PERSIL
Usages. — On peut se servir des amandes de Pêcher comme de celles de l'amandier à fruits amers. Les parties herbacées serve'nt à aromatiser les plats sucrés et les liqueurs.
En France, on prescrit les fleurs comme laxatif d'oux et agréable. Les fleurs munies de leur calice, ou les boutons de fleurs, se prennent en infusion.
On en prépare un sirop plus fréquemment usité chez les enfants comme léger catharlique, à la dose de 8 à 60 grammes. Le sit,c des fleurs est quelquefois employé au même usage.
Les amandes servent à faire une liqueur de noyau, et les pêches sont un aliment recommandé aux personnes échaufl"ées, sujettes à la constipation.
PEi\sÉE SAUVAGE, Viola tricolor, arvensis, DG. — Violariacées.
Angl. Three coloured Violet. — Ail. Dreifaltigkeits Kraut.
La Pensée sauvage, fournissant un mucus excessivement abondant et n'ayant d'ailleurs qu'un goût légèrement acre, semble ne pouvoir répondre à l'opinion qu'avaient nos devanciers de ses vertus dépuratives, antiherpétiques et même antisyphihtiques. Cependant, Bergius assure que la plante est purgative et sa racine vomitive. De son côté, Boullay affirme n'y avoir pas trouvé d'émétine.
En somme, il se peut que ces' propriétés existent à un faible degré, mais il paraît certain que l'on a beaucoup exagéré les effets altérants de la Pensée sauvage.
Cette plante a été employée contre les dartres, les affections rhumatismales, sous forme de suc, de sirop et de tisane.
PERSIL, Petroselinum sativum, Hoffm.; Apium petroselinum, L. — Ombellifères.
Angl. Garden Parsley. — Ail. Petersilie, Garten Eppich.
La médecine utilise la racine, lesjeuilleset les fruits de cette plante, d'une odeur fort agréable, qui croît en Sardaigne et même en Provence, et que l'on cultive dans tous les jardins. Les semences en sont la parcie la plus active.
Composition. — Joret etHomoUe ont trouvé dans les akènes du Persil les substances suivantes : huile volatile, matière grassé butyreuse, pectine, chlorophylle, tannin, matière colorante, extractif, ligneux, sels inorganiques et apiol.
L'Apiol est un liquide jaunâtre, huileux, non volatil, plus dense que l'eau qui ne le dissout pas; bien soluble dans l'alcool, soluble en toute proportion dans i'éther elle chloroforme ; d'une saveur âcre et piquante, et d'une odeur tenace rappelant celle de la graine.
diqu^ ^"^^^"^^ considèrent comme le principe exclusivement antipério- A la dose de 1 gramme, l'Apiol détermine une excitation cérébrale lé-
286 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, gère; à celle de 2 4 grammes, il produit une véritable ivresse avecblueltes étourdiasements, litubation, vertiges, sifflements d'oreilles et céphalalgie grava live.
Action physiologique et usages. — Les fruits du Persil doivent exciter à un degré plus faible les effets observés de la part de l'Apiol, et ceux des feuilles n'en diffèrent probablement pas beaucoup. La racine passe pour diurétique.
On emploie le Persil comme assaisonnement, comme résolutif sur les contusions, les piqûres d'insectes, les engorgements des mamelles. Le suc de cette plante est pris h la dose de 100 à 200 grammes par jour, comme fébrifuge contre la fièvre intermittente. L'Apiol est également prescrit, sou« forme de capsidcs, comme antipériodique et aussi comme emménagogue.
La racine de Persil est une des Cinq racines apéritives majeures, et la semence une des Quatre semences chaudes mineures.
PERVEi\CHE (GRANDE et PETITE), Vinca major et Vinca miner, L. — Apocynacées.
Angl. Large and small Perwinkle. — Ail. Grosses und kleines Sinngrûn.
Ces sous-arbrisseaux charmants, indigènes, le premier dans le Midi, et le second dans toute la France, portent des feuilles amères et astringentes, employées dans quelques pays au tannage des cuirs, et, par conséquent, chargées de tannin.
Les Pervenches doivent sans doute à ce principe immédiat les propriétés qui les ont fait employer comme vulnéraires, astringentes, hémostatiques, et comme moyen de remédier aux engorgements laiteux des mamelles et d'autres organes, ainsi qu'aux affections dites laiteuses.
On se sert particulièrement de la petite Pervenche à la dose de 8 à 15 grammes et davantage, en infusion on décoction, soit pour tisane, soit pour lavement. Gontuse, on l'applique sur les plaies et les meurtrissures.
Elle fait partie du Faltrank ou Thé suisse, généralement composé de plantes odoriférantes.
PETIT-chèjXE. — Voy. Germandrée.
PETIT-HOUX. — Voy. FraGON ÉPINEUX.
PEUPLIER, Populus nigra, L. — Salicacées. Angl. Poplar. — AU. Pappel.
Le Peuplier noir, ou Peuplier franc, grand arbre indigène, porte au printemps des bourgeons enduits d'une épaisse couche résinoïde dont l'odeur rappelle un peu celle du baume de Tolu.
Composition. — Cette couche de matière résineuse contient, d'après Pelleriu : huile essentielle odorante, résine, substance gommeuse, acides gai-
PPIELLANDRIE AQUATIQUE. 287
lique et malique, matière grasse particulière, albumine, phosphate de chaux, et sels divers.
Action pbysiologique et usages. — Les bourgeons de Peuplier possèdent les vertus des substances balsamiques formées de résine et d'huile volatile. Leur teinture alcoolique a été préconisée contre les catarrhes pulmonaires et en frictions contre les rhumatismes. On en préparait aussi, pour l'usage externe, une huile appelée Oleum œgirinum. Maintenant, les bourgeons de Peuplier ne servent qu'à la composition de l'Onguent populeum, usité principalement contre les hémorrhoïdes compliquées de gerçures interstitielles et de suintement purulent. Les bourgeons de Populus baîsamifera de l'Amérique septentrionale et de la Sibérie fournissent beaucoup plus de matière résineuse que ceux du P. nigra, et sont employés comme balsamiques, diurétiques et antiscorbutiques.
Le bois de Peuplier fournit un charbon poreux très-propre aux usages médicinaux, en qualité d'absorbant physique.
PHELLAîVDRiE AQUATIQUE, Phelîandrium aquaticum, L.; OEnanthe Phellandrium, Lamk. — Ombellifères-Sésélinées. I Angl. Water Hemlock. — Ali. Wasserfenchel.
I La Phellandrie, Ciguë ou Fenouil aquatique, fréquente dans les marais, est une plante active très-nuisible au bétail qui la mange fraîche, et d'une utilité reconnue en mâdecine. C'est la semence qu'on emploie.
Composition. — Nous ne connaissons pas d'analyse détaillée des semences de la Phellaudrie; nous savons seulement qu'elles renferment des principes solubles dans l'eau, et d'autres, en plus grande quantité, solubles dans l'alcool, parmi lesquels une substance huileuse, volatile, légèrement ambrée, d'une odeur forte, pénétrante, nauséabonde, à peine diffusible dans l'eau' soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles fixes et surtout les essences. Cette substance, isolée par Hutet et désignée par lui sous le nom de Phellandrine est considérée comme un alcaloïde et le principe actif de la plante. Injectée dans les veines d'un chien à la dose de 50 centigrammes, la Phellandrine a produit pendant plusieurs heures de la gêne respiratoire, des tremblements nerveux et de l'anxiété. La même quantité a fait périr deux oiseaux en quelques minutes. ^
Action physiologique et usages. - L'expérimentation snrles animaux dp T i'-''"^' ? physiologique du principe actif
tiffpf T ^Tt"^''' ^'"^^^^ '^'^ ^'^omme sont manifestement sédatifs et stupéfiants. Prise en quantité trop forte, elle va iusgu'à causer des vertiges des spasmes et de l'anxiété. C'est à la flveur de on\ction cal
ZCrJ^ ^!f'T ''^'^ tyra"s
par nn .ranT; 7 , ^^^-.-1-^*-- P-l-onaire, et qui ont été observés par nn grand nombre de praticiens (Thomson, Hufeland, Bertini, Sandras,
Ernsting la regarde comme apéritive, diurétique, atténuante, lithonfrip-
288 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, tique, antiscorbutique, et surtout comme fébrifuge. La plupart de ces propriétés sont insuffisamment établies ou absolument controuvées, ou bien elles dérivent comme effets secondaires d'autres actions primordiales, spécialement de l'influence sédative, anodine, exercée par le médicament.'
• La Phellandrie et son alcaloïde conviennent aux affections des voies respiratoires accompagnées do douleur, de spasme, de toux fatigante : bronchites, asthme, phthisie pulmonaire. * ,
^ La Phellandrine est d'autant mieux désignée dans ces cas, qu'étant vola- ■ | tile, elle fait élection de la surface pulmonaire pour son élimination. Il en ' est de même de la cicutine, de la caféine, de la théine, de la théobromine autres alcaloïdes également volatils. Thomson, médecin danois, a reconnu l'odeur de Phellandrie dans les crachats des malades qui en avaient pris pendant quelque temps.
L'apaisement des symptômes nerveux est suivi de diverses modifications favorables dans l'état local et dans l'économie tout entière : la fièvre se calme le sommeil revient, et si les tubercules restent, du moins la phthisie est momentanément enrayée. Pour obtenir ce résultat, on associe au Phellanclrium aquaticum, selon les circonstances, tantôt quelques moyens antiphlogistiques, tantôt des balsamiques ou des toniques astringents et névrosthéniques.
Substances synergiques, auxiliaires et antagonistes. — L'action de la Phellandrie nous paraît analogue à celle de la grande Ciguë [Conium \ maculatum), et reconnaît les mêmes auxiliaires et les mêmes antagonistes. '
Modes d'administration et doses. — Les semences de Phellandrie f aquatique se donnent en poudre à la dose de 2 à 4 grammes dans les vingtquatre heures, par prises de 20 à 30 centigrammes dans du pain azyme, dans un véhicule liquide, ou bien sous forme d'électuaire. Ernsting en a donné ' jusqu'à 15 grammes par jour contre les fièvres intermittentes. |
En pommade au trentième, la Phellandrine agit comme le baume de Co-J nicine de F. Devay. Dorvault et Guibert conseillent à l'intérieur l'usage desîlf granules de 1 milligramme de Phellandrine, ou du sirop contenant 1 centigramme du principe actif par cuillerée à soupe.
PIED-DE-CHAT, Antennaria dioïca, Gartner; Gnaphaliim dioïcum, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées. Angl. Caslfoot. — AU. Katzenpfôtchenblume.
Cette jolie espèce indigène, vivace, croît sur les pelouses sèches des montagnes. Elle est réputée béchique, adoucissante, et employée dans le rhume, le catarrhe pulmonaire, la grippe, etc. Ses fleurs ou sommités fleuries font partie des Quatre fleurs ou Espèces pectorales.
On les prend seulement en infusion, le sirop et la conserve étant tombés en désuétude.
PIGNON D'INDE. — Voy. CURCAS.