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VIOLETTE ODORANTE

VERVEINE OFFICINALE, Verbena officinalis, L. — Verbénacées.

Anyl. : Vervain, Holy he.rb. — Ail. : Gememes Eisenkraut, Eisenharl.

La Verveine sacrée, que les anciens vénéraient {fferba Veneris) et que les Druides ne cueillaient qu'avec une truelle d'or, passait alors pour avoir la propriété magique d'exciter l'amour et de produire des enchantements. Elle vit tristement aujourd'hui le long des grands chemins, sans honneur et sans emploi, ou du moins c'est à peine si de temps à autre quelque médicaslre en fait usage en forme de cataplasme, sous le prétexte de résoudre des engorgements, en attirant le sang au dehors. L'erreur vient, sans doute, de ce que le suc rougeâtre de la plante teint le linge à la manière du sang.

Somme toute, la Verveine est une plante simplement amère et légèrement tonique, qui ne se distingue par aucune vertu spéciale.

VERVEINE ODORANTE, Lippia citriodora, Kunth., Verbena triphylla, Lhér. — Verbénacées.

Angl. : Vervain, Pigeon' s Herb. — AU. : Eisenkraut^ Eisenhart.

Cet arbrisseau élégant, originaire de l'Amérique du Sud, est cultivé en orangerie.

Les feuilles, froissées entre les doigts, répandent une odeur puissante, plus agréable encore que celle du citron. Ruffo a proposé de s'en servir pour aromatiser le punch et les crèmes. Leur infusion chaude est très parfumée, et peut se donner comme stomachique, antispasmodique et diaphorétique.

VIOLETTE ODORANTE, Viola odorala, L. — Violariées.

Angl. : Sweet Violet. — AU, : Wohlriechendes Veilchen^ Marzveilchen.

La Violette est une charmante fleur indigène, dont on cultive des champs entiers dans le midi de la France. On emploie les fleurs et les racines.

Composition. — Dans l'infusion des fleurs, Pagenstecher a découvert : principe odorant, matière colorante bleue, sucres cristallisable et incristallisable, gomme, albumine, sels de potasse et de chaux.

De la racine comme des semences, des feuilles et même des fleurs, Boullay a retiré un principe âcre qu'il a nommé Violine, analogue au principe de l'ipéca.

La Violine, on Emétine indigène, est une poudre blanche, d'un goût amer et âcre, légèrement soluble dans l'eau, insoluble dans l'éther et précipitée de sa solution par la noix de galle.

A cTiox PHYSIOLOGIQUE ET USAGES. — Comme celles de toutes les fleurs, les émanations des Violettes, dans un espace confiné, peuvent produire des symptômes toxiques, depuis la céphalalgie, les étourdissements et la tendance syncopale, jusqu'aux accidents qui simulent l'apoplexie cérébrale.

Prises à l'intérieur, les fleurs sont adoucissantes et laxatives. Quant aux racines, elles deviennent vomitives et purgatives, à la dose de 2 à 4 grammes, et peuvent être substituées à l'ipécacuanha. Il est à remarquer que

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cette propriété éméto-calhartiqiie est considérablement développée dans un autre groupe de la famille des Violariées, et que les lonidium Ipecacuanha I. microphijllum et I.farviftorum peuvent Être employés comme succédanés de ïlpécacuanha officinal. Nous en rapprochons la Viola canina, émélique à la simple dose de O^^SO à 1 gramme (poudre de racine).

Vinfusion des fleurs sert encore de moyen d'épreuve pour constater la réaction acide ou alcaline.

Le Sirop de Violette est fréquemment employé comme adoucissant-pectoral en dissolution dans de l'eau chaude.

Les feuilles fraîches passent pour émollientes et leur suc est purgatif à la dose de 40 à 60 grammes.

Les semences ont aussi des propriétés éméto-calhartiques, tout autant que la racine, manifestes à la dose de 10 à 15 grammes.

VIPÉRINE DE VIRGINIE. — Voy. Serpentaire de Virginie.

VULVAIRE, Chenopodium Vulvaria, L. — Chénopodacées.

Angl. : Slinking Oraclie or Goosefoot. ~ Ail. : Stinkender Gànsefuss, Hundsmelde, Stinkende Melde.

Cette plante remarquable vient très communément autour des habitations, dans les lieux incultes, mais abondamment pourvus de détritus animaux.

Composition. — D'après Chevallier et Lassaigne, la Vulvaire contient de l'albumine, de l'osmazôme, une résine aromatique, de la chlorophylle, de la cellulose, une grande quantité de nitrate de potasse et des sels divers, plus du sous-carbonate d'ammoniaque. Mais Dessaignes, guidé par l'analogie d'odeur, a recherché et trouvé la propylamine dans cette Chénopodée, en sorte que les réactions observées par Chevallier devraient être attribuées à cet alcaloïde artificiel et non à l'ammoniaque elle-même.

La Propylamine est un liquide excessivement volatil, d'une odeur analogue à celle de l'ammoniaque, mais moins forte et moins pénétrante, et qui, par sa diffusion dans l'atmosphère, devient assez semblable à celle de la saumure de harengs ou de sardines. Elle se dissout dans l'eau, qu'elle rend fortement alcaline ; se combine énergiquement avec les acides, et forme des sels généralement solubles dans l'eau et dans l'alcool, et susceptibles d'exhaler une odeur de poisson, soit qu'on les chauife ou qu'on les traite par un alcali fixe. Cet alcaloïde se rencontre dans les fleurs d'aubépine, le sureau et les fruits du sorbier; dans plusieurs Chenopodium, dans l'ergot, le sang et l'urine de l'homme, dans l'huile de foie de morue, etc.

La propylamine et la triméthylamine sont isomères, leur formule est CWAz, seulement on admet une structure différente dans chacune de ces substances. La première serait représentée par de l'ammoniaque, AzH^, dont une molécule d'hydrogène serait remplacée par une molécule de pro- Dvlène, CtF; tandis que, dans la seconde, trois molécules de méthyle, C^H» se seraient substituées aux trois molécules d'hydrogène.

VULVAIRE. '

Ces différences de groupements sont nécessairement en rapport avec des différences de propriétés physiques, chimiques et physiologiques.

Les deux formes de CH^'Az s'accompagnent habituellement dans la nature, ce qui, joint à l'extrême volatilité de ces substances et à la facilité de leurs métamorphoses, en rend l'extraction et l'isolement très difficiles.

Aussi n'est-on parvenu jusqu'ici qu'à les obtenir à l'état de mélange et vraisemblablement associées à beaucoup d'autres produits aiialogues, c'est-ù-dire à d'autres ammoniaques composées. En outre, on n'a pu les recueillir qu'en dissolution aqueuse plus ou moins concentrée, soit en raison du procédé d'extraction, soit à cause de l'impossibilité de conserver en liberté des liquides aussi volatilisables que la propylamine et la triméthylamine, dont la première bout à + 4o degrés, et la seconde à + 5 degrés et peut-être même à une température un peu inférieure. Ce n'est donc, à vrai dire, ni de la propylamine, ni de la triméthylamine pure, qui ont été administrées par les thérapeutistes. Dès lors on comprend quels doutes et quelles objections soulèvent les résultats annoncés, quand il s'agit de les attribuer à l'un quelconque des alcaloïdes artificiels supposés actifs. Les liqueurs complexes, employées à diverses reprises, depuis une vingtaine d'années, d'abord par Awenarius, puis par Guibert, Kaleniczenko, et tout dernièrement par Gaston, Namias et quelques médecins français, présentent encore une autre source d'incertitudes que je viens de reconnaître, c'est la métamorphose graduelle des alcaloïdes composés en ammoniaque proprement dite. Ce phénomène est rendu manifeste par l'altération progressive de l'odeur qui, de douceâtre et de légèrement aromatique en même temps qu'ammoniacale, devient de plus en plus vive, piquante, irritante pour les yeux, en un mot identique à celle de l'alcali volatil.

Je n'ai d'ailleurs observé jusqu'ici qu'une action physiologique douteuse et des abaissements insignifiants du pouls avec les produits sans doute impurs mis à ma disposition. Ce qu'il y a eu de plus marqué dans un cas, c'étaient les phénomènes de stimulation générale et d'excitation cutanée.

D'après les expériences tentées sur lui-même, V. Guibert conclut que la propylamine, ou plus exactement la triméthylamine, est pour la peau un léger excitant, pour la muqueuse un caustique et pour le système artériel un hyposthénisant. Le fait est qu'elle fait un peu rougir le tégument externe, qu'elle cause une sensation de chaleur ou de brûlure dans les premières voies et qu'elle ralentit le pouls. Ceci n'a rien de surprenant, vu que la triméthylamine est une ammoniaque composée, d'effets comparables à ceux de notre ammoniaque ordinaire.

Les observations de Namias sur ce sujet mettent aussi en relief la diminution du nombre des battements du cœur, et encore l'abaissement de la température et l'accroissement de la diurèse aqueuse, si bien qu'il a cru pouvoir assimiler la propylamine (triméthylamine) i\ la digitale, sur laquelle elle aurait même, selon lui, une supériorité incontestable. Seulement, il reconnaît que le pouls, ralenti par la propylamine, a perdu en môme temps

/,2i VULVAlRli:.

de sa force et do sa plénitude, ce qui exprime la diminution de tension vasculaire et doit faire penser que le ralentissement circulatoire n'est pas obtenu par le môme mécanisme dans les deux cas.

II faut ajouter encore aux effets de cette substance l'abaissement de la température et du chilfre de l'urée (Coze, Hirne). Nous citerons enfin son élimination par les reins ou les poumons.

Awenarius a, le premier, fait des applications de la propylamine à la thérapeutique. Il l'emploie dans les rhumatismes articulaire et viscéral, aigu et chronique, dans les prosopalgies, ainsi que dans les hémiplégies et les paraplégies.

Malgré les bons résultats obtenus, dès 1854, par notre éminent confrère de Saint-Pétersbourg et l'importance accordée aux médicaments propylamiques en général, dans l'intéressante monographie publiée par son compatriote le docteur Kaleniczenko, la propylamine était demeurée sans emploi dans les autres pays jusqu'en \ 872, oii elle fut soumise à une nouvelle expérimentation en Italie et en Amérique.

Le docteur John M. Gaston (de l'Indiana), suivant l'exemple d'Awenarius, a appliqué l'alcaloïde artificiel au traitement du rhumatisme articulaire aigu. Namias (de Venise), guidé, au contraire, par seï propres recherches, en a fait le succédané de la digitale et de son principe actif, dans les cas où il s'agit de modérer la circulation et d'augmenter le flux urinaire, c'est-à-dire dans les affections organiques du cœur et les hydropisies qui en dépendent. Plus rarement la propylamine lui semblerait appelée à stimuler la sécrétion sudorale.

A la suite de ces travaux parurent les recherches de Dujardin-Beaumetz, Besnier et de plusieurs autres médecins français. S'il fallait s'en rapporter aux succès obtenus par le premier de ces observateurs, la propylamine ne serait pas seulement, comme le croyaient ses devanciers, un sédatif de l'inflammation et de la fièvre à la manière de la quinine, mais un agent de sidéradon pour la douleur, un moyen « d'éteindre le rhumatisme sur place » et de réprimer les nouvelles poussées. Malheureusement, l'étude plus attentive et plus prolongée des faits ne nous permet pas de partager les convictions de notre distingué collègue. Mon expérience, bien restreinte encore, mais fortifiée de celles de Pidoux et d'autres praticiens des hôpitaux ou de la ville, me fait entrevoir dans la propylamine un palliatif de la phlogose articulaire et de la pyrexie rhumatismale, qui n'empêche pas les rechutes et n'a pas, tant s'en faut, la puissance héroïque que nous aurions souhaitée.

Actuellement (1884), la triméthylamine est absolument déchue du rang élevé qu'une expérimentation hâtive lui avait assigné dans la classe de nos bons médicaments, et fort peu de praticiens l'inscrivent dans leurs prescriptions. Rabuleau a raison de dire qu'elle n'a pas plus de vertus que l'ammoniaque commune, ce qu'auraient pu faire prévoir sa constitution ' chimique et son peu de résistance aux actes chimiques de l'organisme. Pas davantage une de ses combinaisons expérimentée assez largement,

WINTER (ÉCORClî DE).

le chlorhydrate de triméthy lamine, n'a paru plus efficace aux observateurs non prévenus, dans les afîections rhumatismales.

Comme la triméthylamine, il peut exciter l'appétit et rendre la nutrition plus active. Mais en réalité il n'est pas meilleur agent thérapeutique que le chlorhydrate d'ammoniaque (Rabuteau), avec lequel son mode d'action paraît se confondre.

Gomme topique à appliquer sur la peau, Guibert conseille de se servir de la propylamine pure. Pour les muqueuses, elle doit être plus ou moins diluée.

A l'intérieur, Awenarius la donne en potion, à la dose de 1 à 4 grammes et davantage dans d25 grammes d'eau distillée, aromatisée avec un oléosaccharure de menthe poivrée.

Cette dose maxima n'a guère été atteinte par les autres cliniciens. Toutefois le docteur J.-M. Gaston donne de 50 à 100 gouttes dans 250 grammes d'eau distillée, par cuillerées de deux en deux heures. Mais Namias n'a pas dépassé 2 grammes en vingt-quatre heures, et Dujardin-Beaurnetz s'est arrêté à 1 gr. 50 dans une potion aromatisée. J'ai, de mon côté, prescrit des doses variant de 1 à 3 grammes d'une solution titrée à 75 milligrammes d'alcaloïdes par gramme (A. Petit), dans une potion constituée par de l'eau distillée de menthe et du sirop d'écorce d'orange amère.

Action puysiologique et usages. — A part l'odeur nauséabonde de marée ou de poisson pourri qui a valu son nom vulgaire à la plante qui nous occupe, nous ne savons rien de positif sur ses propriétés physiologiques.

La croyance populaire, d'accord avec l'expérience de quelques cliniciens (Houlton, Churchill), attribue au Chenopodium Vulvaria des propriétés emménagogues. Cullen le considère comme un puissant antispasmodique dans l'hystérie. De telles vertus sont assez vraisemblables.

En raison de la volatilité de son alcaloïde, on devra employer la plante fraîche, soit Vinfimon, soit le suc exprimé. Cullen administrait \e suc épaissi ou 1 exlrait à la dose d'environ 30 centigrammes à 1 gramme.

Grenade. ' Nouvelle-

poUssi„„, „.alale de cl,LZ2yttZ L l.mlev.la,ile, plus légère que l'eau et décomposable en deux substances,

426 ZÉDOAIRE BONDE.

l'une fluide, jaune verdâtre, l'autre de consistance graisseuse, possède une saveur âcre et brûlante. ^ ■ ^ ,.é.

Action physiologique et usages. - L'action physiologique de lEcorce de Winter est en rapport avec la présence du tannin, et surtout avec celle d'une essence aromatique très puissante. Elle est donc tonique et principalement stimulante à la manière de la cannelle de Ceylan et de la cannelle blanche. On l'emploie du reste dans les mêmes cas, c'est-à-dire comme stomachique, sudorifique, tonique, alexipharmaque, etc., dans la dyspepsie atonique, les paralysies, le scorbut et beaucoup d'autres afl'ections.

Ses feuilles infusées peuvent servir aux mêmes usages qjie 1 ecorce. Lelleci se donne en poudre, à la dose de 2 à 4 grammes.

YEUX D'ÉCREVISSE. — Voy. ÉCREVISSE.

ZÉDOAIRE LONGUE, Curmma Zedoaria, Roscoë. - Zingibéracées. Angl. : Long Zedoary. - AU. : Zitwer, Zepterwurzel. l^^ Curcuma Zedoaria croît dans l'Inde et à Ceylan. Ses propriétés et ses usages sont les mêmes que ceux du Curcuma aromatica.

ZÉDOAIRE RONDE, Curcuma aromatica, Roscoë-. — Zingibéracées. Angl. : Round Zedoary.

LMaire ronde est originaire des mêmes contrées que la PrécMenta C0MP0S,T,0». - Les constituants de la Zédoa.re ronde d après 1 analyse de Morin, sont : huile volatile, résine, gomme, am.don, «''^^ '"«"f " "^^^ tiàres azotées, acide acétique libre, acétate f P°'=;^«' potasse et de cha„., alumine, silice, °YÏ/a:retnL e t' n imulant

Action PHYSIOLOGIQUE et usages. - La Zédoaire ronoe esi aromatique moins chaud que le gingembre ou le g^^^^"S^' ^^Z^^^^'^^^^! très puissant et fort estimé des Arabes, qui l'emploient comme stomachi que, vermifuge, sudorifique et alexipharmaque

La dose est de 2 à 4 grammes, en poudre, et de 4 a » gram

^""ÏTzédoaire ronde entrait dans une foule de préparations officinales, dont les moins oubliées sonlVOroiélan et la Thériaque céleste.

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