 partie de Cousso, 2 parties de sucre) fabriqués par Mentel sur la demande de Bouchardat, et doût on donne 48 grammes, par cuillerées, avec de l'infusion froide de tilleul, dans l'espace d'une demi-heure.

CRAHV DE BRETAGIN'E. — Voy. RaIFORT SAUVAGE.

CRES.soiv DE FOXTAiivE, Nasturtium officinale, DG. — Crucifères. ■ Angl. Water Cress. — AU. Bru7inen Kresse.

Composition. — Cette plante cosmopoHte, qu'on trouve dans les eaux vives des cinq parties du monde, contient, d'après Chatin, une huile essentielle mlfo-azotée analogue à celle des autres crucifères, un extrait amer, de l'iode, )lus abondant dans les eaux-vives, du fer et des phosphates, etc.

Uhuile essentielle très-amère et très-odorante donne aux plantes la saveur )iquante. Contrairement à l'opinion reçue, Chatin soutient que le Cresson, ion plus que les autres plantes de la famille, ne perd pas la presque totalité le son huile volatile par la dessiccation. L'iode fixé par la potasse ne se perd las davantage. Mais le principe huileux volatil peut se dissiper tout-à-fait par a coction prolongée.

Action physiologique. — Le Cresson produit dans la bouche une saveur )iquante et amère, et dans l'estomac une chaleur plus ou moins marquée elon la quantité ingérée. Il est stimulant, et Bobe-Moreau l'accuse d'avoir iroduit la rougeur de la face, des vertiges et de l'oppression. Les principes airoduits dans la circulation sont ensuite éliminés par l'haleine, la peau et ;s urines, d'où la diurèse abondante parfois observée.

L'usage prolongé du Cresson détermine sur l'économie un effet altérant qui a fait l'un des meilleurs dépuratifs- et antiscorbutiques.

Usages. — Le Cresson se mange habituellement en salade ou comme îsaisonnernent. C'est un aliment qui convient aux sujets lymphatiques, orbutiques et goitreux. On en mâche dans les intervalles des repas pour codifier les gencives boursouflées, rouges et saignantes, ou disposées à ulcérer par un travail de gangrène parcellaire. On le recommande aussi intre les maladies des voies urinaires, les calculs et contre les catarrhes ironiques des bronches.

Les médecins prescrivent encore le Suc et le Sirop de Cresson. En outre Cresson entre dans le Sirop aniiscorbutique; il faisait naguère partie dé usieurs préparations actuellement délaissées.

cuEssor« DE PARA, Spilanthes oleracea, L. - Composées ou Synan-

^ERÉES-bENÉCIONIDÉES.

Angl. Speal kavcd Spilanlhes. — AU. Falsclie Fkckblumc.

Composition. — Le Spilanlhes oUracca, originaire de l'Amérique méridionale et subspontané en Provence, contient, d'après Lassaigne, une huile volatile odorante etâcre, de la gomme, de l'extractif, de la cire, une matière colorante jaune, du sulfate de polasse et du chlorure de potassium. C'est à Vhuile esscnliclle qu'il doit ses propriétés énergiques.

Action physiologique et usages. — Le Cresson de Para possède une saveur poivrée, brûlante, qui excite la salivation d'abord, et ensuite l'action digestive de l'eslomac, avec une sensation de chaleur marquée à la région épigastrique. Son action générale est stimulante. 11 est usité comme condi-' ment. On le conseille comme masticatoire et sialagogue, même comme hydragogue et vermifuge. C'est un excellent antiscorbutique, d'autant plus précieux qu'il est à peu près le seul que produisent certaines contrées chaudes du globe.

On en prépare une alcoolature qui se prend à la dose de 10 à 30 grammes en potion, et en quantité plus forte sous forme de collutoire ou gargarisme. Il entre dans plusieurs compositions complexes.

CROTOiv-TiGHUM, Crolon Tiglium, L. — Euphorbiacées.

Angl. Purging Croton. — AU. Purgier Baum, purgier Holz.

Composition. — Cette Euphorbiacée arborescente de l'Inde et de l'extrême Orient fournit des semences dans lesquelles on a découvert : une huile fixe et de l'acide crotonique (Pelletier et Cavenlou), une huile volatile (Brandes), une résine jaune-brune, de la stéarine, de la cire et quelques autres principes -de moindre importance.

Vacide Crotonique, l'un des principes actifs du Tigli, est un acide gras volatil, solidifiable à - 5° centigrades, formant des sels avec les alcalis e

les oxydes terreux. v x- ■ -f i

L'huile volatile et la résine ont également une part dans 1 action irritanl et purgative de l'huile de Croton. CeUe-ci est soluble dans les autres huile fixes et volatiles, dans l'éther et dans l'alcool. ^

Action physiologique. - L'huile de-Croton est un irritant acre des plu violents Sa vapeur seule cause du picotement, de la rougeur, du larmme ment et de l'inflammalion des yeux. Appliquée sur la peau, eUe determm en quelques heures une vive irritation et une éruption dense de petites vé sico-pustules. En très-petite quantité sur la langue, elle cause une cuisso extrême et une salivation prolongée. Introduite dans le tube digestif, ell occasionne d'abord une sensation d'âcreté dans le gosier et de chaleur da. l'estomac, avec des nausées parfois suivies de vomissements, puis des c.>l. nues des tranchées et des évacuations alvines très-nombreuses, d abord t cales puis aqueuses, et souvent de la supersécrétion urinaire, pourvu que ] dose soit d'une demi à deux gouttes. Il résulte quelquefois de cette derniei nuantité une véritable superpurgation avec les symptômes cholénform. habituels A dose plus forte, elle produit des accidents toxiques graves. G a vu survenir des convulsions et la mort en trois jours.

CROTON-TIGLIUM. 111

Il n'est pas invraisemblable que l'huile de Groton puisse être absorbée même par la peau, et parvenir dans le sang; mais les purgations observées à la suite de frictions sur la région abdominale ne sont probablement que des faits de coïncidence, et ne suffisent pas à démontrer rigoureusement le passage des principes drastiques dans le réseau sanguin du derme, et de là dans la circulation pour aller porter leur action sur le tube intestinal.

L'action des semences du Crolon Tiglvum ne diffère de celle de l'huile que par une intensité un peu moindre. Toutefois on a vu l'ingestion d'une seule graine fraîche devenir fatale, ce qui semble indiquer que l'huile volatile, alors plus abondante, puisqu'elle se transforme progressivement par oxydation en acide crotonique, est l'agent le plus actif des effets irritants et drastiques de l'huile de Tigli.

Substances synergiques, auxiliaires. — L'huile du Crolon Pavana et du gros Pignon d'Inde (Jatropha Curcas) , la résine du Thapsia garganica produisant les mêmes effets. L'huile de Ricin et d'autres purgatifs résineux sont les auxiliaires de l'huile de Groton.

Substances antagonistes. — Toutes les substances émoUientes et narcotiques enchaînent un peu les effets irritants du Groton. Malgré cela, ou plutôt à cause de cela, l'addition des mucilagineux et des matières absorbantes inertes est utile, en ce qu'elle empêche l'action de l'huile de s'épuiser sur un seul point, et permet à l'irritation de se continuer le long du tube digestif au fur et à mesure que l'huile se dégage de son correctif.

A dose massive, les mucilagineux et les délayants serviraient à masquer plus complètement en même temps qu'à entraîner le drastique, et remédieraient k ses effets irritants.

Usages. — L'huile de Groton Tiglium est un drastique précieux par son énergie et par le petit volume sous lequel sa puissance s'exerce. Elle convient d'une part aux sujets indociles et difficiles, d'autre part à ceux dont la constipation, l'embarras ou l'occlusion de l'intestin so.nt accompagnés d'un état torpide du tube digestif, ou qui réclament d'abondantes évacuations pour se débarrasser d'une hydropisie, ou conjurer une hémorrhagie cérébrale, etc. On y a fréquemment recours dans la colique de plomb ; mais elle est contreindiquée dans les cas d'irritation gastro-intestinale, non-seulement parce qu'elle exaspère cet état morbide, mais encore parce que, dans ces conditions, elle peut être inefficace. Il est à remarquer, en effet, qu'en pareille circonstance les drastiques peuvent n'amener aucune évacuation, tandis que les purgatifs doux, les eaux salines par exemple, donnent de bons résultats; ce qu'on peut expliquer èn disant qu'une simple hypérémie favorise l'hypercrinie, tandis que l'inflammation aiguë s'accompagne d'abord d'une diminution sécrétoire et spécialement de la sécheresse des muqueuses.

L'huile de Groton est aussi l'un des agents les plus employés de la méthode révulsive, externe, parce que ses effets sont sûrs, quand elle est de bonne qualité, et qu'ils sont obtenus sans douleurs vives. On utilise principalement ses qualités irritantes dans les inflammations peu aiguës des bron-

112 SUBSTANCES TIRÉES DBS VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, ches et du parenchyme pulmonaire, les névralgies et le rhumatisme. Turner vient de publier quatre cas favorables k son emploi topique, sur le cuir chevelu dans la méningite. Nous ne parlons pas de son action contre-irritante interne, parce que l'huile de Groton ne jouit pas, sous ce rapport, de propriétés qui ne soient communes à tous les purgatifs drastiques.

Mode d'administration et doses. — A l'intérieur, l'huile de Croton- Tiglinm se donne à la dose de 1 h 2 gouttes en pilules ou en dissolution dans une huile douce, ou dans de l'huile de ricin. En ajoutant une ou deux gouttes d'huile de Groton à 30 grammes d'huile d'amandes douces, on obtient une espèce d'huile de Ricin arliftciclle. On en fait aussi une sorte de savon '{crotonale de soude), en la combinant avec partie égale de carbonate de soude, ou moitié de son poids de lessive des savonniers. Enfin, on prépare une teinture dans la proportion d'une goutte d'huile pour 2 grammes d'alcool (Soubeiran).

A l'extérieur, l'huile de Groton-Tiglium s'emploie pure, étalée sur le milieu d'un emplâtre de sparadrap de diachylum, dont on fait adhérer les bords k la région sur laquelle on veut déterminer l'éruption. Ou bien on l'associe en proportion convenable à un véhicule approprié, tel que l'huile d'olive, l'essence de térébenthine, le Uniment savonneux, etc.

CUBÈBE ou poiVRE-A-ftUEUE, Cubeba officinarum, Miq.; Piper Cubeba, L. — Pipéracées.

Anel Cubeb Pepper. — AU. Kube.be, Schwindel-Kôrner.

Composition. — Les fruits du Cubeba officinarum de Java, ou Cubebes, contiennent une huile volatile, deux résines, du cubébin, de l'extract.f et

des matières salines. .

L'huile essentielle, G- H^* (A. Schmidt) plus légère que 1 eau, reproduit l'odeur du Cubèbe, ainsi que sa saveur chaude, aromatique et amere. Les Gubèbes frais en Tenferment. 14 7o.

Des deux résines, l'une est liquide, acre, analogue pour le gout et l'odeur au baume de Copahu; l'autre solide, brune et acre, insoluble dans réther

Te Cubébin G" H'" 0" semblable au pipérin et incristallisable, est um à la résine. Dans cet état, il est soluble dans l'éther, l'alcool, les huiles fixes et l'acide acétique, mais non dans l'essence de térébenthine. Ce n est

'"AcTioÎp"v^oLOOlQUK.-Pris en quantité modérée, le Cubèbe excite yàJZl augmente l'appétit et active la digestion. A d^^s f^rte Jtout si l'estomac est irrité, il occasionne une cuisson pénible des nausée etls vomissements, des coliques et le dévoiement. Ses eflets g neraux son raugmentation de la température et la soif, parfois de la céphalalgie, des

le sang! "échappent par la respiration en réduisant la sécrétion bronchi-

CDMIN. 113

que : par la sueur et la matière sébacée de la peau, en déterminant quelquefois un exanthème semblable à celui du Gopahu : par l'urine, en augmentant la diurèse. Mais il peut également résulter, de doses excessives des ardeurs d'urines et d'autres symptômes de congestion et d'irritation de l'appareil uro -génital : doul eurs lombaires, hématurie, etc. Les urines chargées des principes résineux du Cubèbe, offrant les mêmes caractères chimiques que lorsqu'elles charrient la résine de Gopahu (voy. ce mot). '

Les substances synergiques et auxiliaires, aussi bien que les antagonistes sont les mêmes pour le Gubèbe que pour le Gopahu. '

Usages. — On voit d'après cela que le Poivre-à-queue mérite d'être employé aussi bien dans les catarrhes des voies respiratoires que dans ceux de la vessie ou del'urèlhre. Gependant le Gubèbe est généralement réservé aux mêmes usages que le Gopahu, dont il partage les actions et les indications (voy. ce mot). On l'emploie encore comme carminatif ou stimulant dans l'atome gastro-inteslinale, et dans le rhumatisme. Il est doublement utile contre les arthrites blennorrhagiques. Dans la méthode de Trideau on a plus souvent recours au Gubèbe qu'au Gopahu lui-même dans le traitement de la diphthérie.

Enfin, les Indiens le font servir à stimuler l'ardeur génitale ; les anciens 10 donnaient contre la migraine, et les modernes le conseillent, avec quelque raison, dans certaines affections cérébrales, caractérisées par des symptômes congestifs : céphalée, éblouissements, vertiges, titubation (Debout). Le docteur Deiters se loue de son emploi dans l'incontinence d'urine par atonie du col vesical, ou liée à la présence des vers intestinaux ^ Modes D administration et doses. - Les fruits du Gubèbe se donnent

a dose de 8 à 16 grammes par jour, en j^oudre, délayée dans de l'eau ou sous forme detoa^/•., avec quantité suffisante de sirop, ou enfin associée au baume de Gopahu, sous forme ^'opiat mou. Aux enfants atteints du

e'c'ubTbe SéT'" 'h" '""r'n f V-hér.Uni de sucre et

ae Lut)ehe (oléo-saccharure, de Delpech).

On en prépare un extrait oléo-réùneux (Dublanc) et un extrait fhcide ou

la dose de 30 centigrammes à 4 grammes; le second s'administre aux

Le Gubèbe fait partie de la Poudre anglaise antigonorrhéique.

CLLILAWA^I. - Voy. GaNNELLE GiROFLÉE.

T.TorT'^'T - O^bellifères-Guminées.

ADgl. Orficmal Cumin. AIL Kûmmel.

quauliar^mâlin" 'T'''''. ''^''"P^^' '^^''^'^ ^ Sénégal, doit ses ""r^::^:,:,^:: ^^'-^l-'- ^ l-^'e essentielle, d'une 'odeur re-

114 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, butante et d'un goût très-âcre, mais d'une grande puissance comme stomachique, carminalif et sudorifique.

Les semences de Cumin, qui font partie des gualre semences chaudes, entrent comme condiment dans les pâtisseries, et se donnent, à la dose de 2 à 4 grammes, en infusion dans 500 grammes d'eau. On en applique, en sachets ou en cataplasmes, sur les engorgements froids. Elles entrent dans la composition de VEmpkUre de Cumin, et servent avec celles de Carvi k préparer la liqueur connue dans le Nord sous le nom de Kiimmel.

CURAÇAO. — Voy. Bigaradier.

CUKARE, OLUARi, WOURAH OU WOORÀRA. Poison en partie formé par le suc du Slrychnos toxifera, Benth. — Strychnées. Angl. Curari. — AU. Curari.

Composition. — Boulin, Boussingault et Pelletier n'ont pu parvenir k découvrir dans le Curare un alcali cristallisable. La Curarine de Petroz n'est t autre que l'extrait amer, incristallisable, mais alcalin et pouvant se com- ; biner avec les acides, soluble dans l'eau et 1 alcool, précipitable par la noix \ de galle, que les précédents chimistes avaient obtenu à un état de moindre |

^TcTiON PHYSIOLOGIQUE. ~ Le Gurare peut être ingéré impunément dans les voies dlgestives, exemptes d'excoriations ou d'ulcérations, parce que : l'estomac intact le digère sans doute, et ne l'absorbe pas sans avoir anéanti « ses propriétés toxiques. Il est au contraire absorbé sans altération par la muqueuse rectale ou bronchique, ainsi que parles solutions de contmmté de la peau et des tissus plus profondément situés. Parvenu dans la circulation, ce poison n'exerce aucune influence sur le cœur, ni sur les actes importants qui s'accomplissent dans les globules; il respecte également les centres nerveux les nerfs de sentiment et même l'irritabilité musculaire ou du moins celle-ci n'est modifiée qu'indirectement comme cela se voit après la suppression de l'innervation dans les expériences de Ziemssen, car Biûcke a reconnu que chez un animal curarisé les muscles insensibles aux courants électriques; instantanés répondent aux courants continus. Son action se concentre surles filets nerveux moteurs, dont il détruit, de la périphérie vers le centre,, l'aptitude à exciter la contraction musculaire (Cl. Bernard, Martm-Magron,, Yulpian, etc ), ou, si l'on veut, la conductibilité pour le courant nerveuxt exodique dans l'ordre suivant : 1° Nerfs laryngés; 2° nerfs des membres etl du tronc; 3" nerfs respiratoires; 4° dixième paire; 5° enfin, grand-sympathique (Cl. Bernard). De son côté P. Bert note la résistance plus grandes des nerfs viscéraux. La paralysie motrice due au Cnrare est donc assez semblable à celle qui suit les maladies aiguës, et à laquelle on a donné le nomi iemralysie aslhénique diffuse des convalescents {Gnhler). : Ce principe non oxygéné C=» 11'-^ Az se colore en bleu par 1 acide sulfu , rique, en pourpre par l'acide azotique, en violet ou en pourpre violet par le<

CURARE, OURARI, WOURALI OU WûORARA. 115

bichromate de potasse ou le sulfate de manganèse (Robin). Preyer obtient des sels de Gurarine plus toxiques que le Curare.

Cependant une analyse plus délicate des phénomènes a permis à Vulpian de reconnaître l'intégrité des nerfs moteurs dans tous les points de leur longueur, et l'a conduit à penser que l'abolition des mouvements volontaires pendant le Curarisme ne pouvait être attribuée qu'à l'une de ces deux circonstances : l'altératiun des plaques nerveuses terminales, supposées anatomiquemetit distinctes des tubes nerveux, ou bien pluiôt la solution de conlinuité fonctionnelle entre ces disques terminaux et les hbres contractiles. Selon Cl. Bernard, le Curare accélère la circulation et pourtant augmente la pression vasculaire. Pendant l'intoxication, si l'on entretient "la respiration artificielle, on observe des supersécrétions manifestes des glandes rénales, sudoripares, salivaires, lacrymales et intestinales. La glycosurie est un phénomèue souvent noté pendant le Curarisme (Winogradow, Cazal, Liouville et Aug. Voisin) comme conséquence de la paralysie du bulbe spinal. Wmogradow remarque que la matière glycogène apparaît dans les urines, non parce qu'elle est formée en excès, mais parcequ'elle cesse d'être brûlée dans les muscles. Liouvilleet Aug. Voisin constatent cependant une élévation marquée de la température ( 1" à 2- à la périphérie, 3° à 4" dans le rectum) et meme une véritable fièvre qui peut durer six jours, quoique le Curare soit ehmme en vingt-quatre heures.

Substances synergiques, auxiliaires. - Bien que le Slrychnos toxifera passe pour fournir les principaux éléments actifs du Curare, celui-ci possède cependant une action fort différente de celle des plantes de la famille des Strychnées, et la strychnine ou la brucine sont loin d'être les auxiliaires de la Curarine, dont elles passent, au contraire, pour les antagonistes. Celte particularité, et quelques autres semblent donner raison à ceux gui prétendent que le Curare doit sa principale activité à des venins ou à des poisons végétaux, fournis par d'autres espèces que celles de la famiUe des otrychnees. v

^imlltTet'ffT T'f ^"'"^ ''''''' ''''' °P^^^°^ remarquable

simahtude d effets physiologiques qui existe entre le Curare et un dérivé du

Zé7et:Tf ^-Strychnées, Vétkyl-Urycknium, d'après les belle

t la St^l" ! r^^T' 'ï" P^™^"™^ ^"PP°«^r transformation de la strychnine dans le poison composé par les Indiens

bUBSTANCEs ANTAGONISTES. - Les antagonistes dynamiques seraient

" e 't^r ''^''^'T''' StrychLer' ue rd a-

faudr ai"t r '7"^"''''' '^""^^"'^^^ P^^ -P^^^^^^e de Roui n, il pa aîS f ^^^'^"^^ -^«t-^es. Mais le sel n us

Pr^ P-^i« ^fessée, et non par

chl fe e du Ï r '^''? antidolisme véritable. Il en est de même du

(Cl Bernardw?"^'' 'ï"^ ^'^^^^'^^ 'ï^'"^^ de présence

i^ernard) et j en dirai autaat de l'acide phénique (P. Bert)

Usages. — Vella, de Turin, a traité avec succès un tétanique par des injections sous-cutanées de Curare. Demme obtint 8 guérisons dans 22 cas de tctmos généralisé ou de trismus, et Eusch 5 sur 11 malades. Mais cette expérience, répétée en France et ailleurs, n'a presque jamais réussi (Manec, Follin, Ginlrac). Jusqu'à plus ample informé, on n'est donc pas autor.sé à considérer le Curare comme un spéciHque du tétanos, ni comme l'antidote do la strychnine. Le Curare a été aussi employé vainement contre l'hydrophobie, l'épilepsie (Cazal, LiouviUe et Aug. Voisin) et la cliorée (B^igel).

Modes d'administration et doses. - L'ingestion dans les voies supérieures est souvent illusoire. On ne peut donc introduire le Curare que par le rectum,- ou par les méthodes endermique et hypodermique. Mais 1 absorption parla muqueuse rectale est peu certaine; restent, en conséquence, les voies périphériques.

C'est aux injections hypodermiques, avec la seringue de Pravaz ou de Lûer qu'on a recours ordinairement. Il est prudent de n'injecter à la fois au'un milligramme de Curare, en dissolution dans l'eau distillée. L'opération peut être répétée plusieurs fois dans la journée, ou même d'heure en heure.

CURCAS, Curcas purgans, Adanson; Jalropha Curcas, L.- Euphor-

An^r Physic Nul. - AU. Barbados Nussbaum, grosser Wunderbaum.

Composition. - Les semences du Jalropha Curcas, originaire des Indes orientales et transporté par les nègres en Amérique, contiennent, d après Soubeiran, une huile fixe, une résine acre parlicuhère, une matière sucrée, de la gomme, un acide gras, de rémulsine(?), un acide libre et des sels

Vhuib de Curcas, ou IvuUe infernale, se distingue par sa faible solubilité

'^TcriorPHYSioLOGiQUE. - Les grcs pignons cZ7nde causent une sensation de hAlnve dans la bouche et dans l'estomac, des nausées, des vomissements, des évacuations alvines, quelquefois une superpurgation, avec transpiration excessive prostration, étourdissements et délire.

Tn f^cLs sur la peau, rHuile de Curcas détermine une irritation moins vive que celle du. Croion riffitum.

Usages - Les semences et l'huile de Curcas sont drastiques, comme les semences et l'huile de Croton, bien qu'à un degré un nntive de

Elles sont utilisées comme telles dans la patrie originelle ou adoptive de la n ante Le suc de celte Euphorbiacée est appliqué, du-on, avec succès, ^ .trnède externe des hémorrhoïdes, et les habitants des îles du Cap- ZT:'::tXo:. exater la sécrétion lactée. Dans l'Inde, on s'en frotte le ccrps pour guérir la gale, les dartres, le rhumatisme.

D'après Descourtilz, le Curcas serait l'antidote du Mancemlher.

CiJRCiiMA LOIVG ET RO^D, Carcuma tincloria, Guib - Amomacées

ou ZîNGlBÉRACÉES.

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