RICIN
Elle communique même aux autres corps gras la faculté de se dissoudre dans ce liquide.
On distingue plusieurs sortes d'huile de Ricin suivant les provenances et les procédés d'extraction ; la meilleure est préparée par expression à froid et ne contient que peu ou point de matière âcre. Celle que les Chinois mangent en salade provient, dit-on, d'une variété particulière du Ricinus comniiinis.
L'Huile de Ricin, avalée à la dose de 15 à 20 grammes par exemple, laisse dans la bouche un goût nauséeux, qui la fait quelquefois rejeter par le vomissement, et produit assez rapidement des tranchées et des selles diarrhéiques dans lesquelles on reconnaît aisément le corps gras sous forme de gouttelettes ou d'une sorte d'émulsion. Quand celui-ci s'est présenté (Brandes) sous forme de nodules indurés, il est probable jue le sujet avait pris auparavant de la magnésie, avec laquelle l'Huile de Ricin avait pu se combiner.
C'est un purgatif modéré et très sûr, exempt de toute action irritante sur le canal digestif, et dont les effets sont dus, soit à une influence spéciale, inexpliquée jusqu'ici, sur la muqueuse, soit à une sorte d'indigestion suivie de selles lientériques, puisque la matière indigérée se retrouve dans les déjections.
L'usage de l'Huile de Ricin ressort nettement des qualités que nous venons de lui reconnaître. C'est un purgatif excellent, particuUèrement recommandable dans les cas d'irritation des organes abdominaux. On e prescrit journellement aux sujets constipés, aux hémorrhoïdaires, dans la rétention des matières stercorales, contre les helminthes, dans l'empoisonnement (exceptons celui par le phosphore), chez les femmes grosses, les sujets atteints de maladies des voies urinaires, etc. H n'a d'autre inconvénient que son goût nauséeux, qui le rend un objet de répulsion pour la plupart des malades. Toutefois on parvient masquer ce gout déplaisant en ajoutant à l'Huile soit du jus de citron ou du jus d'orange, soit du bouillon de bœuf dégraissé et très chaud, ou bien de l'infusion de thé ou de Café torréfié. A. l'aide de ce dernier correctif, on parvient à le Faire prendre sans peine aux jeunes enfants ainsi qu'aux personnes les plus susceptibles. Celles-ci môme peuvent encore recourir aux capsu es d /unie de ricin, qu'on prépare aujourd'hui tantôt avec le pain azyme (Limousin) mais extemporanément, tantôt avec une gélatine molle et très souple; elles contiennent jusqu'à 5 grammes de cette huile, sans quelles soient oour cela difficiles ;\ prendre. . .
Outre son emploi dans la médication évacuante, l'Huile de Ricin sert encore à modifier le Collodion, auquel elle communique une remarquable élasticité et qu'elle empêche de se rompre par le déplacement des parties qui en sont recouvertes. Cela constitue le Collodion élastique, formé d une „..i.iip d'Huile nour trois de Collodion normal.
rime ôurgalir, l'Huile de aicin s'administre * la dose de 10 ,1 30 grammes crmaJmum représenUil anciennement la dose habituelle, ma,s on
RIZ. 3« s'est aperçu que la moitié ou môme le tiers de cette quantité suffisait ordinairement ;\ produire des effets purgatifs, et la dose de 30 grammes est aujourd'hui la plus généralement usitée. Elle peut être abaissée à 20 grammes en conservant toute son activité, et chez des sujets soumis à la diète, 15 et môme 10 grammes sont suffisants.
Nous avons indiqué ci-dessus le café noir comme correctif; on peut encore masquer le goût de l'huile par une liqueur alcoolique quelconque ou par une infusion aromatique de menthe, de girofle, etc.
L'Huile de Ricin est aussi quelquefois donnée en émulsion à l'aide d'un jaune d'oeuf ou d'un mucilage de gomme adraganthe; mais son action purgative est ainsi plutôt atténuée. Enfin, on a imaginé de la prendre dans une cuiller d'étain fermée par un couvercle, et dont le manche creux permet à la pression atmosphérique d'agir sur le liquide pour en faciliter la chute dans l'intérieur du gosier. Le même procédé est employé pour l'Huile de foie de Morue.
On a publié plusieurs formules de Potions à l'huile de Ricin, différant par le mode d'émulsionnement et par l'espèce et le nombre des correctifs : alcoolat de citron, sirop tartrique, suc d'orange, infusion aromatique de fenouil, essence de menthe, essence d'amande amère, etc.
Parola a proposé l'emploi de la Teinture alcoolique et de la Teinture éthérée de Ricin, lesquelles seraient quatre fois plus actives que l'Huile, sans être plus irritantes. Mialhe a préconisé l'émulsion de semences dépouillées deleur coque, aux doses de 20 à 30 centigrammes seulement, comme le purgatif le plus agréable au goût de tous ceux que nous prescrivons, ce qui a été vérifié par Cazin.
A l'extérieur, l'Huile de Ricin n'est guère employée qu'associée à d'autres substances : dans des linimenls irritants, dans des pommades contre l'alopécie, etc.
RIZ, Ortjza saliva, L. — Graminées.
Angl. : Rice. — Ail. : Reiss.
Le Riz, originaire de l'Asie, est cultivé dans un grand nombre de contrées humides des régions chaudes ou tempérées du globe.
Composition. — Les semences du Riz, analysées par Braconnot, ont donné : amidon, ligneux, matière glutineuse, huile incolore, sucre incristallisable, gomme, acide acétique, phosphate dépotasse et de chaux, chlorure de potassium et sels à acides végétaux de chaux et de potasse.
Le Riz se distingue des autres céréales par la minime proportion de ses matières grasses et protéiques : 8 0/0. Ce n'est pour ainsi dire que de la fécule pAire. Il en contient, en effet, plus de 88 0/0 (Payen).
Action physiologique. - Aussi le Riz est-il un aliment moins complet que le blé ou le seigle, et ne devient-il suffisamment réparateur qu'à la condition d'être associé à du lait ou à d'autres substances azotées. Mais il ne pèche que par défaut, et c'est à tort qu'on l'a accusé de produire des désordres du côté de la vision. Tout au plus occasionnerait-il un affaiblissement de la