SÉNÉ
simultanément une sorte de glncoside, soluble dans l'alcool dilué, insoluble dans l'eau, l'alcool absolu et l'étber, et dont ils ont fait Vacide calhartique, parce qu'il se dissout dans une eau alcalinisée. Ce principe, qui aurait pour formule GisoRif^Az^SOsa, existerait dans la plante h l'état de Cathartates de chaux et de magnésie, dans la proportion de Q^'jTâ pour -133 grammes de Séné.
De toutes les combinaisons désignées ci-dessus, il n'en est guère que trois qui soient actives, savoir: l'huile volatile, l'acide chrysophanique et la cathartine ou l'acide catbartique et ses combinaisons salines. L'acide chrysophanique ne purgerait qu'à la dose de 1 gramme (E. Bourgoing et BouchuL), tandis que l'acide catbartique, de même que la cathartine, produirait une action purgative à la dose de 15, 20 ou 30 centigrammes, et des effets drastiques avec des tranchées si la dose était doublée. Il en serait à peu près de même avec les cathartates alcalins (Th. Groves, Epoven, etc.).
Action physiologique. — Le Séné est un purgatif énergique et constant, qui se distingue de tous les autres par la prédominance de son action sur les fibres contractiles de l'intestin.
Ingéré dans l'estomac, il produit habituellement des nausées, des coliques et des tranchées, accompagnées de borborygmes ; puis des selles plus ou moins répétées, féculentes et non séreuses, ainsi que le remarquent justement Trousseau et Pidoux, qui insistent aussi avec raison sur l'intensité des coliques et des contractions péristaltiques. Lorsque la dose est forte, cette action hypercinétique ou convulsivante se propage aux fibres musculaires des autres organes abdominaux, notamment de l'utérus et de la vessie, donnant lieu parfois chez les femmes grosses à des décollements placentaires, à des hémorrhagies utérines et des avortements, ou bien à des accouchements prématurés. Le Séné provoque aussi par le même mécanisme des flux hémorrhoïdaux et l'éruption menstruelle, si le sang était accumulé dans la cavité utérine. Du côté de la circulation, il produit promptement de la dépression, et ensuite de l'excitation se traduisant par l'état du pouls, dabord faible et ralenti, puis fort et plus fréquent, ainsi que par le refroidissement périphérique primitif, suivi d'une élévation consécutive de température. Ces deux périodes correspondent aux deux phases successives de symptômes exclusivement abdominaux d'une part, et secondairement, de réaction générale.
Chez les nourrices, le principe purgatif du Séné passe dans le lait, qui devient purgatif. ' ^
D'autres principes s'éliminent par les reins, mais c'est tout ce que nous savons sur les voies d'élimination de ce médicament.
Les diverses espèces de Sénés np nncciri^v^f inten.if^ H'n.iînn A. possèdent pas exactement la même
iniensiié d action. Au premier rane se hItpa lo ^rr • ^ Tps f.^ll;^„1 ^ • . ° P officinal ou d Egvpte.
^ineu i e^^^^^^ ""T '''''' 'ï"^ - qui a'c'croît
nana mymfoha), qui s'y trouvent quelquefois mêlées par fraude, et leur
communiquent des propriétés toxiques redoutables (Guibourt, Dublanc.
^^nn.nt aux feuilles d'Arguel [Cynanchum Arguel) ajoutées parfois en ÉgypC elles diminueraient plutôt l'action du Séné; elles sont en tout cas
SuBsî^^^^^^^ SYNERGIQUES, AUXILIAIRES. - Los purgatifs en général sont plus ou moins synergiques du Séné, qui, en qualité d'hypercméUque ou con- ^ulsTvant, "se trouve avoir des analogies étroites avec le dompte-venm rarc^uel (}) le Colutea arborescens ou faux Séné, dont les vertus cathartiques i^nnenl ktre signalées à nouveau par Campardon, qu. a te^U de ^^^^^^^^^^^^ liter ce purgatif indigène employé quelquefois pour falsifier le vrai Séné le :;doul i: globulafre turbith. d'après Plancbon, la coque Levant 1 noix vomique, etc., même avec les astringents, y compris le café. Les cor ?e tifs qu'on lui donne habituellement sont le thé, le chocolat, le café a rlaire aquatique, dontj'ai parlé plus haut, et comme pour es aut^^^^^ purgatifs, les substances aromatiques. Seulement i y a h u de se demande si cette combinaison d'agents est toujours bien rationnelle, et si p^^^^^^^^ que d'amoindrir les effets du Séné par l'action con raire des pvpmnlp il ne vaudrait pas mieux diminuer la dose de la substance purga Te si; p"éludTce d'une petite quantité d'un eorrectit s'adressant à ses qualités olfactives et gustalives. • ^ i^, narrotiaues et
SUBSTANCES ANTAGONISTES, INCOMPATIBLES L Opium,
- L-::;;rc»vu,sivante du Sén^ sur la tuui,„e — e de fint^sto en fait un agent précieux de ,a »f Te de constipation invincible, d'engouement slereoral ou 1^»™^''^; lus, d'Uéus, et généralement de ce qu'on f "''J^ls rtes son naisinleslinales. Pour triompher de ces obstacles, ^°^»^ f ' ^ Zbsl^^ces pensables, et de plus elles doivent avoir P°"^^;"f f '"^^^i^eniaire une qui, telles que les sels neutres, font pleuvoir dans le canal al.meni nlus arande abondance de mucus et de sérosité. . ,, „ msilleurs
A dose faible, le Séné, associé à différents laxatifs, est 1 un des mç.lleu' moyens d'assu^r la liberté du ventre cbez ^^^^^^^^^^^ conslipation habituelle de nature ^^^le important
lence, vidant l'inlestin sans donner lieu au moindre irouu Quand il est de bonne qualité. „,.l„rf son soûl
' lussi ce purgatif était-il 'f »f .i;: f/euTt^^^
détestable et nauséabond, arts c^^^^^^^^^^ n>°^l'id«-
'°':,''";TeVé:é\" 3em n ctnr^nSiqu'rdans les cas d'inHam- X\ d can a » :uireet du péritoine, cbez les hémorrboidaires.
SENEÇON. 3'79 chez les femmes grosses ou sujettes aux ménorrhagies, ou affectées de prolapsus utérin ou rectal. L'action stimulante qu'il exerce sur la circulalion le rend aussi moins opportun que les purgations salines ou l'huile de ricin dans les maladies aiguës féhriles.
Modes d'administration et doses. — On ne donne presque jamais 4 à 8 grammes de poudre de feuilles de Séné comme purgatif; mais quelquefois Vinfusion de 15 grammes de Séné palte dans 200 grammes d'eau, à prendre en une seule fois. L'eau simple peut être remplacée par de la décoction de pruneaux, qui masque bien le Séné pour les enfants et les personnes délicates. Pour les premiers, on ne ferait plus prendre la dose ci-dessus que par fractions.
On a conseillé, chez les jeunes sujets ou les personnes affaiblies, de substituer aux feuilles de Séné les follicules, qui passent pour agir doucement et ne provoquent pas de coliques.
Ou bien on épuise préalablement les feuilles de Séné par l'alcool pour faciliter la tolérance de ce médicament.
V extrait de Séné est inusité, et la teinture est rarement prescrite.
La Médecine noire, ou Potion purgative, est un apozème composé de Séné, de rhubarbe, de manne et de sulfate de soude, que nos palais repoussent et qui n'est presque jamais conseillé.
La Tisane royale se compose de Séné, sulfate de soude, cerfeuil et pimprenelle ââ, 15 grammes; coriandre, 4 grammes; eau tiède, 1 litre; et citron en tranches, nM. A prendre dans la matinée en plusieurs fois.
Le Thé de Saint-Germain est un purgatif doux, dont voici une recette donnée par Bouchardat, d'après Pierlot : Feuilles de Séné préparées à l'alcool, 123 grammes; fleurs de sureau, 60 grammes ; semences d'anis et de fenouil, ââ 25 grammes ; crème de tartre, 20 grammes. Le Thé de Smyrne, d'Étienne, est une préparation analogue. Les follicules de Séné servent aux mêmes usages que les feuilles, mais à doses plus fortes. La Gathartine ni les Gathartates alcalins ne se sont encore introduits dans la pratique, mais un pharmacien de Paris a réalisé un progrès sensible en fabriquant des capsules purgatives (Laroze) chargées des principes actifs du Séné, sous une forme tellement condensée, que quatre ou cinq de ces capsules suffisent pour déterminer une purgation complète. La préparation nouvelle de Grillon a aussi pour base le Séné associé au tamarin (Voy. Tamarinier).
Très fréquemment on prescrit le lavement de Séné. La formule du Codex est la suivante: feuilles de Séné, sulfate de soude, ââ 15 grammes; eau, 500 grammes.
Ce médicament entrait autrefois dans une foule de formules d'électuaires purgatifs : psyllium, diaphœnix, catholicon double, hamech, lénitif. Ge dernier seul est resté inscrit au Codex.
SENEÇON, Senecio vulgaris, L. - Composées ou Synantiiéri>es-Si^nécio-
NIDÉES.
Angl. : Groundsel. - Ail. : Gemeine Kreuzkraut.
380 SIMAROUBA..
Celte plante, une de celles qui pullulent davantage dans nos climats, n'a qu'une saveur fade, herbacée, et passe non seulement pour fondante et résolutive (Boerhaave), mais pour antispasmodique (Finazzi), anthelminthique (Ray, Tournefort), enfin pour émétique et purgative, aux yeux d'un grand nombre de vieux praticiens. Rien de tout cela n'est démontré, ni même vraisemblable, et l'on a bien fait de renoncer au suc, à la décoction et aux cataplasmes de Séneçon vulgaire.
SERPENTAIRE DE VIRGINIE. — Voy. AniSTOLOcnE serpentaire.
SERPOLET, Thymus Serpillum, L. — Labiées.
Angl. : Molher of Thyme, Lemon Thyme. — k\\. : Quendel Citronenkraut.
Le Serpolet, connu de tout le monde, couvre les terrains secs et en plein soleil de véritables tapis embaumés. Son odeur, toujours agréable, ressemble dans une variété à celle du citron.
Composition. — Herberger a trouvé dans les fleurs du Serpolet: huile volatile, matière grasse, chlorophylle, tannin précipitant en vert les sels ferriques, carbonates et sulfates de potasse et de chaux, etc. Vhuile volatile, très fragrante et caustique, dépose du camphre. Elle est donc composée d'un stéaroptène dissous dans un éléoptène commun à la plupart des essences de la famille.
Action physiologique et usages. — De même que les autres Labiées aromatiques, le Serpolet jouit de propriétés stimulantes, antispasmodiques, carminatives , anticatarrhales , céphaliques , diurétiques, emménagogues, etc.
On s'en sert en infusion théiforme dans certaines dyspepsies, dans l'hypochoiidrie, la mélancolie, dans les catarrhes chroniques des bronches, et surtout contre la coqueluche (Capuron), les métrorrhagies même ou l'hémoptysie; dans l'aménorrhée, l'anasarque et les états de débilité. Cette même infusion dissipe l'ivresse alcoolique (Linné). On en prépare des bains toniques et fortifiants, des fomentations stimulantes et résolutives. L'infusion se prépare avec 4 à 8 grammes de sommités fleuries dans 500 grammes d'eau bouillante.
Vhuile essentielle entre quelquefois dans les potions cordiales ; on en met une ou deux goutles dans les dents cariées.
Enfin on a fait priser la poudre avec succès aux sujets afl"ectés d'épistaxis.
SIMAROUBA, Simaruba amara, Aubl., Simaruba officinalis, DC. ; Qiiassia Simaruba, L. fils. — Rutacées-Quassiées.
Angl.: Bitter Simaruba or mounlain Damson. — AU.: Simarubarinde,
Ruhrrinde. . .
C'est un arbre de Cayenne qui croît aussi aux Antilles, à la Louisiane et à la Caroline, et dont l'écorce de la racine appartient à la matière médicale.
SPIGÉLIE ANTHELMINTHIQIIE. 381
Composition. — Morin y a constaté les principes suivants : quassine, résine fragile, huile volatile, aromatique, ayant l'odeur de benjoin, fibre ligneuse, alumine, sel ammoniacal, acide malique et traces d'acide gallique, malate et oxalate de chaux, oxyde de fer et silice. Pfalf y ajoute du mucilage constituant un quart du poids de l'écorce.
Action puysiologique. — Le Simarouba possède une amertume intense, semblable à celle du quassi, et exempte d'astringence marquée, mais sensiblement aromatique. A dose faible, il n'agit pas autrement que les amers francs ; en plus grande quantité, il purge et fait vomir, provoque la transpiration et la sécrétion urinaire.
Les nègres en sont moins affectés que les blancs (Wright).
Usages. — Desbois de Rochefort le classe parmi les émétiques, etBichat propose de le substituer à l'ipécacuan'ha. Toutefois on ne s'en sert qu'à titre d'amer et de tonique dans l'anorexie, la dyspepsie et les fièvres intermittentes. Le Simarouba a été principalement recommandé dans les conditions asthéniques et la forme chronique de la dysenterie, seul ou uni à l'opium (Ant. de Jussieu, Wright, O'Brien, etc.). On l'a aussi administré dans les fièvres continues graves, les scrofules, l'hydropisie, la chlorose, la diarrhée chronique et la tympanite intestinale (Degner, Pringle, Tissot, Werlhof, etc.). Sa propriété émélique le rendrait peut-être utile, même dans les premières périodes de la dysenterie (Mérat et de Lens). Il passe d'ailleurs pour jouir d'une action positivement remarquable dans cette maladie, d'où son nom allemand d'écorce antidysentérique (Ruhrrinde).
Modes d'administration et doses. — Le Simarouba se donne en poudre à la dose de 60 cenligfammes à 2 grammes. On en prend 8 grammes en infusion dans 500 grammes d'eau et autant en décoction. Uexlrait se prescrivait à la dose de 20 à 2o centigrammes; il est inusité, tandis que le vin et le sirop sont encore quelquefois prescrits.
SPIC. — Voy. Lavande commune.
SPIGÉLIE ANTIIELMINTHIQUE, Spigelia Ant/ielmia, L. — LoganiaCées.
Angl. : Demerara Pink-root. — Ail. : Wurmwidrige Spigelie.
La Spigélie anlhelininlhique est une plante annuelle originaire de l'Amérique du Sud et des îles voisines (Brésil, Gayenne, Antilles).
CoMFOsrrioN. — Cette plante a été analysée par Ricord-Madianna, qui y a trouvé :
l-'Dans \s. racine: graisse solide, cire, résine molle appelée Spigéline, résine, extractif brun non toxique, gomme, ligneux, albumine et" acide gallique.
2° Dans les pétioles et les feuilles : huile volatile, graisse, cire, chlorophylle, matière gommeuse noirâtre, fibre ligneuse et acide gallique
La Spigéline, substance non azotée, est le principe éminemment actif de la plante. Elle est amère, nauséeuse, purgative et cause une sorle d'ivresse. A la dose de 7 à 8 centigrammes seulement, elle fait périr un chien ou un chat en vingt minutes.