‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 97 sur 293 · ORPIN OU REPRISE · texte numérisé non relu

ORPIN OU REPRISE

URiGA!\ VLXGAIUE, OHganum vulgo.re, L. — Labiées.

Angl. Wilcl Marjoram. — AU. Wohlgemuth, Boslenkraut.

L'Origan est une Labiée commune dans nos bois secs, qui présente une composition chimique, des propriétés physiologiques et des usages thérapeutiques analogues à ceux de toutes les plantes aromatiques de la famille. Par sa saveur amère en même temps que chaude et acre, elle se rapproche pourtant aussi du groupe des Labiées amères aromatiques, telles que le Petit- Chêne et le Scordium.

On la prend en poudre à la dose de 2 à 4 grammes. En infusion, il en faut une dose double ou quadruple.

L'Origan entre dans l'Eau vulnéraire, le Sirop Armoise, la Poudre sternutatoire; etc.

ORME CHAMPÊTRE, Ulmus campestris, L. — Ulmacées. Angl. Elm. — AU. Ulm.

Le liber, ou seconde écorce, de cet arbre indigène, est inodore, mucilagineux et un peu amer. Il contient beaucoup d'amidon, et possède ainsi quelques qualités alimentaires en même temps que des propriétés émoUienles et légèrement toniques. Il était recommandé par Dioscoride contre les exanthèmes et les croûtes lépreuses; mais on ne s'en servait plus depuis longtemps, lorsqu'un empirique qui connaissait sans doute l'existence du Guazuma ulmifolia (Malvacées) connu aux Antilles sous le nom d'Orme pyramidal, eut l'idée de préconiser sous ce nom l'écorce d'Orme champêtre, contre les dartres, les scrofules, la gangrène, etc. De bonne foi, un certain nombre de médecins ont cru lui reconnaître des effets remarquables contre cette classe de maladies, ainsi que contre l'ascite. Mais, l'engouement passé, on s'est aperçu que l'Orme pyramidal était à peu près inerte.

Cependant le Codex donne encore la .formule d'un Sirop d' écorce d'Orme contenant 40 centigrammes d'extrait pour 20 grammes.

OROBE, Orobus vernus, L. — Légumineuses-Papilionacées, Angl. Woodpease, Heathpease. — AU. Erve.

La farine cVOrobe est une des quatre farines résolutives. Seulement, Mérat et de Lens prétendent que, sous ce nom, on emploie la poudre de semences d'Ers (Ervum Ervilia), et jamais celle des graines d'une espèse quelconque du genre Orobus. Ces auteurs font remarquer que les semences de rO. vernus ressemblent un peu à celles de VErvum Ervilia, lesqueUes sont indiquées par le Codex dans la composition de la Thériaque, bien qu'eUes soient passées sous silence dans la matière médicale.

ORPix ou REPRISE, Sedum Telephium, L. — Crassulacées. Angl. Roscwort. — AU. Rosenwurzel.

LeScdum Telephium,qm croît dans nos bois élevés et secs, doit ses noms vulgaires à sa prétendue puissance cicatrisante des coupures et brûlures.

En réalité, cette plante charnue, et facile à réduire en pulpe pour en faire un cataplasme, n'agit guère autrement que par riiiimidilé qu'elle entretient sur les plaies; peut-être un peu aussi par la stimulation qu'elle détermine à l'aide de son principe acre, d'ailleurs fort atténué. On applique quelquefois cet épilhème sur les hémorrhoïdes, plus souvent sur les cors, qu'il ramollit et dont il facilite l'extraction. Enfin, on a été jusqu'à conseiller l'Orpin en tisane dans les hémoptysies et la dysenterie.

L'Orpin n'entre plus dans VOnguenl popukum.

ORTIE BLANCHE, Lamium album, L. — Labiées.

Angl. While dead NeUle. — Ail. Weùscr Bienesang, Wcisse Todtennessel.

Cette labiée, si commune dans nos contrées, ne se distingue guère, à part la beauté de ses fleurs, que par des qualités négatives. Elle est inodore, peu sapide et probablement presque dénuée de vertu, ôn s'est pourtant obstiné longtemps à la dire astringente, et h l'administrer contre les hémorrhagies et les flueurs blanches, ainsi que contre les scrofules. On en prescrivait la décoction et le suc, celui-ci à la dose journalière de 60 à 120 grammes.

ORTIE BRULAMTE, Urtica urens, L. — Urticacées.

Angl. Small stringing. — AU. Gemeine kleine Brennessel.

La petite Ortie ou Ortie grièche , est une des mauvaises herbes les plus répandues danç les jardins.

Composition. — Salladin a constaté dans cette plante une matière azotée , de la chlorophylle unie à un peu de cire, de la matière muqueuse ou gommeuse, une matière colorante noirâtre , du tannin uni à de l'acide gallique , et du nitrate de potasse. Mais le résultat curieux de son analyse, c'est la pfésence , dans les glandes situées à la base des aiguillons , du carbonate acide d'ammoniaque auquel serait due l'irritation provoquée par les piqûres d'Ortie. Il est permis de supposer que ce n'est pas de l'ammoniaque qui se trouve dans les glandes pileuses , mais plutôt une base telle que la propylamine , l'aniline ou quelqu'un des alcaloïdes dits artificiels qui s'en rapprochent.

Action physiologique. — Les tiges et les feuilles de YOrlie brûlante sont garnies d'une multitude de poils roides et piquants pourvus d'une liqueur âcre et irritante qu'ils déposent dans la peau , où elle excite une sensation de cuisson douloureuse accompagnée de rougeur, de gonflement et d'une induration marquée du derme. Au bout de quelques minutes, la douleur s'apaise , la rougeur diminue , mais la trace de la piqiire persiste plusieurs heures et même plus d'un jour, et il reste à son niveau une sensation de démangeaison fort déplaisante.

Quand les piqûres sont multipliées, la sensation primitive est très-pénible, l'inflammation cutanée très-intense et le prurit consécutif intolérable. Cette phlegmasie, jointe à la douleur, peut même exciter un mouvement fébrile de courte durée.

ORTIE DIOiQUE, 279

Usages. — Dès la plus haute antiquité, les praticiens ont utilisé cette excitation factice pour réveiller la sensibilité et le mouvement dans une région qui en est privée, pour ranimer les fonctions cutanées engourdies, ou pour appeler vers la périphérie l'irritation capable de fixer un exanthème qui ne se décide pas ou qui rétrocède, ou bien d'éteindre un travail morbide , profond et dangereux, en vertu de la loi du balancement fonctionnel. L'urticalion est ainsi devenue un moyen thérapeutique d'une certaine énergie. Le professeur Trousseau, qui a remis cette pratique en honneur, s'en est servi avec avantage dans la paralysie faciale rhumatismale, les paralysies hystériques. Son exemple a été imité par d'autres médecins , et j'ai moi-même pratiqué l'urticalion dans des circonstances semblables. J'ai également fustigé d'Orties des choléiiques dans la période d'algidité et de cyanose, sans résultat favorable. Les malades se plaignaient beaucoup de la douleur , sans jouir ultérieurement du bénéfice qu'elle apporte dans des aflections moins graves. La peau rougissait faiblement, mais ne se réchauffait pas.

L'urtication n'en est pas moins appelée à rendre des services , surtout à la pratique médicale de la campagne, quand on n'a pas d'autres rub(?fiants sous la main.

En outre l'Ortie brûlante posséderait la propriété d'arrêter les flux menstruels excessifs et les métrorrhagies, sinon les hémorrhagies en général, dont les auteurs ne font pas mention (Ginestel et Mérat, Kosciakewicz , Fonssagrives ). On en prend le suc à la dose d'une cuillerée à soupe.

ORTIE DioÏQUE, Urtica dioïca, L.— Urticacées. Angl. Common Nettle. — AU. Grosse Brennessel.

. La grande Ortie, très-commune autour des habitations, exhale, lorsqu'elle est réunie en grandes masses, une odeur très-prononcée, pénétrante, et qui, selon moi, n'est pas sans analogie avec celle du figuier ou avec celle du chanvre très-atténuée.

La composition , d'après Salladin , est semblable à celle de sa congénère (voy. Ortie brûlante), et ses poils sécrètent également une matière irritante qui contiendrait du carbonate d'ammoniaque.

y Ortie dioïque est moins rubéfiante que l'Ortie grièche , ce qui ne l'empêche pas d'être préférée pour l'urtication, à cause de sa plus grande taille. On ne croit guère aujourd'hui à ses vertus comme médicament interne ; il se pourrait, cependant, qu'elle en eût de bien marquées, à en juger par son odeur, par la présence d'une base alcaline et par les usages auxquels on l'a fait servir empiriquement.

Ses semences, un peu oléagineuses, passaient pour acres, caustiques aphrodisiaques et purgatives. BuUiard les croit seulement diurétiques , et recommande de les administrer avec précaution. Infusées, ainsi que le's fleurs à Zanetti ont guéri la fièvre intermittente palustre, selon

De plus, les éleveurs savent que l'Ortie, mêlée à la nourriture des vaches,

augmente la quantité et la qualité de leur lait; à celle des chèvres, les engraisse et leur donne un air plus vif.

Il est probable que, comme sa congénère, l'Ortie dioïque jouirait de vertus hémostatiques.

OSEILLE COMMLIVE, Rumex Acclosa, L. — Polygonacées. Angl.^ Common Sorrdl. — Ail. Sauerampfer.

L'Oseille ou Surelle, cultivée dans les potagers, vit à l'état sauvage dans les prairies et dans les bois.

Composition. —Les auteurs indiquent dans les feuilles d'Oseille du suroxalate ( quadroxalate) de potasse, de l'acide tartrique , du mucilage, de la fécule, de la chlorophylle et du ligneux.

Action physiologique. - L'Oseille bien développée est d'une acidité excessive, provoque la salivation , agace les dents, et détermine une sensation de malaise dans l'estomac et même de la gastralgie. Ingérée en grande quantité, elle fait apparaître dans l'urine une multitude de cristaux d'oxalate de chaux. Son usage prolongé peut même amener la gravelle oxalique, Ibl plus fâcheuse de toutes (Magendie, Laugier).

Usages. — L'Oseille est moins un aliment qu'un assaisonnement : on ne devrait s'en servir en cuisine que pour donner un goût acide à la soupe ou corriger la fadeur des œufs durs. Dans cette mesure, son usage serait exempt d'inconvénients et n'aurait pour résultat que de rafraîchir, de calmer les entrailles échauffées et de favoriser la liberté du ventre.

L'Oseille est , dit-on, diurétique et antiscorbutique. Elle fait la base du Bouillon d'herbes , appelé communément Bouillon aux herbes , et qui est l'adjuvant obligé de toutes les purgations.

Les feuilles d'Oseille cuites sont appliquées sur les abcès comme 6-aiapZasî??e maturatif. On en boit le suc au printemps, à la dose de 60 à 120 grammes par jour, ce qui n'est pas sans inconvénients.

Enfin, c'estde l'Oseille qu'on extrait le sel crOjei'ZZe (suroxalate de potasse), lequel, à son tour, fournit la majeure partie de l'acide oxalique du com-

merce.

Les racines d'Oseille, ijn peu amères et à peine acides, sont réputées diurétiques, mais très-peu employées.

PAi\iCAUT ou CHAKDorv KOLAiN'D , Eryngium campestre, L. — Om-

BELLIFÈRES ANOMALES.

Angl. Common Eryngo. Ail. Brachdislel, Feldmannstreu.

Le Chardon Roland croît abondamment dans les lieux pierreux et stériles. Sa racine, alimentaire dans quelques pays, est inodore, douceâtre et passe pour apéritive, diurétique, fondante. On l'ordonnait en infusion on décoction,

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