MA.NNE
MACIS. — Voy. Muscade.
MANIOC. — "Voy. Tapioca.
MANNE. Suc concret des Fraxinus Ornus, L., et F. rotundifolia, Lamk. — Oléacées.
Angl.: Manna. — AU.: Manna.
Les deux arbres d'où l'on extrait la Manne, par l'incision des troncs, appartiennent à l'Orient ainsi qu'à la Calabre et à la Sicile. Ce même nom de Manne est appliqué du reste à huit espèces différentes de sucs propres, fournis par des végétaux de familles diverses parmi lesquels Y Eucalyptus dumosa, sans compter la Manne des Hébreux du Sinaï ou du Kurdistan, qui n'était vraisemblablement que le Lecanora esculenta, sorte de Lichen dont il se développe parfois, du jour au lendemain, de prodigieuses quantités sur le sable, en Perse, en Arabie et jusqu'en Algérie.
Composition. — D'après Leuchlweiss, la Manne contient : mannite, C6Hi*06, sucre, mucilage avec un peu de mannite, de matière résineuse et acide, plus une petite quantité de substance azotée; matière insoluble, eau et cendres.
Une analyse ingénieuse et précise de Buignet vient de nous révéler sur cette composition chimique des particularités curieuses et intéressantes. C'est en premier lieu la présence d'une proportion considérable de dextrme ; 1/5 en poids dans la manne en larmes qui lui doit un pouvoir dextrogyre très énergique. De plus la matière sucrée plus ou moins abondante suivant les espèces de mannes commerciales, est constituée par du sucre de canne et du sucre interverti en proportion relative invariable (un équivalent du premier pour deux équivalents du second) et telle qu'ils neutralisent mutuellement leurs pouvoirs rotatoires inverses.
La Mannite, qui est le principe le plus abondant de la Manne, 60 à 80 0/0 est un sucre non fermentescible, sans action sur la lumière polarisée, blanc, cristallin, soluble dans 5 parties d'eau froide, dans beaucoup moins d'eau bouillante, très soluble dans l'alcool. La Mannite, qu'on importe d'Italie en magnifiques masses cristallines, n'exerce à peu près aucune action purgative fPereira), et ne paraît pas être le principe actif de la Manne (Thénard). La résiric, au contraire, douée d'une odeur désagréable, d'un goût repoussant et nauséeux, semble, malgré sa faible proportion, représenter l'activité du suc propre des Fraxinus Ornus et rotundifolia. Elle se développe à l'air et avec le temps aux dépens d'un acide qui l'accompagne (Fourci-oy), ce qui explique l'accroissement progressif des qualités laxatives de la Manne qui s'altère. Ajoutons un dernier principe, la Fraxtne, glucoside voisin de l'^sculine, Cm^^O''^, cristallisée, astringente et amère.
MARRUBE BLANC. 223 Action physiologique. — A petite dose, la Manne est simplement nutritive, et les vipères en sont, dit-on, très friandes. Prise en plus grande quantité, elle ne peut être digérée, et produit des effets laxatifs sans irritation musculaire, mais non toujours sans coliques et sans flatulence. La Manne, qui a vieilli dans le droguier, est d'un goût plus désagréable et plus active que celle qui est récente.
Usages. — La Manne est un laxatif doux et fréquemment usité chez les enfants, qui le prennent sans répugnance dans du lait ou même en dissolution dans l'eau. La dose, pour les jeunes sujets, est de 15 à 30 grammes ; elle est de 30 à 60 grammes pour un adulte.
Selon le degré de pureté, on distingue la Manne en larmes, la Manne en sortes, et la Manne grasse. Celle-ci, qui est la plus impure, est aussi la plus active, mais, à cause de son goût déplaisant, elle est rejetée du Codex. La seconde est réservée pour les lavements.
La Manne entre dans la Marmelade de Tt'onchin. On en préparait jadis des tablettes, des pastilles et un s«Vo/?; elle entrait aussi à^n'à VElectuaire diacarthame.
La Mannite est peu usitée et ne purge guère qu'à la dose de 30 grammes.
MARJOLAINE VULGAIRE, Origanum Majorana, L. — Labiées.
Angl. : Sweet Mai'joram. — AU. : Majoran, Sommer major an.
La Marjolaine vulgaire, originaire du Levant, est cultivée dans les jardins. Elle est amère, aromatique, et, comme la plupart des Labiées, à la fois tonique et stimulante, anticatarrhale, parfois diurétique et antispasmodique. On lui croyait même des vertus toutes spéciales contre les affections du cerveau et du système nerveux, ce qui la faisait administrer contre les étourdissements, les spasmes, les phénomènes précurseurs de l'apoplexie cérébrale et contre la paralysie. On la prescrivait aussi dans le catarrhe pulmonaire, la chlorose et l'aménorrhée.
C'est un condiment stomachique, assez souvent usité dans le midi de la France, en nature ou bien en dragées faites de ses semences.
La Marjolaine donne une teinture et une eau distillée. Elle entre dans une Poudre sternutatoire, le Sirop à: Armoise, le Baume tranquille, etc. Toutes ces préparations, à l'exception de la dernière, sont très peu usitées.
MARRUBE BLANC, Marrubium vulgare, L. — Labiées. Angl. : White Horohound. — Ail. : Marieniourzel.
Le Marrube, très commun au bord des chemins, exhale une odeur forte et déplaisante. Sa saveur est amère, nauséeuse, un peu âcre. Il possède des vertus toniques, stimulantes, emménagogues, et môme antispasmodiques en rapport avec ses qualités amères, aromatiques et fétides
On l'a beaucoup employé dans l'hystérie, la chlorose et les affections nerveuses, dans les catarrhes, dans la dyspepsie, le scorbut, l'anasarque et es cachexies. Il était aussi administré comme diurétique, sudoriûquc et astringent. Ses vertus rappellent en réalité celles de l'absinthe et de l'armoise.