‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 62 sur 293 · GIROFLE · texte numérisé non relu

GIROFLE

Modes d'administration et doses. — La. poudre de Gingembre se donne à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes dans du pain azyme ou en pilules. L'infusion se prépare en laissant macérer, pendant deux heures, 4 à 8 grammes de racine dans 500 grammes d'eau versée bouillante.

On prescrit aussi la teinture alcoolique de Gingembre à la dose de 2 à 4 grammes, mais rarement le sirop. Quant à -la bière de Gingembre, elle n'est usitée qu'en Angleterre, où elle est considérée comme un breuvage agréable et salutaire. Le Pipéroïde de Gingembre (Béral) est un extrait éthéré seize^fois plus actif que la racine.

Le Gingembre entre dans la plupart des médicaments composés de la pharmacie galénique, la Thériaque, le Mithridate, le Diascordium, etc.

Gii\SEi\G, Panax quinquefolium, L. — Araliacées.

Angl. Ginseng. — Ail. Funfblàtterige Kraftwurzel.

Le Panax quinquefolium croît au Canada aussi bien que dans la Tartarie chinoise, mais il ne jouit pas en Amérique de la réputation qui l'entoure dans l'extrême Orient. Rien de plus extravagant que les récits des médecins chinois sur les propriétés miraculeuses du Ginseng, qui a le pouvoir de rajeunir et de rendre la virilité. Au contraire, les peuples occidentaux ne le croient bon qa'à faire de la tisane et à remplacer la poudre de réglisse dans la préparation des pilules. Des opinions si diverses peuvent-elles se déduire de l'observation des mêmes faits ? On a lieu d'en douter, d'autant plus qu'il existe en Asie une autre espèce, le Panax Schinseng (Nées von Esenbeck), qui pourrait bien être plus efficace que la plante commune aux deux continents. Mais quelles que soient les vertus du Schinseng, elles ne sauraient justifier l'enthousiasme ridicule des habitants du Céleste Empire, enthousiasme dont il faut chercher ailleurs l'explication. Or, la racine du Ginseng est ordinairement bifurquée, et ses deux divisions, renflées progressivement jusqu'au point de soudure, donnent assez bien l'idée des membres pelviens de l'homme ; le nom chinois (Ginseng) et le nom iroquois [Garent-oquen, cuisse d'homme) expriment tous deux cette similitude. Il est bien probable que l'imagination orientale a vu dans cette conformation la signature des propriétés extraordinaires attribuées gratuitement à cette racine.

GIROFLE. Fleur non épanouie du Caryophyllus aromaticus, L. — Myr-

TACÉES.

Angl. Aromatic Clove. — AU. Gewurznàgkin. Gewûrznelken. Le Gj?-o/?e,'originaire des Moluques, est cultivé à Sumatra, à l'île de France et à la Réunion.

Composition. — Ses fleurs non épanouies, connues sous le nom de

Clous^ de Girofle, contiennent, d'après Trommsdorff : huile volatile , résine

msipide, espèce particulière de tannin, extractif, gomme, fibre ligneuse et eau.

L'huile volalile de Girofle C''E"> possède l'odeur spéciale du Girofle a\ec

un goût âcre et brûlant. Elle se dissout dans les menstrues ordinaires des hydrogènes carbonés, et de plus dans l'acide acétique concentré.

Par l'analyse, on la sépare en deux composés : une huile légère et une huile lourde qui joue le rôle d'acide. Celui-ci a reçu les noms d'acide Caryophyllique ou acide Eugénique. En outre, Boùastre a découvert VEugénine, ou sléaroptène d'huile de Girofle, et Lodihert la Caryophylline, qui est une sous-résine.

Action physiologique. — Le Girofle possède une odeur pénétrante fort agréable et un goût aromatique qui n'a rien d'âcre ni de brûlant. C'est d'ailleurs un slioiulant diffusible comparable à la cannelle, à la muscade, au poivre, au gingembre. Il doit en grande partie ses propriétés à son huile essentielle, laquelle, employée sous forme un peu massive, est fortement irritante et quelquefois caustique.

Usages. — Le Girofle est l'un des aromates les plus employés comme condiment. Il convient aux tempéraments lymphatiques, froids, aux sujets apathiques et âgés ; mais il a, comme les autres aromatiques, l'inconvénient d'échauffer, de constiper et d'exciter la fièvre.

En médecine, on l'emploie comme stomachique, cordial, carminatif ; pour dissiper les nausées, les vomissements et le météorisme. Il sert à corriger le goût et l'odeur des autres médicaments. L'huile volatile, introduite dans les dents cariées, cautérise la pulpe nerveuse et fait cesser la douleur. Mélangée avec des corps gras ou la glycérine, elle sert en frictions contre la faiblesse ou la paralysie, les douleurs rhumatismales, etc. La causticité de l'essence de Girofle défend de l'administrer à l'intérieur, autrement que divisée dans une masse inerte, ou diluée dans un véhicule liquide.

Le Girofle entre dans une multitude de composés officinaux toniques, fortifiants, stomachiques et antispasmodiques.

Modes d'administration et doses. — On emploie la poudre de Clous de Girofle avec du sucre et de la gomme à Ja dose de 20 à 30 centigrammes, soit en nature, soit en pilules ; l'infusion pure ou aiguisép d'ammoniaque ; la teinlure alcoolique et Vhuile essenlielle pure ou bien en pilules, en potion, en îiniment et en pommade.

GLAKD DE CHÊ]\E. — Voy. GhÊNE.

GOMME ADRAGAMTIIE. Produit de YAstragalus vcrus, Olivier, — LÉ-

GUMINE U SES-PaPILIONACÉ es .

Angl. Tragacanth. — AU. Traganth Gummi.

La gomme Adraganthe, rapportée à YAstragalus verus, est fournie en partie par d'autres espèces du genre, spontanées en Orient, telles que les Astragalus gummifer et A. creticus. Un produit semblable est fourni par un Sterculia.

Composition. — Elle se compose, d'après Guérin-Varry, d'arabine, de bassorine et d'amidon, d'eau et de substances minérales.

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