GARANCE
gallique qu'elle renferme (voy. ces mots). C'est donc un astringent énergique, et par suite un tonique, un hémostatique, un modérateur des sécrétions et des phénomènes qui se passent dans les capillaires sanguins. (Voyez Tannin).
Usages, modes d'administration et doses. — On administre la Noix de Galle contre les hémorrhagies, principalement celles du tube digestif contre les catarrhes muqueux, chroniques, et contre les fièvres intermittentes. Gomme antidote chimique, la Noix de Galle sert à précipiter les alcaloïdes organiques. A l'intérieur, on s'en sert en gargarisme dans Je relâchement de la luette, en injection dans la blennorrhagie chronique et la leucorrhée • en applications topiques sur les ulcères blafards et les plaies fournissant une suppuration profuse, ainsi que sur la muqueuse de l'anus ou du vagin, dans Je prolapsus de cette membrane.
On la prescrit en -poudre et en pilules, à la dose de 50 centigrammes à 1 ou 2 grammes par jour, en plusieurs prises. On Ja donne aussi en infusion et en teinture, celle-ci à la dose de 2 à 4 grammes, la première à la dose de 30 à 60, et à 120 grammes, Je plus souvent comme contre-poison chimique. La Noix de Galle,^ finement pulvérisée, est quelquefois incorporée à de l'axonge ou à du cérat, pour faire une pommade astringente.
GALLE DE CHIINE.
Angl. Chinese GalL — Ail. Chinischer Gallapfel.
La Galle, appelée par les Chinois Ou-poey-tse, est le produit de la piqûre d un puceron {Hémiptère aphidien) sur les rameaux du Distylium racemosum, de la famille des Hamamélidées.
Elle est extrêmement riche en tannin, et ses propriétés ne diffèrent pas sensiblement de celles de la Noix de Galle, dont elle rsmplit tous les usages.
GAIIIDIR CUBIQUE.
Angl. Gambier or Gambir. — Ail. Japonische Erde.
U Gambir cubique ou Terre japonaise est une espèce de Cachou extrait par décoction des feuilles de VUncaria Gambir, Roxb., de la famille des ilUBiACÉEs, et qui paraît formé à'acide cachutique cristallisé en fines aiguilles. On y trouve cependant aus.si beaucoup de tannin, une matière ex^ractive une substance analogue au rouge cinchonique et du ligneux Ses
que lTcar' ''"^ ^ '^"^^'^^^ m/mes usag
que le Cachou (voy. ce mot). ^
GARAtvcE, Rubia tinctorum, L. — Rubiacées.
Angl. Dyer's Madder, red Madder. - AU. Krappfarbenroth. sur unp?rT7" ~u^u spontanée dans l'Europe centrale et cultivée
oLp itfoni' . : u P^"''^^' longues'racines dont voici la
xanthine. mucilage, substance azotée et substance amère, gomme, sucre,
150 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, fibre ligneuse, acide végétal, résine et sels. Decaisne a fait voir que pendant la vie de la plante, la racine contient seulement la matière colorante jaune. Cette substance fondamentale se modifie de manière k devenir orange, rouge et pourpre. Celle-ci prend le nom de purpurine, la précédente celui dati-
zarine. , „,
Action physiologique et usages. - Les effets de la Garance sur l economie sont à peine sensibles. Néanmoins on a doté cette racme de propriétés diurétiques, emménagogues, astringentes et toniques. , . • , .
Quelques personnes, k l'exemple de Sydenham, l'ont aussi administrée contre la jaunisse. Ni ces hypothèses, ni cette pratique ne sont justifiées par les faits rigoureusement observés. Le seul service que la Garance ait rendu jusqu'ici à la médecine, a été de mettre en évidence le mode d accroissement des os par couches excentriques formées successivement aux dépens du périoste.
GAROU ou SAii^BOis, daplme Gnidium, L. - Thyméléacées. Anel. Flax leaved Daphne. — Ail. Seiddbast. Il y a lieu de croire que l'écorce livrée par la droguerie sous le nom de Garou appartient souvent au Baphm Mezereum, qui est plus répandu et
L'écorce de cet arbuste Ugène offre une analogue k celle du Mézéréon, qui contient, d'après GmeUn et Baer . cire, SneTcre, daphnine, huile volatile, principe colorant jaune, sucre fermentescible, matière azotée, extractif rouge brun, acide malique e ««Is- ' trkne acre, composée elle-même d'une huile ^ vésicante, et d'une autre substance, est rendue soluble dans leau par
^t^£:llogue k l'asparagine, est une substanceverte, cristalline,
= ^^oT "e ^ p.oduU sur la .ngue et dans k gorge une sensation d'amertame bientôt suivie d'une brûlure pertunte qu'on ressent parfois encore le lendemain. Sur le tégument externe, tdteLne k la Jgne de la chaleur, de la ^^^^^ ^^^^i:^ruatoire allant jusqu'à la formation de vésicules ^ .J/^ ^^^^'j "l^' Mais ces effets épispastiqaes sont plus longs a se produire que par les prepa^,
rations de canlharides. • ^feslés parl^
GAYAG. 151
mittence du pouls, la prostration et la mort. Les principes du Garou pénètrent sans doute dans la circulation sanguine, et passent de là dans certaines sé- ■ crétions, mais ils n'exercent aucune influence fâcheuse sur l'appareil génito-
unnaire.
Usages. — Les propriétés irritantes et purgatives du Garou ont été rarement utilisées dans la médication interne contre les maladies de peau, et les engorgements vénériens ou squirrheux, .à cause des accidents toxiques qui peuvent en résulter. On les met, au contraire, journellement à profit dans la médication révulsive ou dérivative externe, soit pour produire la rubéfaction et la vésication, soit plutôt pour entretenir la suppuration des exutoires obtenus par d'autres moyens. Le Sainbois a sur les cantharides l'avantage de ne pas agir sur les glandes uropoiétiques et les voies uri- ■ naires.
Modes d'administration et doses. — Gomme épispastique, l'écorce de Garou S'applique en nature par sa face interne sur la peau, après avoir macéré une heure dans l'eau ou le vinaigre. La vésication n'est obtenue qu'au bout de quarante-huit heures, Plus souvent on emploie la pommade préparée, soit avec la poudre d'écorce, soit avec Ventrail alcoolique. L'alcool est le meilleur menstrue, attendu que le principe actif du Garou est peu soluble dans les corps gras.
Les Pois suppuratifs de WisHn sont formés d'écorce d'orange imbibée de solution alcoolique d'extrait de Garou.
^ La Pommade de Garou, obtenue par digestion de la pulpe d'écorce dans l'huile, évaporation de l'eau et addition de cire, représente environ la dixième partie de son poids de Garou.
GAULTHÉRiE COUCHÉE, Gauliheria procumbeus, L. — Êricacées
Ce petit arbuste du Canada, appelé aussi Palommier, est fort employé dans le pays comme stimulant et diurétique. Ses feuilles, infusées, donnent une boisson fort agréable, utile dans lasthme, selon Goxe.'On en obtient par distillation, une essence nommée Winter-green, qui est la plus pesante de toutes les huiles volatiles, et qu'on emploie pour la parfumerie.
Elle constitue l'acide mélhijlsalicylique de Gahours (G'^H^O'^).
On dit qu'elle entre dans un remède antisyphilitique en usage aux États-
GAYAC, Guajacum officinale, L. - Rutacées-Zygophyllées.
Angl. Officinal Guaiacum, Pockwood. — Ail. Franzosenholz.
Composition. - Le Gayac est un arbre originaire de Saint-Domingue et r^l ^'^P^è« Trommsdorff: résine partira tp' 1 ^^ll '"^'""''^ P^î-^^^t' extractif muqueux, sels, matière colorante et fibres ligneuses. M > »
^èÎTlt-!' '^'i^'''^'''?"^'- ^"«^■«^"'"^) Présente une odeur balsamique légère, quis exalte par la pulvérisation et la chaleur. Broyée sous la dent, elle
152 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, no développe presque pas de saveur, bien qu'une fois avalée, elle laisse une sensation de brûlure dans le gosier. A l'étal de pureté, la résine de Gayac prend le nom de Gayacine ou d'acide gayacique, parce qu'elle se combine avec les alcalis pour former des savons. Cette substance est remarquable par le polychroïsme qu'elle affecte en présence de différents agents, tels que l'acide nitrique.
Action physiologique. — Le Gayac est un stimulant âcre, analogue aux médicaments balsamiques, et particulièrement à la térébenthine. Il doit principalement cette qualité à la résine, dont l'action représente, grossis, les effets du bois de Gayac. Parvenue dans l'estomac, la résine cause une sensation de chaleur poussée jusqu'à la brûlure, si la dose est forte, et suivie de nausées, de vomissements et de selles diarrhéiques ; eufin, de céphalalgie et de fièvre'. En quantité moindre, elle produit simplement la sécheresse de la bouche, la perte d'appétit, le relâchement du ventre ou la constipation, i'excitation circulatoire et surtout celle des organes sécréteurs. Mais, selon les conditions diverses où se place le sujet, l'irritation sécrétoire attemt un appareil différent. Avec une température basse, la diurèse se trouve activée ; avec l'aide de la chaleur ambiante et des boissons chaudes, on obtient une sueur profuse. Il se produit .aussi des phénomènes de fluxion sanguine du côté des vaisseaux pelviens, avec augmentation ou provocation du flux hemorrhoïdal et du flux menstruel.
A l'intensité près, le bois de Gayac et l'écorce de ce bois agissent de la
même manière. j- i,.- 1
Syncrgiques-Avxiliaires. - Ce sont les diaphorétiques et diurétiques • excitants. Le Buchu {Barosma betulina) de la famille des Rutacees est tout-a- j ;
fait similaire du Gayac. , , x« !!
Usages. - Gomme stimulant, le Gayac est conseille dans la dysménorrhée . , douloureuse et l'aménorrhée, non liées à un état congestif de l'appareil gem- ^ tal, et dans la slériUlé. Gomme sudorifique, il est recommande dans la gou te ^ le rhumatisme chronique et les dartres. Dans les maladies syphilitiques e scrofuleuses, comme dans le catarrhe pulmonaire chronique ^^^-^^^^^^^ ; des deux manières à la fois et peut être fort utile ; seulement, il faut bien , , se garder de le prendre pour un spécifique, ainsi qu on faisait au seizième , siècle après la guérison éclatante du fameux chevalier Ulrich de Hutlen. Le Gayaê réussit chez les sujets phlegmatiques, mais il ne convient nullement a M ' ceux oui sont pléthoriques et irriiables. ',-„o '
Modes d'.bmin,stk1tion et doses. - On emploie le t-^^/^J- "^i . v.^irnU et le sirop. Le bois se donne en décoclion à la dose de 38] J
"'umine peu. ê.re administrée en ,Uulos ou toU. e";™»''^^°"
dose de 20 à 30 grammes et au delà. ,
GÉLA.TINE ANIMALE. 153
Dans les pilules, la résine de Gayac est parfois associée à 2 parties de savon médicinal, qui en lacilite la dissolution.
GÉLATIINE ARilMALE.
Angl. Isinglass. — Ail. Knochenleim.
La Gélatine, nommée communément Colle de Flandre, est une matière animale quaternaire azotée, du groupe des substances protéiques, qui a pour formule C"H"'Az'0^ Elle se gonfle dans l'eau froide, se dissout dans l'eau bouillante, et forme une gelée plus ou moins consistante, qui, en se solidifiant à l'air, prend une extrême cohésion. Le tannin la coagule et la précipite complètement de sa dissolution.
La substance impure, livrée par le commerce sous le nom de Colle de Flandre, est extraite des os, de la peau et des cartilages des Mammifères ruminants, et contient, par conséquent, de la chondrine (G'^H^'^Az''0"'), laquelle d'après Ch. Robin contient du soufre.
La Colle de poisson [Hausenbl'ase) est, au contraire, de la Gélatme à peu près pure.
La Gélatine représente à peu près la totalité de la substance azotée contenue dans les extraits de viande vendus sous le nom du baron Liebig ou bien sous d'autres étiquettes commerciales, et dont on prétend faire la panacée de toutes les maladies de langueur. Pour ces raisons le thérapeutiste doit s'occuper des extraits de viande et je trouve naturellement l'occasion d'en parler ici. Or, les expérimentations sur les animaux, faites par Kemmerich et, par notre compatriote P. Muller, démontrent que les préparations de cette sorte sont à peine alimentaires, et les analyses chimiques de Ritter, professeur suppléant de la Faculté de Nancy, nous expliquent ce défaut de qualités nutritives en nous prouvant que les extraits du commerce ne contiennent pas plus de 0,445 à 2,20 de matières albuminoïdes par kilogramme, c'est-à-dire 200 fois moins qu'un poids égal de viande fraîche. Encore ces matières ne sont-elles ni de l'albumine proprement dite, ni de la syntonine, mais simplement de la Gélatine et de l'osmazôme. Les autres produits azotés sont des matières extractives (créatine, créatinine, acide inosique, xanlhine, etc.), inaptes à la recorporation et dont le destin est d'être promptement éliminées. Dans tout cela, comme le fait remarquer le D-- Muller, il n'y a rien non plus qui donne l'idée d'une substance dynamophore. Par conséquent l'extrait de viande ne saurait à aucun titre être considéré comme la quintessence de la chair musculaire et comme l'équivalent nutritif de la masse de viande fraîche qui l'a fourni. Faut-il en conclure que ce qu'on vend sous cette dénomination est absolument inerte et sans valeur aucune? Ce serait aller trop loin. La Gélatine est assurément un aliment incomplet, mais c'est une substance ahbile; d'ailleurs elle est accompagnée de tous les sels de la chair musculaire, notamment des sels potassiques, auxquels il convient de joindre divers principes odorants et savoureux, capables de stimuler l'appétit et d activer la digestion. Les extraits de viande restent donc. des condiments
qui peuvent encore trouver d'utiles applications, mais rien ne justifie la prétention de ceux qui veulent en faire des reconstituants par excellence. On a même pu aller jusqu'à dire que l'usage exclusif qu'on en fait quelquefois aurait l'inconvénient de fatiguer l'estomac, d'entraver l'hématose et de gêner l'échange nutritif. Ces fâcheuses conséquences ne sont pas à craindre lors- ' qu'on associe les extraits de viande à une alimentation réparatrice,
La Gréialine animale, en dissolution dans l'eau, est une substance douce, onctueuse, susceptible d'assouplir la peau et de calmer l'irritation dont le tégument externe est le siège. Aussi l'eraploie-t-on dans ce but, en l'ajoutant à l'eau d'un bain simple ou déjà additionné de son ou d'amidon, pour combattre les affections cutanées, accompagnées de prurit et d'inflammation, ou tempérer l'éréthisme général dans certaines maladies phlegmasiques ou nerveuses.
Quelques médecins, très-confiants dans les facultés absorbantes de la peau, ou dans une prétendue action corroborante d'un principe alibile, se persuadent, â tort, que les bains gélatineux sont toniques.
La dose de Colle forte, pour un bain entier, est de 500 granomes, qu'on fait préalablement dissoudre dans l'eau k l'aide de l'ébullition.
La Gélatine entre dans la composition des appareils en stuc pour fractures. Richet se sert d'une solution de 2 parties de Gélatine dans 1000 parties d'eau, qu'il mélange à poids égal avec le plâtre.
GEi\ÊT PURGATIF, Genista purgans, L., et gekét des teixtu- i
RIERS ou GEi\^ESTROLLE, Genista tinctoria, L. — Légumineuses- ,
Papilionacées. ■ ' •
Angl. Dyer's Genisle. — Ail. Fàrbenginst.
Le Genêt des teinturiers croît communément en France, et le Genêt pur- ;
gatif vient dans les montagnes du Forez, de l'Auvergne et des Pyrénées. |
Tous deux sont cathartiques et même émétiques, surtout leurs graines, ■ j
dit-on. Cependant ce sont les sommités fleuries que recommande le Codex. ;
C'est, d'ailleurs, un remède à peu près inusité, malgré les vertus antira- j
biques qui lui sont attribuées par quelques médecins, d'après l'usage popu- j
laire qu'on en fait contre la rage dans quelques provinces de la Russie. j
GEi^ÉVRiER COMMIJW, Juniperus communis, L. — Conifères. \
Angl. Common Juniper. — Ail, Wachholder. ■ \
Composition. — Les cônes mous ou Malacânes du Genévrier commun ^
contiennent : huile volatile, cire, résine, sucre particulier, gomme, acides ;
acétique ét malique, potasse, chaux et ligneùx. j L'huile volatile de Genièvre a l'odeur du fruit, avec une saveur aromatique f, et balsamique, et ne se dissout pas facilement dans l'alcool. C'est le principe actif par excellence. .
.Action physiologique. — Les baies et les jeunes pousses du Genévrier ^
agissent à la manière des térébenthines, comme excitant des premières voies i et" stimulant difCusible, en même temps que comme modificateur des sécré-