‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 50 sur 293 · CYNOGLOSSE · texte numérisé non relu

CYNOGLOSSE

Angl. Longrootcd Turmeric. — AU. Kurkuma, GeîbivurzeL

Composition. — Les racines de celte Drimyrrhizée de l'Inde renferment d'après Vogel et Pelletier, une matière colorante particulière {Curcumine), une huile odorante, très-âcre, et d'autres principes inertes.

La Curcumine, d'un heau jaune lorsqu'elle est dissoute et étendue se colore en rouge par les alcalis, et sert à les reconnaître. Cependant l'acide Lo- Tique lui fait subir le même changement de coloration. Elle paraît insipide d'abord, acre et poivrée ensuite.

Action physiologique et usages. — Ils sont analogues à ceux des Amomum. Le Gurcuma est un excitant des voies digestives et un stimulant diffusibl,e très-énergique. On s'en sert comme condiment, comme stomachique pour arrêter les diarrhées aqueuses. On lui accorde également des propriétés diurétiques et lithontriptiques, parce que sa matière colorante élimmée par les reins, communique aux urines une teinte jaune foncée. On se sert, en pharmacie, de cette substance comme matière colorante.

La dose de Curcuma, en poudre, est de 2 à 4 grammes par jour : elle est double quand on n'en prend que l'infusion' ou la décoction.

CYCLAME D'EUROPE OU PAir«-DE-POURCEAu, Cyclamen Europœum L. — Primulacées.

Angl. Cyclame or Soivbread. — AU. Schweinbrod.

Composition. - Le tubercule aplati du Cyclame a été analysé récemment par de Luca, qui y a découvert une substance active particulière, la tyclamme, qui est un glucoside.

â.r'lTV?T°^''"'- - ^l'^'^t cette racine est inodore, amère, V lat'il, .11 T' P^^l^'^««^i«^•i°- la torréfaction, de ses principes volatUs elle devient comestible. Lorsqu'elle est douée de toute son énergie

ir Z M P"^^'^'"*' ^^^^ poison âcre el

irntant, capable de causer de la gastro-entérite, des seUes sanguinolentes des sueurs froides, des vertiges, des convulsions et la mort On croit que les principes actifs de la plante peuvent agir après absorn

dtréC '"'^ """^ '''''' °" '^i^^'^^

c^lT^' ~ ^^^^^^-^«'"''^^«^ n'est plus employé comme purgatif 'i

rv" enTtT"''' inconvénient, In servir en cataplasme, pour stimuler et résoudre des engorgements froirlT

SrdTs'RltnSr^ principes narco-

ct'Ank^:!^ '^"P^'^" la base de l'Onguent

AngT ''""'''''T. ^' ' Borraginées.

g'- Uounds-iongue. ~ AU. Hundszunge.

Composition. — La racine de Cynoglosse renferme, d'après Cenedilla, im principe odorant, vireux, une matière colorante, grasse, une résine, du tannin, des substances organiques inertes, et des sela.

Action physiologique et usages. - C'est k la substance odorante qu'on aUribue les propriétés problématiques de la racine de Cynoglosse, ou plus spécialement de ?on écorce. Mais aucune expérience ne démontre rigoureusement les vertus anodynes de la plante, qui pourrait bien être à peu près inerte comme les autres Borraginées. ^, . ■

L=>s prétendues Pi2«ies de Cynoglosse ont, en réalité, pour base 1 extrait d'opium dont elles renferment exactement le dixième de leur poids dans la formule du codex (1866), où elles portent le nom àe pilules de Cynoglosse opiacées. Notons qu'elles contiennent la même proportion "de semences de iusguiame. Elles sont employées aux mêmes usages que les autres préparations opiacées, et leur nom sert à tromper les personnes qui, par préjugé ou autrement, rép ignent k l'emploi de ces dernières préparations.

CTTVORRHODOX, ROSIER SAUVAGE, ÉGEAl^TIER SALV.IGE, Rosa

canina, L. — Rosacées-Rosées.

And Hiv or Hep. — AU. HagebuUe. . . x

cÔmpos tio.. - Le fruit du Rosier, ou C,norrh„do., con.re.l, daprts BifeTne huile volatile et une huile grasse, du tanuin, du sucre ,ncr«.aUsablè, de la mjrieiue, deux résines, des acides citrique et m^hque etc.

AoTto. PHVS,o,.oot,OE ET tTsAOKS. - Les Cî»rrhotas possMeu. u.e odeur faible, uue saveur acide, légèrement astringente el a W'^rF: Ces propriéiés organoleptiques font deviner leurs vertus J'^^ f effet ces fruits sont tempérants el un peu resserrants. Ou en fa t une eon * ' utile contre certaines diarrhées et raïaiblissement tu.estmal, et qm se mange sur les tables en Allemagne.

CYPRÈS, Cupressus sempervirens, L. — Conifères.

DIGITALE

D.VTTIER. Phœnix claclijlifera. L. — Palmiers. Angl. Date-tree. — Ail. Datlelbaum.

Le Dattier, commun dans tout l'Orient, l'Algérie, cultivé dans les deux péninsules méridionales del'Europe et jusqu'en Provence, fournit des drupes savoureuses, chargées de sucre de Canne, qui servent à l'alimentation et à la médecine.

Les Djttes sont classées parmi les fruits pectoraux et considérées comme émollientes, adoucissantes et bonnes contre les maux de gorge, les rhumes, les inflammations des voies urinaires.

On en fait un sirop, une pdte ; elles entrent dans VÉlecluaire diapliœnix.

DAUCifS DE CRÈTE. Athamantha cretensis. — OmbellifèreS-Sésé-

LTNÉES.

Angl. Cmdy Carrot. — Ail. Cretîscher Mohren Kûmmel.

Les semences du Daiocus de Candie sont chaudes et stimulantes, comme celles des Ombellifères, en général. Elles sont au nombre des Six semences carminatives, et entrent dans la Thériaqm, le Miîhridate, le Sirop d'Armoise^ etc.

DIGIT VLE, Digitalis .purpurea, L". — Scrofulariacées.

Angl. Purple Foxglove. — Ail. Rothcr Fingerhut.

Composition. — La Digitale pourprée, magnifique espèce de nos régions tempérées, offre une composition chimique complexe et encore mal déterminée, malgré le grand nombre de travaux dont elle a été l'objet. Outre les principes fondamentaux des parties vertes des plantes, ses feuilles renferment deux huiles, dont l'une volatile, une matière grasse, une résine, un principe amer, la Digitaline (Homolle et Quevenne) ; plus le Digitalin et la Uigilalose (H. et Q.), les acides digitalique et antirrhiniqne (Morin) et Vacide hgiloleique (Kosmann).

La digitcaine de Homolle et Quevenne, généralement usitée parmi nous, îst en poudre blanche, à peu près incristallisée, peu soluble dans l'eau, même bouillante, ainsi que dansl'éther, mais bien soluble dans l'alcool.

bans se combmer avec les acides, elle se dissout dans l'acide sulfurique .oncentré en donnant une couleur successivement brune, noirâtre, améthyste .1 cramoisie qui tourne au vert par l'addition de l'eau. Sa solution dans ^ acide chlorhydnque est d'abord jaune, puis d'une belle teinte vert-pré. hÙ'LZ.^^ "'^ P°"^'' très-amère, qui excite de violents

ralem^r i"^' ^^""^ l'estomac à la dose de 2 à 6 milligrammes, elle e pouls et augmente la sécrétion urinaire. Elle occasionne aussi des

120 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, efl'els purgalils, phénomènes analogues à ceux que nous offre la Digitale en nature. (Voir pour de plus amples détails l'article Digitaline).

Action physiologique. — Appliquée sur une muqueuse ou sur le derme dénudé, la poudre de feuilles de Digitale, ou celle de digitaline, produit de la cuisson, une irritation vive pouvant aller jusqu'à l'inaammation et l'ulcération. Celte désorganisation ne doit pas être attribuée à un phénomène chimique, à une combinaison des principes de la.planle avec les tissus et les Iluides organiques, mais à l'action toxique de ces principes sur les nerfs de sentiment et sur les éléments histologiques de la région, d'où résultent l'exaltation et la perversion fonctionnelles et nutritives qui commencent par , la fluxion sanguine pour aboutir au ramollissement, k la gangrène et à-l éii- j

mination ulcéreuse. ^

Rarement la Digitale est ingérée dans l'estomac en assez grande quantité ; elle est d'ailleurs trop rapidement incarcérée dans le mucus, pour déterminer sur la muqueuse des effets irritants comparables à ceux qui viennent d'être signalés. Elle occasionne seulement des nausées et des vomissements. A dose faible, elle est même exempte de ces inconvénients, et se borne a produire le ralentissement et la régularité du pouls, en mênae temps que l'augmentation de la sécrétion nrinaire. L'urée augmente selon Brunton, mais les analyses de A. Megevend montrent qu'elle diminue au contraire de

9 k 20 pour cent. ^ .

A dose excessive, la Digitale donne lieu aux symptômes suivants nausées, vomissements, salivation, quelquefois lenteur et ^souvent irregularU , presque toujours fréquence et faiblesse du pouls en même tenaps que d.minul on de la tension artérielle, sueur froide, refroidissement des ex remite , ten ance syncopale, céphalalgie gravative, étourdissement, troub - ^^^^^^^^ vue, perte de sommeil, stupeur ou délire, dilatation de la pupille et convulsions. La mort vient quelquefois termmer la scène. i.,,„oissement Les deux principaux effets de cemédicament singulier sont 1 accroissement de k diurèse' tl Llentissement du pouls, phénomènes connexes, en juger • d'aprèt leur coïncidence fréquente dans les tableaux symptomatiques des dive agents de la matière médicale, bien que la ^-èse puisse être aug-

sur le centre circulatoire, longtemps ignorée et mal comprise jusqu a ces

't^^S^alentit le pouls d'une manière rei^rqu^ble ^^ait t^mbei^à 60, 50, '45 et jusqu'à 32 pulsations par minute, du ch^ff de 00 a 20 ou 130 q^'il atteignait auparavant. On

double au simple exactement, par exemple de à 60 puUtion p

de l'at^nuation P^^^^^^^^^^^^^^^ :;mTdr:^^^^^^^^^^^ d!révolu-

DIGITALE

laire est forte et la seconde faible, avec un pouls vérilablemenl redoublé, analogue au pouls dédoublé de la fièvre typhoïde (Gubler). A mesure que le nombre des pulsations diminue, le pouls devient plus plein, plus fort et plus résistant, et la colonne de mercure, dans l'hémodynamomètre, s'élève beaucoup plus haut à chaque contraction du cœur (Briquet). La Digitale n'est donc pas un hyposlbénisant de la circulation centrale, elle en est plutôt le régulateur et le tonique : elle est moins l'opium du cœur (Bouillaud) qu'elle n'en est le quinquina (Beau).

Mais tandis que des doses modérées ralentissent et régularisent les battements cardiaques en élevant la tension vasculaire, des doses toxiques ramènent, par un autre mécanisme, la précipitation et le désordre dans ces battements. D'où la nécessité de surveiller la Digitale dans chaque cas particulier, d'autant plus que quelques médecins ont cru reconnaître des inconvénients sérieux, même à des doses faibles, mais longtemps répétées : ce qu'ils attribuaient à l'accumulation d'action de la substance. A la vérité, ces inconvénients n'ont pas été constatés par la majorité des observateurs, et quand ils existent, on est en droit de les attribuer plutôt aux accumulations de doses lorsqu'on fait usage de pilules renfermant la Digitale en nature.

Substances synergiques-auxiliaires. — La Digitale est jusqu'ici le seul poison de son genre, la Caféine et quelques autres substances qui augmentent lenergie de la propulsion cardiaque ont d'ailleurs une action physiologique très-différente ; mais, comme diurétique, elle a des analogues dans le règne organique : Scille, Asperge sauvage ; et dans le règne minéral : nitrate et acétate de potasse, bromure de potassium, etc. sans compter le froid. Par son action nauséante elle se rapproche de l'ipéca et du tartre stibié.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contrepoisons. — Les antagonistes de la Digitale sont la chaleur, les aromatiques, les alcooliques, l'ammoniaque et les stimulants diffusibles, l'opium et les agents narcotiques congestionnants. Cependant l'opium peut être associé avec utilité à la Digitale lorsqu'on veut obtenir la narcose sans l'hyperémie encéphalique.

Pereira pense que le tannin peut lui servir de contre-poison, comme aux alcaloïdes proprement dits. Les antidotes dynamiques sont les antagonistes mdiqués ci -dessus, et spécialement les alcooliques et les stimulants diffusibles.

Usages. — A titre de galvanisants des nerfs cardiaques et du système vaso-moteur en général, la Digitale et la Digitaline sont rationnellement mdiquées dans tous les cas où l'atonie paralytique de cet appareil nerveux, complexe, constitue le phénomène morbide fondamental, ou bien l'un des éléments importants de l'affection. De ce genre sont : les palpitations asthéniques, idiopathiques des sujets nerveux, l'asystolie des maladies organiques du cœur, les fluxions sanguines viscérales, l'éréthisme fébrile, qui est la Phlogose légère de tout l'organisme, et même les inflammations localisées, indirectement, en diminuant le calibre des capillaires, la Digitale sert à

122 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUII. prévenir et à réprimer les hémorrhagies qui se font pa« les petits vaisseaux. On l'a conseillée surtout contre les méirorrhagies. Par son action diurélique, la Digitale rend des services dans les hydropisies et dans les conditions pathologiques : albuminurie, goutte, gravelle, où l'on veut favoriser la diurèse et l'élimination de produits excrémentitiels sans accroître la congestion rénale.

Ce médicament a reçu h tort d'autres applications fondées surune mauvaise interprétation de son activité physiologique. Ainsi, on l'a souvent administré à des sujets menacés d'apoplexie ou atteints d'anévrysmes, sous le prétexte de calmer le cœur et de diminuer par là les chances de rupture de l'aorte, par exemple, ou de déchirure de la substance cérébrale. Nous savons maintenant ce qu'il faut penser de cette prétendue asthénie cardiaque produite par la Digitale. Cette substance est hémostatique parce qu'elle agit sur la contraction des capillaires et quoiqu'elle augmente la force d'impulsion du

cœur

La. Digitale doit être employée dans la fièvre surtout quand 1 excitation ci'culatoire se trouve hors de proportion avec les autres phénomènes principaux. Elle convient à de certaines palpitations nerveuses, par défaut d innervation cardiaque, et non à celles qui dépendent d'une stimulation -excessive et désordonnée du centre circulatoire. Aussi manque-t-elle souvent son effet dans les palpitations purement névropathiques (Trousseau et Pidoux). Elle produit, au contraire, presque toujours ses effets physiologiques dans les affections chroniques-organiques du cœur où domine Vamyosthenie ca.rdiaqu*. Seulement cette action physiologique n'amène pas toujours des conséquences thérapeutiques également favorables. L'augmentation de puissancede la contraction musculaire du cœur atout son effet utile dans le rétrécissement aortique ou pulmonaire, tandis qu'elle rend de mauvais services dans les cas d'insuffisance mitrale. La Digitale n'est pas non plus bien efficace dans la dégénérescence graisseuse ou l'atrophie avec dilatation (anevrysme

vrai') du cœur. , . . . ,

Conseillée avec instance, par un grand nombre de praticiens con re la phthisie pulmonaire, la Digitale ne trouve pas, dans cette cruelle maladie, inflammatoire et fébrile, d'indications spéciales à remplir, si ce n est lorsque tube- cules dominant à gauche, il existe, selon la remarque de Bomllaud, .e excitation circulatoire de voisinage. Elle apaise la chaleur et quelquefois délire dans la fièvre typhoïde (Hirtz). Elle rend des services dans le rhu-

Jes une

le

matisme.

" DaTia pneumonie, elle peut diminuer l'hypérémie et la fièvre, et favoriser lactulaUo'n au trave^ du poumon condensé. Dans l'aliénation et 1 epilepsie, elle agit. aussi comme contre-stimulant. .i. „„;ninR rDebout

On l'a prescrite contre la migraine associée au sulfate de J^^^^^.^ ^eb^ fiauchet, etc.) ; contre l'asthme (Ferriar) ; mais il y a deux espèces ^ ^ point de vue des conditions fonctionnelles du syst me nerveux (voy. Oxy gène , et nous pensons que la Digitale convient à la névrose que calme le bromure

DIGITALE

alcalin. Elle est également indiquée (L. Gorvisart, DûcIos, etc.) dans la spermatorrhée d'un caractère irritatif, où le spasme est syraptomatique de l'hypérémie. Bru ghman l'avait conseillée pour combattre l'éréthisme des organes génitaux. Bérenger-Féraud l'a prescrite contre la Mennorrhagie sans résultats notables.

Enfin, la Digitale donne d'excellents résultats dans le delirium tremens ; mais elle doit être réservée (Gubler) pour cette période du mal où la congestion des centres nerveux a pris la place de l'état asthénique ou d'abincitation qui réclamait l'emploi des stimulants diffusibles et des hypérémiants, tels que les alcooliques et l'opium.

Modes d'administration et doses. — La poudre de femlle de Digitale récente se donne en pilules, ou mieux par prises de 5 à 10 centigrammes répétée deux ou plusieurs fois dans les vingt-quatre heures. On emploie des quantités quadruples et même décuples en iiifuùon. Pour arrêter les métrorrliagies, les praticiens anglais ont poussé les do.-es jusqu'à 15 et 30 grammes par jour. Le sirop se donne' aux enfants par cuillerées à café, et par cuillerées à soupe aux adultes. Les extraits aqueux et alcoolique sont peu usités; la teinture cthérée est presque sans action en raison de l'insolubilité de la Digitaline dans l'élher. Il n'en est pas de même de la teinture alcoolique, dont on donne de 12 à 36 gouttes le premier jour dans une potion. La dose peut être portée rapidement à 4, 6 et 8 grammes dans le délire alcoolique. Ij' alcoolature s'emploie aux mêmes doses. Pour l'usage externe, on prescrit la teinture, la décoction et la pommade.

Contrairement à ce que ferait présumer l'insolubilité de la Digitaline dans l'eau, Vinfusum est une bonne préparation, très-active, qui doit en partie ses vertus à la Digitaline rendue soluble par l'intervention d'autres principes immédiats de la plante, mais qui est en même temps nauséanle au plus haut degré. Il en résulte que, peu recommaudable quand il s'agit seulement d'accroître la puissance du cœur, elle est appelée, au contraire, à rendre de grands services toutes les fois qu'on recherchera l'ensemble des effets de la Digitaledans la médication antiphlogistique appliquée par exemple à la pneumonie eu au rhumatisme articulaire aigu. Alors la Digitale convient d'autant mieux que l'appareil fébrile est plus intense et le sujet plus vigoureux. Hirtz, imité par divers praticiens prescrit l'infusion de 1 gramme de feuille de Digitaledans 100 grammes d'eau à prendre par cuillerées toutes les heures. Par la méthode endermique, on a essayé d'utiliser la poudre de digitaline et même celle de feuille de digitale ; mais on pourrait se servir également de la décoction, ou mieux de l'infusion et de l'alcoolature, ou de la teinture alcoolique étendues d'eau, qui auraient l'avantage de . produire moins de douleur. Nous croyons qu'on ferait bien, pour éviter les accidents gastriques de la Digitale, prise par la bouche, et obtenir des effets plus prompts que p^ l absorption superficielle, d'administrer, en injections hijpodermiques, la solution alcoolique de digitaline, trés-diluée afin d'évitir l'action irritante ocale. La digitaline se donne habituellement en granules de I milligramme au

fis

nombre de 2 à 6 ou 8 par jour, progressivement. Le sirop de digitaline est oublié. Ajoutons que la Digitaline est considérée comme préférable, en raison de la facilité de son administration et de son action sensiblement uni forme, lorsqu'elle sort toujours de la même officine. (Voy. uigitaline)

La Digitale est l'un des agents principaux du vin diurétique de l'Hôtel Dieu, formulé par Trousseau , et qui rend journellement de si grands services dans les affections du cœur et les hydropisies. Cependant cette | préparation, où se retrouvent des substances éminemment stimulantes em- 1 pruntées à la composition du Vin diurétique des frères de la Charité, m'ayant pai'u infidèle ou môme entachée de sérieux inconvénients toutes les fois que la congestion veineuse du rein tend à passer à la phlogose sous l'influence d'un irritant, j'ai eu l'idée d'exclure absolument tous les diurétiques excitants, et de réunir, dans une formule composée tous les principaux types des substances capables de resserrer les capillaires et d'agir sur les vaisseaux et le cœur de manière k accroître la tension vasculaire. Voici celte formule :

Oxymel diurétique de Beau j on (Gubler).

Teinture alcoolique de digitale 10 grammes.

Extrait aqueux d'ergot 10 —

Acide gallique 5 —

Bi omure de potassium , c<0 —

Eau de laurier-cerise 30 —

Sirop de groseille ou de cerise ^00 —

Oxymel scillitique 515 —

Total 1000 grammes.

Deux à quatre cuillerées k soupe par jour dans une tisane diurétique. Cette préparation qui a l'avantage d'être moins nauséabonde que les vms diurétiques donne d'excellents résultats consignés dans Ja thèse du D' Verdun (1872).

DOMPTE-VEl\II\. — Voy. ASCLÉPIADE.

DOUCE-AMÈRE, Solanum Dulcamara, L. — Solanacées.

Angl. Woody Nightshade, Bilter sweeL — klL Biltersûssleiigel, Hirschkraut.

Composition. — Les tiges de cette Solanée indigène, analysées par Pfaff ont offert les principes suivants : extrait amer-doux (picroglycion) , extractif gommeux, gluten, cire verte, résine contenant de l'acide benzoïque, sels, etc. En outre, Desfosses y a découvert la Solanine.

Le picroglycion, ou dulcamarin, est une substance cristalline, amère, puis douce, que Pelletier concevait comme formée de Solanine unie à du sucre, et que nous considérons comme un (?Zucosic/6,. transformable par le ferment

La Solanine est au contraire un véritable alcaloïde, faiblement amer cristallisable en aiguilles soyeuses, formant des sels définis, à peine soluble

ÉLÉMl DU BRÉSIL. 125

dans l'eau et dans l'éther, peu soluble dans l'alcool froid, assez soluble dans l'alcool bouillant. C'est sans doute le plus innocent des alcaloïdes de la famille des Solanées, mais on aurait tort de le croire inerte.

Action physiologique. — La présence d'un alcaloïde explique les effets narcotiques produits par de hautes doses de Douce-amère (Murray, Chevallier). Son extrait alcoolique appliqué autour de l'orbite amène la dilatation de la pupille (Vulpian). Mais , comme on n administre pas la Douce-amère en nature, et que la décoction de ses tiges ne peut renfermer que des quantités insignifiantes de Solanine, tous les effets observés à la suite d'ingestion de cette préparation se bornent à l'augmentation de la sueur, si la décoction est bue chaude et si la température extérieure est élevée, ou de la diurèse, dans les conditions inverses. Introduit sous la peau, l'extrait de Douce-amère amène en quelques heures la mort d'une grenouille; mais Vulpian a démontré que ce résultat était dû à la fermentation et à la production de vibrions.

Usages. — La Douce-amère est cons'iillée, comme dépuratif, dans le catarrhe pulmonaire chronique, les douleurs rhumatismales et goutteuses, et les maladies chroniques de la peau. '

ÉCLAIRE. — Voy. Chélidoine (Grande).

ÉcREvissE, Astacus flmiaiilis, L. — Crustacés-Décapodes. Angl. Cray-fish, Lobster. — AU. Krebs.

L'Écrevisse est un aliment sain et fort recherché, que des préjugés transiormaient autrefois en un médicament actif et puissant contre les fièvres les affections cérébrales, les morsures de serpents, etc.

Les concrétions calcaires destinées au renouvellement du test, et connues 30US le nom d'yeux d'Écrevisse, sont fréquemment employées comme absorbant antacide. Elles ont pour équivalent le carbonate de chaux, les écailles 1 huures, les os de Seiche et le phosph^', tribasique de chaux, ou terre d'os

La Poudre d'yeux d'Ecrevisse se donne à la dose de 2 à 6 grammes et lavantage. Elle entrait dans plusieurs compositions pharmaceutiques actùelement tombées en désuétude.

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