‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 169 sur 384 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

cool à chaud, solnble dans les alcalis. Elle n'a pas élé étudiée au point de vue de ses propriétés pharmacodynamiques.

Action physiologique. — L'odeur de la Rile est forte et désagréable, son goût amer et nauséeux. Localement, la Riie agit à la manière d'un irritant âcre, produisant la rougeur, le gonflement de la peau et à la longue la vésication.

Les effets généraux sont ceux des stimulants et des narcotico-âcres tout ensemble. Dans trois cas d'empoisonnement, publiés par Hélie, les sujets ressentirent les effets suivants : inflammation et gonflement de la langue, salivation, douleur épigastrique, vomissements continuels, coliques, fièvre, soif, démarche chancelante, mouvements convulsifs, étourdissement, vue confuse, contraction pupillaire, rêvasserie, somnolence, et après quelques jours avortement. Pendant la stupeur, le pouls était faible, très petit et d'une extrême lenteur, puisque dans un cas il ne battait que trente fois par minute. 11 y avait une profonde débilité, des défaillances, du refroidissement de la peau.

Les expériences d'Orfila sur les chiens confirment ces vertus énergiques de la Riie. La mort de l'un d'eux a suivi l'introduction dans l'estomac de 200 grammes de suc de la plante, et la muqueuse gastrique fut trouvée enflammée.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les huiles essentielles sont en partie synergiques de la Riie, par leurs qualités stimulantes. Sous d'autres rapports la Rue trouve des analogues dans la Sabine et l'Ergot. Beau pense même qu'elle leur est supérieure dans son action convulsivante sur l'utérus, et qu'en tout cas elle réussit à influencer cet organe quand les autres agents de stimulation ont échoué.

Substances antagonistes, incompatibles. — L'Opium et la Belladone, en qualité de narcotiques, sont probablement antagonistes de la Riie.

Usages. — Malgré sa puissante activité, ou plutôt à cause de cette activité même et des vertus spéciales qu'on lui connaît, les usages de la Rue sont fort restreints. Elle pourrait entrer en hgne avec les meilleurs stimulants diffusibles, mais on la réserve pour les cas de dysménorrhée ou de suppression des règles contre lesquels elle jouit d'une réputation populaire, et souvent elle devient entre les mains des matrones et des médicastres un instrument d'avortement illicite.

Cependant Beau en fait un succédané du seigle ergoté qu'il recommande spécialement, associé à la Sabine, pour expulser de l'utérus les débris d'un avortement, et un modérateur des pertes sanguines menstruelles chez les anémiques.

Ses qualités stimulantes sont quelquefois utilisées dans les coliques flatulentes, particulièrement chez les enfants. On l'a employée aussi avec avantage dans les convulsions infantiles, l'hystérie et l'épilepsie. On l'a prescrite comme anlhelminthique et on l'a mangée comme condiment. Enfin, elle a été regardée, sans preuve à l'appui, comme un alexitère d'une puissance souveraine.

SABINE. 349 Topiquemenl, la Me est un antiseptique, un rubéfiant employé pour déterger les plaies de mauvaise nature, combattre les stomatites ulcéreuses, les angines, stimuler et résoudre les engorgements froids et les contusions.

Modes d'administration et doses. — En raison de la volatilisation de son principe actif, \a poudre de feuilles de Riie est une préparation défectueuse qu'on employait autrefois pour déterger les ulcères de mauvaise nature. Beau, ai-je dit, conseillait des pilules de Riie et de Sabine, contenant chacune S centigrammes de poudre de l'une et de l'autre substance. On emploie la Riie en infusion, à la dose de 2 grammes dans 300 grammes d'eau quand il s'agit de l'usage interne. La dose est de S grammes dans la même quantité d'eau pour un lavement excitant.

On fait aussi un sirop, des extraits et une confection de Riie, dans laquelle entrent un grand nombre de stimulants, ainsi qu'un onguent ou pommade, dans laquelle la Riie se trouve associée à l'absinthe et à la menthe. . L'extrait alcoolique et l'extrait aqueux par infusion, qui me paraissent les meilleurs, se prescrivent aux doses de O^^SO à 2 grammes.

L'huile volatile de Riie, très active, se prend à la dose de 2 à 6 gouttes dans de l'eau sucrée.

SABINE, Juniperus Sabina, L. — Conifères.

Angl. : Common Savin. — Ail. : Sadebaum, Sevenkraut.

Le Juniperus Sabina habite les contrées méridionales de la France et de l'Europe, surtout en Italie, au pays des Sabins.

Composition. — Les analyses de Berlisky et de Gardes montrent dans la Sabineles, principes suivants : huile volatile, résine, acide gallique, chlorophylle, extractif, ligneux et sels calcaires.

h'huik volatile, C^^R» (Dumas), présente exaltée l'odeur désagréable de la plante avec un goût âcre et amer. Elle se dissout très bien dans l'éther, dévie à droite la lumière polarisée, et, traitée par l'acide sulfurique, donne une essence impossible à distinguer de celle du thym.

Action pnYSiOLOGiQUE. — Appliquée sur des parties vasculaires et mal protégées par l'épithélium, sur les muqueuses saines et même sur la peau, la poudre de Sabine provoque une irritation vive, une inflammation véritable, la vésication et jusqu'à l'ulcération. Quand son huile volatile imprègne les tissus, elle y suspend les échanges de substances qui sont l'essence de la nutrition et supprime les actes vitaux sans détruire la trame organique. C'est un mortifiant et non un caustique chimique.

A l'intérieur, elle fait sentir ses qualités irritantes sur la muqueuse digestive. De fortes doses occasionnent des douleurs épigastriques, des vomissements, des déjections alvines et tous les signes d'une violente phlegmasie gas-tro-intestinale avec les troubles sympathiques que cette lésion appelle

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