‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 138 sur 384 · NERPRUN PURGATIF · texte numérisé non relu

NERPRUN PURGATIF

l'aplitiide aux plaisirs de l'amour, sans doute à cause de la frigidité de son élément et du calme des eaux sur lesquelles il se complaît. Le vulgaire et les médecins ont partagé cette illusion, et pendant des siècles le Nénuphar 8 été employé comme anti-aphrodisiaque. Aujourd'hui encore son nom rappelle des propriétés sédatives et calmantes par excellence. Erreur: la racine de Nénuphar sert à la nourriture des Tartares, qui n'en sont pas moins prolifiques pour cela (Pallas), et sa composition montre qu'à côté de la fécule alimentaire, elle renferme des substances plutôt toniques et stimulantes : ainsi du tannin, de l'acide gallique, une résine (Morm). La présence de ces principes explique l'utilité du Nénuphar daps la leucorrhée, la blennorrhagie et même la dysenterie (Mérat et de Lens). Quant à ses vertus anaphrodisiaques et hypnotiques, elles sont encore à démontrer. Elles ne sont pas mieux établies pour les semences. Disons, en termmant et seulement pour mémoire, que la dose de racine de Nénuphar en décoction était de 8 à 16 grammes.

L'eau distillée des fleurs est usitée en Turquie comme cosmétique.

NÉNUPHAR JAUNE, Nuphar lutea, DG. — Nymphéacées.

Angl : Yelloio water Lily. — AU. : Gelbe Wasserlilie.

Ce que nous venons de dire du Nénuphar blanc s'applique de tous pomts au petit Nénuphar ou Nénuphar jaune. Il paraît même, d'après les auteurs dn Codex, que les rhizomes vendus actuellement par les herboristes appartiennent au Nuphar lutea, tandis que ceux du Nymphœa alba sont inusités.

NÉROLI ou ESSENCE DE NÉROLI. Huile volatile du Bigaradier {Citrus Duh.). — AuRANTiACÉEs.

Angl : Néroli oléum or Essence of Néroli. - AU. : Pomeranzen Essen.

L'huile volatile qui surnage l'eau distiUée de fleur d'oranger, et qui trouble la transparence de Veau de fleur d oranger de Paris, est ce qu on appelle le Néroli ou Essence de Néroli. Cette essence esffornQee de deux principes, l'un liquide, l'autre solide ou Camphre de Néroh. Elle n a pas tout à fait l'odeur suave de la fleur d'Oranger; cependant elle constitue un aromate fort agréable qui se prend à la dose de 2 à 6 gouttes sur du sucre, comme antispasmodique, dans la gastralgie et d'autres états ^erveux

Soubeiran considère le Néroli comme une altération de l hmle essentielle de fleur d'oranger, moins soluble dans l'eau que cette dernière.

NERPRUN PURGATIF, Rhamnus catharticus, L. — Rhamnées. Angl : Common Buckthorn. — AU. : Kreuzdorn.

Le Nerprun purgatif esl un arbuste commun dans les bois et les taillis.

Composition. - Le suc de ses baies, analysé par Hubert, a donné la comnosition suivante : matière colorante verte, acides acétique et raalique, mitière gommeuse, sucre et substance amère {caihartme ?).

LTrhamnic^nc, découverte par Fleury dans les baies non mûres, est,

NICOTIANE OU TABAC. 251 selon Winckler, un glycoside qui se change en calharline et sucre de raisin.

Pour Fleury, le principe purgatif du Nerprun est l'acide rhamniqiie ; la rhaninine au contraire n'est pas purgative.

Action physiologique et usages. — Les baies de Nerprun sont un puissant purgatif hydragogue, qui a seulement l'inconvénient de causer des coliques et du mal de cœur, et d'occasionner une soif intense. Aussi est-il beaucoup moins usité dans la médecine humaine que dans la vétérinaire.

Un gramme de ôaies récentes suffit à produire une bonne purgation, mais il faut A grammes de baies sèches.

Les paysans des Vosges eu font un fréquent usage; les médecins, au contraire, ne conseillent que le sirop de Nerprun, qu'ils associent souvent, à la dose de 15 à 30 grammes, à d'autres substances cathartiques, pour obtenir une purgation énergique dans les paralysies et les hydropisies.

Au dire de Ogilvie Will, le Rhamnus frangula, ou bourdaine, n'aurait pas la violence du Nerprun. Son écorce peut donner un extrait comparable à l'huile de ricin comme cathartique, tout aussi doux, qu'on prescrit aux doses de 2 à 10 grammes.

NICOTIANE ou TABAC, Nicotiana labacum, L. — Solanacées.

Angl.: Common or Virginian Tobacco. — Ail. : Tabakblàtter.

Le Tabac est originaire de l'Amérique tropicale, d'où sa culture s'est répandue sur tout le nouveau continent, en Europe et dans la plus grande partie du globe.

Composition. — D'après l'analyse la plus récente, celle de Gonwell, les feuilles fraîches de Tabac renferment: gomme, mucilage, acide tannique et gallique, chlorophylle, matière pulvérulente verte, huile jaune ayant l'odeur, le goût et les propriétés de la plante, résine jaune pâle, nicotine, substance analogue à la morphine, matière colorante orangé rouge et nicotianine.

La nicotine (C^OHi^Az^) est un alcaloïde liquide incolore, d'une odeur âcre et d'un goût âcre et brûlant. C'est un des alcalis végétaux volalilisables, dont les principaux sont la conicine, la spartéine et la théobromine. Ses vapeurs irritantes reproduisent au plus haut degré l'odeur caractéristique du Tabac. Il est soluble dans l'eau, l'alcool, l'élher, les huiles fixes et volatiles, se combine avec les acides et forme des sels déliquescents, parmi lesquels l'acétate est incristallisable.

La proportion de nicotine varie considérablement dans les divers Tabacs, suivant les lieux de production. Celui qui en renferme le plus est le Tabac du Lot (7,96 p. 101) de feuilles sèches). Le Tabac de Virginie en contient 6,b7 p. 100; celui à' Alsace, 3,21 p. 100 ; celui de la Havane,^ p. 100 seulement, et celui de la Turquie, une proportion beaucoup plus minime encore.

La nicotianine (Hermbstadt), camphre de Tabac (Gmelin), est une huile volatile concrète, insoluble dans l'eau et les acides dilués, soluble dans

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