IPÉCACUANHA ANNELÉ OU OFFICINAL
matière grasse odorante, cire, gomme, amidon, ligneux, et extraclif non émétique.
Willick ajoute Yacide ipécacuanhique en combinaison avec l'émétine. La matière grasse odorante, d'un goût âcre et d'une odeur très-forte ou même insupportable, analogue à celle du Raifort, est composée de deux ; principes : une substance volatile très-fugace et une matière grasse fixe. I Jj'Émèliiie, ainsi nommée parce que c'est la matière vomitive par excel- ! lence, est inodore, avec un léger goût amer, faiblement soluble dans l'eau, bien soluble dans l'alcool, moins dans l'éther et les builes. Elle se combine avec les acides, à la manière des alcaloïdes, sans toutefois les saturer complètement, et se comporte avec la teinture d'iode et le tannin comme la morphine en donnant naissance à des précipités à'iodhydrate? d'Émétine et de ; tannate d'Émétine. En étudiant ces combinaisons, Lefort a trouvé que la I formule C'E^'AzO' devait être doublée. Chez l'homme, on a vu 1 centii gramme d'Émétine exciter la nausée eft le vomissement; quelques sujets ne vomissent qu'avec 15 ou 20 centigrammes (Gubler); mais on admet que 7 à 10 centigrammes provoquent ordinairement des vomissements répétés et la tendance au sommeil. Ce dernier sjmptôme, coïncidant avec la paralysie |dela sensibilité et la diminution de la motricité (Pécholier), s'est constamment montré à un très-haut degré chez les animaux, après les évacuations nombreuses produites par des quantités considérables d'Émétine impure. Chez quelques-uns, la mort s'en est suivie, et Magendie a trouvé une inflammation intense du tissu pulmonaire et de la muqueuse de tout le canal alimentaire, depuis le cardia jusqu'à l'anus.
L'Émétjne réside principalement, presque exclusivement, dans la partie corticale de la racine, dont le medutillium est peu actif. Lefort a montré que ripécacuanha du Brésil, plus riche que celui de la Nouvelle-Grenade, renferme 1 gr. 35 de nitrate d'Émétine pour 100 gr. de racine, soit environ 1 centième d'alcaloïde pur. On voit donc que, toute proportion gardée, 1 centigramme d'Emétine devrait équivaloir à 1 gramme de poudre d'Ipécac'uanha. Or il s'en faut bien que le principe actif de cette plante possède une pareille puissance; son activité est huit ou dix fois moindre que celle qui lui serait attribuée théoriquement. Le même fait se reproduit à toute occasion pour la digitale, la cantharide et la généralité des substances médicamenteuses ou toxiques. Les effets de l'Émétine varient beaucoup en intensité selon les espèces auimaies. Si j'en juge d'après les résultats des expériences de laboratoire exécutées par les docteurs A. D'Ornellas et E. Labbée, mis en regard es observations cliniques que nous avons faites à l'hôpital Beaujon, ^^omme résisterait beaucoup plus que le chien et d'autres mammifères à ^actio^ toxique de cet agent. Tandis que 6 à 12 centigrammes injectés
\ZZ IT t 7 '"^^'î"''' "^^"^^ i^je-^tée à un jeune
^omme atteint dune affection catarrhale, est restée absolument sans effet.
\^l^rTît" ^"'"'■^ ^ P''''"^^^ l'Émétine, de même que
lartre stibie, en circulation dans le sang n'est pas apte à déterminer le
vomissement, et que l'action émétique, lorsqu'elle vient k se produire, doit être attribuée à l'élimination active qui suit l'injection dçs doses massives etqui amène dans la cavité stomacale une quantité suffisante du principe actif pour faire impression sur la muqueuse et, par elle, sur le système nerveux. Effectivement, il suffit d'élever la dose et de la porter à 20 centigrammes, ' par exemple, pour que les vomissements aient lieu; seulement, comme nous ; l'avons vu chez un homme atteint d'érysipèle de la face, ils se font attendre j une heure et davantage, c'est-à-dire tout le temps nécessaire à l'élimination j d'une dose efficace par la muqueuse digestive. ■ Cette éhmination est démontrée maintenant par les expériences de Méhu | et de d'Ornellas, qui ont retrouvé l'Émétine, non plus dans le sang, mais \ dans l'estomac, l'intestin, surtout le duodénum et le jéjunum, et dans le foie, qui ne renferme pas de sucre k la suite de l'empoisonnement par l'Emétine, ainsi que Pécholier l'avait déjà constaté.
Chez les animaux qui succombent, on voit survenir la paralysie du train antérieur et l'autopsie révèle des lésions de gastro- entérite, avec de l'anémie des poumons (Pécholier, Labbée et D'Ornellas) quand la mort a été prompte, ou bien des congestions pulmonaires avec foyers d'hépatisation multiples, et des inflammations graves, ulcéreuses, de tout le gros intestin y compris le rectum. (Magendie et Pelletier, D'Ornellas et Labbée.)
Parmi les faits intéressants observés chez la grenouille par A. D'Ornellas et E. Labbée, je signalerai la conservation de la sensibilité et la diminution ou même l'abolition de l'irritabibilité musculaire ainsi que celle du pouvoir excito-moteur de la moelle et spécialeme^it de sa portion bulbaire, d'où résulte non-seulement la perte des mouvements réflexes, mais encore la cessation des convulsions tétaniques dues à la strychnine ou à l'acide phénique. Je noterai encore la tympanite, l'arrêt du cœur en diastole et la destruction j des globules .sanguins que l'Émétine, directement mélangée avec le sang,^
réduit en magma. .
Action physiologique. - L'Ipécacuanha, que souvent on nomme Ipcca pour abréger, est un irritant plus ou moins vif pour toutes les surfaces teg<imentaires. Quand sa poudre pénètre dans les yeux ou reste adhérente à la face elle occasionne de la rougeur et du gonflement do ces parties luhalee, j la poussière d'Ipéca provoque la dyspnée, de l'anxiété précordiale, de la sut- i focation même, et un véritable accès d'asthme qui se termine après une| heure par une expectoration plus ou moins abondante. De tels phénomènes^ s'observent particulièrement chez les garçons de laboratoire charges de h> pulvérisation de cette racine. Si le contact est trop prolongé, il en peut ré- * suller un véritable empoisonnement avec sensation d'oppression pectoraW, S, de constrictionde la trachée et du gosier, et pâleur mortelle de la J^J' J Ingérée dans l'estomac, la poudre d'Ipécacoanha prodnU des effets varia ^ bles suivant les doses, bien qu'au fond l'action soit toujours ««mb able. Iss un peu forte, elle détermine des nausées, et bientôt des vomissemente Tcompagnés de chaleur à la périphérie pendant les efforts puis de ref«,x-^
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