‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 99 sur 293 · PAVOT NOIR, PAVOT POURPRE · texte numérisé non relu

PAVOT NOIR, PAVOT POURPRE

SUC propre, ce sont elles qu'on emploie préférablement dans les autres préparations.

Les Têtes de Pavot doivent être préalablement débarrassées des semences innombrables qu'elles recèlent avant d'être soumises à l'ébullition dans l'eau, à laquelle elles cèdent, en partie, leurs principes actifs. La décoction se fait avec une tête dans 500 à ICOO grammes d'eau. On s'en sert habituellement comme de l'Opium pour calmer la douleur et procurer le sommeil, soit en tisane, soit en lavement; sous ces deux formes, on ne doit pas dépasser la dose d'une tête moyenne dans un demi-litre d'eau en vingt-quatre heures, sous peine de voir parfois survenir des accidents de narcotisme. Il faut surtout se défier des grosses capsules des provinces méridionales, dont chacune peut représenter de 1 5 à 20 centigrammes d'Opium, et des capsules vertes ou récentes qui sont plus riches en morphine. Pour l'usage externe, ces précautions sont superflues, pourvu que la décoction de Pavot soit appliquée sur la peau intacte et non sur des surfaces dépouillées d'épiderme et capables d'absorber.

Le Sirop diacode était ainsi nommé parce qu'il se préparait avec les têtes de Pavot. Il se donne à la dose de 20 à 60 grammes par jour, en une ou plusieurs cuillerées, comme anodyn et hypnotique.

PAVOT ]\oiR, PAVOT POURPRE, Papaver somniferum, nigrum, DG. — Papavéracées.

Angl. Purple Poppy. — Ail. Schwarzer Mohn, Garten Mohn.

Le Pavot pourpre se distingue du précédent par la couleur de ses pétales d'un rouge violacé et par l'existence de pores ouverts au sommet du fruit.

Ses capsules ne sont pas admises dans le Codex, mais elles fournissent néanmoins un Opium indigène, de qualité supérieure, dont on désire généralement que l'usage se répande.

Dumas, Pelletier et Gaventou avaient remarqué que si le suc laiteux des têtes du Pavot pourpre est moins abondant, en revanche il possède une proportion de Morphine plus forte que celle qui se trouve dans l'Opium du commerce. Aubergier (de Glermont), mettant cette observation à profit et suivant les conseils de Belon, a voulu soumettre cette variété de Pavot à une culture étendue et régulière pour en extraire l'Opium, auquel il donne le nom d'Affium, l'une des appellations de cette substance en Orient.

L'Affium, ou Opium indigène de Pavot pourpre, renferme des proportions de Morphine qui varient parfois de 10,5 à 11,2 pour 100. On peut admettre qu'il fournit en moyenne le dixième de son poids d'alcaloïdes. Aubergier en fait un extrait qui contient un cinquième de son poids de Morphine, et qu'il divise en granules de 1 centigramme, contenant, par conséquent, chacun 2 milligrammes d'alcaloïde.

Le Vin d' A ffmm est composé de 50 grammes d'Affium pour 500 grammes de vin de Madère, et contient, d'après cela, un dixième de son poids de substance active, c'est-à-dire 1 centigramme de Morphine par gramme. II est

destiné à remplacer les Laudanums liquides de Sydenham et de Rousseau.

On prépare une leinlure alcoolique et un sirop d'Affium. Chaque cuillerée à soupe de ce sirof), d'environ 20 grammes, représente 2 milligrammes de Morphine.

PAVOT ŒILLETTE, Sous-variété du Papaver somniferum, nigrum, DC. — Papavéracées.

Angl. Common Poppy. — AU. Gemeiner Mohn. .

Ce Pavot, cultivé pour sa graine oléagineuse, porte des capsules trèsminces. Elles ne fournissent comparativement que des quantités insignifiantes de suc propre. Elles ne conviennent donc pas à la récolte de l'Opium, bien que leur suc soit d'une richesse exceptionnelle en Morphine, puisqu'une première récolte a fourni 17,83 pour 100 de Morphine parfaitement pure.

Quant aux semences de ce Pavot, on en retire l'huile connue sous le nom d'œillelle (ital. olivetto, olietto). Dans quelques pays, on les mange comme faisaient les anciens. Les Romains composaient un véritable nougat avec ces semences torréfiées et pétries avec du miel.

PÊCHER, Persica vulgaris, Miil. — Rosacées-Amygdalées. , Angl. Peach-lree. — AU. Pfirschenbaurn. ,

Le Pêcher cultivé est originaire de la Perse. Presque toutes ses parties sont imprégnées de l'odeur d'amandes amères, et en possèdent le goût. Les feuilles en sont plus chargées que les fleurs, qui perdent la plus grande partie de leur odeur par la dessiccation. Dans les semences, le parfum d'amandes amères se développe par la fermentation.

Composition. — Les feuilles fournissent par la distillation une huileessentielle jaune, plus lourde que l'eau, et contenant de l'acide cyanhydrique. Il en est de même des jeunes pousses encore herbacées (Brugnatelli, Gautier).

Action physiologique. — Sans parler de la Pêche, fruit délicieux, sucré, légèrement acide et rafraîchissant, mais dont l'abus entraîne le dérangement des fonctions diges'dves, nous dirons que les différents organes du Pêcher, chargés d'essence amère et d'acide cyanhydrique, ou pouvani en fournir, possèdent les propriétés de ces principes constituants (voy. Amandes amères et Acide cyhanhydrique). C'est ainsi que l'usage immodéré des amandes, des boutons, des feuilles, de l'écorce et même des fleurs, a été plus d'une fois funeste aux hommes et aux animaux. II en est résulté des éfourdissements, des convulsions, des vomissements et des purgations plus ou moins violentes, de la diarrhée sanguinolente, la stupeur et quelquefois la mort.

La prédominance des symptômes d'irritation abdominale distingue l'aclion des fleurs de Pêcher de celle de l'acide prussique et des cyaniques purs, qui agissent pourtant dans le même sens.

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