‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 155 sur 384 · PIVOINE OFFICINALE · texte numérisé non relu

PIVOINE OFFICINALE

présumer la présence d'une peliLe proportion d'huile essentielle et de résine.

On en prépare une émulsion, Looch vert, et un sirop moins adoucissants que les préparations analogues d'amandes douces, mais convenant mieux dans la période catarrhale de la bronchite. Elles faisaient partie de plusieurs médicaments estimés aphrodisiaques, tels que VÉlectuaire satyrion, et leur réputation n'était peut-être pas tout à fait usurpée, puisqu'elles sont légèrement balsamiques.

PIVOINE OFFICINALE, Pseonia officinaiis, Retz. — Renonculacées- Péoniacées.

Angl. : Piony. — AU. : Pfingsti'ose, Pàonïe.

Cette plante, jadis appelée divine, croît spontanément dans les bois du centre et du midi de la France.

Elle possédait, au dire des anciens, les propriétés les plus admirables pour faire cicatriser les plaies les plus meurtrières, guérir la morsure des serpents venimeux, et conjurer les attaques épileptiques, ou rétablir dans sa normale la raison dérangée. Que reste-t-il de toutes ces merveilles ? Peu de choses positives.

Composition. — L'analyse chimique de la racine fraîche, exécutée par Morin, ne désigne pas cette partie de la plante comme devant être douée d'une grande activité. Elle se composerait en majeure partie d'amidon et de ligneux, de gomme, tannin, matière azotée, sucre incristallisable, matière grasse cristalline, acides phosphorique etmalique libres et sels divers. Mais elle renferme vraisemblablement un principe volatil, car cette racme, amère, nauséeuse, presque vireuse, étant fraîche (Mérat et de Lens), perd une partie de ses propriétés par la dessiccation.

Action physiologique. — La présence d'un principe immédiat plus ou moins analogue à ceux des Renonculacées expliquerait peut-être les eflets physiologiques et thérapeutiques encore mal définis de la Pivoine, qui paraît, d'après la tradition, exercer une influence sédative sur le système nerveux, et produire aussi des effets émétiques et catharliques (Bulhard, Grew), à la manière des poisons narcotico-âcres.

Usages. — Modes d'administration et doses. — H n'est donc pas impossible que la Pivoine soit de quelque utilité dans les affections spasmodiques, convulsives et douloureuses et qu'elle puisse agir contre l'épilepsie, suivant la remarque de Galien, et calmer les quintes de coqueluche et (Hippocrate) les tranchées utérines. Mais pour s'assurer de la réahté de ce^ vertus, il faudrait, d'une part, l'administrer seule, et, d'autre part, pouvoir choisir les préparations qui conservent la substance active, ou bien s adresser directement à ce principe immédiat. On devrait renoncer à la poudre de racine, à l'extrait, au sirop et môme à l'eau distillée, et ne faire usage que de l'alcoolature ou de la racine fraîche (Murray, Mérat et de Lens) dont le suc laiteux, d'une odeur pénétrante, serait prescrit à la dose de 8 a 30 grammes. On pourrait en dire autant par rapport aux semences.

PODOPIIYLLUM. '^'.H'

La racine de Pivoine entrait dans le Sirop d'Armoise, la Poudre de Guttète, etc.

PLANTAIN, Plantago mnjor^ Plantago minor [et Planlago lanceolala, L. — Plantaginkes.

Angl. : Great Plantain, etc. — AU. : Wegerich Rippenhraut .

Ces trois espèces, communes partout dans les prés et au bord des chemins, ont joui d'une réputation probablement imméritée comme fébrifuges, fondantes, hémostatiques, etc. Elles sont inodores, d'une saveur herbacée un peu amère et astringente. Le suc des feuilles et des racines teint la salive en rouge, et les sels de fer y décèlent la présence d'une petite proportion de tannin. A ce titre, elles jouissent sans doute de faiWes effets toniques qui pourraient être utilisés, à défaut de substances plus actives, pour diminuer l'hypérémie dans les ophtalmies, les angines ou les flux muqueux, dans la leucorrhée, etc. Seulement on se demande ce que peut faire le Plantain contre la fièvre intermittente ou contre la phtisie; et pourtant ce remède est encore proposé avec confiance, comme succédané du sulfate de quinine, par le D"" Girault, qui dit l'administrer avec succès contre la fièvre intermittente sous la forme d'extrait.

On emploie le Plantain en décoction avec d'autres astringents, pour injections, gargarismes et fomentations. Veau distillée de la plante fleurie, associée ordinairement à celle de rose, constitue un collyre très fréquemment usité dans la blépharile et la conjonctivite.

PODOPIIYLLUM (Rhizome de), Podophyllum pellatum. L. — Berbérida-

CÉES-PODOPHYLLÉES.

Angl. : Podophyllum root. — Ail. : Podophyllum.

Cette petite plante, qu'on retrouve sur toute la côte orientale de l'Amérique du Nord, nous fournit sa souche et ses racines pour les usages médicaux. Son fruit pulpeux est comestible et ses feuilles, bien que pourvues d'une certaine activité, ne sont pas usitées.

Composition. — L'analyse du rhizome n'est pas encore déflnitivemenL connue, malgré d'importantes recherches. Parmi les substances intéressantes qu'elle renferme, il faut surtout .citer le Podophyllin, principe actif résineux, variant de 3,.5 à o p. 100 dans ce rhizome; la Berbérine (Mayer) un alcaloïde incolore, un acide, un principe odorant et de la Saponinè D'après Podwyssotzki, il faudrait citer dans cette composition la Podophyllotoxme, le Picropodophyllin, Vacide Podophyllique, une substance cristallisable analogue à la Quercitine, une huile verdâtre et un acide gras cristallisé.

Le Podophyllin est une substance résineuse en poudre brillante très âcre et amère, soluble dans l'alcool et l'élher, le principe véritablement actif. Podwyssotzki le décompose : 1° en Podophylloloxine, poudre amorphe mais pouvant cristaUiser, blanche, soluble dans le chloroforme, l'alcool, léther, fort peu soluble dans l'eau, et d'une toxicité telle que 5 mil-

300 PODOPHYLLUM.

ligrammes injectés sous la peau d'un chat le tuent à coup sûr; 2" en Picropodophyllin, substance lort amère, comme l'indique son nom, cristallisée puissant éméto-cathartique, tuant un chat à la dose de 3 centigr.

Propiui'tés physiologiques. — Le Podophyllum. ou plutôt son principe résineux le Podop/iyllm, seul prescrit, est doué d'efiets cathartiques, rarement éméliques, à doses thérapeutiques. Il facilite l'exonération intestinale, et ne produit une véritable purgation qu'à dose élevée. L'effet laxatif," connu dès le siècle dernier, se manifeste assez lentement, dans un temps'variable de douze à vingt heures chez l'homme. Les animaux sont plus vivement impressionnés ; on détermine facilement chez le chien des effets éméto-cathartiques. A l'autopsie on trouve des signes d'irritation gastro-intestinale et, parfois, la muqueuse du gros intestin paraît enflammée (Anstie). Il semble cependant que le lieu d'élection de l'effet irritant soit le duodénum. En tout cas le Podophyllin est sûrement un agent cholagogue (Rutherford et Vignal), à la condition qu'on n'emploie pas des doses massives.

Dans les limites d'un usage thérapeutique, rarement on constate des nausées, des vertiges, des sueurs, l'abaissement de l'appétit (Gérard Marchant) ou des troubles de la circulation.

Usages - Le Podophyllin est une ressource excellente dans la constipation habituelle. Il peut combattre ici à la fois le symptôme et la maladie qui l'engendre. On le prescrit avec succès sans que l'accoutumance se fasse trop vite, aux hémorrhoïdaires, aux sujets affectés de calculs bihaires de diarrhée chronique; aux migraineux; aux enfants à la mamelle affectés d'atonie intestinale avec météorisme habituel (^ydney-Rjnger) En Amérique il est fort en honneur, sous le nom de Mercure végétal dans les affections de l'appareil digestif justiciables du calomel. Ln général, <;ps effets sont un peu différents suivant les sujets.

comme succédané du Podophyllin, je dois citer r^.on,.u«, m lange de résines tiré de VFvomjmus atropurpureus (Célastrinées) utile aussi dans la constipation habituelle, grâce à ses excellentes vertus cholagogue (Rutherford et Vignal), et propre aux hémorrhoïdaires, à a dose de 0« 10 . OB' 30. Et l'on pourrait ajouter YJridin {Iris versicolor) \e Phytolacco, [Phytolacca decandra), le Sanguinarin [Sanguinaria canadensis), etc., etc., tous agents cholagogues très recommandables. , , . . ,

MODES D'ADMINISTRATION ET DOSES. - Le Podophylliu s'admmistre en so ulion alcoolique, sirop, pilules, poudre et parfois môme en injection .ous-

'"usolution alcoolique, excellente préparation, «"^"^ "sitée en Angleterre (0«%05 pour 5 grammes d'alcool), se donne à do- q» gouttes pour les jeunes enfants, delà2 grammes aux «^" .tes-En ^ à cette solution du sirop de gomme (93 grammes), on obtient un médica mPTit laxatif à la dose d'une cuillerée t\ soupe.

Dans le pi "les. on associe parfois la poudre (0,02 à 0,08 cenl.granimes) à rex"rait d'e Belladone, à la Jusquiame (Delpech), au Gingembre (C. Panl).

POIVRE NOIH.

POIVRE A QUEUE. — Voy. Cubèbe.

POIVRE DE GUINÉE. — Voy. Piment des jardins.

POIVRE DE LA JAMAÏQUE. — Voy. PlMENT DE LA JAMAÏQUE.

POIVRE NOIR, Piper nigrum, L. — Pipéracées. Angl. : Black Pepper. — AU : Schwartzer Pfeffev.

Le Piper nigrum est cultivé dans l'Inde et les îles adjacentes, ainsi qu'en Amérique.

Composition. — Les fruits du Poivre noir, analysés par Pelletier, ont donné : résine molle, âcre, huile volatile, pipérin, exlractif azoté, gomme, bassorine, amidon, acides malique et tartrique, potasse, sels de chaux et de magnésie, fibre ligneuse.

Le Poivre blanc, qui n'est autre que le Poivre noir décortiqué, n'a perdu aucun de ces principes immédiats, car Poutet y a retrouvé le Pipérin.

La résine de Poivre, soluble dans l'alcool et l'éther, moins dans les huiles volatiles, possède au plus haut degré les qualités âcres du fruit lui-même. Elle a été employée contre la fièvre intermittente plusieurs fois avec succès par Lucas.

Vhuile volatile (G'<'H^) reproduit également le goût et l'odeur du Poivre. On en a fait usage dans quelques formes de dyspepsie liées à la débilité générale. Selon Méli, elle jouit des mêmes vertus fébrifuges que le Pipérin, peut-être parce qu'elle retient une partie de ce principe (Pereira).

Le Pipérinou Pipérme, C^H^^AzO^, isomère delà Morphine, et alcaloïde véritable, découvert par QErsted, est cristallisé, insoluble dans l'eau froide, légèrement soluble dans l'eau chaude, assez soluble dans l'éther. L'alcool est son meilleur dissolvant. On peut le dédoubler en acide Pipérique et en Pipéridine, alcaloïde liquide pouvant former des sels cristallisables. 11 est insipide et inodore, ce qui ne l'a pas empêché d'être recommandé par plusieurs médecins comme antipériodique. Il passe même pour être d'un efl'et plus certain et plus prompt que le sulfate de Quinine, en même temps qu'il est moins cher. La dose est de 30 à 60 centigrammes en poudre ou en pilules. Plus de 3 grammes pris en vingt-quatre heures (Saint-André) n'ont été suivis d'aucun inconvénient. Magendie a proposé d'administrer le Pipérin dans la blennorrhagie.

Action physiologique. — L'âcreté excessive du Poivre sur la langue se traduit, sur le tégument externe, par une vive irritation avec rougeur et vésication. Avalé en petite quantité, il donne une sensation de chaleur épigastrique, stimule l'estomac, active la digestion et excite la circulation. A forte dose, il irrite la muqueuse, occasionne une chaleur brûlante dans le ventricule, la soif, l'accélération du pouls, et, si l'ingestion se répète, une véritable gastrite (WendL, Lange, Jàger).

L'action générale du Poivre est stimulante et se manifeste par l'accélération du pouls, la chaleur et la sueur. Cette fièvre, au dire de Van Swie-

302 POIVRE NOIK.

ten, peut devenir ardente et dangereuse. Elle s'accompagne d'ardeurs d'urine, probablement d'albuminurie et d'hématurie, et parfois d'inflammation des voies urinaires et des testicules.

Les principes actifs du Poivre agissent sur les muqueuses à peu près comme les autres balsamiques, et diminuent considérablement l'activité du mouvement de formation du mucus et des cellules épithéliales. En traversant les glandes sudoripares, ils déterminent, comme ceux du Copahu, etc., des irritations fugaces, notamment YUrticaria evanida.

Usages. — Le Poivre noir est un des condiments préférés en Europe à cause de son arôme et de son action digestive. Il est efficace dans la dyspepsie atonique ou torpide, et indiqué principalement pour faire digérer les aliments douceâtres, aqueux, froids à l'estomac. Il ne convient pas, au contraire, chez les sujets échauffés, affectés de pyrosis, dont la muqueuse gastrique est irritable ou enflammée.

Le Poivre noir est un stimulant diffusible, aphrodisiaque, alexitère, carrainatif, diurétique, anticatarrhal . Il est vermifuge, et rend des services dans les migraines. Mais, à part l'emploi comme stomachique, le Poivre n'a que deux usages populaires : l'un dans la blennorrhagie, l'autre dans la fièvre intermittente. Depuis Celse, un trop grand nombre d'observateurs autorisés ont vu guérir des fièvres intermittentes par le Poivre noir, pour qu'un doute puisse s'élever sur les vertus anlipériodiques de cet agent.

A l'extérieur, le Poivre s'emploie comme irritant, pour favoriser la résolution des engorgements indolents; comme resserrant ou tonique, dans l'infiltration, l'allongement et le prolapsus de la luette, dans la paralysie de la langue, dans l'état fongueux et mollasse des gencives, l'hypérémie avec tuméfaction de la muqueuse bucco-pharyngienne. On l'applique sur la teigne ; on en saupoudre la tête pour tuer les poux.

En outre, le Poivre est rubéfiant, épispastique, et peut devenir un moyen de révulsion énergique à la portée de tout le monde.

Le Poivre long, Chavica of/îcinarum, a la même action et peut être considéré comme un véritable succédané du Poivre noir; mais il est plus âcre.

Modes d'administration et doses. — On mâche le Poivre en grains pour provoquer la salivation. En poudre, le Poivre noir se mêle aux aliments; on l'applique sur les surfaces muqueuses à tonifier, ou bien encore comme cataplasme pour remplacer un sinapisme.

A l'intérieur, on le prend comme médicament en poudre ou en pilules, à la dose de 30 centigrammes à 3 grammes. La poudre se délaye dans du vin blanc ou de l'eau-de-vie.

Dissous, à l'aide de l'alcool ou de corps gras, les principes actifs du Poivre donnent des lintments excitants ou rubéfiants, employés contre le rhumatisme et la paralysie. La teinture alcoolique se prépare avec l partie de Poivre daus 8 parties du dissolvant, et la pommade rubéfiante avec 1 partie de substance active pour 4 parties d'axonge. Celle-ci est parfois usitée contre les teignes et les affections cutanées.

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