HACHISCH
HACHISCH. Produit du Chanvre indien, variété du Cannabis saliva, L. — Cannabinées.
Angl. : Hashish product of the Indian Hemp. — Ail. : Indianischer Hanf.
On désigné sous ce nom les sommités fleuries et une résine particulière provenant de la variété indienne de notre Cannabis saliva, seu indica.
Composition. — Elle n'est pas très bien connue encore. On signale cependant parmi les produits importants une résine, la Cannabine, et une essence, le Cannabène, qui représentent sans doute les principes actifs de la plante ; mais on discute toujours sur leur valeur respective.
Action physiologique. — A doses faibles, le Hachisch excite le système nerveux et communique une activité plus grande à ses manifestations intellectuelles, sensitives et motrices. Il stimule également l'appétit et les fonctions génésiques. Aubert-Roche a constaté sur lui-même une faim presque canine. A doses plus fortes, il produit l'analgésie et de l'anesthésie, la résolution musculaire, ou bien une sorte d'état cataleptique tel, que les muscles, modérément contractés, mais cependant flexibles, conservent aux membres les attitudes dans lesquelles on les place (O'Shaughnessy).
Le délire du Hachisch est ordinairement agréable ; les idées sont riantes et quelquefois s'accompagnent d'éclats de rire convulsifs. Cependant il n'est pas rare non plus que les mangeurs de Hachisch deviennent furieux, commettent des violences, des meurtres, et méritent le nom d'assassins, dérivé de Hachaschin. Le plus souvent la forme des troubles intellectuels et des actes déterminés parle Chanvre indien veûète le ioiir habituel de l'esprit et le caractère moral du sujet, ou du moins ses pensées et ses passions dominantes au moment de l'ingestion du médicament. L'ivresse toxique, aussi bien que l'ivresse alcoolique, fait tomber le masque sous lequel l'homme civilisé cherche à dissimuler ses vices ou ses imperfections ; et l'adage « In vino veritas » deviendrait une vérité plus générale s'il se transformait en celui-ci : « In veneno veritas. » Les phénomènes d'excitation cérébrale sont d'ailleurs variables à l'infini suivant bien d'autres conditions parmi lesquelles il faut citer la race humaine, le degré de culture intellectuelle, etc. L'ivresse causée par le Hachisch est particulière à chaque individu et ne saurait donner lieu à une analyse physiologique
A ces symptômes succède le sommeil ou la stupeur, selon les doses employées. FronmuUer compare ce sommeil artificiel au sommeil naturel, et msiste sur ce fait important. La dilatation pupiUaire, observée à la suite du cannabisme (intoxication par le Hachisch), et qu'on ne peut obtenir directement par 1 introduction de la résine dans l'œil, est peut-être symptomatique de la lésion des centres nerveux qui cause la stupeur.
La circulation est le plus souvent troublée : ralentie par les doses faibles,