POIX DE BOURGOGNE, POIX DES VOSGES, POIX JAUNE
La confection de Poivre, connue en Angleterre sous le nom de Wavd'a Pasle, et qui est composée de Poivre noir, semence de Fenouil, miel, sucre et poudre de Réglisse, a obtenu une certaine célébrité dans le traitement des fistules, des hémorrhoïdes et des ulcérations du rectum. Elle se prend à la dose de 4 à 12 grammes deux ou trois fois par jour, pendant plusieurs mois au besoin.
V extrait é/héré de Poivre, privé de Pipérin, est demi-fluide, et se donne dans les mêmes circonstances que le fruit, à la dose de 1 à 30 grammes en plusieurs prises dans la journée.
Le Poivre noir entre dans la Thériaque d^ Andromaque , le Milhridate, le Diaphœnix et dans les Pilules arsenicales dites asiatiques.
POIX DE BOURGOGNE, POIX DES VOSGES, POIX JAUNE. Fournie par V Épicéa {Abies excelsa, Lamk.). — Conifères-Abiétinées.
Angl. : Burgiindy Pitch . — Ail. : Wassei^harz, Fichtenharz, Tannenharz.
La Poix de Bourgogne est un galipot ou résine molle fournie par le Faux Sapin ou Pesse, grand arbre de nos montagnes, et qu'on a battue avec l'eau pour la débarrasser de ses impuretés. On n'y trouve que de la résine et une petite proportion d'huile volatile. D'une odeur agréable, d'une saveur parfumée non amère, elle pourrait, comme les autres résines, être absorbée et produire des effets utiles sur la sécrétion des muqueuses ei sur d'autres fonctions, mais on la réserve en France pour l'usage externe, dans la médication révulsive ou contre -irritante. Appliquée sur la peau, elle détermine, après quelques jours de contact, de la démangeaison, une éruption pustuleuse acnéiforme ou furonculeuse (Rayer). Cette irritation n'est pas l'effet direct de l'action de la résine, mais plutôt la conséquence détournée de la rétention, sous un enduit imperméable, des liquides acides et irritants dont se compose la transpiration cutanée. Une couche de Poix de Bourgogne protège aussi la région qu'elle recouvre contre l'impression de l'air extérieur et contre le refroidissement; de plus, elle soutient et immobilise partiellement la paroi de la cavité splanchnique contre laquelle elle se trouve appliquée. Par cette triple manière d'agir, Yemplâtre de Poix de Bourgogne fort utile dans l'inflammation pleurale avec point intercostal douloureux, dans la pleurodynie et dans quelques cas analogues : bronchite, rhumatisme, etc.
Il est bon de raser les poils avant d'appliquer l'emplâtre, pour ne pas s'exposer à les arracher quand on le retire. Outre cet inconvénient, la Poix de Bourgogne a encore celui d'être odorante, et de constituer une masse lourde se détachant à demi et faisant de gros plis sous les vêtements. On lui préfère généralement, à cause de cela, le Papier dit chimique, qui est mmce, sans odeur marquée et d'une application hermétique
La Poix de Bourgogne entre dans V Onguent épispaslique, V Emplâtre de Nuremberg et diverses préparations officinales. Lavigue (de Bordeaux) ^vépjiVQ xxn Emplâtre de poix caoutchouté à l'aide duquel il obtient un 6'/;«ma/ïi/) très adhésif.
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POIX NOIRE, Pix nigra.
Angl. : Black Pilcli. — Ail. : Sckwarzer Harz, Sckuslerpech. La Poix noîVeest un produit résineux, modifié par la combustion incomplète des résidas de l'exploitation des térébenthines dans tous les pays où cette exploilalion a lieu, et cela sans distinction d'espèces botaniques. Elle se distingue de la précédente par des produits empyreumatiques, analogues à ceux du Goudron, à côté duquel elle se place pour ses propriétés physiologiques aussi bien que pour sa composition chimique.
C'est un tonique stimulant, très el'ficace pour combattre une circulation languissante, exciter les fonctions cutanées, et modérer le Ilux muqueux ou muco-purulent des bronches, des voies urinaires ou de l'intestin.
On l'emploie à l'intérieur sous forme de pilules, à la dose croissante de 50 centigrammes à 4 grammes par jour.
Bateman s'en louait beaucoup dans le traitement de l'ichthyose. A l'extérieur on s'en sert quelquefois en onctions. La calotte de Poix noire, qu'on appliquait autrefois sur la tête des teigneux et qu'on en détachait ensuiteviolemment, en arrachant une grande partie des cheveux, était un moyen barbare justement abandonné.
h'Onguent basilicum noir ou Tetrapharmacum, composé de Poix noire unie à de la cire et à de la résine, et dissoute dans l'huile d'olive, est un topique excitant qui convient contre les ulcères aloniques et certaines affections rebelles du cuir chevelu,
POIX-RÉSINE ou RÉSINE JAUNE, Resinapinea seu alba. Angl. : Yellow Rosin. — AU. : Harz, Baumharz.
La Poix-Résine résidu de la distillation des térébenthines pour l'extraction de l'essence, rendu jaunâtre et opaque par la mixtion d'une certaine quantité d'eau.
Elle est essentiellement formée de Colophone retenant encore une faible proportion d'essence. A part l'huile volatile, sa composition peut être représentée par un mélange des acides pinique, sylvique et colop ionique, avec une trace de résine indifférente. Insoluble dans l'eau, elle se dissout dans l'alcool, l'éther et les huiles volatiles. Avec les alcalis, elle forme aussi des combinaisons ou savons résineux.
La Poix-Résine participe des effets de la Colophone et un peu de ceux de l'essence de Térébenthine. Elle est inusitée à l'intérieur, et n est guère employée comme topique qu'incorporée dans des confections plus ou moins complexes qu'elle rend agglutinalives ou stimulantes, el conséquemment résolutives ou maturatives, selon les circonstances. Sa poudre sui une plaie arrête l'écoulement du sang.
La Poix- Résine est la partie active de VOnguent basilicum jnime, qui renferme aussi de la cire et de l'huile d'olive. Elle entre dans le Diachylum, V Emplâtre épi^pastique et celui d'André de la Croix, etc.
POLYGALA DE VIRGINIE, Polygala Senega, L. - Polygalagéks.
POLYGALA DE VIRGINIE. 305
Angl. : Rallie Snakerool, Seneka root, Seneka-snakeroot. — AH. : Klapperschlangemoui'zes , Senegaiourzel.
Le Sénéga habite les contrées occidentales et méridionales des États- Unis d'Amérique. Ses racines, usitées en médecine, ont été l'objet d'analyses chimiques réitérées.
Composition. — Elles renferment, d'après Quevenne : acides polygalique et virginéique, acides tannique et pectique, cérine, huile fixe, matière colorante, gomme, albumine, fibre ligneuse, sels, alumine, silice, magnésie et fer.
Vacide polygalique (C^sHisQH), sénégine de Gehlen, très vraisemblablement, est une poudre blanche, volatilisable sans décomposition, soluble dans l'eau et l'alcool, surtout avec l'aide de la chaleur, insoluble dans l'éther, l'acide acétique et les huiles. Il se combine avec les alcalis et les oxydes métalliques. C'est le principe actif du Sénéga, et, bien qu'il soit inodore et d'abord insipide, il ne tarde pas à produire une sensation d'âcreté dans la bouche et de constriction dans le gosier. 11 irrite vivement les narines et provoque les éternûments à la façon de la saponine dont il se rapproche beaucoup, car leurs produits de décomposition sont identiques. A la dose de 30 à 50 centigrammes, il cause chez un chien des vomissements, l'embarras de la respiration, et la mort en trois heures. 10 centigrammes seulement injectés dans la jugulaire font périr l'animal en moins de temps encore. L'acide polygalique réside dans la partie corticale de la racine.
Quant à Vacide virginéique, c'est un principe gras, volatil, analogue aux acides valérianique, phocénique et butyrique, d'une odeur fort pénétrante désagréable, d'un goût âcre, soluble dans l'alcool, l'éther, la potasse caustique, à peine soluble dans l'eau.
AcTiOxN PHYSIOLOGIQUE. - Le Polygala de Virginie se distingue par son âcreté, d'où dérivent la plupart de ses autres propriétés physiologiques ainsi que nous l'admettons pour l'arnica. Introduit dans la bouche et mâ' ché 11 cause une irritation prononcée de la partie postérieure de la lan-ue et du gosier, et fait couler des flots de salive. Parvenu dans l'estoma? il fait prouver une forte sensation de brûlure, des nausées et des vomiss'e-
Ces effets immédiats et topiques donnent lieu, par symnathie on nnr action réflexe, à différents symptômes éloignés: i; chai " t n" te. de a peau une sueur plus ou moins abondante, l'accroissement de" xpectoration et de la diurèse. Les vomisspmpnic j • ^'t! ' ^xpec
nn.npni H. Hn.,,„„... reproduisent, ils s'accom-
pagnent de douleurs abdominales et """r .^'^^r ' ' liquides. Avec de très fortes d ce svmotôr" ^ joint de l'anxiété et des étourd ssénrents^l V,° P^"^ ^'^«^«"t^ 5 il drastiques. Des doses mod r es .^^^^^ ^ ^"'^^ ^« ^^^^
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4 au moins à 1 action irritante qu'il exerce sur le tube
GuDLER et Laduke, 3' édition.