‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 88 sur 293 · MOUSSE DE CORSE · texte numérisé non relu

MOUSSE DE CORSE

entre d'ailleurs dans un grand nombre de préparations : Eau vulnéraire, Sirop d'Armoise, Thénaque, Mithridate, Baume tranquille, Emplâtre opordeldoch, etc.

MOLÈKE. — Voy. Bouillon-blanc.

MONÉSIA. — Voy. BURANHEM.

luORELLE, Solanum nigrum, L. — Solanacées.

Angl. Black Nightshade. — Ail. Schwartzer Nachtschatten.

La Marelle, très-commune dans les terres remuées, a été ' transportée par les Européens dans l'Inde, à Java, à l'île de France et au Brésil.

Cette plante, qui sent le Musc, surtout dans la variété villeuse, est insipide et fort peu active. Cependant ses baies renferment un alcaloïde spécial, la Solanine (Desfosses), à l'état de malate, et, d'un autre côté, les médecins croient lui reconnaître des effets stupéfiants ou narcotiques. 11^ faut que cette action soit bien légère ou qu'elle se perde par la cuisson, puisque la Morelle, usitée comme aliment dès la plus haute antiquité, se mange encore à l'île de France 'et dans les Antilles, sous le nom de Brédes.

Eq réalité, la Morelle possède à un faible degré les qualités des plantes de la famille des Solanées. Sa décoction est calmante, et s'emploie en lotions sur les parties enflammées ou douloureuses, en lavements, en injections vaginales, h'herbe écrasée sert aussi à faire des cataplasmes adoucissants. Le suc de Morelle en frictions autour des yeux produirait une légère dilatation pupillaire (Dunal). Il a été conseillé dans plusieurs cas comme anodyn et antispasmodique, soit à l'intérieur, soit en applications locales. ■ Actuellement on n'emploie guère la Morelle que pour l'usage externe sous forme de décoction. Autrefois on en préparait une huile médicamenteuse par macération des feuilles et des baies. Elle entre dans le Baume tranquille, le Populeum, etc.

MOUSSE DE CORSE, Gigartina Helminthocorton , Lamk. — Algues- Floridées.

Angl. Corsican Moss. — Ail. Corsisches Moos.

La Mousse de Corse, ou Mousse de mer, est formée par la réunion d'un grand nombre d'Algues ; on en a compté vingt-deux, parmi lesquelles, les plus abondantes après le Fucus helminthocorton, L , sont les Fucus purpureus et F. plumosus, ainsi que le Conferva fasciculata, etc.

Composition. — La Mousse de Corse, analysée par Bouvier , a donné : gelée végétale, fibre, chlorure de sodium, sulfate et carbonate de chaux, fer, manganèse, silice et phosphate calcique. On y a découvert une trèspetite quantité d'iode (Straub, Gaultier de Glaubry). Ces principes constituants n'expliquent pas les vertus anthelminthiques de cette Algue marine.

Action physiologique et usages. — Les efielB physiologiques de la Mousse de Corse sont peu marqués. On lui a reconnu une action diurétique et diaphorélique (Farr) ; il est même permis de supposer qu'elle peut devenir altérante à cause de la très-petite proportion d'iode qu'elle renferme. B'un autre côté, elle est certainement nutritive à la manière de la Mousse de Ceylan; mais rien n'eût fait prévoir ses eflels uiiies contre les parasites intestinaux, et spécialement contre l'Ascaride lombricoïde.

C'est en qualité de vermifuge que la Mousse de Corse est à peu près exclusivement employée. Elle jouit aussi de propriétés fondantes et résolutives. Les Corses en font usage pour dissoudre les engorgements. Ce n'est pas une raison suffisante pour y voir un remède contre le rancer.

Modes d'administration et doses. — La Mousse de Corse se donne en poudre à la dose de 1 à 2 grammes, avec du miel ou du sucre, chez les enfants de trois ans et au-dessous. Elle n'est plus usitée en décoction, 8 à 16 grammes pour 750 grammes d'eau, dont on prenait une verrée tous les matins, trois jours consécutifs. Mais on prescrit le sirop (Boullay) à la dose de 1 à 2 cuillerées le matin dans du lait. La gelée^ le saccharolê et les tablettes de Mousse de Corse sont encore des préparations quelquefois usitées.

La Poudre iiermifuge composée renferme : Mousse de Corse et Semencontra, aa 10 grammes; rhubarbe, 5 grammes. A la dose de 1 à b grammes, c'est un bon vermifuge.

MOUSSE D'IRLAKDE. — Voy. CaRBAGAHEEN.

MOUSSENA, MOUC^KA OU BOUSSEiVA. Écorce de VAlbizzia anlhelminthica, Brongn. — Légumineuses-mimosées.

Cette plante abyssinienne, aussi appelée Musanna ou Musenna, était attribuée à tort au RoUlera Schimperi. Gorbon et Eug. Pournier l'ont restituée à la famille des Légumineuses, et A. Brongniart l'a dénommée.

Composition. — L'écorce de Moussena renferme , d'après Thinal, une substance iocristallisable, d'un goût âcre, soluble dans l'eau et voisine de la saponine; un principe amer, de la matière grasse, cireuse, une matière colorante jaunâtre, de l'extraclif et des sels.

La substance âcre, soluble dans l'alcool, en est le principe actif..

Action physiologique et usages. — Le Moussena ne purge pas et ne produit pas d'effet bien apparent sur le sujet auquel on l'administre, mais il agit violemment sur le ténia, le tue, et prépare ainsi son expulsion spontanée ou provoquée par un purgatif. Le malade, qui prend 60 grammes à'écorce en poudre mêlée avec de la viande hachée, ou délayée dans du miel, dans de la bouillie de farine, doit être à jeun depuis un jour. Si l'exonération se fait trop attendre, on administre 20 grammes d'huile de Ricin.

Le Moussena aurait sur le Kousso l'avantage ■ de n'être point irritant pour l'estomac et les premières voies. Pruner-bey en a obtenu dix-neuf

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