‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 109 sur 384 · HACHISCH · texte numérisé non relu

HACHISCH

accélérée par les doses fortes. La température a ces mêmes oscillations.

On n'observe rien de notable du côté des autres grandes fonctions et des principales sécrétions, si ce n'est une légère action sudoriQque (Pereira), et une odeur de Chanvre ou de Fève tonka, que de larges doses de Bachisch communiquent à l'urine (Ballard, Garrod), parfois plus abon-

Les effets du Bachisch varient singulièrement suivant les doses. Berlhier a fait à cet égard des observations précises. Au-dessous de 5 centigrammes d'extrait hydro-alcoolique de Chanvre indien, il y a plutôt excitation que sédation. Yers 5 décigrammes, on obtient assez régulièrement des effets hypnotiques qui se produisent rapidement et se prononcent davantage à mesure que la dose s'élève à i gramme ou 1 gramme et demi. Ces propriétés hypnotiques ont été mises à profit par le médecin de Bicêtre pour obtenir du calme chez des fous hallucinés et agités.

Le Bachisch est un inébriant fort apprécié des Orientaux et même de beaucoup de peuplades de l'Afrique. On compte par millions, dit-on, les gens qui le consomment sous des formes variées. On comprend qu il puisse, comme l'alcool dans les pays occidentaux, amener à la longue des troubles nerveux ou autres. Sous son influence, en effet, 1 mtelUgence s'affaisse et la nutrition languit. , , ni, ,^n«

SuBSTAî^CES SYNERGIQUES, AUXiLiAiEES. - Gommc cxhilarant le Chanvre a pour auxiliaire le protoxyde d'azote ; comme inébriant, les boissons ermentées et gazeuses; comme hypnotique et narcotique, 1 opium et le chloral ; comme mydrialique, la Belladone. Mais aucune de ces substances n'est entièrement synergique du Chanvre indien, qui son semblable que dans VUrtica diaica, espèce dont 1 odeur fortement vireuse, lorsque la plante est en masse, rappelle assez bien celle des chènevi^ères, et dans laquelle Bohlig a découvert desprmcipes constituants très voisins de ceux du Cannabis saliva.

Substances antagonistes. - Antidotes et contre-poisons. - Les alcaloïdes des Slrychnos, les acides, le froid, l'électricité '^^^\^''^'J'f^ charges intermittentes, voilà autant de moyens qui contrarient 1 effet du Bachisch, sans pouvoir en être considérés comme les antidotes physiologiques. Nous ne connaissons pas mieux les contre-poisons chimiques de

cette substance héroïque. , ,

Usages - On peut utiliser l'action soporiflque, stupéiiante, ane.mesiaue, hypocinélique et même mydriatique dn Bachisch ; mais, l^abitueUement on n'en recherche que les effets enivrants et exhilarants, dans le but de combattre la disposition à la morosité, à la mélancolie, au spleen ou bien le délire sombre, lypémaniaque, qui complique «^««^^^^f ces troubles intellectuels et moraux, et se montre parfois accidentellement Tus le cours des maladies aiguës (Clendinning, ConoUy, Moreau de lours Aube rnoche, Brierre de Boismont). Et plusieurs médecins anglais, à r .lie de Beddoë l'ont administré, chose as.ez singulière, contre le "m tiens Toutefois, le Bachisch est encore employé comme

UELLÉBOKE BLANC 177

anodin et hypnotique chez les sujets qui ne supportent pas l'opium, notamment chez les hystériques et les choréiques, dans les affections pulmonaires et cérébrales, le rhumatisme subaigu, la goutte, etc.

En qualité d'antispasmodique, hypocinétique, c'est-à-dire de modérateur de la contraction musculaire, il a rendu quelques services dans le tétanos, le choléra asiatique, la chorée, les convulsions infantiles. On l'a essayé contre la rage (Miller, Hodson, Willemin, etc.). D'un autre côté, Alex. Christison lui attribue la propriété de hâter le travail de l'accouchement, et le place au-dessus de l'ergot, comme agent excitateur des contractions utérines. Nous croyons plutôt, avec Grégor, à son action sédative des contractions spasmodiques. Toutefois plusieurs médecins (Michel, de Cavaillon, Donovan, etc.) en font un succédané important de l'Ergot, propre à combattre les métrorrhagies ou la ménorrhagie (Denian).

Modes d'administration et doses. — Le Chanvre indien est usité en Orient sous plusieurs formes qui sont : 1" le Gunjah, plante séchée après floraison et dont la résine n'a pas été extraite; elle est destinée aux fumeurs; 2» le Bang, consistant en larges feuilles, avec les graines; 3° le Hachisch, formé des sommités et des parties tendres de la plante avant la floraison.

La résine récoltée sur les tiges à la manière du laudanum, ou par d'autres procédés, porte les noms de Churrus et Momeea.

En Europe, on prépare un extrait alcoolique de Chanvre indien qui se donne à la dose de 5 à 30 centigrammes, et jusqu'à i^^^Q.

La teinture alcoolique se prescrit en potion àladose de 20 gouttes jusqu'à 2, 3 ou 4 grammes.

Inglis conseille de prendre sur un morceau de sucre deux gouttes d'une solution de 4 grammes à'extrait de Chanvre dans 32 grammes d'huile de Cajeput.

Pour l'usage externe, Grimault recommande un liniment composé de

1 kl og. de sommités de Chanvre, contusées fortement et infusées dans

2 kilog. d'huile de Chènevis.

■ P;é^^O"isé aussi contre la phtisie les fumigaliom de Chanvre indien

imprégné de nitrate de potasse pour favoriser la combustion. On p ut en faire des cigarettes, vantées sans raison contre l'asthme

En Asie et en Afrique, on use habituellement de's préparations de Hachisch obtenues à l'aide de corps gras, huile ou beurre efl! ociées 1 du sucre et à d'autres ingrédients sous fnrmp h'a. T associées à

JUS,.. p,.„.„caon ^^::^izzz:^z:^z:::^

eurre,

Co«,os,T,o». - Le rhizome de ceUe plante, dui e.oil e„ abondance dans

OUDLER ET LaDBÉE, S" cditioil.

j^g HELLÉBORE BLANC.

les Alpes et dans les Pyrénées, analysé par Pelletier et Caventou, a donné les réLltats suivants : matière grasse, composée d'oléine, stéarine et acide gras volatil- Supergallate de Vératrine, matière colorante jaune, sels, etc. Simonvaiointlayeryme, substance cristalline, fusible et très inflammable, soluble dans l'alcool, susceptible de donner naissance à quelques sels. Nous donnons ailleurs les caractères de la Yératrine (Voy. ce mot).

Action physiologique. — Localement, l'Hellébore blanc exerce une action irritante très énergique sur la peau et les muqueuses, qui peut aller jusqu'à la mortification des tissus. Il provoque de violents éternuements.

Ineéré dans les premières voies, il excite la sécrétion salivaire, en même temps qu'il fait ressentir une saveur âcre; puis il produit une sensation de chaleur dans l'estomac, et, consécutivement, une augmentation de la sécrétion urinaire, de celle des surfaces muqueuses et de la transpiration

cutanée. . . ,

Des doses fortes ou toxiques occasionnent des vomissements, la supernursation et l'ensemble des symptômes d'une dysenterie aiguë et violente, auxquels s'ajoutent, quand la terminaison doit être fatale, les phénomènes cholériformes communs à tous les empoisonnements narcotico-âcres, et narfois un état convulsif avec opisthotonos.

On a noté chez les animaux dans les intoxications graves de la paralysie du train postérieur, outre les symptômes que je viens d'énumérer, du tremblement des membres et une sorte de tétanos. A l autopsie, le foie les poumons étaient gorgés de sang et le tube digestif fortement hypérérnxe.

Usages - Cette plante, très en usage autrefois dans une foule d affections les maladies mentales particulièrement, les hydropisies est considérée auiourd'hui comme tellement dangereuse à manier qu elle est presque tombée en désuétude. On ne s'en sert plus guère que pour 1 usage ext' me en pommade (poudre 4 grammes, pour 30 grammes d axonge) contrera gale et le pityriasis versicolor. L. poudre (10 à 40 centigrammes), le vin d'hellébore ne sont plus prescrits. , , •

Synergiques. - Nommons simplement, en dehors du Veratrum virtde qne nous allons étudier, le V. Sabadilla, le Colchique d'automne, certames Renonculacées, principalement l'Aciea racemosah., et les Aconits.

HELLÉBORE VERT, Veratrum viride.

Angl. : American While Hellébore, Green Hellébore, Indiaa Uncas, Pvppet

''°cètut>l"ii^e''''^""" emploi beaucoup moins dangereux que la précédente, prnît aux Etats-Unis depuis le Maine jusqu'en Géorgie. On V a trouvé deux alcaloïdes : la Viridine et la Vératroidine douées de .nnriétés diUérei-tes, et se distinguant également de la Vératrine (des Sces de la CévadiUe ou V. Sabadilla) au point de vue de leurs elTeU

^I^Kll'S'en effet, n. purge pas, n'est pas émétique et ne fait pas éternuer.

HELLÉBORE NOIR. 179

La VéraO'oïdine, au contraire, est irritante et cause le vomissement, de la diarrhée et des éternuements.

Ces deux alcaloïdes, par contre, agissent delà môme façon sur la circulation qu'ils ralentissent; sur le système musculaire qu'ils excitent (tressaillements et convulsions).

Le Vemlrum viride, bien étudié seulement depuis une quarantaine d'années, d'abord par Ch. Osgood, ensuite par Norwood, a été surtout signalé à 1 attention des médecins par sa puissante activité sédative de la circulation attribuée à une action élective sur le système nerveux. Les observations que j ai faites avec la teinture d'origine américaine donnée par 5 gouttes à la tois, et plus tard avec des granules de 1 centigramme d'extrait préparés par Hepp (de Strasbourg) et que je devais à l'obligeance de mon collègue Oulmont, permettraient de soutenir une opinion différente et de rapporter les effets sédatifs du médicament à son action particulière sur le tube digestif, déterminant les symptômes suivants : nausées, vomissements, évacuations alvines liquides, puisque leur degré est proportionnel à l'intensité de ces troubles. Toutefois les physiologistes ont démontré que les alcaSd

et o?ut ''''f:r""' ^'T'^^'^' sur lesgangnons mtra-cardiaques et peut-être sur la fibre musculaire elle-même du cœur. De sorte que le mode d action du médicament est certainement assez complexe

bil abaisse le pouls de 10-40 pulsations chez les fébricitmm' il mn^-r moins profondément la température qui ne tombe guè e'q: d'un de^^^^ un degré. En même temps la tension varie peu, ou si elle augmente cCt d une manière insensible. Tels sont les résultats observés à l'S.l R et qui se trouvent exposés dans le travail rema^b et exc' l^lnfà t^" égards du Ernest Labbée. Ces propriétés désLent le vTa ^T' comme un agent énergique des médications ant phTogi tiau nl i..?" révulsive. Sydney-Ringer le place entre la Digitale et 'Àc ni t ' '

On 1 a employé contre le rhumatisme articulaire ai^u Pf nh • , goutte, la péritonite puerpérale, les fièvres é uTt ve 'L^^^^^^ niques du cœur, les affections du foie et surL, .nnf 7 (Osgood, Norwood, Kocher, Biermer Hir.r T n ' P^^^^ionie

E. Labbée, etc.). j'ohn Bro^, de Wi h^m^^^^^^^^^^ T"^' Norwood) donnée à la dose dé 200 In m °' ^ Peinture (de

l'éclampsie puerpérale. ^ ^ remarquable succès contre

à lt^d^:::t T?;^:^^ sous l^rme pilulaire,

d'alcool rectifié. Dose : iOgoutCoutrip T'') '''^'^'^ ^^^^^^^^ et G

L'alcool n'enlève à la radne m r °" '

mont), car elle est tout aussi aclivpTn P"ncipes actifs (Oui-

P-, ce ..Me in:^^::^^'^-^'^^' ^

And • BUck Hellébore. - AU. : Schoarze N,eswm-zel. rZ;' "1 L'HeUébore noir, qui habite les rég.ons subalpines, dans CoMPOsmo». ^^^.^ l'Europe, renferme, entre

, „r Ses dans sa racine, une huile volatile et une huile grasse r dTla re une matière résineuse et nn principe amer, de 1 acide Tmaue c U résine molle, décrite par Gmelin, correspond à l'Hellebo- ^nlr'BasUck, substance neutre, légèrement soluble dans 1 eau et dans T'étler aisément soluble dans l'alcool, non volatile, à laquelle la plante doS^en grauTe partie ses propriétés médicinales, qu'elle conserve, en con-

^*r":;;".:loIo™r- Appliquée suna peau, la racine traiche produit utSéLt^ret mfme la vfs^caUcn ; , la surface d'une plaie, le vom.sser«ont COrfila^. Sa saveur est âcre et brûlante.

on M aur bue gér^éralement les mêmes effets qu'au Fara..^ album. rpnPndant Schroff indique un ensemble de faits un peu différents.

rirLible c^^ : pesanteur de tête, vertiges, bourdonnements

d'o'^'i 1^ Sfatlfo^ des pupilles, ralentissement du pouls salivation, diun ns abondante vomissement et diarrhée exceptionnelle. T doL forte cTez les animaux ou faibles progressivement croissantes

'Tne 'serait donc qu'à dose massive qu'il agirait comme irritant de l'ap-

P\7^tf ''%?ctîier'disr"récemment que si Von peut quelquefois prescri^rMl^t blanc, il ne faut jamais mettre sur une ordonnance

rir^t^slnVérérClV dysménorrhée, etc., les affections verm-

"Trextérieur, il a réussi contre les dartres, en pommade. Sa poudre est

,un violent sternutatoire.

Les fleurs sont rubéfiantes et même vésicantes

On prescrit la poudre comme altérante à la dose ûe -u

.grammes ; comme purgatif 30 à 80 centigrammes ..^hydropi- T 'HolUhnrp noir entra t dans plusieurs confections . n f

,r*roî:;" associé à la M,r'rhe et au Chardon bénit; l'exo-a. pa„c/,r

.magogue, etc.

HERBE AUX CHANTRES. - Voy. Erysimum.

IIIÈBLE, Sambucus Ebulus, h. - Caprifoliacées.

HOUBLON. 18f

mins, passe pour avoir des propriétés semblables et môme supérieures à celles du Sambucus nigra. Cependant l'odeur de ses fleurs nous paraît plus voisine de celle de V Aubépine et des Rosacées qui fournissent de l'essence d'amandes amères.

Les racines, les fleurs et les baies servent aux mômes usages que lesparties correspondantes du Sureau (Voy. ce mot).

HOUBLON, Humulus Lupulus, L. — Cannabinées. Angl. : Common Hop . — Ail. : Hop f en.

Le Houblon, indigène en France, est fréquemment cultivé dans les contrées de l'Europe dont le climat ne permet pas la culture de la vigue. On emploie le cône des fleurs femelles et le lupulin, ou la poussière jaune réunie dans une multitude de petites glandes à la base de leurs écailles.

Composition. — D'après les analyses de Payen, Chevallier etPelletan, le lupulin renferme : huile volatile, principe amer [LupuUte), résine; ligneux, matière grasse, astringente et gommeuse ; acides malique, acétique, carbonique, chlorhydrique, sulfurique ; potasse, ammoniaque, chaux, etc. Outre de nombreux principes communs, les écailles, d'après les mêmes chimistes, contiennent de la chlorophylle, mais sont privées d'huile volatile et de résine. Ajoutons, d'après Griessmayer, de la Triméthylamine, et un alcaloïde volatil, liquide, ayant l'odeur de la Conicine, la Lupuline.

V huile volatile de Houblon est soluble dans l'eau, mais encore plus dans l'alcool et l'éther. Elle passe pour narcotique. Dans la distillation, l'eau se charge d'acétate d'ammoniaque et d'un peu de soufre. J. Personne la considère comme l'aldéhyde de l'acide valérianique.

liQ principe amer du Houblon, ou Lupulite, Lupulin, est une substance ternaire, acide, cristallisable, très amère, soluble dans 20 parties d'eau, très soluble dans l'alcool et faiblement dans l'éther. — Ce principe est dépourvu de toute vertu narcotique, même à la dose de 30 grammes (Fronmiiller).

La matière astringente est de Vacide tannique. La résine, soluble dans l'alcool et l'éther, provient de l'oxydation de l'essence. Elle serait, d'après Méhu, très analogue au principe actif du Chanvre indien.

Action PHYsioiOGiQUE. - Les émanations aromatiques du Houblon possèdent des propriétés narcotiques constatées par un grand nombre d'observateurs faisant autorité. La stupeur peut môme être la conséquence d'un séjour prolongé dans un magasin de Houblon (Pereira), phénomène conforme à tout ce que nous savons sur les effets anesthésiques et asphyxiques des essences et des odeurs en général.

Le Lupulin est un tonique aromatique, légèrement astringent. Il n'a pas d autres vertus quand il est ingéré dans l'estomac (Bigsby, Magendie), et n est pas plus somnifère que toute autre substance balsamique; seulement U excite, selon les circonstances adjuvantes, la perspiration cutanée ou la sécrétion urinaire, et peut ralentir le pouls.

Usages. — Des oreillers remplis de cônes de Houblon ont été substitués-

à ceux de plume ou de crin pour les sujets qui, privés de sommeil, ne peuvent supporter les opiacés. C'est un remède populaire dans certains pays. Le Houblon est administré intérieurement comme stomachique et comme tonique de tout le système; dans la dyspepsie alonique, aussi bien que dans la forme irrilative ou légèrement phlegmasique; dans les états de débilité et de cachexie, notamment dans le lymphatisme, la scrofule, le scorbut et l'herpétisme, et il possède réellement des propriétés vermifuges et peut-être fébrifuges. En Amérique, on se sert beaucoup du Houblon (Sacc) pour faciliter dans la panification la fermentation de la farine qu'il rend pour ainsi dire instantanée, grâce à un ferment spécial, supposé.

Le pouvoir sédatif et narcotique du Houblon est moins bien établi, malgré le témoignage de Maton et de Sigmund; ce qui ne veut pas dire que le Lupulin ne puisse être utile pour calmer les érections, faire cesser les pollutions, et, en général, l'éréthisme génital lié auxlésions inflammatoires de la muqueuse génito-urinaire (Page, Sigmund, Debout, Yan den Corput). Cette action spéciale sur l'éréthisme génital l'a fait employer avec succès contre l'onanisme. On attribue cet effet plutôt à l'huile essentielle qu'à la LupuHte, dont l'action porterait surtout sur les organes digestifs.

Topiquement, le Houblon s'emploie comme résolutif et fondant des gonflements douloureux et comme calmant des ulcères cancéreux.

Modes d'administration et doses. — On emploie le Lvpulin en nature : de 50 centigrammes à 2 grammes par jour, dans le pain azyme.

Des cônes de Houblon, on fait une infusion, une teinture alcoolique qui se prend à la dose de 2 à 4 grammes; un extrait, dont on donne 30 centigrammes à 2 grammes.

HUILE DE FOIE DE MORUE. Fournie par la Morue blanche [Gadus Morrhua\ L.; Murrhuavidgaris, Cloq. — Poissons-Gadoïdes. Angl. : Cod liver OU. — AIL : Leberthran.

V Huile de foie, attribuée en général à Xs. Morue franche, provient également de plusieurs autres espèces de poissons : Gadus Collarias, Gadus carbonarius, Lotavulgaris, Lola Molva el Brosmius vulgaris. Ses principaux lieux de production sont les îles Lofoden (côtes de Norwège) et le banc de Terre- Neuve .

On en distingue trois variétés commerciales dont les différences tiennent au mode de préparation : la première d'un jaune d'or. Huile de foie pâle; la seconde, d'un brun clair, Huile de foie brune; la troisième d'un brun foncé, Huile de foie noire. On pourrait les appeler, dans le même ordre : jaune, blonde et brune. Il importe de ne pas confondre les huiles de foie naturellement peu colorées et obtenues, par simple expression, avec celles que l'on a blanchies artificiellement à l'aide des alcalis et du charbon, et qui ontnéressairement perdu une partie de leurs propriétés organiques et Ihérapeutiaues Baucher assure qu'on prépare aux îles Saint-Pierre et Miquelon une Huile blanche, sans relouche, limpide, neutre, et dont la richesse en iode est de 0,30146 p. 1000.

Composition. — V Huile de foie de il/ortie, minutieusement'analyséepar de Jongh, a donné les résultats suivants : acide oléique avec Gaduine et deux autres substances ; acide margarique, glycérine ; acide butyrique ; acide acétique; acides fellinique et cholique, avec de petites quantités de margarine, oléine et bilifulvine; bilifulvine, acide bifellinique, et deux substances particulières : principe soliible dans l'alcool, principe insoluble dans l'eau, l'alcool etl'éther; iode ; chlore et traces de brome; acides pbosphorique et sulfurique; phosphore, chaux, magnésie, soude et fer. Mardère réduit les ingrédients de l'Huile de foie de Morue aux principes suivants : résine molle, brune, soluble dans l'éther; résine dure, noire; gélatine, acide oléique, acide margarique, glycérine etmatière colorante. Buchheim affirme n'y avoir trouvé aucune trace des éléments biliaires. Cependant si l'on ajoute à l'huile une goutte d'acide sulfurique on détermine une coloration violette qui passe plus tard au rouge-cerise, réaction connue pour déceler les acides biliaires suivant le procédé de Pettenkofer.

De Jongh établit en outre, d'après ses analyses, que VHuile pâle confient plus de glycérine et d'acide oléique avec les substances conjointes ; VHuile noire, plus d'acides margarique, butyrique, acétique, et des principes constituants de la bile; tandis que VHuile brune est plus riche en iode, chlore et brome, et autres principes minéraux. Mais ces résultats sont discutables, car les substances comprises dans les pertes forment un poids considérable, et leur analyse modifierait sans doute beaucoup les chiffres des autres colonnes. Ajoutons que les proportions d'iode, de brome et de phosphore sont toujours très faibles puisqu'on n'indique pas plus de 4 centigrammes du premier élément, au maximum, dans 1000 grammes d'huile, et que le second n'a pas pu être exactement évalué. Cette proportion est manifestement trop forte; car Girardin et Preisser n'ont pu retirer que 15 à 18 centigrammes d'iodure de potassium d'un litre d'Huile de foie de Morue. Cependant le phosphore et l'acide pbosphorique réunis peuvent atteindre le chiffre de 25 à 26 centigrammes par 1000 grammes.

La Gaduine est un corps assez mal connu, et dont les propriétés singulières laissent le champ libre aux hypothèses. Je la crois constituée en partie par la matière glycogène du foie, en partie des substances grasses qui imprègnent celle-ci. Gomme la matière glycogène, la Gaduine est inodore, insipide, complètement insoluble dans l'eau. A la vérité, on la dit partiellement soluble dans l'alcool et dans l'éther, mais ce ne sont probablement que les substances accessoires qui sont enlevées par ces menstrues. Ce qui reste ou ce qu'on nomme la modificatian insoluble de Gaduine serait réellement la matière glycogène isolée. En effet, une fois desséchée, cette substance est fragile et pulvérisable, soluble dans l'acide sulfurique, auquel elle communique une couleur rouge de sang, soluble également dans les alcalis, tout cela à la manière de la Zoamyline. De Jongh ne lui attribue aucune importance thérapeutique.

Action physiologique. - L'huile de foie de Morue offre généralement une odeur repoussante de poisson et derancidité, plus prononcée dans celle

J84 nUILE DE FOIE DE MORUE.

de couleur sombre, ainsi qu'une saveur âcre, sensible surtout dans l'arrièregorge, ce qui cause aux malades un dégoût souvent invincible. Lors même qu'elle est acceptée sans répugnance, ce qui arrive presque toujours chez les enfants en bas âge, l'Huile de foie, souvent mal digérée, occasionne des renvois désagréables, des nausées et des vomissements. Il peut en résuller du relâchement d'entrailles et indirectement des effets diaphorétiques et diurétiques. On a aussi noté l'augmentation du flux menstruel, symptôme très indirect d'un retour à la santé. Quelques personnes ne peuvent s'y habituer; la plupart parviennent à en prendre deux ou trois cuillerées à soupe par jour; quelques-unes en prennent bien davantage sans dérangement des fonctions digestives, ce qui justifie l'opinion que l'Huile de foie est la plus digestible de toutes les huiles.

Prise à haute dose et pendant longtemps, l'Huile de foie de Morue amène quelquefois des éruptions cutanées en rapport avec le passage, à travers les glandes sébacées et sudoripares, des principes âcres et volatils, abondants surtout dans l'huile brune noirâtre. Quand elle est bien supportée, l'Huile de foie de Morue fait engraisser. Bardsley constate que 70 sujets sur 100 augmentent de poids; 21* sont en perte, et les autres restent stationnaires. Si le traitement ne donnait pas de meilleurs résultats que d'augmenter l'embonpoint, le bénéfice serait insuffisant; mais il est probable que l'augmentation de poids représente, au moins dans quelques cas, un accroissement des muscles et de la masse sanguine; indice plus sérieux d'un retour à des conditions de santé. Th. Thomson et Fr. Simon ont démontré qu'effectivement le sang devient plus riche en globules sanguins. Ces faits viennent encore d'être confirmés parles observations de G. Cutler et H. Bradford, grâce à la méthode de numération des globules. Également les globules blancs augmentent de nombre.-

Bischoff ajoute à ces données le ralentissement dans l'excrétion des phosphates.

L'influence salutaire de l'Huile de foie de Morue sur la crase sanguine et la nutrition se révèle d'ailleurs avec éclat dans quelques maladies générales, telles que le rachitisme, et confirme notre manière de voir.

A quels principes ce médicament doit-il ses vertus?

La réponse est indécise. Naguère on n'hésitait pas à mettre tout sur le compte de l'iode et quelquefois du phosphore, au.xquels il faudrait joindre le brome; mais les proportions de ces métalloïdes sont ordinairement si minimes, qu'il a dû naître un doute dans les esprits sévères, et que l'idée de faire jouer le rôle essentiel aux matières grasses elles-mêmes a dû se présenter naturellement : cette opinion compte aujourd'hui en sa faveur de nombreuses autorités (Th. Thomson, Garrod, Williams, Trousseau etPidoux. Bouchardat, etc.). Reste à savoir comment agit l'Huile de foie de Morue et pourquoi elle l'emporte sur les autres corps gras.

Homolle lui reconnaît des propriétés mcwpora^iyes .• c'est un analeptique élevé à la plus haute puissance. Berthé, à qui l'on doit d'intéressantes expériences sur la facilité d'assimilation des corps gras, place en tête des plus

assimilables les huiles de foie de Morue pures et surtout les huiles brunes.

Selon le professeur Bouchardat, l'Huile de foie de Morue est un aliment respiratoire, extrêmement utile dans les états d'asthénie et de langueur qui précèdent ou accompagnent l'évolution de la diathèse tuberculeuse, considérée comme l'expression d'une insuffisance des phénomènes chimiques de l'hématose. Klencke n'y voit qu'un composé biliaire.

John Day a démontré que les corps gras convertissent avec facilité l'oxygène en peroxyde d'hydrogène, lequel est décomposé très vite par l'hémoglobine du sang en eau et oxygène. Ce gaz se trouvant à l'état naissant devient très actif. Et c'est cette théorie qu'il propose pour expliquer l'action reconstituante de l'Huile de Morue.

Williams prétend, de son côté, qu'étant éminemment combustible, elle détourne l'oxygène des corpuscules d'exsudation, qu'elle empêche ainsi de passer à l'état de globules de pus. Dans son opinion, elle est d'autant plus efficace, qu'elle présente à nos organes une substance plus fluide, plus stable et pouvant mieux pénétrer par absorption dans l'intérieur de l'économie. Cette hypothèse ne repose sur aucune base solide. Voici une explication plus concordante avec les données de la physiologie moderne et que j'ai eu le plaisir de voir adoptée par Pidoux {Études sur la phtisie, 1869), ainsi que par d'autres thérapeutistes, depuis la publication de la première édition de ces Commentaires.

La matière grasse est le point de départ de toute formation cellulaire (Swann, etc.), elle est aussi bien le rudiment des corpuscules sanguins (Donné) : on comprend donc la nécessité de son intervention continuelle dans les actes nutritifs. Tel est, à mon avis, le rôle essentiel de l'Huile de foie de Morue. Maintenant la condition qui fait qu'elle remplit mieux que d'autres ce rôle formateur, nous la trouvons dans son origine. Les corps gras, en dépôt dans la glande hépatique, ne sont pas simplement excrémentitiels; nous admettons qu'ils sont en partie destinés, comme la substance glycogène de Cl. Bernard, à fournir des éléments à la nutrition et à la respiration. Leur état moléculaire est sans doute approprié à cette double fonction. Ainsi, rien ne serait plus facile à comprendre que la supériorité de l'Huile de foie, mais de toute espèce d'huile de foie : de mammifère aussi bien que de poisson, sur les huiles ou les graisses tirées des végétaux ou des autres organes des animaux, sans en excepter même le beurre. La matière grasse du lait exige une élaboration préalable dont la substance grasse du foie peut se passer. La première est très assimilable, j'en conviens mais la seconde est dé à assimilée; l'ort^anisme en sonfîm,.! conviens, mais la X P • ,,. , , , '. ^'b'iiJii'rne en souilrancen a donc presque rien

à faire pour 1 intégrer et l'identifier à sa propre nature. L'Huile de foie de Morue est donc une substance histogénique par excellence. En outre, de

ZZl itd. '''' ^ ^°-b-tion respirato'ire.

être nn ,0 .nr 'in Phosphore, leur action est secondaire sans

nlrt T \T P'"^^^ se fait sentir à la longue de la

part des médicaments dits altérants iuii^uc uc

Substances auxiliaires. - Succédanés. - Les huiles hépatiques de

18g nUlLE DE FOIE DE MORUE.

toutes les espèces du genre Squale et du genre Raie sont presque identiques, et par la composition chimique, et par l'action thérapeutique, à celles qu'on extrait des foies de Morue (Lebœuf, Delattre, Devergie). On peut les substituer indifféremment les unes aux autres. Nous n'en disons pas autant de ce qu'on appelle, dans le commerce, huile de poisson, parce que cette huile, provenant de diverses parties du corps, et spécialement de la chair de ces animaux, n'a pas la constitution chimique de celle que fournit la glande hépatique.

En revanche, j'assimile l'huile des foies de poissons à celle des foies d oiseaux ou de mammifères, et, pour dire ma pensée, je crois que les pâtés de Strasbourg ou de Nérac rendraient à peu près les mêmes services que l'Huile de foie de Morue. J'en ai déjà fait l'épreuve avec succès dans un certain nombre de cas de lymphatisme, de scrofules, et môme de rachitisme, où l'action curative est plus évidente et le rapport causal plus facile à démontrer. Je recommanderais donc aux sujets qui éprouvent pour cette dernière une répugnance invincible, de manger des foies de volailles grasses, aussi bien que des foies de raies, ou de faire entrer dans leur nourriture des animaux entiers, conséquemment pourvus de cet organe, tels que des escargots, des huîtres, des moules, des clovisses {Venus verrucosa), si estimées des Provençaux, et généralement tous les mollusques comestibles.

Pour ce qui est des huiles d'olive, d'œillette, de noix, etc., des graisses des animaux, nous nous refusons à les placer au même rang que les huiles de foies A la vérité, elles pourraient, après absorption et transformation dans l'appareil hépatique, rendre les mômes offices que la matière oléagineuse extraite directement du foie des animaux; mais cette métamorphose préalable suppose chez le sujet l'intégrité des fonctions de 1 estomac et du foie Or, c'est là précisément ce qui fait défaut chez la plupart des malades auxquels s'adresse la médication ; tandis que la proportion des corps gras se trouve toujours suffisamment représentée dans l'alimentation habituelle pour rendre superflues les additions à titre médicamenteux.

Dans la pensée que VHuile de foie de Morue agissait comme un corps gras quelconque, chargé d'un peu de phosphore, d'iode, de brome et de chlorure alcalin, J. Personne a préparé une huile iodée qui n'est pas sans mérite, et Trousseau a souvent prescrit des tartines couvertes du mélange suivant . beurre très frais, 300 grammes ; iodure de potassium, 15 centigrammes, phosphore, i centigramme; bromure de potassium, i gramme; chlorure de sodium, 2 grammes. Sans avoir les propriétés de l'Huile de foie, ce beurre médicamenteux a néanmoins rendu de grands services par les agents altérants qu'il renferme en proportion considérable.

Sous la dénomination fallacieuse à'oléo-morrhuine, on débite aussi une noudre composée de sucre de lait et de substances minérales supposées actives dans l'Huile de foie de Morue, telles que les sels de chaux et spécialement le phosphate. Quelques personnes ontimaginé pour la chaux a singu- Hère fonction de crétifier les tubercules. Sans admettre depareiHes idé s, on peurcependant considérer les sels de chaux, et surtout le phosphate,

comme auxiliaires de l'Huile de foie de Morue, en ce sens qu'ils servent à la recorporation et jouent même un rôle histogénique. Sous ce rapport, le sirop de lacto-phosphate de chaux (Dusart) et d'autres préparations analogues peuvent aider à l'action reconstituante de l'Huile de foie.

Vhélicine, préparée, dit-on, avec le suc extrait de V Hélix Pomatia, est donnée également, mais sans preuves démonstratives, comme un succédané de l'Huile de foie de Morue.

Enfin, dans ces dernières années, des publications importantes ont eu pour but d'établir que la Propylamine est un principe actif de l'Huile de foie de Morue aussi bien que d'une foule d'autres substances végétales ou animales formant une classe pour laquelle le docteur Kaleniczenko propose la dénomination de Médicaments propylomiques. Le Chenopodium vulvaria, le Viburnum Opulus, les Asclépiadées doivent leurs propriétés à cette ammoniaque composée aussi bien que le Caviar, le Balyk gras (et probablement la Boudach). les Harengs marinés et d'autres poissons fumés, ou l'Huile de foie de Morue. Il est inutile de dire qu'il nous est impossible de partager à cet égard les vues de notre confrère de Charkow et de nous associer aux espérances qu'elles ont fait concevoir de remplacer efficacement les doses massives d'Huile de foie par quelques dragées (Meynet) renfermant à l'état condensé la propylamine et certains principes fortement odorants et sapides qui seraient pour ainsi dire l'essence de l'Huile de foie de Morue. Une telle préparation peut avoir quelque utilité chez des sujets affaiblis et languissants, car l'expérience m'a appris que les aliments ou plutôt les condiments qui sont chargés de ces principes âcres et volatils, notamment la Boudach (appelée pow/ay-p-we par les Marseillais), stimulent puissamment la sécrétion salivaire et les fonctions gastriques, mais elle ne saurait à aucun titre tenir la place d'une substance recorporante et histogénique.

Usages. — L'Huile de foie de Morue est indiquée théoriquement toutes les fois que la nutrition et les actes plastiques languissent, comme dans la chlorose, le lymphatisme, la scrofule, la tuberculose, le rachitisme, et généralement dans les dyscrasies et les cachexies. Mais l'expérience a démontré qu'elle est plus efficace dans le rachitisme, l'ostéomalacie, la scrofule et la tubercuhsation pulmonaire, trois aspects d'une même diathèse Seulement, tandis qu'elle n'est qu'un palliatif dans cette dernière affection, elle est curative au contraire, lorsqu'il s'agit du ramollissement des os : c'est là son véritable triomphe. Ce qui s'expliquerait peut-être par la remarque de Bischoff, qu'elle s'oppose à l'élimination des phosphates

Elle est aussi très favorable dans les caries osseuses, les arlhrites chroniques passant^ la tumeur blanche, les engorgem'ents ganglionn res et L . mésen énque. Mais son utiHté, quoi qu'on en ait fit, est mo^ man' leste dans la phtisie pu monairp Tnnai'o.-^ . ■/ . ^ nio,ui ^

les périodes peu avancées d" mai TiL hT l

amlnmin :s lo c.n^r i . ' chronique ou lente,

S e?dllt " '°"'°™^ ' Trousseau,'

Ce résultai eût élé facilement prévu par ceux qui eussent admis avec

jgg HUILE DE FOIE DE MORUE.

nous le caractère purement plastique du médicament, sans aucune spécificité d'action vis-à-vis des diverses entités morbides contre lesquelles on l'a successivement préconisé.

Les expériences de J. Rendu faites comparativement avec 1 Huile de Morue et l'arsenic dans le traitement de la tuberculose pulmonaire, ont démontré encore récemment l'importance de la première comme reconstituant et sa supériorité manifeste sur l'arsenic. Seulement l'affection pulmonaire n'est en rien modifiée, ce qui se comprend si l'on admet la nature parasitaire de cette maladie.

On a conseillé encore avec succès l'Huile de foie de Morue dans la goutte et le rhumatisme chroniques, dans quelques cas de paralysie, dans l'ophthalmie chronique, strumeuse, et dans cerlaines affections cutanées se rapportant particulièrement à la classe des scrofulides (Bazin). C'est même là une de ses principales applications, tout aussi bien que dans les lésions scrofuleuses plus profondes. Trastour l'associe à l'iode contre la paraplégie. Blaizeau lavante contre l'héméralopie, qu'il guérit ordinairement en moins de quatre jours avec une dose quotidienne de une à deux cuillerées à

'T^i'sage externe de l'Huile de foie de Morue est peu rationnel ; cependant on l'a employée en onctions sur les engorgements ganglionnaires. Hebra lui-même s'est servi de ces onctions dans un cas de lèpre, avec quelques

"mObIs B'ABM1.1STH.TI0N KT BOSES. - NoUS ^0^-^ P/^^^/^rr ^U^dt

de foie de Morue blonde sur la jaune dite b'^^^^^^ P^^^^^^-H 7. n. n noire, parce que la seconde, clarifiée et souvent additionnée d huile à mander ne rempUt pas l'objet qu'on se propose, et que la troisième, de qualité Lfé^ure offense plus que toute autre le goût et l'odorat, sans aucune compen tion L'Huile de foie de Morue se digère mieux et laisse moins d arnèregoSt lorsqu'elle est prise avec les aliments. En conséquence, on doit l'ingérer préférablement au commencement des repas.

Chez un adulte, on débute par une cuillerée à soupe, P-^^ ^ ~ gressivement à deux, trois ou quatre cuillerées par jour. Chez les enfants, on procède par cuillerées à café ou par cuillerées d entremets

De nombreux moyens ont été imaginés pour rendre ^^^^ P "^^^^^^^^^^ gestion de ce médicament. On l'emprisonne dans des ;^«P^"f "/"f/; In Angleterre, on emploie une cuiller fermée, sauf à ses deux extrémité , et qu'on introduit jusqu'au fond du gosier avant de relever le manche pour aisser s' couler le liquide ; de cette manière le goût, et su/tout le ^«.o, ne se font pour ainsi dire pas sentir. Cet instrument ne s'est pas répandu

^VnTdSuionnequelquefois l'huile d'un principe aromatique : essen^^ citron d'anis, de menthe poivrée, pour en masquer le goût déplai ant uan citron, a anis, d'écorce d'orange, ou 1 on fait

le même but o^J'^^ '^^^^^ ^lles de menthe, une liqueur alcoo-

Ce qûeVonrut du ^d'orangef du café noir. Duquesnel obtient une

IlUILIS DE FOIE DE MORUE. 189 désinfection complète en ajoutant un centième d'essence ^'Eucalyptus.

En Amérique on s'adresse de préférence à l'éther : 0,55 pour 15 grammes d'huile. Ainsi celle-ci est moins répugnante, mieux digérée et rendue plus active. Le chloral agirait de môme.

On a encore proposé l'émulsion avec un jaune d'œuf et quelques gouttes d'alcoolat de menthe pour aromatiser (de Ponthevès) ; l'iodoforme : 0,21 p. 100 d'huile et 4 gouttes d'essence d'anis (Fonssagrives), etc.

Pour altérer le sens du goût, on fait fondre dans la bouche quelques grains de sel. Il serait plus efficace de laisser agir une huile volatile sur le palais, surtout la teinture de Pyrèthre, avant d'ingérer l'huile.

L'acide cyanhydrique en petite quantité, associé à un mucilage, est employée, à Brompion Hospital, pour dissimuler l'odeur de l'Huile de foie de Morue et calmer l'irritation de l'estomac. C'est une nouvelle preuve de cette propriété coërcitive, sinon destructive des odeurs, que nous avons reconnue aux préparations cyaniques.

L'Huile a été émulsionnée ou mise en gelée et aromatisée, tantôt avec une huile volatile, tantôt avec l'essence d'amandes amères ou l'acide cyanhydrique, ou bien avec le rhum (Stanislas Martin, Mouchon, Jeannel, Van den Corput).

La gélatinisation s'obtient, soit par la gélatine animale ou par la gelée de Fucus crispus, soit par l'intermédiaire de la Gétine et d'un sirop.

Un pharmacien de la Rochelle a eu l'idée d'émulsionner l'Huile de foie de Morue à l'aide d'oeufs de Raie.

Plusieurs préparations officinales de ce genre ont été proposées sans avoir réussi à se faire adopter par les médecins ni par le public. Elles ont l'inconvénient de coûter cher et d'augmenter le volume du médicament, sans avoir l'avantage d'en masquer complètement les qualités désagréables.

Le meilleur moyen de faciliter la digestion de l'Huile de foie de Morue, c'est de la donner au commencement^es repas, en ayant soin de faire rejeter autant que possible les différents corps gras qui font habituellement partie de l'alimentation.

L'acidité normale de l'Huile de foie de Morue a été utilisée par Derlon pour charger ce médicament de principes toniques, tels que les alcaloïdes du quinquina, dont l'association avec un agent de reconstitution peut être avantageuse. Ce chimiste a fait en môme temps la remarque que la pré sence des subtances amères, comme le quinium, l'extrait de quinquina et les préparations qui en sont très riches, atténuent considérablement les mauvaises qualités organoleptiques de l'Huile de foie de Morue et la rendent très tolérable pour les palais les plus rebelles. On fait dissoudre également dans 1 Huile de oie outre l'iode (Personne), des benzoates de fer et autres

detn" irTn «^c), del'iodure

ae 1er (Frosini-Merletta).

La con^binaison de l'Huile de foie de Morue avec la chaux vive, constituant le Savon jecoro-calcaire de Van den Corput. mérite une mention

190 HYDROCOTYLE.

spéciale, en raison des propriétés reconstituantes, et j'ajoute bistogéniques, qu'on s'accorde à. reconnaître au carijonale et au phosphate calcaires.

Pour l'usage externe, on emploie l'huile pure ou additionnée d'iode ; c'est alors l'iode qui agit seul. On a proposé un savon d'Huile de foie de Moi-ue et diverses préparations dérivées (Deschamps). L'Huile de foie n'y remplit pas d'autre office que celui de véhicule pour d'autres substances altérantes, telles que l'iodure de potassium.

IIYDROCOTYLE, Hydrocotyle asiatica, L. — Ombellifères. Angl. : Indian Hydrocotyle, Indian Pennywort.

Cette petite plante de l'Asie et de l'Afrique tropicales se retrouve encore en Amérique, dans les îles du Pacifique et jusqu'en AustraHe, vivant, comme l'indique .son nom d'Ecuelle d'eau, dans les lieux humides et sur les cours d'eau.

Composition. — Elle a été recherchée par Lépine qui signale particulièrement un principe particulier assez mal défini, laVellarine, comme l'agent actif de la plante. C'est un liquide huileux, non volatil, rappelant par son odeur et sa saveur celles de la plante. On l'a vainement recherché dans d'autres analyses. On y trouve encore deux résines : l'une verte, l'autre brune, de la gomme, de l'amidon, des matières extractives, des sels, de l'iode, etc. (Eug. Fournier),

ACTION PHYSIOLOGIQUE ET USAGES. — Lcs doses thérapeutiques n'ont quc des effets insignifiants. Tout au plus observe-t-on des étourdissements, des éblouissements, une sorte d'ivresse avec malaise général, anorexie, démarche incertaine, mal de tête et tendance au sommeil quand ces doses sont surélevées. Quelques malades se sont plaints d'anorexie, de douleur d'estomac et de ventre et ont eu un peu de diarrhée. On a remarqué, enfin, une légère diurèse et des effets sudorifiques.

Les effets des doses massives du Bevilacqua n'ont pas été recherchés.

On comprend qu'un médicament doué d'une action pharmacodynamique aussi peu marquée ne puisse jouir de propriétés thérapeutiques très considérables. Aussi bien son emploi contre la lèpre, préconisé par l'infortuné D'Boileau, ne pouvait-il être tout au plus que palliatif. L'Hydrocotyle n'a pas d'effet curatif contre cette affreuse maladie.

Pas davantage elle n'a réussi d'une façon évidente contre les dermatoses, l'eczéma en particulier (obs. de Devergie, J. Lecoq), sans toutefois quon puisse affirmer ici son inefficacité absolue. Cazenave signale, sans trop insister sur leur valeur, quelques faits favorables, de sorte que nous sommes encore assez mal éclairés sur cette spécificité attribuée par certains observateurs à Hydrocotyle asiatica contre les maladies de peau. Peut-être aurait-elie quelques vertus sédatives à la façon de la Ciguë dans les affections douloureuses spasmodiques.

Comme succédané ou mieux comme rival peut-être plus heureux contre la lèpre, je citerai Vhuile de Chuulmiigra provenant des semences du Gynocardia odorata, Bixacées. /

IGHTHYOCOLLE OU COLLE DE POISSON. 191 Modes d'administration et doses. — Toutes les parties de la plante sont utilisables. Sa poudre (0,40-0,50) est incertaine et peu usitée. Mieux vaut s'adresser à Vextrait hydro-alcoolique, qui est la préparation la plus sûre quand il est fait dans le vide. On le prescrit en pilules de 0,025, à la dose de 4 à 6 par jour et en sirop. La teinture, l'infusion (8 grammes pour 1000), la pommade sont inusitées.

HYPERICUM. — Voy. Millepertuis.

HYSOPE, Hyssopus officirialis, L. — Labiées. Angl. : Hyssop. — Ail. : Eisop, hop.

C'est VEzob de Salomon; cependant quelques auteurs croient que la plante biblique est le Thymbra spicala, L.

Composition. — VHysope ou Hyssope est une Labiée aromatique-amère des provinces méridionales de la France, dans laquelle on constate une huile volatile fluide, très brûlante au goût, un stéaroptène identique avec le camphre, une matière résineuse et du soufre (Planche). Herberger a cru y trouver un alcali qu'il a nommé hyssopine.

Action physiologique et usages. — Cette plante possède à un très haut degré les propriétés stimulantes et autres des espèces aromatiques. On en fait un usage assez fréquent dans les catarrhes bronchiques et dans la période hypercrinique de la bronchite aiguë. C'est un bon stomachique et carminatif, un sudorifique utile dans le rhumatisme apyrétique et les exanthèmes arrêtés ou rétrocédés, un emménagogue indiqué dans l'aménorrhée torpide. On l'a administré quelquefois avec succès contre les vers lombricoïdes. On s'en est également servi en gargarisme dans les angines simples ou compliquées de diphtérite ou de gangrène : « et hysopo mundabor, » a dit l'Écriture; en collyre dans les ophthalmies catarrhales; en fomentations sur les contusions, les entorses et les blessures.

La dose est d'environ 4 grammes pour 500 grammes d'eau bouillante.

h'Hysope entre dans l'Eau de Mélisse, le Baume tranquille et le Sirop d'Armoise composé.

ICIITHYOCOLLE ou COLLE DE POISSON. Fournie par le grand Esturgeon [Aapenser Uuso, L.). Poissons-Cuondroptérvgiens-Sturio-

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