AMMONIAQUE LIQUIDE DU COMMERCE, AMMONIAQUE ORDINAIRE
C'est une solution aqueuse de 20 p. 100 de gaz ammoniac, qui n'est employée que pour les usages externes.
Angl. -.Ammoniac, volatile Alkali. — k\\. : Ammoniacum caiisticum solutum, Aetzammoniakfliissiglceit.
V Ammoniaque (AzH^) est partout : dans la terre, l'eau de mer et quelques eaux minérales ; dans l'atmosphère et l'eau de pluie; dans l'urine, en combinaison avec les acides. C'est un produit habituel de la décomposition des matières organiques azotées. On en admet aussi la présence à 1 état libre, mais en minime quantité, dans quelques végétaux, notamment dans la vulvaire, le sorbier des oiseleurs, le pastel, la racine d'heUébore noir, les feuilles d'aconit, etc.; mais il se pourrait que les chimistes eussent
rencontré de la propylamine , de la triméthylamine ou quelque autre alcali artificiel, et non de l'Ammoniaque : du moins le fait est déjà établi pour le Chenopodium Vulvaria, ainsi que pour plusieurs autres espèces botaniques.
Action physiologique. — Les vapeurs ammoniacales, au contact des yeux, déterminent un vif picotement, la rougeur des conjonctives et le larmoiement. Dans les narines, elles occasionnent une sensation analogue perçue en l'absence du sens de l'odorat, et provoquent l'épiphora en môme temps qu'un flux de liquide séreux fourni par la muqueuse nasale comme au plus fort d'un coryza. Aspirées dans les voies respiratoires, elles excitent la muqueuse laryngo-bronchique, causent du malaise et un spasme glottique pouvant aller jusqu'à la suffocation, le tout suivi d'un flot de mucus liquide.
Appliquée sur la peau ou sur les muqueuses, l'Ammoniaque produit une sensation de chaleur qui ne tarde pas à devenir cuisante et excessivement douloureuse. En même temps le derme rougit, s'échauffe ; puis l'épiderme blanchit, se bouillonne et se laisse soulever par une sérosité plus ou moins abondante et louche ou plastique. Si le contact se prolonge, il survient une mortification qui peut atteindre le tissu cellulo-adipeux sous-cutané. L'Ammoniaque est donc, selon la dose, un excitant local, un irritant ou un escharotique.
Ingérée dans les premières voies, l'Ammoniaque produit tous ses effets topiques : érythème, vésication, cautérisation avec une forme exsudative ou croupale (Bretonneau), et donne lieu à l'ensemble des symptômes qui caractérisent les poisons irritants et corrosifs. Il survient des vomissements, de la gêne respiraloire et des convulsions.
En petite quantité, elle n'agit d'abord que comme un excitant local et comme absorbant des acides. Mais l'Ammoniaque pénètre bientôt dans l'appareil sanguin, qu'elle stimule vivement. La circulation s'accélère et se renforce, la température s'élève ; les sécrétions s'exagèrent, notamment celle des bronches, qui devient en même temps plus fluide ; la peau se couvre de sueur : en un mot, il se développe une véritable fièvre artificielle quelquefois intense, toujours fugace. L'Ammoniaque à dose thérapeutique élevée est plutôt sédative, ce que confirment les observations chez des animaux (Colin), qui démontrent un abaissement de température.
L'usage abusif de l'Ammoniaque à l'intérieur donnerait lieu à une dyscrasie sanguine caractérisée par la tendance k l'état aplastique du sang et aux hémorrhagies multiples, avec des lésions de nutrition et une débilité plus ou moins profonde.
L'Ammoniaque libre ou combinée avec l'acide carbonique étant volatile.
f dans les produits de l'expiration pulmonaire et dans <;eux de 1 exhalaison cutanée. Ses autres mmiiinnicr^r,. o„r ^ x
•Ane. 1 • duues commnaisons salines sont excré-
tées par les reins.
Substances synergiques, auxiliaires. - Les stimulants difl-usibles : la
Îi08 AMMONUQUE LIQUIDE OFFICINALE, AMMONIAQUE PURE.
Chaleur l'opium et l'iode, synergiques de l'Ammoniaque quant à leurs . Pffpts Généraux, en deviennent au besoin les auxiliaires. L'A/ca/î w/aM/, à son tour aide singulièrement aux elfels des substances volatiles simplement excitantes ou bien antispasmodiques-stimulantes. Les alcalms et les basiques suppléent l'Ammoniaque comme absorbants antacides.