‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 73 sur 293 · IPÉCACUANHA ANNELÉ OU OFFICINAL · texte numérisé non relu

IPÉCACUANHA ANNELÉ OU OFFICINAL

Idisseraent de la peau, de sueur profuse, de ralentissement peu marqué et par moments d'accélération légère et d'affaiblissement du pouls avec résolution subite des forces.

La faiblesse du pouls n'implique pas la diminution de son volume mais seulement son défaut de résistance sous le doigt et sa chute rapide. Le I sphygmographe donne des tracés indiquant une laible tension avec dicro- ! tisme. Quand les courbes s'abaissent et semblent marquer un accroissement I de tension vasculaire pendant l'action vomitive, cela signifie que le cœur participe au collapsus. La tonification du système circulatoire est consécutive En quantité moindre, l'Ipécacuanha ne donne lieu qu'à des nausées avec salivation, pâleur et dépression musculaire. Enfin, à doses minimes il ne produit plus qu'un léger malaise, avec une supersécrétion marquée des liquides buccaux et du mucus bronchique, ainsi que des produits d'élimination des glandes abdominales.

I Tout cela dérive du même fait, à savoir : l'impression spéciale exercée sur la muqueuse gastrique, propagée aux centres nerveux, sympathiques, puis réfléchie par les ganglions dans toutes les divisions du système vaso-moteur et jusque dans les cordons nerveux dévolus à la contractilité de l'appareil ' I digestif, quand l'impression est assez forte pour retentir sur le bulbe spinal d'où irradient les nerfs vagues. Contraction des capillaires sanguins réfrigération, hypercrinies, spasmes de la tunique musculaire de l'estomaJ et mouvements convulsifs synergiques du diaphragme, voilà donc autant de phénomènes réflexes succédant à l'excitation de la muqueuse stomacale par la poudre d Ipéca La différence des résultats apparents tient uniquement au degré d intensité de l'action première (Gubler).

Les vomissements obtenus par l'Ipéca n'atteignent que rarement à la violence de ceux qui sont provoqués par le Tartre stibié, et ne sont jamais SUIVIS des symptômes cholériformes qui rendent parfois ce dernier si dangereux. L action de la racine émétique est ordinairement douce et exempte dmconven.ents; elle se concentre sur l'estomac, puis secondairement sur 1 appareil respiratoire, sans produire beaucoup de dérangement intestinal ni modifier sensiblement la sécrétion urinaire. «ntintestinal m

Substances synergiques, auxiliaires. - Succédanés. - Les sub stances vomitives tirées des minéraux et des végétaux amssant en VT" dans le même sens que l'Ipécacuanha, peuvent llider^uTslpTée T Tartre stibié, les Sulfates de cuivre et de zinc, la SciUe. etc. sont es a'uxt

âcr. «I. „Z f pnvation du pouvoir diaphorélmoe : la Scills »«

Gubler, 2" édition,

Substances antagonistes. — Les narcotiques à doses moyennes, les aromatiques et les stimulants, le froid glacial ou la chaleur vive, sont antagonistes de l'Ipéca et des émétiques. On peut relarder les vomissements en tenant les mains plongées dans l'eau froide.

Usages. — On demande à l'Ipéca tantôt l'action vomitive, tantôt simplement les effets nauséeux et hypercriniques.

L'action vomitive est recherchée dans le but de débarrasser l'estomac d'aliments indigestes, de mucosités et de produits épithéliaux confondus sous le nom de saburrcs, de substances étrangères, nuisibles ou toxiques; ou bien de provoquer l'afflux et l'évacuation d'une bile surabondante. On excite aussi le vomissement pour obtenir, par son intermédiaire, la supersécrétion de la muqueuse respiratoire, la cessation momentanée d'un éréthisme phlegmasique ou fébrile, d'une fluxion sanguine et d'une congestion apoplectique, d'une hémorrhagie viscérale, d'un état spasmodique ou convulsif, ou même tout simplement de la tonicité musculaire qui s'oppose à la réduction d'une luxation ou d'une hernie. Le vomissement sert encore k favoriser la diaphorèse elles exanthèmes, lorsque la violence de la fièvre enchaîne les actes dont ces phénomènes dépendent. Enfin, on fait vomir afin d'arrêter, par une sorte de bascule ou de balancement fonctionnel, une diarrhée excessive qui compromet l'existence par l'abondance même de la spoliation séreuse.

En conséquence, l'Ipéca trouve son emploi dans les indigestions, les embarras gastro-hépatiques, les empoisonnements, les inllammations thoraciques, les phlegmasies, les fièvres en général, la congestion cérébrale, les hémoptysies, la chorée, les convulsions, la période d'invasion des fièvres éruptives, l'entérorrhée, la dysenterie, etc. Mais on a plus souvent l'occasion de le prescrire comme expectorant, sudorifique et antispasmodique, dans le catarrhe des bronches, l'emphysème, la toux quinteuse, l'asthme, ou comme contre-stimulant dans les pneumonies et les pneumorrhagies, et comme substitutif dans la dysenterie. Dans les affections thoraciques aiguès j'ai obtenu de bons effets de l'Ipéca en suivant l'exemple de Pécholier, c'estk-dire en admmistrant des doses fractionnées. -

Modes d'administration et doses. — Gemme éméiiqve, \& poudre d'Ipéca se donne k la dose de 1 à 2 ou 3 grammes aux adultes, et à dose moitié plus faible aux jeunes enfants. On l'administre en deux ou trois prises, à dix ou quinze minutes d'intervalle, dans de l'eau tiède. Souvent on l'associe à 5 centigrammes de tartre stibié pour en accroître les efiets.

Comme muséant et anliphlogistiqve, on n'en donne que 5 k 15 centigrammes ; comme incisif, expectorant et sudorifique, 5 centigrammes seulement k la fois, ,

Les pastitles d'Émètine colorée, qui contiennent chacune un peu plus û un demi-centigramme de principe actif, conviennent parlicuhèrement pour ce dernier usage, mais on n'emploie que les pastilles d'Ipécacuanha, dont chacune renferme 15 centigrammes de poudre.

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