SQUINE
Action physiologique. — La Spigélie est tellemenl toxique, qu'elle a reçu en France le nom de RrinvilUers, en souvenir, dit-on, de la lameuse marquise de Brinvilliers, de sinistre mémoire. Fraîche, son odeur est vireuse, fétide, et peut occasionner une sorte de narcotisme ; sa saveur est amère, nauséeuse et très persistante. Ingérée dans l'estomac, elle cause des vomissements, des éblouissements, du vertige, de la stupeur, de la dilatation pupillaire, des soubresauts de tendons, de la dyspnée, etc. (Coxe). Le docteur Browne dit qu'elle procure le sommeil aussi certainement que l'opium. Deux cuillerées de son suc données à un chien l'ont tué en deux heures. Des faisans auxquels on avait fait avaler des graines de cette plante firent mourir plusieurs personnes qui en mangèrent à Philadelphie. La Spigélie est toxique pour les vers intestinaux comme pour les animaux supérieurs.
Malgré l'insuffisance de ces renseignements sur l'action physiologique de la Spigélie anthelminlhique, si l'on tient compte de la famille à laquelle elle appartient et des effets mieux connus de sa congénère, la Spigélie du Maryland, on admettra l'espèce du Codex au nombre des poisons convulsivants. La Spigélie du Maryland {Spigelia Marylandica, angl. Carolina Pink, perennial worm Grass), dont la composition est analogue à celle de la précédente, donne lieu, en effet, au vertige, à la diminution de la vision, à la dilatation pupillaire, à des spasmes des muscles faciaux, et quelquefois à des convulsions générales. Elle est également vermicide.
Usages. — Les deux Spigélies ne sont employées que comme anthelmmthiques, spécialement contre les vers lombricoïdes : en poudre, ou à la dose de 50 centigrammes à i gramme, pour un enfant de trois à quatre ans ; k celle de 2 à 4 grammes, pour un adulte {Spigelia Marylandica), ou de 30 à 60 centigrammes et de 1 à 2 grammes (Spigelia Anihelmia). Celle-ci se donne aussi en sirop et en décoction, à la dose de 8 grammes dans 500 grammes d'eau, dont on prend 60 à 120 grammes par jour. Cette dose peut être remplacée par deux ou trois feuilles fraîches.
On assure l'effet en administrant ensuite de l'huile de Ricin.
Les médecins américains, dont c'est le remède favori pour chasser les vers, associent souvent les deux extraits fluides de Spigéhe et de séné, ou bien composent une tisane dans laquelle entre la Spigélie, le séné, les semences de fenouil et la manne.
SPILANTIIE. Voy. Cresson de Para.
SQUINE, Smilax China, L. — Asparaginées.
Angl. : China-root. — AU. : Chinaiourzel. . Le Smilax China, arbuste grimpant, armé d'aiguillons, habite la cmne, le Janon et la Cochinchine.
COMPOSITION. - Sa racine, analysée par Reinsch, a donné es résulta s suivants • cire, résine balsamique, smilacine, sucre, matière colorante résineuse, matière colorante gommeuse rouge, acide tannique, amidon, gluten.
STAPIIISAIGRE. 383 ligneux et sels. Hanbury et Fliickiger ont vainement cherché la smilacine dans cette souche, mais on y trouve communément des cristaux d oxalate de chaux.
Action pnYsiOLOGiQUE et usages. - Les effets physiologiques de a Squine sont peu apparents, cependant on la croit diaphorétique, et elle le devient manifestement lorsqu'elle est prise en boisson. Son goût fade, légèrement amer à la fin, ne décèle d'ailleurs aucune propriété énergique.
On emploie la Squine, comme dépurative, dans les mêmes circonstances que la Salsepareille, à savoir : dans le rhumatisme, la goutte, les dartres invétérées, et surtout dans la syphilis constitutionnelle. Rarement elle est administrée seule; presque toujours on l'associe à la Salsepareille, au gayac et au sassafras, qui constituent avec elle les Quatre bois sudorifîques, en sorte qu'il est aussi difficile de savoir ce qu'elle vaut isolément comme sudorifique et dépurative que de se convaincre des vertus antisyphilitiques du mélange auquel on joint à peu près toujours des préparations mercurielles ou iodurées. Prosper Alpin dit que la Squine augmente l'embonpoint. Le fait est que la racine du Smtlax pseudo-China sert à engraisser les porcs dans l'Amérique septentrionale (Decandolle).
La Squine entre dans la Décoction sudorifique et la tisane appelée Bochet simple de l'HÔ tel-Dieu de Lyon.
STAPHISAIGRE, Delphinium Staphisagria, L. — Renoncdlacées-Hel-
LÉBORÉES.
Angl. : Louse-seed, Stavesacre seed. — AU. : Laûsesamen.
La Staphisaigre croît dans le Midi de la France, en Italie, en Grèce. Ses semences sont la seule partie officinale.
Composition. — Lassaigne et FeneuUe l'ont trouvée composée de : principe amer brun, huile volatile, principe amer jaune, matière azotée et mucilagineuse, delphine combinée avec l'acide malique et sels minéraux.
La Delphine, C^^H^'AzO', est une base alcaline, cristallisable, formant avec les acides des sels définis et plus solubles qu'elle-même. Elle est peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool et l'éther, soluble dans le chloroforme et la benzine, inodore, d'une saveur d'abord amère, puis excessivement âcre.
D'après Couerbe, la Delphinine est souvent associée à un autre alcaloïde, la Staphisaïne, C'6H-23Az02.
D'après les expériences d'Orflla, elle constitue un poison irritant qui, à la dose de 30 à 40 centigrammes, occasionne chez les chiens des vomissements et des selles diarrhéiques, puis de l'agitation, de la titubation, de la faiblesse et des mouvements convulsifs.
Action physiologique et usages. — Les semences de Staphisaigre sont émétiques et purgatives. Mâchées, elles sont amères, âcres et brûlantes; avalées, môme en petite quantité, elles irritent fortement le gosier. Données à un chien, elles peuvent le faire périr, et l'on trouve la muqueuse digestive enflammée. Les effets toxiques se produisent également ;\ la suite de l'ap-