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BROME

parliculièrement après d'autres comme sel de conserve, pour les viandes: 2 grammes par kilogramme. Loin d'altérer la viande, il la rendrait plus facile à digérer. Lebon s'est élevé contre cette application, désastreuse pour la santé selon lui.

Modes d'administration et doses. — Le Borate de Soude s'administre à l'intérieur en potion, à la dose de 4 à 10 grammes ; en pastilles (Vigier et Poinsol). On le prescrit encore en gargarisme à la dose de 5 grammes dans 230 grammes d'infusion de feuilles de ronce avec 50 grammes de miel rosat. Le collutoire se compose de 3 grammes de Borax pulvérisé avec 50 grammes de miel. Ces formules ne nous paraissent pas répondre parfaitement aux exigences des cas morbides auxquels on prétend les adapter, attendu la transformation facile des sucres fermentescibles en acides lactique ou acétique au contact de la mucédinée du muguet. J'ai proposé la formule suivante: Borax, 10 grammes; eau, 200 grammes ; essence de menthe et teinture de pyrèthre, ââ 10 gouttes, pour gargarisme ou collutoire. La dose de Borax peut être aisément augmentée de moitié, et si l'on tient à obtenir des effets plus intenses, on doit recourir à la poudre de Borax, grâce à laquelle on fait parfois disparaître du jour au lendemain, l'action mécanique aidant, une couche confluente de muguet étendue à la totalité de la cavité buccale.

Pour lotions dans les affections cutanées, nous recommandons la proportion de 10 à 20 grammes de Borax dans 300 grammes d'eau de laurier-cerise.

La pommade se prépare avec 5 grammes de Borax pour 30 grammes d'axonge et le glycéré avec les mêmes proportions relatives de véhicule et de sel, ou plus fortes pour le Borax.

Trousseau conseillait contre le catarrhe laryngé un sirop composé de 15 grammes de Borate de Soude pour 300 grammes de sucre.

La solution boratée pour lotions peut servir également, soit en lavement, soit en injections vaginales ou uréthrales, soit en collyre; seulement, dans ce dernier cas, on peut la diluer davantage.

BROME, Bromum.

Angl. : Bromine. — AU. : Brom, Stinksioff.

Le Brome, découvert par Balard dans les eaux mères des salines, existe à l'état de combinaison avec la soude ou la magnésie dans toutes les eaux minérales qui ont lavé des bancs de sel gemme, et dans celles de la mer, ainsi que dans beaucoup de plantes marines.

Action peysiologique. - Ce corps simple, intermédiaire pour l'énergie comme pour les propriétés chimiques entre l'iode et le chlore, possède des qualités éminemment irritantes qui en rendent l'emploi difficile. Applique sur la peau, il la corrode et jaunit l'épiderme. Introduit dans les voies digestives, Il cause dans la bouche une sensation d'Ûcreté fort pénible, suivie d une ardeur durable dans l'arrière-gorge et d'une impression analogue sur la muqueuse gasi rique. Dix gouttes ingérées à la fois déterminent des coli-

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ques et du spasme intestinal oianifesté par des borborygnaes et des éructalions ; des doses plus fortes amènent des efforts de vomissements plus ou moins violents. Ces symptômes locaux sont accompagnés ou suivis de phénomènes sympathiques consistant en douleurs compressives ou lancinantes dans les avant-bras et le pourtour de la tête, et quelquefois en convulsions de la face et des membres (Andral, Fournet). Consécutivement, se développent des lésions inflammatoires dans les organes touchés par la substance irritante ou caustique.

Sous une forme plus atténuée, le Brome agirait en partie comme les bromures alcalins par le fait de sa combinaison partielle avec la soude du sang (voy. Bromure de Potassium).

Injecté dans le sang, en dilution très forte, il accélère la circulation et la respiration d'abord, les ralentit ensuite, provoque des vomissements et de la diarrhée, tandis qu'à dose plus grande encore il détermine la mort au milieu d'un état convulsif (Nothnagel et Rossbach).

Usages. — La parenté chimique du Brome et de l'iode, l'association constante de ces deux métalloïdes ou plutôt de leurs combinaisons salines dans les eaux réputées pour leurs propriétés fondantes, résolutives et antistrumeuses, tout cela désignait le Brome comme un agent de la curation des affections scrofuleuses et tuberculeuses. Il a paru agir efficacement non pas comme résolutif, mais comme sédatif dans les arthrites chroniques (Andral, Fournet). On a vu fondre pendant son administration interne et externe des engorgements considérables et d'apparence tuberculeuse des ganglions lymphatiques (Fourché, Magendie, Glower, Hôring).

Le Brome a été aussi préconisé comme le spécifique du croup et de l'angine couenneuse, parce qu'il désagrège les fausses membranes (Ozanam, Golitzinski, Redenbacher), et comme désinfectant à la manière du chlore (Lôwig, Duflos).

Une solution étendue de ce métalloïde, dépouillée de ses effets irritants, locaux, agirait probablement dans le même sens que les bromures alcalins, c'est-à-dire comme sédatif des phénomènes capillaires et galvanisant du système vaso-moteur.

A l'extérieur, le Brome a été employé avec succès, pendant la guerre de la sécession, parles médecins de l'armée fédérale américaine, comme désinfectant, sur les plaies gangréneuses ou affectées de pourriture d'hôpital. Williams le préconise comme caustique contre l'épithélioma du col utérin.

Modes d'administration et doses. — Le Brome se donne à l'intérieur à la dose de 2 à 30 gouttes dans de l'eau distillée ou dans un julep gommeux. On peut ajouter de l'alcool pour faciliter la solution.

Pour l'usage externe, on emploie la solution de 10 gouttes de Brome dans 4 grammes d'alcool.

Contre les engorgements des glandes lymphatiques, Magendie conseillait des frictions avec la pommade suivante: Brome, 6 gouttes; Bromure de potassium, 2 grammes; axonge, 40 grammes.

DROMllYDRATE DE CICUTINE. 567 BR03IHYDRATE D'AMMONIAQUE, BROMURE D'AMMONIUM. — Bromuretu ni a m mon icurn .

Angl. : Bromidc of ammonium. — Ail. : Bromammonium. Le Bromure d'ammonium, AzH»Br, cristallise en prismes incolores, très soliibles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool.

Il possède les propriétés physiologiques des bromures et particulièrement du bromure de potassium (Louis Brachemin, Thèse de Philadelphie) (Voy. Bromure de potassium), toutefois, il passe pour être doué d'une activité plus grande que celle de ses congénères (Brown-Séquard), a ce point que ^s^80 équivaudrait à 3 grammes de bromure de potassium. Expérimenté chez l'homme par Ghéron et Fauquez, ce sel a paru agir à la fois par son acide et par sa base et déterminer les effets du brome et ceux des sels ammoniacaux. Il s'est montré stimulant de l'activité cérébrale, en même temps qu'il renforçait le pouls et la puissance musculaire, rendait la respiration plus ample et modérait la nutrition, car le chiffre de l'urée diminuait sous son influence d'une façon considérable.

Le Bromure d'ammonium a les mêmes applications thérapeutiques que le bromure de potassium, de plus on lui attribue certains usages plus spéciaux d'une certaine importance. C'est ainsi qu'il réussit bien contre l'insommie résultant d'un état congestif du cerveau, en amenant une détente de la circulation (Ghéron et Fauquez) ; contre la chorée de nature rhumatismale et l'épilepsie. Mais c'est encore et surtout un anesthésique des muqueuses, principalement de la muqueuse broncho-pulmonaire, très propre à combattre la coqueluche (Harley). Il est d'ailleurs bien toléré dans cette maladie et possède une sûreté d'action remarquable (Gibb, Kormann) contre ses manifestations.

On le prescrit à la dose de 2 à 5 grammes par jour, fractionnée, dans une potion aromatique pour masquer sa saveur désagréable. Assez souvent aujourd'hui on l'associe au bromure de potassium dont il renforce l'action et aussi au bromure de sodium. V É lixir polybromuré {Yyox\) n'est qu'un mélange de ces trois bromures.

BROMIIYDRATE DE CICUTINE, Bromhydras cicutinicus.

Angl. : Bromide of cicutine. — AU. : Coniînum hydrobromicum.

Le Bromhydrale de ciculine, C'6lH7AzBr, obtenu pur pour la première foisparMourrut, cristallise en prismes rhomboïdaux droits, se dissout à froid dans 2 parties d'eau ou d'alcool et renferme 61,06 de cicutine. Il reproduit tous les effets de cet alcaloïde avec plus d'énergie (Tuloup) et jouit des mêmes propriétés thérapeutiques (Voy. Gicutine). Il s'élimine par les rems (J. Prévost). Nous lui reconnaissons l'avantage d'être très soluble dans 1 eau, ce qui permet son administration facile en injection hypodermique; d être assez peu toxique, car on l'a vu facilement toléré, en ingestion stomacale à la dose de 40 centigrammes (Aud'houy). On l'administre néanmoins à dose beaucoup plus faible : 5 à 15 centigrammes dans une potion ; en sirop, en solution aqueuse, en granules (Mourrut, Dujardin-Beaumetz),

568 BROMnYDRATE DE CINCIIONIDINE NEUTRE.

dans les afleclions spasmodiques des voies respiratoires. On pourrait injecter sous la peau de 5 à 10 milligrammes de ce sel sans danger (Regnault), contre les états douloureux ou névralgiques : solution au centième dans l'eau de laurier-cerise, alcoolisée. Pour l'usage externe : glycéré, pommade, au cinquantième!

BROMIIYDBATE DE CINCIIONIDINE BASIQUE, MONOBROMIIYDRATE DE CINCIIONIDINE, BROMIIYDBATE DE CINCHONIDINE OFFICINAL.

Sub-Bromhydras cinchonidicus.

Angl. : Hydrobromale of cinchonidinia. — Ail. : Cinckonidinum hydrobromicum .

Le Bromhydrate de cinchonidine officinal, C^SH^^Az^O^.HBr, 2aq., cristallise en longues aiguilles incolores. Il se dissout à froid dans 40 parties d'eau et renferme 74,81 p. 100 de cinchonidine, avec 4,58 d'eau.

C'est un agent fébrifuge souvent héroïque contre la fièvre intermittente, succédané puissant de la quinine (Gubler).Il possède naturellement les propriétés thérapeutiques de sa base, la cinchonidine. Or, il résulte du rapport de la Commission de Madras, des observations de Lejuge et aussi de celles d'un gand nombre de médecins italiens (Napoleone d'Ancona, L. Solli, B. Luzzato, F. Coletti), que la cinchonidine peut lutter avec la quinine sous le rapport de la vertu fébrifuge. D'autre part, cet alcaloïde rend les mêmes services que la quinine contre le rhumatisme articulaire aigu, les névralgies, névrites, la tuberculose fébrile, et dans les fièvres symptomatiques en général.

Aussi bien, puisqu'il en est ainsi , le Bromhydrate de cinchonidine devientil l'équivalent du bromhydrate de quinine.

On peut toutefois préférer au Bromhydrate de cinchonidine officinal, le Bromhydrate neutre plus soluble dans l'eau, par conséquent très propre aux injections hypodermiques. Dans ces conditions d'administration, 40 centigrammes injectés sous la peau donnent le même résultat que 1B'',50 pris par la bouche (Gubler).

J'ajoute que ce fébrifuge est généralement très bien toléré soit par l'estomac, soit par le tissu cellulaire, et ne donne pas lieu à l'ivresse spéciale des préparations de quinine, le plus habituellement, à dose thérapeutique.

Le Bromhydrate de cinchonidine officinal s'élimine par les reins.

Il s'administre de la même façon et aux mêmes doses que la quinine ou. que le bromhydrate de quinine (Voy. ce mot).

BROMHYDRATE DE CINCIIONIDINE NEUTRE, RROMIIYDRATE DE CINCIIONIDINE, Bromhydras cinchonidicus.

Le Bromhydrate de cinchonidine neutre, C38IP=Az20S2HBr; 4 aq, est encristaux prismatiques, un' peu jaunes, très solubles dans l'eau bouillante, solubles dans 6 parties d'eau froide, et renferme 59.75 p. 100 de cinchonidine avec 7 32 d'eau. Il a les propriétés do la cinchonidine, comme aussi celles de son congénère le bromhydrate de cinchonidine officinal S'il l'emporte

BROMHYDRATE DE QUININE BASIQUE, MONOBROMIIYDRATE DE QUININE. 56» sur ce dernier sous le rapport de la solubilité, ce qui le désigne pour l'administration hypodermique, il lui est inférieur en énergie, car il renferme moins d'alcaloïde et un peu plus d'eau. En tout cas, il peut rendre de très grands services en injections sous la peau, comme fébrifuge, à la dose de 40 à 50 centigrammes.

Dans ces conditions, il deviendrait l'équivalent de le^50 de sulfate de quinine ingéré par l'estomac (Gubler). On injecte sans inconvénient sa solution au 5° sous la peau.

BROMHYDRATE D'ÉSÉRINE, Bromhydras eserinus.

Angl. : Hydrôbromate of E séria. — Ail. : Physostigminum hydrobromicim.

Le Bromhydrate d'ésérine est en masses fibreuses, teintées de jaune rongeâtre, très solubles dans l'eau, non déliquescentes.

Ses propriétés sont celles de l'ésérine ou de son sel le plus employé, le sulfate d'ésérine (Voy. ces mots). On lui reconnaît le grand avantage d'être obtenu cristallisé, contrairement aux autres sels d'ésérine, toujours amorphes ; d'être neutre et de se conserver facilement à l'air même humide. Ce serait donc le plus sûr des sels d'ésérine.

BROMHYDRATE DE MORPHINE, Bromhydras morphicus.

Angl. : Hydrobromate of morphia. — AU. : Morphium hydrobromicum.

Le Brovihydrate de morphine, C3''H'9x\zO^, HBr; 4 aq., cristallise en longues aiguilles incolores. Il se dissout dans 25 grammes d'eau froide, et renferme 78,89 p. 100 de morphine avec 8,96 d'eau.

Ses propriétés sont celles de la morphine (Voy. ce mot) ou de ses principaux sels. Mais à priori, je le crois plus actif que le chlorhydrate, pour cette raison qu'il renferme plus d'alcaloïde : 78,89 au lieu de 75,90. Si j'ajoute que Landrieux lui a reconnu une parfaite efficacité thérapeutique comme analgésique, hypnotique, etc. ; qu'il le considère comme un puissant modificateur du système nerveux cérébro-spinal ; et qu'il lui attribue une innocuité complète en injection sous-cutanée, ces données étant admises, on comprendra, dis-je, qu'on soit tenté de le substituer au chlorhydrate de morphine dans toutes les applications de la morphine. Son acide peut, en outre, joindre ses propriétés propres, sédatives, à celles de l'alcaloïde.' On l'administre surtout en injection hypodermique : solution au 50° ou bien au m% aux mêmes doses que le chlorhydrate : depuis 5 milligrammesjusqu'à plusieurs centigrammes quand il y a accoutumance.

BROMHYDRATE DE QUININE BASIQUE, MONOBROMHYDRATE DE QUININE, BROMHYDRATE DE QUININE OFFICINAL, Suh- Bromhydras quinicus.

Angl. : Hydrobromate of Quinia, Bromide of Quinine officinal. — Ail. : Chininum hydrobromicum, Bromchinin.

Le Dvomhydraie de qidnine, G»«H24 A7.20^ HBr ; 2 aq., cristallise en aiguilles fines et soyeuses. Il se dissout dans 60 parties d'eau froide et très facile-

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