‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 241 sur 384 · BROMHYDRATE DE QUININE NEUTRE, BROMHYDRA.TE DE QUININE · texte numérisé non relu

BROMHYDRATE DE QUININE NEUTRE, BROMHYDRA.TE DE QUININE

ment dans l'eau bouillante. 100 parties de ce sel contiennent 76,60 de quinine et 4,25 d'eau.

Cet important fébrifuge a été introduit dans notre matière médicale par Lalour, pharmacien militaire, et Boille. Mais nous devons aux travaux de Gubler de bien connaître sa puissance thérapeutique, réellement remarquable.

11 possède naturellement toutes les propriétés du sulfate de quinine (Voy. ce mot), et paraît avoir une action médicale plus rapide et profonde. Ceci s'expliquerait par sa richesse supérieure en alcaloïde et encore par l'effet auxiliaire de son acide. J'ajoute qu'il est habituellement bien toléré par les voies digestives, donne moins d'ivresse quinique que son congénère et s'administre aisément et sans danger en injection sous-cutanée par la seule addition d'un peu d'alcool à l'eau, on bien (Limousin) de faibles proportions d'acides citrique, tartrique, sulfurique (Dardenne).

Ses applications sont celles du sulfate de quinine, qu'il peut remplacer (Gubler) dans le traitement des fièvres intermittentes. Son action sûre et et rapide, même au début de l'accès, est ici affirmée par Dardenne (île Maurice), Soulez (Romorantin), Rendu, Raymond, Choffé, Mac-Auli£fe, qu'il s'agisse de fièvres simples ou de cas pernicieux ; et un certain nombre de médecins la considèrent comme plus remarquable que celle du sulfate de quinine, à dose égale certainement, et aussi à dose un peu inférieure, puisque 20 centigrammes de bromhydrate en injection sous-cutanée équivalent à 30 centigrammes de sulfate (Gubler). J'ajoute qu'il est efficace contre les fièvres symptomatiques, les névralgies congestives, les névrites, les céphalées par hypérémie cérébrale (Gubler), l'érysipèle compliqué d'accidents cérébraux (Fr. Rombla), etc.

On le prescrit en nature, à dose plus faible que le sulfate, dissous dans l'eau additionnée d'un peu d'alcool ou de sirop acidulé; dans du pain à chanter et, si l'on veut, en injection sous-cutanée : Bromhydrate de quinine, i gramme ; alcool, 2s^50; eau distillée, 76^50. On peut se servir, pour l'administration hypodermique, du sel neutre, le suivant, beaucoup plus soluble.

BROMHYDRATE DE QUININE NEUTRE, BROMHYDRATE DE QUI- NINE. Bromliydras quinicus.

Le Bromhydrale de quinine, C^^Ha^Az^O*, 2HBr ; 6 aq, cristallise en beaux cristaux prismatiques, solubles dans 8 parties d'eau froide, très solubles dans l'eau chaude et dans l'alcool.

Il ne renferme que 60 parties de quinine et \0 d'eau ; donc il n'aura pas la puissance du bromhydrate officinal contre les fièvres, bien que ses propriétés sédatives puissent être les mêmes ou supérieures, grâce à son brome. Sa plus grande solubilité permet, toutefois, de l'administrer en injection sous-cutanée sans addition d'alcool ou d'un acide. On devra donc le prescrire à dose un peu plus élevée que le précédent comme fébrifuge, et h dose moindre comme sédatif.

BROMURE FERREUX, PROTODROMURE DE FER.

BROMURE D'AMMONIUM. — Voy. BnoJinYDRATE d'ammoniaque.

BROMURE DE BARYUM, Bromuretum baryticum.

Angl. : Bromide of Barium. — AU. : Brombaryum, Baryum bromalum.

Le Bromure de baryum, BaBr, cristallise en tables rhomboïdales, incolores, d'une saveur âcre, amère, très solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool absolu.

Ses propriétés ne peuvent être que celles du baryum et plus particulièrement du cblorure de baryum, l'élément brome étant ici négligeable. Or, voici ce que nous savons sur les effets de ce dernier sel qui figure encore au Codex mais n'est guère cité dans les Traités de thérapeutique.

Le chlorure de baryum est un irritant local qui détermine, chez les animaux, facilement des accidents toxiques graves : convulsions, paralysie deâ membres, symplômes cholériformes, troubles de la circulation, arrêt du cœur en systole. Aussi bien l'a-t-on quelquefois considéré comme un poison du cœur. Ces mêmes accidents ont été vus chez l'homme et se sont terminés par la mort en une heure.

Les doses faibles déterminent une certaine stimulation du côté des organes sécréteurs : reins, glandes de la sueur, etc. ; du côté de la circulation, rendue plus active, à ce point qu'il en résulte une sorte d'état fébrile; du côté du tube digestif: appétit plus vif, puis nausées, vomissements, coliques, diarrhée. Parfois, il a pu irriter les muqueuses nasale et oculaire à la façon de l'iode.

Le chlorure de Baryum (Voy. ce mot) n'est plus employé par les thérapeutistes; mais on lui reconnaissait autrefois une action antiscrofuleuse très puissante, analogue à celle de l'iode, qui l'a remplacé.

Cette action, indiquée par Grawford, Hufeland, Lisfranc, Baudelocque, Mojon, etc., n'est pas douteuse et se traduit par la résolution des glandes lymphatiques engorgées, la cicatrisation plus rapide des scrofulides cutanées, la guérison facile des ophtalmies ou des affections strumeuses localisées sur les muqueuses. La scrofule profonde serait môme favorablement modifiée, et ses manifestations graves : arthrites, ostéites, caries des os disparaîtraient devant le puissant médicament ' Je ne parle pas des autres usages contre le cancer, le cancroïde, la paralysie agitante, dont l'importance me paraît nulle

Il est bien évident que le Bromure de baryum rendrait les mêmes services dans le traitement de la scrofule, si l'emploi des sels de baryum éta t «ssayé à nouveau contre ses manifestations diverses.

BROMURE DE CAMPHRE. - Voy. Camphre monobromé.

BROMURE D'ÉTIIYLE. - Voy. Éther BROmhydrique.

BROMURE FERREUX, PROTOBimninni- .^.^ »

rosum. «"»^H{ROMUBE DE FER, Bromuretum fer-

b72 BROMURE DE POTASSIUM.

Angl, : Dromide of Iron. — Ail. : Fe>Tum oxydulatum bromatum.

La combinaison désignée sous ce nom dans le Codex n'est qu'un soluté, de couleur verte, renfermant seulement le tiers de son poids de bromure ferreux, FeBr.

Cette préparation ne peut avoir que les pi^priétés du fer qu'elle renferme et ne saurait être rapprochée des bromures alcalins quant à ses efl'els thérapeutiques. Tout au plus faut-il ajouter à son action reconstituante des globules sanguins les vertus sédatives due à sa petite proportion de brome. C'est parce qu'il cumulerait la double action de tonique martial et de sédatif que Garnier le conseille, de préférence à l'iodure de fer, aux chlorotiques chez lesquelles prédomine l'irritabilité nerveuse.

La solution normale sert à préparer des pilules de Bromure de fer, dosées à 5 centigrammes, et un sirop contenant le double de ce sel par 20 grammes ; des capsules (Tisy), etc.

BROMURE DE LITHIUM, Bromuretum lithicum.

Angl. : Bromide of Lithium. — AU. : Lithium bromatum.

Le Bromure de Lithium, LiBr, est cristallin, très hygrométrique, soluble dans l'eau ; il renferme 92 p. 100 de brome, tandis qu'il n'en existe que 7^ dans le bromure de sodium et 66 dans le bromure de potassium. Cette composition fait comprendre immédiatement le sens de son action, qui sera surtout celle du brome. On lui attribue cependant des propriétés lilhontriptiques (Roubaud) qui, je crois, sont contestables comme toutes celles des préparations de lithium.

Lévy ne lui a pas vu modifier l'excrétion de l'acide urique ou de l'urée chez l'homme sain. J'ai observé seulement que les urines rendues pendant son usage laissaient moins facilement déposer leurs urates par refroidissement.

11 a, assure-t-on, surtout les effets sédatifs des bromures alcalins, maislégèrement renforcés, si l'on tient compte de la proportion de brome plus grande qu'il renferme. C'est ainsi qu'il agirait plus activement contre l'épilepsie que le bromure de potassium (Mitchell, Roubaud, E. Lévy), affectant vivement la sensibilité réflexe. Son action contre la goutte est plus que douteuse.

On l'administre à la dose de 2 à 5 grammes dans de l'eau édulcorée avec du sirop d'écorce d'orange amère, ou bien assez commodément en recourant aux granules effervescents de Leperdriel.

BROMURE DE POTASSIUM, Bromuretum polassicum.

Angl. : Bromide of Potassium. — AU. : Bromkalium.

Le Bromure de Potassium (KBr) existe dans l'eau de la mer, dans les eaus mères des salines et dans une foule d'eaux minérales qui s'en rapprochent, conjointement avec le bromure de sodium et les iodures alcalins. On ei* trouve une proportion plus ou moins forte dans les eaux chlorurées deBalaruc, de Dourbon-l'Archambault, de Bourbonne-les-Bains, de Hombourg,

BROMURE DE POTASSIUM. 573 Kreuznacli, Nauheim, Niederbronn, Salins, Salies (de Béarn), Soden, dans les eaux de Contrexéville, dans les eaux alcalines de Cusset, et les mixtes de Royat. Celles de Challes contiennent du bromure de sodium. Enfin on trouve aussi du brome dans les eaux sulfureuses de Barèges, de Saiutllonoré et de Vernet-les-bains. De plus, Rabuteau a annoncé l'existence du brome normal dans l'organisme humain.

Action physiologique. — Le Bromure de Potassium, d'une saveur salée avec un arrière-goût amer et désagréable, exerce localement sur la peau dénudée et les muqueuses une irritation d'autant plus marquée, que la solution est plus concentrée. Il devient même caustique superficiel quand on l'applique en nature sur ces régions, à ce point que Peyraud, de Libourne, l'a proposé pour détruire les cancroïdes. Son action irritante se fait sentir assez vivement au passage dans la gorge chez les sujets atteints de pharyngite granuleuse, d'inflammation érythémateuse ou ulcéreuse de l'isthme du gosier. Il en peut résulter une exaspération du travail inflammatoire, de la dysphagie, parfois de la toux spasmodique.

Dans l'estomac, ce sel, administré à doses massives, donne lieu d'abord à une excitation se traduisant par une sensation de chaleur, ou comparable à l'aiguillon de la faim. Après ce premier effet direct, analogue à celui que déterminent les principaux narcotiques sur la peau dénudée, le Bromure de Potassium absorbé produirait sans doute, topiquement, ses effets sédatifs spéciaux, comme font l'atropine et la morphine consécutivement à leur pénétration dans les tissus ; mais cette action exigerait un contact plus prolongé que le temps nécessaire à la déglutition, en sorte que l'anesthésie du pharynx et du voile palatin serait difficilement obtenue par ce procédé.

Le Bromure alcalin, jouissant comme l'iodure d'une excessive faculté de dialyse, s'absorbe parles muqueuses avec une remarquable facilité. Il s'ensuit des modifications considérables du côté des grandes fonctions. Le médicament ralentit et régularise les révolutions cardiaques ; il réduit aussi le développement du réseau capillaire sanguin et diminue la calorificalion, et conséquemment la sensibilité périphérique dans ses trois modes : tactile, douloureux et thermesthésique. Cette action peut être poussée jusqu'à l'analgésie complète de la peau, qui peut être piquée, pincée et brûlée sans que les sujets en aient conscience; jusqu'à l'alfaiblissement de la vue et de l'ouïe, et jusqu'à l'insensibilité de l'isthme guttural ainsi que du pharynx et de toutes les autres muqueuses.

A. Voisin pense que les phénomènes réflexes sont seuls abolis dans la gorge et au voile du palais; le fait est qu'on retrouve la sensibilité tactile à peu près entière chez des sujets qui ont absolument perdu les mouvements automatiques de la déglutition et du vomissement en rapport avec la titillation des parties constituantes de l'isthme. Cependant la sensibilité tactile de cette région devient elle-même obtuse ou nulle, quand la dose estforte et suffisamment renouvelée. D'un autre côté, on a pu toucher la conjonctive avec le doigt sans provoquer le clignement et porter dans l'urèthre et le larynx un instrument sans déterminer de douleur.

En môme temps il se produit un sentiment de langueur intellectuelle, de faiblesse musculaire et d'abattement général accompagné de frigidité ou même d'impuissance. Des doses moyennes de 2 à 4 grammes longtemps continuées produisent tous ces effets, et j'ai fait une remarque, consignée dans la thèse du D>- Materne, c'est que le caractère devient mélancolique même chez les paralytiques généraux affectés auparavant de délire ambitieux. Et, quand la dose est très élevée, on observe l'affaiblissement de la mémoire, une indifférence profonde aux choses extérieures, l'obtusion de l'intelligence, la céphalalgie, le vertige, l'étourdissemenl, la titubation, la somnolence, l'impossibilité de la station verticale, la résolution musculaire, l'incontinence des matières fécales, la syncope (W. Sander). En outre, Féréol a noté dans un cas d'empoisonnement bromique que le pouls était lent et faible, et les pupilles dilatées . Séguin (de Chicago) signale en môme temps leur inégalité. Le nombre des pulsations peut tomber jusqu'à 46 à 48 par minute. Pletzer a vu la température baisser, pendant le bromisme, de 1° à 2° C, en même temps que le pouls se ralentissait et que le cœur s'affaiblissait. Martin-D amourette et Pelvet ont constaté aussi dans leurs expériences que la température baisse d'abord au lieu d'injection et ensuite dans tout l'organisme.

Cette ivresse bromique observée depuis moi par plusieurs cliniciens (Féréol, Pletzer, Marcq, Namias, Séguin, etc.) est essentiellement inverse de l'ébriété alcoolique, iodique ou thébaïque; il n'y a pas de période d'excitation, tous les phénomènes énumérés ont lieu directement par défaut de stimulus ou par abincitation. Je les ai vus très intenses chez un de mes maîtres (Natalis Guillot), qui avait avalé d'un trait une (iole contenant 10 grammes de Bromure de Potassium en dissolution dans 60 grammes d'eau.

Souvent la sécrétion rénale est accrue d'emblée et l'activité se maintient tant que dure l'administration du médicament (Gubler, Bidd, etc.). Quelquefois la diurèse est d'abord peu augmentée, puis il survient tout à coup un flux d'urine et même de l'incontinence nocturne. Si la quantité de Bromure est très massive, le rein peut s'irriter, la diurèse aqueuse diminuer (Gabier), et l'albuminurie survenir (Pletzer). La salive est ordinairement plus abondante. Il n'y a pas d'accroissement notable des autres sécrétions. Cependant Féréol a vu un coryza abondant suivre l'ingestion d'une dose de 20 grammes de Bromure ne contenant pas trace d'iodure de potassium.

Les urines et la salive sont les principales voies d'élimination du Bromure alcalin, qui s'échappe cependant en proportion sensible avec les larmes, le lait, le mucus, la matière sébacée (Veil et Guttmann ont en effet trouvé ce sel dans le pus de l'acné); puis il passe par les glandes sudorales et révèle sa présence par des éruptions érylhémateuses, vésiculeuses ou acnéilormes, qui suivent, chez les personnes susceptibles, l'usage prolongé du Bromure de Potassium. A. Voisin a décrit minutieusement ces lésions cutanées. Hameau a vu une couronne de papules cuivrées autour du front, et Weir Mitchell a cité le cas de deux épileptiques chez qui des

pustules de rupia furent suivies d'ulcérations. L'élimination du Bromure de Potassium est des plus actives, car au bout de cinq minutes on en trouve déjà dans la salive et l'urine (Rabuteau), et elle est à peu près complète généralement après vingt-quatre heures (Edward Clarke et Robert Amory). L'abus de ce médicament entraîne du catarrhe stomacal et exceptionnellement des symptômes sérieux de gastro-entérite, mais il n'est pas rare que cet agent donne lieu à du relâchement de corps et môme à de la diarrhée. Hameau a vu la mort survenir, à la suite du bromisme chronique, au milieu d'un accès de violente gastralgie, avec du délire, la petitesse et la fréquence du pouls, et des symptômes d'asphyxie. De tels accidents s'expliqueraient parla présence d'un ulcmrotundum. Namias (de Venise) a trouvé du Bromure de Potassium non seulement dans la salive et l'urine, où je l'avais cherché avec succès, mais encore dans le sang et différents liquides de l'économie, ainsi que dans le cerveau, la moelle, le foie, les poumons, etc. Le même observateur remarque qu'après l'administration du bromure de fer il passe beaucoup de brôme dans l'urine et peu de fer, soit parce que, comme il le dit, le fer reste dans le sang, soit parce que, comme je le crois, il est principalement éliminé par la bile.

Selon Bidd (de Philadelphie), ce ne serait pas du Bromure de Potassium qu'on retrouverait, mais bien du bromure de sodium formé par double décomposition en présence du chlorure de sodium. Du chlorure de potassium prendrait aussi naissance et serait éliminé par les reins, ce qui expliquerait sans doute l'augmentation des chlorures dans l'urine. Si la réaction admise par Bidd se vérifiait, on conçoit que l'usage prolongé du Bromure de Potassium amènerait une disette de chlorure de sodium dans l'économie, avec les conséquences de cette privation : une partie peutêtre des phénomènes de sédation circulatoire et calorifique ainsi que de l'affaiblissenaent général qui caractérise l'action des hautes doses de Bromure alcalin.

Je n'en continue pas moins à considérer comme probable que le Bromure de Potassium exerce une action sédative et hyposthénisante sur tout le système par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs, dont il augmente l'action. Par le calme qu'il amène dans la circulation cardiaque; par le retrait qu'il détermine dans les réseaux capillaires, comme par l'accroissement parfois énorrne de la diurèse, en un mot, par son action antiphlogistique, le Bromure alcalin se rapproche singulièrement de la digitale. La prédilection qu'il manifeste pour certaines régions : l'entrée des voies digestives et respiratoires, l'appareil génito-urinaire, tient vraisemblablement à l'élimination active qui s'en fait par les reins, par les muqueuses et les glandes annexes des régions favorisées.

Dans rétat morbide, certaines conséquences de ces effets primordiaux se font remarquer davantage. Par exemple, les sueurs profuses et le flux muqueux sont diminués ou supprimés en môme temps que l'éréthisme fébrile. La sédation du système nerveux se traduit par la cessation des spasmes et des convulsions ou parla diminution des actions réflexes médullaires.

A cette double action sur le grand sympathique et sur les fonctions qu'il ■ gouverne, et peut-ôtre sur le sang lui-même, qui a été trouvé très altéré dans sa composition : augmentation des globules blancs, diminulion des ..lobules rouges et de la fibrine (Raphaël Arem et V. Brigidi), il faut en Toindre d'autres encore. J'admets avec Laborde, A. Voisin, Cl. Bernard et Teissier (de Lyon), etc., l'influence dépressive exercée sur la moelle dont les actes réflexes sont toujours plus ou moins diminués pendant le broraisme ; mais cet affaiblissement du pouvoir excito-moteur spinal ne va sans doute pas jusqu'à la paralysie, comme le voudrait Eulenburg, qui fait du Bromure un paralysant du cœur et (?) de la moelle épinière. D'ailleurs elle ne rend pas suffisamment compte des symptômes d'anesthésie observés du côté du pharynx, de l'urèthre et surtout de la conjonctive à la suite de hautes doses de Bromure de Potassium, et je pense avec Bidd et la plupart des cliniciens qu'il faut faire intervenir un certain degré de paralysie de la sensibilité dans les extrémités périphériques des nerfs.

Martin-Damourette et Pelvet généralisent encore davantage l'action pharraacodynamique du Bromure alcalin sur les systèmes nerveux et musculaires. Ils nous en montrent les effets anesthésiques et acmésiques, se produisant directement et topiquement partout où il y a un filet ou une cellule nerveuse ou bien une fibre contractile, mais non partout avec la même rapidité. Ainsi les nerfs sensitifs perdent leurs propriétés avant les nerfs moteurs, ceux-ci avant la moelle et la moelle avant les muscles. Les mouvements du cœur s'éteignent les derniers. L'opinion des deux savants physiologistes se résume en ces termes : le Bromure de Potassium est un poison nervo-musculaire général, formule très voisine de celle que j avais autrefois déduite de l'observation clinique, à savoir : le Bromure de Potassium est un puissant sédatif de tout le système sensitivo-moteur et de la circulation. Je tiens à me prévaloir de cette concordance.

Quelques auteurs (Binz, Sée, Danton) simplifient donc beaucoup trop cette question de l'action du Bromure de potassium, en disant que ce sel est avant tout un tonique vaso-moteur, un stimulant des vaisseaux, et que de cette façon il détermine l'ischémie des centres nerveux, et donne lieu aux accidents spéciaux que nous venons d'énumérer : perte des réUexes, insensibilité, etc. Non, l'explication est insuffisante ; le Bromure de potassium a de plus une action directe sur l'encéphale et la moelle, stupéhant certains de leurs éléments, laissant intacts les autres ; une action sur le cœur dont il peut paralyser la fibre musculaire, et les gangbons automoteurs (Eulenburg et Guttmann) ; enfin il agit encore topiquement lors de son élimination sur les muqueuses, dont il amortit la sensibilité.

Quoi qu'il en soit de cette théorie, nous devons citer ici les accidents anatomiques de l'intoxication par le Bromure de potassium. On a constaté la dégénérescence graisseuse du cœur et des reins, l'hyperplasie conjonctive dans les cordons latéraux de la moelle ; et l'on aurait même trouvé le cylinder axis des fibres nerveuses hypertrophié, principalement dans les cordons anté^^eurs de la moelle et les nerfs spinaux (Arezu et Vicenzio Brigidi).

BROMURE Dlî POTASSIUM. 577

J'ajoute un fait de moindre importance, l'inflammation des glandes sébacées avec hyperplasie de leurs éléments épilhéliaux.

Eniîu, quant à la question de savoir si le Bromure de potassium agit par chacun de ses éléments, elle est généralement résolue par l'affirmative. A l'élément brome serait dévolue l'action sur les centres nerveux, tandis que le polassium causerait les troubles cardiaques, le ralentissement de la respiration, l'abaissement de la température, la paralysie des nerfs et des muscles (Krosz) : ce qui me paraît admissible.

Substances synergiques, auxiliaires. — La digitale, le sulfate de quinine, le chlorate et le nitrate de potasse peuvent, en qualité de sédatifs et de diurétiques, servir d'adjuvants ou de succédanés au Bromure de Potassium. S'agit-il, au contraire, de son action vaguement appelée fondante, dépurative, antistrumeuse, il faut alors l'associer à l'huile de foie de morue et surtout aux préparations iodurées, qui en sont, sous ce rapport, les congénères thérapeutiques.

Mais les bromures des autres bases sont les véritables congénères physiologiques du Bromure de Potassium. Sans parler des bromhydrates de quinine et de cinckonine neutres ou basiques, préparés par Latour, ainsi que du bromure propylique C^H^Br, et du bromure bulylique C^H^Br, obtenus par Isidore Pierre et Ed. Puchotsous forme de liquides d'une odeur éthérée, on doit mentionner comme ayant déjà reçu des applications pratiques les bromures de sodium, d'ammonium et de lithium (voy. ces mot); le bromure decalcium, très préconisé par Hammond, mais considéré comme d'une action moindre que celle de son congénère par Guttmann elEulenburg, etc.

Substances antagonistes incompatibles. — Antidotes, contre-poison s.

Les véritables stimulants, c'est-à-dire les agents qui diminuent la tonicité vasculaire ou l'influence du grand sympathique sur la circulation, qui augmentent l'éréthisme des capillaires et les phénomènes d'hématocausie, tout cela est antagoniste du Bromure de Potassium. On évitera donc d'employer concurremment les alcooliques, les stimulants dilTusibles en général, les opiacés, et, dans un autre ordre de moyens, les boissons chaudes, la température trop élevée de l'atmosphère.

Malgré d'étroites affinités chimiques, malgré des analogies incontestables d'action physiologique et thérapeutique sur lesquelles j'insisterai à propos de l'iodure de potassium (V. ce mot), l'iodure et le Bromure de Potassium s éloignent considérablement dans quelques-uns de leurs elTets immédiats €t doivent sous ce rapport être considérés comme partiellement anla-onistes J'ai le premier mis en relief ces différences et tiré les conséquences thérapeutiques qmen résultent, insistant dans mon mémoire intitulé : De la naissance sédative du Bromure de Potassium (1864) sur l'excitation générale et es phénomènes congestifs vers la tûte, déterminés par l'iodure alcalin et sur la nécessité d administrer isolément chacun de ces agents quand on veut obtemr soit la stimulation soit au contraire la sédation circulatoire et ner-

Meiedith Llymer, Namias, etc.) qui se sont occupés de la question GuDLER et Ladbée, .3« édition. 3^

diri£rent encore la pratique médicale. Quelques-uns de nos confrères ont A MA nlns loin que je n'aurais voulu et que la raison ne le commande ; rTrTls semblent croire à l'incompatibilité absolue des deux sels haloïdes et ^•nsent en aucun cas les administrer simultanément, tandis que 1 mduction Pt l'expérience démontrent qu'on peut utilement les associer dans la médical on altérante ou méialrophique. On fortifie de la sorte l'action résolutive eîl'on préviennes inconvénients attachés à l'irritation circulatoire.

Mais si c'est l'action sédative qu'on recherche, il est clair qu il faudra se débarrisser des moindres traces d'iodure, lesquelles ne se bornent pas à diminuer le poids réel du Bromure alcalin, mais exercent, eu égard à étal des LiUaires une action diamétralement contraire, et jouent dans la prépaation le rôle des quantités négatives. A ce litre, l'iode et les lodures peuvent servir de correctifs et d'antidotes au brome et aux bromures alcahns, dont les effets seraient également contre-balancés par l'influence des exci- , tants proprement dits, et spécialement des alcooliques.

Le Bromure de Potassium présente encore un certain degré d an agonisme vis-à-vis des poisons convulsivanls et pourrait rendre quelques er^ces dans les intoxications par la noixvomique ou la coque du Leant c Hex^'ett rapporte un cas d'empoisonnement accidente par oO cenrrammes dr strychnine où le Bromure alcalin, admimstré à la dose de Ïlr.mmes répétée toutes les demi-heures, a paru dissiper tous les acci- . ^ u M.is le fait n' st pas démonstratif, attendu que le malade avait vomi dents ^^''^^J^^l^ln. de l'opium. Les incompatibles chimiques des L'iTes^: lii les corps oxydants capables de donner

qu' aurait l'avantage de les faire mieux tolérer l'un par 1 . ^f/^^

tre et surtout la cachexie exophtalmique où ^ Vf'^'P''' w thé- Ist ext'rême, il devrait être habituellement substitué à ce dernier agent thé

'Tn ailtenu de bons effets dans quelques cas de maladie de Basedow, frluon rebeUe et sur laquelle on n'a prise qu'à l'aide d'un bien petit nom Sf:"s agents: la digitale, le quinquina, l'atropine, la duboisine. 1 eau r -^^ nPiil Mre les préparations saturnines.

K V.clivité qu' 1 imprime au mouvement de désassimilalion ou de dé Mororuanique. le Bromure de Potassium, à doses élevées rend des <^°«^P°^^^^°" ?S?es dans les empoisonnements métalliques, notamment

;XloTb et pt ^e ^-'^-^

tassium qviand il y a des accidents encéphalopalliiques dont il est en même temps le moyen curatifpar excellence. J'administre liabituelleirient le Bromure potassique dans le but de hâter l'élimination du plomb, et j'ai réussi dans plusieurs cas d'épilepsie saturnine à conjurer l'issue fatale en portant la dose quotidienne à 4 ou 6 grammes (V. The médical Times, juillet 1869). Depuis lors cette application du Bromure a été faite par plusieurs médecins (Bucquoy, Rabuteau, etc.).

Les propriétés sédatives du Bromure de Potassium conviennent, abstraction faite de tout nosologisme, toutes les fois qu'il existe un phénomène d'irritation contre lequel il peut lutter avantageusement.

C'est par la même raison que l'opium est employé depuis la plus haute antiquité dans les maladies les plus diverses, indépendamment de toute considération étiologique ou taxonomique.

Le Bromure alcalin est indiqué pour obtenir l'anesthésie de l'isthme guttural, de la muqueuse de l'œil ou de l'urèthre, à l'effet de rendre plus faciles les opérations de laryngoscopie (Rieken), de staphylo-et uranoraphie, etc. (Rames, Huette, Gosselin, Debout), le cathétérisme (Tielmann).

Il est utile (Gubler, Rommelaere) contre les affections irritatives et douloureuses du pharynx et de l'isthme du gosier, à la condition d'en atténuer les effets topiques ; contre l'œsophagisme (Gubler, Segurâo), contre l'asthme et l'emphysème (Gubler, G. Sée), contre la toux spasmodique et convulsive de certaines bronchites et de la coqueluche (Gubler, Blache), contre certaines palpitations cardiaques nerveuses ou symptomatiques d'une lésion organique (Gubler, Giuseppe, Angrisani), contre les hypérémies • en général et toutes les affections des centres nerveux de forme congestive ou avec excès de stimulus (Gubler, Ricard d'Angoulême). ^ ^ Ces diverses applications que j'ai le premier recommandées avec plus d'insistance et réalisées ont reçu maintenant la sanction expérimentale Pour ma part, j'ai eu souvent à me louer de l'emploi du Bromure alcalin dans les cas fréquents et variés où les affections encéphaliques procèdent par hypérémie ou phlogose. J'ai aussi obtenu d'excellents résultats de la mé dication bromurée pour calmer l'éréthisme nerveux et inOammatoire dans le cours des maladies cardiaques d'un caractère subaigu. En pareille cir constance, le Bromure était un succédané à la fois de la dioitale et dP l'iodure de potassium, modérant le rythme circulatoire en même temns • qu 11 facihtait la résorption des e.xsudats et s'opposait à l'hyperplasie Quant aux accès d asthme, ils ne cèdent pas régulièrement à l'aclion du si-omure dePotassium qui produit cependant des effets remarquables. J'ai vu l'iodure réussir là ou le Bromure avait échSué et réciproquement, ce qui conarme mon opmion sur la duahté de ce symptôme qui, comme les spasmes

nvulsmns, etc dérive selon les cas de conditions anatomo-phys oloÏques absolument opposées. Seulement il est difficile sinon impo sible de préciser actuellement la nature de ces condition, .^lini. impossible de s^n.,or,f^-„ ^'1 ■ I • ^'^^ étiologiques et par con-

S^n i?. ' I r rationnelles de traitement. Le praticien

devra procéder par tâtonnements.

ygQ, BROMURIS DE POTASSIUM.

T Warburlon Begbie simplifie celle recherche en associant les deux médicaments, sans parler d'un peu d'arsenic qui inlervienl encore de

'Te'dois'mentionner encore ici. mais sans m'y arrêler beaucoup d'autres aup ications d'un certain intérêt. C'est ainsi que le Bromure a été uUhsé ^ con e les vomissements delà grossesse (Friedreich, de He.delberg, Samuel BTsey Gimbert), l'incontinence nocturne d'urine, iWarburton Begb.e. Bhnchard, de Genève, etc.), le spasme de la glotte chez les opérés de frachéotomie (JoflVoy), le tic douloureux de la face (Peter), la fièvre inlermittente (Vallin), comme adjuvant du sullate de quinine, ll ag;^ ^a"^ ^^^^^^ ces cas comme sédatif et modérateur des actes réflexes. A titre d isché mianton l'a encore prescrit pour empêcher la menstruation d è re trop fréquente (Cordes, de Genève), améliorer le catarrhe vésical (Ângelo Cianciosi) dissiper la fatigue intellectuelle et (Fiel) même physique, etc.

Qudle que soit l'im portance de ces indications ^^^^^f^^-"^^^^^^^^^^ alcalin a L surtout recommandé jusqu'ici contre ^ éréth>sme g n.UU^^^^ mann Ricord, etc.), contre le petit-mal et 1 épilepsie (Wilks, Ramsk.l , Brow-Séquard, Bazin, Gubler, A. Voisin, Thomas (de Sedan), Bernutz, etc.), contre l'insomnie (Debout, etc., etc.). i,

En qualité d'hypnotique le Bromure de Potassium est journellemen .resdr ma s d'une manière un peu banale. Il ne convient cependant pas Ta emenU tous les cas d insomnie, bien qu'il ait l'avantage d'ajouter touotsTu hénomène complexe du sommeil l'un de '1 ..iPT^u • la cessation ou du moins le ralentissement de 1 activité cère S C'd — ou l a„.yp„ie consistent e-ntieUemenl da,. une

SL:; dé il s bstnce nerveLe. Au contraire, lorsque l'insomnie ;!:;;:nrde l'ischémie cérébrale par anémie générale ou par excès d action

du grand-sympathique, c'est à l'opium qu'il ^^^^^ ^^^'^f''^";, ^.p.ii^.o) L^ploi du Bromure pour combattre le somnambuUsme (Levy etPehzzo)

n'est qu'une application de ses vertus hypnotiques.

D plis, qu'il a été préconisé en Angleterre par Wilks, ^i "ce f Brown Séquard et Bazin, le Bromure de potassium est de^•enu ^^J^^TJ^ •pu usité contre l'épilepsie. Les faits se --ptenl aujoui^hui pa^ et nous pouvons dire qu'il n'est guère de praticien qui n ail à citer queiq r^eiiltat en faveur de la nouvelle médication.

■ :LZ i^mi\s- tels sont ses titres i la confiance médicale. Quant à déleipresque ama , te ^^^.^^ encore im-

'"'"'1 1' ttendrre la science a surtout enregistré les succès, laissant dans ;î nlunart des revers. Néanmoins certaines statistiques fourmes par

LTmldècinl de nosLpices peuvent donner une idée asse. Juste de 1 ut.Uté

du Bfomure alcalin contre la maladie comiliale. Sur 97 cas, A. Voisin a obtenu un quart de guérisons chez les enfants et la moitié chez les adultes.

De son côté, Legrand du Saulle compte sur un total de 207 cas d'épilepsie : 110 insuccès, 19 améliorations et 78 sujets chez qui il a pu constater la suspension de tout accident pendant quatre ans (17), pendant douze à vingt-deux mois (28), et au minimum pendant six à dix mois (33), ce qui permettait de les considérer comme guéris. En admettant même qu'il y ait à rabattre sur ces chiffres, comme l'indiquerait particulièrement la statistique de Hughes Bennett : guérisons, 12 0/0; amélioration des attaques, 83 0/0, on est obligé de convenir que les effets du Bromure, pris dans leur ensemble, sont au moins aussi favorables que ceux de la belladone, si justement préconisée par J.-G. Debreyne et Trousseau et qui m'a plusieurs fois, comme à mon illustre maître, donné d'excellents résultats dans le traitement de l'épilepsie.

Il est probable que ces deux puissants moyens de curation ne conviennent pas indifféremment à tous les cas, puisque j'ai vu réussir la belladone là où le Bromure avait échoué; seulement je ne suis pas en mesure de préciser dès à présent les indications spéciales auxquelles répond chacun de ces médicaments. Toutefois, j'ai lieu de croire que la solanée vireuse convient davantage aux sujets que des accès répétés de haut-mal ont jetés dans Vaneivie et la stupeur, tandis que le Bromure de potassium est préférable chez ceux qui, moins éprouvés par une longue succession d'altaques, ont conservé leur alacrité et l'activité de leur esprit.

Les conditions qui réclamentparticulièremetit l'usage du Bromure sont, à mon avis, les attaques convulsives violentes, précédées ou non de secousses dans un groupe de. muscles ou de tressaillements de tout le corps (W. Sander), chez des sujets qui, en dehors des accès, sont en apparence sains de corps et d'esprit; ou bien encore la folie épileptique furieuse (Bécoulet). En un mot, c'est dans les formes actives, sthéniques, des accidents de la maladie herculéenne que le Bromure de potassium l'emporte sur les autres moyens usités. En revanche, il me paraît devoir céder le pas à la belladone, par exemple, dans les formes ébauchées et pour ainsi dire effacées de cette redoutable névrose, dans ce qu'on appelle le petit-mal caractérisé par du vertige, de l'aphasie fugace, ou de la défaillance, bien que son action pnisse être utile encore dans ces différents modes de l'épilepsie (E. Labbée). Mais le Bromure alcaUn est positivement contre-indiqué dans les formes asthéniques avec collapsus musculaire, tendance syncopale ou bien avec stupeur. On pourrait, d'ailleurs, dans bien des cas d'épilepsie, à l'exemple de Séguin, associer les deux médicaments.

On a dit (Mac-Gregor, G. Simon) que le Bromure est simplement un palliatif des symptômes de la maladie comitiale; des faits authentiques nous le montrent comme un agent de guérison véritable. Ce serait pourtant une illusion que de croire à la puissance de ce sel dans toutes les conditions et dans toutes les variétés de l'affection. Des épilepsies accidentelles et pour ainsi dire acquises à la suite d'une peur ou d'émotions

morales violentes, guérissent assez bien; certaines épilepsies plus constitutionnelles mais encore récentes et d'ailleurs peu intenses, cèdent aussi quelquefois- mais celles qui sont invétérées et héréditaires résistant le Dlus souvent en modifiant un peu leur expression symptomatique.

11 n'y a rien en ce cas qui ressemble à une métamorphose moroide, comme paraissent le croire quelques pathologistes; on observe tout simplement alors l'atténuation et la raréfaction progressives des accès; ou, si l'action médicamenteuse devient excessive, il apparaît quelquefois des phénomènes physiologiques du bromisme, tels que l'irritabilité évidemment asthénique, remarquée principalement chez des femmes (Legrand du SaulleV Mais le Bromure ne suscite pas d'attaques plus fortes à mesure qu'elles sont plus distancées : une pareille transformation est toute spontanée et rien n'autorise à penser, avec un écrivain, que le médicament retient et condense, je ne dis pas le « principe », mais l'action morbide, dont l'explosion serait d'autant plus violente qu'elle aurait été plus longtemps contenue.

Pour faire réussir le Bromure de potassium contre l'épilepsie, même dans les conditions les plus favorables, il est nécessaire d'observer cer tames règles de thérapeutaxie que nous allons esquisser. Premieremen , il fauf atLdre à la dose efficace, produisant des effets P^Yf^'^o-ques : tendance au sommeil, léger alanguissement, diminution de la sensibi ite pharyn gienne. Cette dose varie selon les sujets, néanmoms j'ai pu généralement me contenter de faire prendre 2 à 4 grammes de Bromure par jour. On en peu donner 6 grammes, et quelques praticiens, dépassant eaucoup ce te dose quotidienne, débutent par 8 grammes, dose nécessaire suivant Otto nour aller iusqu'à 12 grammes en vingt-quatre heures, ce qm est excessif. ' eu on de la ténacité du mal, l'administration du remède doit être prolong pendant des semaines, des mois et même des années; naais non nas d une manière incessante et sans trêve. Si le Bromure de potassum Tou me servir de l'expression d'Auguste Yoisin doit - a >m t l'épileptique, ce n'est cependant pas un aliment dont ne ^^-'J^^^l^^^

quelques heures ou quelques jours. Il y ^^"'/r l/s ^ffets c^^^^^^^^^ en suspendre de temps à autre l'emploi, afin d'éviter f ^J^^'^^" ^'^^ produits, non par des doses successivement emmagasmées, mais par une action pharmacodynamique à pression ou à tension croissante.

On évite cette accumulation d'action en ménageant temps à autre au malade un ou plusieurs jours de repos, soit chaque semame, soit à de plus

On p^r^l^^^^^^ remède d'autant mieux que l'intensité du mal

.era nlus réduite, mais une surveillance attentive devra être constammen " rot a n d êt;e toujours prêt à répondre par des doses pUis pressées e hTmassives à une recrudescence des phénomènes morbides Et, quand plus f,,dra encore maintenir l'économie pendant

les accès a ron ^^^P^J"' ,^3, sous l'inlluence de

""rf.l.ntittaue non p us d'une manière tout à fait continue, mais l'agent thérapeutique, non p. d'assurer la

par reprises suffisafnmcnt rapprochées. Lest le seul moj

liROMURE DE POTASSIUM. 583

guérison, lorsqu'elle est possible, ou du moins de refréner les accès, quand l'état constitutionnel est décidément immuable. En définitive, en présence d'un cas d'épilepsie il faut toujours tenter la médication bromurée, qui, si elle n'est pas infaillible, représente la moins incertaine et la plus puissante de toutes celles qui ont été préconisées jusqu'à présent, suivant les témoignages plus récents de Fritz Klôpfel, Huble, Luigi Frigerio, Boyé, Piron, Roberto (Adriani), etc.

L'éclampsie, qui est l'épilepsie symptomatique, obéit de même à la médication bromurée. Le docteur Shoyer (de Leavenworth) paraît avoir obtenu les premiers succès dans l'éclampsie puerpérale. Il a été suivi dans cette voie par Raciborski, Gersoy, Ph. CoUin et nombre de praticiens français ou étrangers. De mon côté, j'ai le premier traité avec succès plusieurs cas d'éclampsie saturnine par le Bromure de potassium, à la dose de 4 à 6 grammes par jour. L'efficacité du Bromure est ici d'autant plus remarquable que l'encéphalopathie convulsive des sujets empoisonnés par le plomb est presque invariablement mortelle. Les doses ont été souvent plus élevées dans le traitement de l'éclampsie puerpérale où Vidaillet a eu l'heureuse audace d'administrer jusqu'à 17b%S0 de bromure en cinq heures. Notre éminent et regretté confrère Blache a combattu par le même moyen des attaques d'hystéro-épilepsie. Beaucoup d'autres affections nerveuses, légères ou graves, ont été soumises à la médication bromurée et souvent avec avantage ; tels sont les états morbides désignés sous le nom d'irritabilité, d'état nerveux, de nervosisme (Crichton-Browne, Vigouroux, Bidd), auxquels il faut joindre l'excitation maniaque (Begbie, Broadbent), la mélan- <:olie (Bail), l'alcoolisme, le délire aigu (Rousseau, Féréol), la migraine (Ferrand, Gubler), la toux nerveuse et les vomissements incoercibles de la grossesse (Gersoy, Hodgkins, Ireland, Packward, Gimbert). Le docteur Ferrand s'est encore servi du Bromure pour apaiser les spasmes localisés, <i'origine réflexe, qui accompagnent un certain nombre d'affections de la vessie et du rectum. Stone (de Boston) cite trente cas de nausées et de vomissements consécutifs à l'emploi des anesthésiques, où les résultats du Bromure ont été presque toujours bons.

Le docteur Calloch (de Nantes) se loue des effets de ce médicament dans un cas de pneumonie ataxique.

Le Bromure de potassium a môme réussi dans plusieurs cas de tétanos traumatique, aigu, entre les mains de Bachencel, Bruchon, Landouar, Figueira, etc. A la vérité, ce dernier praticien a mis en usage, concurremment avec le Bromure, les vaporisations d'éther le long du rachis, les bains de vapeur et la saignée, ce qui diminue singulièrement la part de l'action .pharmacodynamique dans le résultat final.

Malgré quelques rares affirmations, il ne semble pas que le Bromure • alcalin ait eu beaucoup de succès dans le traitement de l'hystérie. Bazin, cité par J. Besnier, n'a rien obtenu dans six cas d'hystérie convulsive; je n ai pas été plus heureux que le savant dermatologue, et j'ajoute que je nen ai été nullement surpris, attendu que, dans mon opinion, l'hystérie

j.g4 OnOMURE DE POTASSIUM.

pure est essentiellement différente de l'épilepsie et de la plupart des autres aff et fus onvulsives, dans lesquelles la convulsion résulte d un rajUns HP M d'un excès de stinmhs. Les spasmes hystériques ont une tout IZo ig e'rd^rWentde l'hyposthénie du système nerveux Ils reconn en à peu près le même mécanisme que les accès éclamptoides ob ervés à la fm des grandes hémorrhagies et sont comparables aux contracl ons musculaires survenant au moment de l'ouverture du circuit 1 dque, tandis que les convulsions épileptiques ressemb ent aux contra i^ns mus ulaires initiales, beaucoup plus fortes, détermm es par 1 appUcali n des électrodes. De .i profondes différences dans les conditions causales des deux ordres de phénomènes morbides devaient faire pr o.. l'Lnité d'un sédatif hyposthénisaut, tel que le Bromure de potassium, dans la plupart des affections convulsives, chez les hystériques. Il n'en devait pas être ainsi pour la chorée, qui est une n^.ose irritatvv ,

accompagnée même ^J^fl^t^ dpnuis mes nrem ers essais, en 1864, le Bromure dicdnu a f a'ec sran/sSccès dans la chorée (Gabier, Gallard, J. Worms et Mar u ^ Cet agent s'est montré parfois héroïque, notamment dans cas ton autre moyen énergique : strychnine, tartre stibié, hydrothérapie, eut offet reron^,énients"oS des

première nuit se passa sans sommeil et dans une >6''f '""/""f.^'J ^'J^ :„.aprés quarante-huit heures de séiour . r p.ta^

par le frottement des talons. Sou. 1 mUuence a une i l , 0 grammes de brornure^le

Le Bromure de potassium a fait 'essif ""M (jn^rf). Moulard-

gues à ceux de la chorée chez un enfant de douze ans (^'^^ ^ Martin l'a fait servir contre les accidents nerveux hés à la

•'"c;n%tHt;ore plusieurs autres applications du Bromur^^^

Flint rapporte avoir guéri trois ^'rFéhzet a vu la

ordinrirement prescrit à ce genre ^ "^'^^^^^^'^J^;;,', du régime disparition du sucre dans les urines diabétiques en aen , spécial, sous la seule action de ce médicament. " simple

t c'ela à la gnérison du ^-'^^l» ^^.f ■°7;:rde -sodé il

nalliatif dans la cure de cette maladie. No6l Guéneau de »iu y Bromure au colchique dans le rhumatisme articulaire -S- f \, seul dans ces conditions sans beaucoup de ' Bromure de potassium plus utile, et je le P"-»;;- ^ , tend à

le rhumatisme est devenu subaigu et que e processus ,i flamm s'immobiliser sur les jointures. .Associé iM ■"^"■■^' ^ f« ,„„„ar.britcs. ^-^!r'■""î1'rrr:Mr:■qlu;ue?at:.:;l ::V'admiuistration du Brtm!:'e utttie:: datâtes llfeions cutanées douloureuses, mais je

BROMURE DE POTASSIUM. 080 ne pense pas que ces résultats se soient confirmés. Quant à l'application locale de ce sel, soit sur la peau, soit sur les muqueuses irritées ou enflammées, il n'y faut pas trop songer, malgré ce qu'en peuvent penser quelques thérapeutistes, attendu que l'action topique du Bromure est irritante. On ne pourrait donc en obtenir que des effets de substitution dans les cas de démangeaison et dans le prurigo nerveux.

Il n'en est pas moins vrai qu'on arrive avec une solution de Bromure de potassium (1 pour 16 d'eau, légèrement laudanisée), à calmer les érections cordées de la blennorrhagie, en l'injectant dans l'urèthre (Mauriac, Gambillard); à faire céder le prurit de la dentition (mellite bromuré de Pej'-raud) ; à enrayer les vomissements des phtisiques par de simples attouchements du pharynx avec la solution au tiei's (Woillez); à arrêter une épistaxis (solution saturée) ; etc.

Mais faut-il espérer que les applications locales de Bromure de potassium (solution au 10'') combattront avec succès (Peyraud, de Libourne) l'angine couenneuse ou le croup? Assurément non, et ce serait là se leurrer d'un vain espoir. Pas plus d'ailleurs qu'en administrant ce médicament dans de l'eau chlorée (Clemens et Wahl), ce qui nous fait rentrer dans l'ancienne méthode d'Ozanam, puisqu'il résulte de ce mélange une eau bromée, proposée déjà par ce dernier médecin dans le traitement de la diphtérie.

Enfin ce sel est appelé, selon moi, à rendre des services dans des maladies organiques peu curables, telles que la phtisie pulmonaire et la tuberculose en général, en réprimant certains symptômes ou complications, comme la toux quinteuse et les vomissements consécutifs du début de la tuberculisation pulmonaire (Gubler, Bondet), les dysphagies et l'inanition secondaire de la pharyngite granuleuse ou ulcéreuse des tuberculeux. Seulement, dans ce dernier cas, le Bromure doit être prescrit en lavements.

Modes d'administration et doses. — Quand on ne demande au Bromure de potassium que ses effets dits altérants, il importe peu qu'il renferme ou non de petites proportions d'iodure et de quelques autres sels alcalins. En pareille occurrence l'iodure de potassium lui devient môme un puissant auxiliaire et j'associe souvent les deux sels, en vue d'augmenter leur action métatrophique et de les corriger l'un par l'autre, imitant en cela les médicaments naturels représentés par les eaux minérales. Ainsi, dans le traitement des accidents syphilitiques du cœur et de l'encéphale et toutes les fois qu'il y a des tissus embryonnaires ou des exsudats viscéraux à faire rentrer dans la circulation, je ne rflanque jamais d'introduire dans la formule le Bromure de potassium comme adjuvant et correctif à la fois de l'iodure qui est l'agent principal.

La conduite doit être toute différente lorsqu'il s'agit d'obtenir uniquement des effets sédatifs. En ce cas, le Broniure de potassium doit être chimiquement pur et particulièrement exempt d'iodure, comme je le recommande depuis dix ans, en me fondant sur l'antagonisme partiel' des deux sels congénères, et comme on l'a généralement prescrit d'après mes indications. Aussi

586 UROMURE DE POTASSIUM.

l'industrie fournit-elle maintenant du bromure ne contenant pas de traces d'iode. Mais cette substance n'est pas la seule qui altère les bromures du commerce : Adrian a démontré dans la plupart des échantillons la présence de la potasse libre ou carbonatée, du bromate de potasse et surtout des proportions considérables, parfois énormes (30 i ojr 100) de chlorure de potassium. Or, il est d'autant plus urgent d'éliminer ce dernier composé qu'étant irritant pour les premières voies et exerçant une action stimulante très prononcée sur les globules sanguins, il contrecarre les effets propres du Bromure potassique.

Le Bromure de potassium, à la dose quotidienne de 50 centigrammes à i gramme, ne saurait agir qu'en qualité de résolutif, de fondant ou d'altérant. Comme sédatif ou anesthésique, on ne doit pas le prescrire à une dose inférieure à 2 grammes, chez un adulte. On en donnerait aisément 1 gramme chez les sujets en bas âge, lesquels tolèrent des doses proportionnellement plus fortes que les adultes de tous les médicaments qui, tels que la quinine, anémient les organes en agissant directement sur leurs vaisseaux ou indirectement sur les nerfs du sympathique qui règlent la circulation capillaire. A la dose de 2 grammes, répétée plusieurs jours de suite, le Bromure alcalm procure ordinairement des effets physiologiques et thérapeutiques. Toutefois il est souvent nécessaire de donner 3 et 4, 3 et 6 grammes dans les vmgtquatre heures pour enrayer les convulsions choréiques ou épileptiques et les accès de suffocation dans certaines formes d'asthme. Quelques praticiens ont l'habitude de pousser les doses jusqu'à 8 et 10 grammes; cette manière d'agir n'est pas toujours exempte d'inconvénients. Il se mamfeste non seulement de la diarrhée, mais aussi les autres phénomènes du bromisme exagéré.

On peut administrer le Bromure de potassium soit en nature dans un julep gommeux, soit en solution concentrée, dans des capsules de Lehuby, qu'il faut emplir au moment de les employer, sous peine de les voir se dissoudre partiellement au contact du sel déliquescent. Je préfère admmistrer par cuillerées à soupe, dans un peu d'eau sucrée aromatisée avec de l'eau de ileur d'oranger ou du sirop d'écorce d'orange amère, la solution suivante: Bromure de potassium pur, 20 grammes; eau distillée, 300 grammes.

Chaque cuillerée d'environ IS grammes représente sensiblement 1 gramme de Bromure. Cette formule est maintenant généralement adoptée.

Quand l'action topique du Bromure de potassium sur l'entrée des premières voies est désagréable aux personnes affectées de pharyngite, on peut le leur administrer en lave^nent (2 grammes pour 200 grammes de véhicule;, en supposiloire, 1 gramme pour A grammes de beurre de cacao, ou bien incorporé dans unepohon rendue visqueuse à l'aide d'un mucilage épais de gomme adragante, de graine de lin ou de lichen carragaheen. On en prênare des dragées, des granules (Mentel).

Trousseau a eu l'idée de faire prendre aux enfants scrofuleux le Bromure de polassium (20 centigrammes) avec l'iodure de la même base (5 cen-

BROMURE DE SODIUM. 387 tigrammes), et du sel marin (2 grammes), sur des tartines de beurre (123 grammes).

Le Bromure de potassium pourrait être incorporé dans du lait ou mêlé ?i la nourriture des vaches et des chèvres laitières, d'après la méthode de Labourdetle. Plusieurs pharmaciens en préparent un sirop d'un usage commode, dont chaque cuillerée à soupe doit représenter un gramme de sel.

On peut le faire entrer dans une pommade ou un glycéré comme résolutif et fondant, à la dose de 8 à 10 grammes pour 30 grammes de véhicule.

Le Bromure de potassium, en solution aqueuse au 20^ peut encore être administré sous forme de douches pulvérisées ou nébuUsées, brumifiées, ce qui est mieux, contre les affections de la muqueuse de l'isthme guttural, du pharynx et de l'entrée des voies respiratoires, la coqueluche plus particulièrement (Wintrebert), etc.

On a essayé Yinjeclion hypodef-mique (Alling, Millard) de Bromure de potassium ; mais il en résulte parfois des accidents locaux assez sérieux. Cependant Luigi Frigerio, qui préconise ce mode d'administration contre l'épilepsie, assure qu'il est tout à fait inoffensif, bien appliqué.

Il est d'usage aujourd'hui, très souvent, d'associer entre eux dans les formules médicales les principaux bromures alcalins. Tantôt ce sont les trois bromures de potassium, de sodium et d'ammonium, que l'on mélange dans une même potion, tantôt on prescrit les deux premiers ensemble ou bien le Bromure de potassium ou de sodium associé à celui d'ammonium. Brown-Séquard s'est fait l'un des promoteurs de celte méthode, adoptée par Charcot, Bail, Séguin, etc., d'ailleurs fort excellente et qui prête aux combinaisons de forces médicamenteuses les plus utiles et toujours efficaces dans les névroses justiciables de la médication bromurée. Les formules de ces mélanges polybromurés peuvent varier à l'inflni et ne sauraient être reproduites ici.

BROMURE DE SODIUM, Bromuretiun sodicum.

Angl. : Bi'omideof sodium. — AU. : Uromnatritim.

Le Bromure de sodium, NaBr, cristallise souvent en trémies cubiques. Il est presque soluble dans son poids d'eau et se dissout aussi dans l'alcool. Ses propriétés sont absolument analogues à celles du bromure de potassium, avec moins d'énergie, bien qu'il renferme plus de brome, ce qui prouve, soit dit en passant, l'influence de la base dans l'action pharmacodynamique des bromures. JMais, s'il représente l'action atténuée de son congénère, il est par contre plus facile à manier et mieux supporté par l'organisme.

Laufenauer le considère comme moins hypnotique, et agissant plus doucement sur la circulation et la température que le bromure de potassium. El, d'après Bidd, il remplacerait le chlorure de sodium dans le processus nutritif. On comprendrait dès lors pourquoi son élimination est assez lente de l'organisme et aussi l'infériorité de ses effets topiques sur les surfaces d'élimination.

588 CAFÉINE, TBÉINE, MÉTIIYLTIIÉOBROMINE.

En défiiiilive, c'est un médicament doué d'effets physiologiques positifs (RabuLeau) ; un aneslhésiant et un modérateur réflexe, qu'on utilisera spécialement dans les grandes névroses et toutes les fois que le bromure de potassium est mal toléré. Il est de bonne pratique d'associer les deux sels.

Le mode d'admmislration, les doses sont identiquement les mêmes que pour le bromure de potassium, avec cette différence que le Bromure de sodium, étant bien supporté par l'organisme, peut être prescrit à doses plus fortes.

BRUCINE, Brucina.

Angl. : Brucia or Brucina. — AU. : Brucin.

La^rMcme(G*6H26Az208;8aq.) caractérise le même groupe de plantes que la strychnine qu'elle accompagne toujours. Elle est fortement amère, se dissout dans 850 parties d'eau froide, dans l'alcool, la benzine, et surtout dans le chloroforme.

Les propriétés physiologiques de la Brucine, aussi bien que celles de 'i Xlgasurine, sont semblables à celles de la strychnine, à l'intensité près, et • avec cette nuance (Robert Robbins) que la Brucine paralyse l'action des nerfs moteurs, tandis que la strychnine pure la respecte. Il est difficile de fixer le rapport proportionnel entre les puissances de ces trois alcaloïdes. Quant à la Brucine, Andral la dit six fois et même vingt -quatre fois moins active que la strychnine pure, tandis que Magendie lui attribue douze fois moins d'énergie. Cette différence, moins accusée selon d'autres observateurs, constituerait un avantage, aux yeux de quelques praticiens, en ce qu'elle rendrait la Brucine plus maniable ; et Bricheteau Im donnait la préférence dans le traitement de l'hémiplégie. Ce dernier alcaloïde est d'ailleurs susceptible de recevoir toutes les applications énumérées plus loin à propos de son congénère.

CADMIUM, Cadmium.

Angl. : Cadmium. — AU. : Kadmium.

Le Cadmium (Gd), métal d'un blanc argentin, souvent associé au zinc^ n'a par lui-même aucune application médicale. Les dentistes seuls s en servent en amalgame pour obturer les dents cariées. Mais il sert à préparer quelques sels employés parfois en thérapeutique : le sulfate de Cadmium {voy cemot), l'iodure de Cadmium et le bromure de Cadmium. Ces deux derniers possèdent surtout les propriétés de leurs métaUoïdes et deviennent ainsi altérant ou sédatif.

CAFÉINE, THÉINE, MÉTIIYLTIIÉOliROMINE; Cafeina. ^■ns\.: Cafcin,Ca/fein, Ca/feia. — haff-ein.

Lâ Caféine, C'SH'^Az'O', alcaloïde extrait d'abord du café, qui en ren-

CAMPHRE DU JAPON. 389 ferme 0,8 à 1 p. 100, par Runge, en 1820, a été retrouvée plus tard dans le Paulinia sorlnlis (Guaranu) : 5 p. 100; dans Vllex paragimjensis (Maté): 1,85 p. 100; dans le thé : 2 à 4 p. 100 et, plus récemment, dans la noix de Kola {Kola acuminata) qui en renferme des proportions relativement considérables (2,34 p. 100), d'après Heckel et Schlagdenbaufen. Cet alcaloïde cristallise en belles aiguilles incolores, soyeuses et se dissout dans 93 parties d'eau froide, 23 parties d'alcool à Ob'* et dans 9 parties de chloroforme.

J'ai indiqué succinctement déjà (voy. p. 32) les principales propriétés de la Caféine, je n'ai donc pas à entrer ici dans de longs détails à leur sujet-

Je rappelle que c'est un stimulant puissant du système nerveux, produisant chez l'animal une sorte de strychnisme, ou bien un paralysant le plongeant dans le coUapsus quand la dose devient très forte. Ces mêmes effets stimulants se traduisent chez l'homme par de l'accélération du pouls, une sorte d'ivresse avec mal de tête, bourdonnements d'oreille, hallucinations, délire. Tantôt il y a tendance au sommeil, tantôt l'insomnie domine.

La circulation est accélérée par les doses faibles, ou bien ralentie si l'on augmente ces doses; et la respiration, la calorification se modifient parallèlement. Quant à la pression sanguine, elle semble plutôt augmentée par les doses thérapeutiques.

La Caféine stimule la sécrétion de la salive, de la bile, de l'urine, et elle excite les glandes intestinales. On lui attribue généralement une influence sur la nutrition ; il est possible, en effet, qu'elle ralentisse les échanges organiques (Rabuteau).

Ses applications thérapeutiques, limitées il y a quelques années au traitement de la migraine et des céphalées, sont devenues des plus importantes dans le traitement des cardiopathies. La Caféine est un médicament cardiaque de premier ordre, aussi efticace que la digitale pour calmer les palpitations, diminuer la dyspnée et dissiper l'anasarque chez les sujets affectés d'une maladie du cœur, arrivés à la période asystolique.

Elle s'administre en pilules de lo à 20 centigrammes, à la dose de deux à quatre par jour, ou mieux dans une potion à laquelle on ajoute un peu d'acide citrique pour favoriser sa solution dans l'eau.

Le valérianate de Caféine, quoique très mal défini chimiquement, m'a rendu de véritables services contre les vomissements de la grossesse et'ceux de la coqueluche, aux mômes doses que la Caféine, délayé dans un peu d'infusion de café.

CALOMEL, CALOMELAS, CALOMEL A LA VAPEUR. - Voy. CuLORUUlî

MERCUUEUX.

CAMÉLÉON VIOLET. - Voy. Permanganate de potasse.

CAMPHRE DU JAPON. - Stéaroptène du Camphora of/icimnm, Nées. Laurus Camphora, L. — Lauracées.

Angl. : Japan Camphor. — AU. : Japanisches Kampfer.

Le Camphre, essence oxydée (G^oHi^O^), est un stéaroptène ou huile volatile concrète dont les analogues se rencontrent dans une foule de plantes de la famille desLaurinées; de celles des Labiées, des Composées, des Amomées, etc. Le stéaroptène du Laurus Camphora est la sorte commerciale la plus importante. Seul il dévie à droite le plan de polarisation, tandis que les autres variétés de camphre le dévient à gauche ou n'ont aucune influence sur lui. Il est légèrement soluble dans l'eau (gig), très soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles grasses et volatiles et les acides. Outre le Camphre, on trouve dans le Laurier camphrier une essence liquide que Pelouze et Fremyont décrite sous le nom à.' huile de Camphre.

Action physiologique. — Le Camphre possède une odeur d'une fragrance particulière. Dans la bouche, il produit un goût aromatique avec une sensation de fraîcheur lorsque l'air y pénètre. A la longue il détermine de la rougeur, de la chaleur et de l'enflure de la muqueuse. Il se comporte aussi comme les âcres au contact des surfaces dénudées et des plaies. Dans l'estomac, il détermine une sensation de chaleur, de l'irritation inflammatoire et même des ulcérations, quand il est ingéré en quantité excessive. De cette irritation résultent des nausées, des vomissements et des phénomènes réflexes ou sympathiques qui se confondent avec les accidents provenant delà diffusion du médicament dans toute l'économie. Après absorption, le Camphre amène la précipitation du pouls, et, à dose toxique, des spasmes, des convulsions, le délire, l'éclampsie, l'insensibilité et la mort (Menghini, Alexandre, Carminati, Moiroud, Orfila, etc.). Ces phénomènes peuvent être attribués soit au ralentissement ou à l'arrêt des fonctions deshématies, soit à l'action stupéfiante exercée sur le système nerveux.

A dose modérée (un demi à 1 gramme), le Camphre est exhilarant et anodyn; à dose excessive, il trouble les sens, les facultés intellectuelles et la volition, d'oia le déUre ou folie passagère, dont les manifestations varientavec le caractère habituel du sujet. Le plus souvent toutefois il y a une agitation excessive, assez rarement de la prostration et du collapsus. Dans quelqnies • cas on a vu des convulsions, suivies de coma, de refroidissement, de dilata tion pupillaire, d'insensibilité, et la mort termine la scène (F. Hoffmann, Pouteau, CuUen, Edwards, Schaaf, Stokes, Trousseau et Pidoux, etc.). 4 grammes, en lavement, ont suffi à déterminer cet empoisonnement.

La respiration et la circulation sont accélérées par les petites doses, mais fortement troublées par les doses toxiques, lors des crises convulsives. Et l'on a vu la température s'abaisser dans l'état de fièvre [Pirogoff) ou s'élever (Pereira) en môme temps qu'il survenait une poussée de sueur.

Du côté de l'appareil génital les phénomènes suivent la môme loi. Un peu de Camphre excite les fonctions génébiques, beaucoup abat la puissance génitale. Trousseau et Pidoux ont observé ce dernier effet avec 1 gramme 80 centigrammes de Camphre. La dysurie a été décrite par Heberden, Scudery, etc. Le Camphre oblitère pour ainsi dire le rein qu'il ne traverse pas.

En définitive, le Camphre est directement excitant, et ne devient que secondairement contro-stiraulant, stupéfiant et toxique. II ne se sépare donc pas notablement des autres substances aromatiques.

Chez les animaux à sang chaud, l'empoisonnement par le Camphre se caractérisesurtoutpar des phénomènes convulsifs, épileptiformes, etla mort arrive dans un accès, par suffocation, tandis que le Camphre amène la paralysie de la moelle en un instant chez la grenouille (Binz).

On comprend que la respiration et la circulation soient profondément affectées : excitation d'abord, paralysie ensuite. De même la pression sanguine s'élève, et l'on voit un abaissement considérable de la température. Pour les organismes inférieurs, le Camphre est un poison plus actif encore que ne sont diverses substances aromatiques (Vétiver, Pyrèthre, etc.), bien connues pour leurs effets insectifuges. Par là il devient antizymotique et antiseptique au plus haut degré.

Le Camphre a été retrouvé dans le sang de la veine porte et de la mésentérique du cheval par Tiedemann et Gmelin, mais non dans le chyle ni l'u- • rine. Il est éliminé principalement par les voies respiratoires. L'haleine exhale une forte odeur de Camphre chez les personnes et les animaux à qui on en a fait avaler de grandes quantités (Trousseau et Pidoux). Il en est à peu près de même pour la transpiration (Cullen, Moiroud). Notons que Cullen n'a jamais pu constater, non plus que Tiedemann et Gmelin, la présence du Camphre dans la sécrétion urinaire.

Substances synergiques et auxiliaires. — Le Camphre du Japon a pôur succédanés : celui de Bornéo (C^^HisO^), dont il est l'aldéhyde, les stéaroptènes des familles aromatiques et même les essences fluides mais oxydées delà famille des Myrtacées. Ses analogues sont les huiles volatiles et ses auxihaires, tantôt les stimulants diffusibles, tantôt les antiseptiques, quelquefois les stupéfiants, selon le but que poursuit le praticien.

Substances antagonistes, contrepoisons. — Pour l'action topique, ce sont les émoUients. Pour l'action diffusée, ce sont les toniques sédatifs ; 'ou bien, quand les effets sont toxiques, les inhalations d'oxygène, le café,' l'excitation galvanique. Pour l'anurie, ses antagonistes sontles diurétiques.

Usages. — Le Camphre est employé comme stimulant général à la fin des inflammations qui ont épuisé l'économie, et dans quelques circonstances analogues. Dans d'autres cas, on le dit antispasmodique et exhilarant mais ces bénéfices ne sont obtenus que quand la mélancolie ou les convul' sions dépendent d'une torpeur ou d'une asthénie du système nerveux En ce cas, le Camphre est encore excitant.

Quand il provoque la diaphorèse, le Camphre agit de môme par l'excitation cardio-vasculaire. C'est ainsi qu'il est utile dans le choléra dans le rhu matisme ou la goutte atonique. Le Camphre est indiqué (Gubler) dans la polyurie et dans 1 irritation des organes génito-urinaires

A l'extérieur, on emploie le Camphre en fumigations, en solution alcoolique ou huileuse, contre les panchements sanguins, les tuméfactions in- Uammatoires, les douleurs rhumatismales, etc. La solution de Camphre

dansl'élhera été appliquée sur réi'ysip61e(Malgaigne, Trousseau). La poudre de Camphre esl couseillée pour préserver le visage des marques delà pelile vérole.

Les pansements avec de la charpie imbibée d'eau-de-vie camphrée sont employés dans le but de désinfecter les plaies et de prévenir les accidents graves de la résorption putride. Netter se loue beaucoup de ce moyen dans le traitement des ulcères phagédéniques gangréneux et de la pourriture d'hôpital, et Ghampouillon le recommande contre le chancre primitif : deux applications parfaitement sûres. On peut en rapprocher les pansements au camphre phéniqué, de Soulez, qui ont l'avantage de diminuer la réaction après les grandes opérations, de faire cesser ou d'atténuer les douleurs des plaies, de rendre la suppuration moins abondante tout en accélérant la cicatrisation. Ce produit s'obtient en combinant : acide phénique, 9 gram. ; alcool,! gram.; camphre, 25 gram. Pour les pansements, ce liquide s'ajoute à de la teinture de Quillaya. Employé pur, le Camphre phéniqué désagrège les fausses membranes diphtéritiques ethâte laguérison de l'angine couenneuse (Soulez, Pératé). Eu lavement dans la fièvre typhoïde, il calme la fièvre et les désordres nerveux (Ch. Amat). Lajoue lui substitue un produit de môme ordre, dans les mêmes cas, le. camphre salicylé, mélange à parties égales de camphre et d'acide salicylique, incorporé à de la vaseline, et d'une utilité réelle (Henrot, Luton). L'action toxique du Camphre, sur les êtres les plus bas placés dans la série, sert de fondement à tout le système

médical de Raspail.

Les contre-indications du Camphre sont : les états inflammatoires de 1 estomac, la fièvre intense, les formes sthéniques et irritatives des spasmes, convulsions et autres symptômes morbides pour lesquels il est conseillé.

Modes d'administration et doses. — La dose pour l'usage interne dmt être de 50 centigr. à 1 gramme. On administre le Camphre en pilules et en émuhions. L'émulsion est prise en potion ou en lavement. Elle se prépare avec un jaune d'œuf, ou bien avec un mélange de sucre, gomme arabique et un peu de myrrhe. C'est une forme désagréable et qu'il faut réserver pour l'administration par le rectum.

Ou prépare une eau camphrée qui, d'après Jeunnel, ne contiendrait pas plus de 75 centigr. de Camphre par litre, une eau-de-vie (1 p. 39 d'alcool à GO»), une teinture éthérée (au 10"), un alcool très chargé (lUO p. 1000) et un vinaigre camphrés. On a encore le lini7nent de Camphre, le Uniment volatil camphré, l'huile camphrée (au 8°), la pommade (au h"), etc.

La poudre de Camphre entre dans le cataplasme aromatique et narcotique de Trousseau. Raspail en fait priser la poudre, le fait aspirer à travers des tuyaux de ^l\xmQ [cigarettes), l'applique topiqucment, uni à l'ammoniaque sous le nom A' Eau sédative, laquelle est rubéfiante, vésicante et ne calme que par action révulsive.

Enfin le Camphre entre dans le Vinaigre des quatre voleurs ou antiseptique, le Baume de Genièvre, le Baume Chiron, le Linimenl hongrois elV Emplâtre de minium ou de Nuremberg.

CANTFIARIDINE. 593

CAMPHRE MOIVOBROMÉ, BROMURE DE CAMPHRE, Bromuretum camphoralum.

Angl. : Monobromated Camphov, Camphor bromized. — Ail. : Monobromcamjjhor.

Le Camph-e monob7'omé, Çr^\{^^BvO'^ ^ est en beaux cristaux prismatiques, transparents, très solubles dans l'alcool, l'éther, le sulfure de carbone, et renferme 34,78 p. 100 de brome.

Action puysiglogique. — Des expériences sur les animaux ont montré à Bourneville qu'il diminue les pulsations artérielles, abaisse la température, ralentit la respiration et jouit de propriétés hypnotiques. Il est d'ailleurs bien toléré par les voies digestives; mais sori usage prolongé chez les chats et les cobayes produit un amaigrissement notable.

A la dose de 0,50 à 1 gram., Trasbot lui a vu produire chez le chien des accès de convulsions comparables à ceux du strychnisme, et n'a d'ailleurs jamais observé d'effets soporifiques. De telle sorte qu'en réalité les effets du camphre pourraient bien l'emporter dans cette préparation.

Usages. — Chez l'homme, le médicament est bien toléré, toutefois il n'y a pas lieu de compter beaucoup sur ses effets thérapeutiques. Les résultats satisfaisants signalés par Bourneville dans les grandes névroses n'ont guère été vus que par lui. Tout au plus peut-on rechercher les effets sédatifs du Bromure de camphre dans la spermatorrhée et pour calmer l'excitation génésique.

En raison de son odeur et de sa s.aveur assez désagréables de térébenthine camphrée, on l'administre en capsulesou en dragées (Clin). Celles-ci, dosées à 10 centigam., peuvent se donner au nombre de 5 à 10 par jour.

CANTHARIDINE, Cantharidina seu Cantharidininn. Angl. : Cantharidin. — Ail. : Kanlharidin.

La Cantharidine, substance ternaire, d'après Robiquet (C'oneo*) renfer merait de l'azote {C^WkzL\^) selon Liebig, et se rapprocherait des alcaloïdes' organiques.

Mai^s on sait aujourdhui que l'opinion de Liebig n'est pas fondée car de récentes analyses de Massing et Dragendorff ont établi que la Cantharidine peut être considérée comme l'anhydride de V acide cantharidigue dont la for mule est C.m^O^+ mO. Les deux molécules de protoxyded'hy ^ pt"vent être remplacées par deux équivalents d'un oxyde métallique et l'on obtien ainsi des sels bien définis. Deux de ces sels, les canth de po-

tasse et de soude, ont été bien étudiés au point de vue chimiaue et théra peutique et l'on sait maintenant que ces cLbinaisons j Sut des p o

ror:ratptél%?rlS^^^^^^ - rapidité d'action. La

La Cantharidine est blanche, inodore rrisfiiiino ^•

"c, luuuore, cristalline, d une saveur excessive-

UUBLER KT Ladbée, 3" édition.

CANTHAHIDINE.

. A . .iiP Pst entièrement volatilisable à la température ordinaire. Parment âcre , « « ^^^ ^ ^ coUodion, le chloroforme, les huiles, fixes '"''"Tn ie s e le se dissout assez bien dans l'alcool chaud, mal dans Z Xoiâ l\ se montre, à l'état de pureté, complètementinsoluble dans i e q 'n' mpôche pa's la solution aqueuse de Cantharide de contenu / i^'rTnlhiridine laquelle devient soluble dans l'eau à la faveur des autres de ce coléoptére, et spécialement de la matière Jaune.

^Tc^rp"^ Elle est semblable à celle de la poudre de

CatlaZle TYoy. ce mot), et n'en diffère que par l'intensité. La proportion L ri c^^B act^ dans l'insecte serait de i/250 d'après Thierry e de 1/200 triant Lissonde. Et pourtant, d'après le professeur Dieu (de Me z), 6 cenïlle de Canthari n'équivalent qu'à 1 gramme de Can hande en tig ammes ae ^ ^^^^.g^^e , moins d'un demi-milhgramme

r ïï^r :::tïanU.^ne -

vertus aphrodisiaques qu ^l^^f l^jj^^^^^^ ^^^stance tout entière de

rité, la stimulation génésique déterminée par

nnsecte est elle-même ^ ^.^^^^^ A dose'véné-

conséquence détournée de l^j^^f^^orie nue les accidents topiques ne neuse, mais pourtant ménagée ^ ^^^^^^^^^^ i.pi^s des mouve-

prédominent pas, ce principe a tif a P^^^^^^^^^^^^^^^^ puis la léthargie et la

Lnts alternant ^.^^P^^^^^,! ^^'^^

mort (Bretonneau, G^acom m) D s é e ^^^^ i,,i3-

avalé i à 4 centigrammes de Canthar dîne q ralenlissequée dans un mucilage, ont éprouvé f/y^m^^^des membres, envies Lut du pouls, prostration, '^^'^^'l '^^'^'^^^^^^^ sueurs cofréquentes d'uriner, ardeur dans l'urethre san ? ;;P;^^^;i,,,idine est un pieuses. De ces expériences, Giacomim con lu q f^^]^^^^^^^^ hyposthénisant cardiaco-vasculaire. A d°^^ et bientôt l'arrêt

mine l'accélération de la respiration et de la circuiaiio ,

de ces fonctions. „„inpinp actif'de la Cantharidine

Les SYNERGIQUES et Ics AUXILIAIRES du P^^P^^;';; l'esseucc de

CARBONATE (SESQUI-) D'AMMONIAQUE, ALCALI VULATIL CONCRET. 5'Jo

mule dans le sang, devient au contraire son adjuvant lorsqu'il s'agit d'aller porter au loin une action irritante sur les émonctoires dont la sécrétion n'est pas albumineuse. Au point de vue de ses effets généraux, la Cantharidine, qui produit la sédation circulatoire, trouverait des antagonistes, et, jusqu'à un certain point, des antidotes dans l'opium et les stimulants diffusibles; mais on ne lui connaît pas de contre-poisons chimiques.

Usages. — Modes d'administration et doses. — La Cantharidine pourrait être employée aux mêmes usages externes et internes que l'insecte qui la fournit et que les animaux vésicants en général ; seulement elle est peu usitée à cause de la difficulté de sa préparation.

Elle pourrait servir : 1" à la préparation du Collodion canlharidal (Hirsch), dans lequel on fait entrer la poudre de Cantharides, et qui donnerait commodément des vésicatoires de toutes formes et de toutes grandeurs ; 2° à celle de VÉther cantharidal (Etlinger), à l'aide duquel on obtient le Taffetas et le Papier vésicants. La Pommade de Cantharidine (Soubeiran) est formée de S centigrammes du principe actif dans 30 grammes d'axonge. Un pharmacien distingué, E. Ferrand, prépare avec un vernis de Cantharidine étalée sur de la baudruche un vésicatoire rose très élégant et d'une application facile. T. Delpech a exécuté une préparation analogue au moyen du Cantharidate de potasse et d'une mince feuille de gutta-percha.

Si l'on tenait à produire l'excitation uro-génitale en administrant la Cantharidine à l'intérieur, on pourrait la faire parvenir dans l'estomac à l'état d'albuminale, c'est-à-dire en dissolution dans du blanc d'œuf, afin d'épargner les premières voies. Seulement la dose resterait encore à déterminer.

CARBONATE (SESQUI ) D'AMMONIAQUE, ALCALI VOLATIL COxN- €RET, Carbonas Ammoniœ seu ammonicus.

Angl. : Carbonate of Ammonia, volatile or smelling Sait; Baker s Sait. — Ail. : Ammoniacum carbonicum, flûchtiges Laugensah.

L'/l/ca/i î;o/a<^7 concret est un Sesquicarbonate d'Ammoniaque ayant pour formule 3C0^2A^H^O-f 3H0, lequel prend naissance pendant la décomposi ion putride des matières animales. Il est soluble dans 3, 6 d'eau, se volatihse intégralement à l'air libre, mais perd auparavantle quart de son alcali et se transforme en bicarbonate.

Action PHYSIOLOGIQUE. - Le Carbonate d'Ammoniaque, étant volatil ol bTeTx itrf'é l'ao^moniaque libre au contact de llau et surtou d' n niaaue m "^'^^"^"^"^^^^ de propriétés analogues à celles de l'ammo- 2 d-'un? r"""' ""T C'est donc un stimulant diffu-

do..

^roTchiaue ndi n \ T ""^ ''««--I^'able sécrétion du mucu i^ronchique indiquée par Wibmer; et d'un autre côté, la cachexie, l'éma-

596 CARBONATE (SESQUI-) D'AMMONIAQUE, ALCALI VOLATIL CONCUET.

dation musculaire, les urines brunes, troubles et fétides, la fièvre hectique, les hémorrhagies multiples et le marasme observés par Huxham chez un jeune homme qui mangeait du Carbonate d'Ammoniaque comme du sucre, et qui périt misérablement par suite de cette incroyable habitude. Chez les animaux les doses massives déterminent des phénomènes convulsifs, l'abaissement de la température, le ralentissement de la circulation et l'arrêt du cœur (Rabuteau, Béhier, Liouville). Il s'élimine, en partie décomposé, par les reins, les voies pulmonaires et la peau. C'est d'ailleurs un modificateur de la sécrétion urinaire; on voit, en elfet, les hautes doses de Sesquicarbonate augmenter la proportion des phosphates et diminuer celle de l'urée et des sulfates (Rabuteau).

Substances synergiques, auxiliaires. — L'ammoniaque caustique et l'acétate d'ammoniaque, le musc, le castoréum, la valériane, l'opium, les aromatiques et les alcooliques, aidés par une température élevée, sont les succédanés ouïes adjuvants de l'action pharmacodynamique du Carbonate

d'Ammoniaque. .

Substances antagonistes. — Antidotes, contre-poisons. — Les boissons froides et d'une nature émoUiente ou rafraîchissante, les alcaloïdes du quinquina et les corps d'une action analogue, le tannin, etc., contrarient les effets du Carbonate d'Ammoniaque, et peuvent en être considérés comme les antidotes dynamiques. Ses incompatibles sont : les acides, les alcahs fixes et leurs carbonates, les sels de fer, à l'exception du tartrate ferncopotassique, le calomel,les sels de plomb, etc. Ses contre-poisons chimiques sont les acides énergiques, qui, en saturant l'alcali volatil, neutralisent sa

causticité. „. . , .

Usages - VAlcali volatil concret se donne à l'intérieur comme stimulant de la circulation et de la diaphorèse, dans les maladies algides, dans les fièvres éruptives dont l'exanthème se fait mal, et toutes les fois q. il importe de déterminer une abondante sudation ou du moins une vive. excitatL périphérique ; toutefois ses vertus diaphorétiques sont douteuses, au moins chez l'homme bien portant. On l'a vanté, à tort, dans le vrai croup, et avec plus d'à-propos dans les affections catarrhales subaigués ou chroniques des bronches. On comprend mieux son action dans la scarlatine grave rhystérie et les convulsions infantiles, et même dans la glycosurie, ou i agirait comme antacide dans les premières voies et comme stimulant diffusible lorsqu'il est parvenu dans la circulation.

Le Sous-Carbonate d'Ammoniaque a encore été conseillé dans a scrofule, les paralysies et les maladies syphilitiques. En l'associant à l iodure de potassium il renforce ses propriétés antisyphilitiques (Paget) et les rend

''ï l'exférieur. on peut s'en servir, à l'exemple de Chaussier, de P^^^rence à la pommade de Gondret, pour obtenir la cautérisation ou simplement la

'"'d^dministration et doses. - Le Carbonate d'Ammoniaque se donne comme stimulant et diaphorétiquc à la dose de 30 cen.igrammes à

CARBONATE DE CHAUX PaÉCIPlTÉ, CARBONATE DE CHAUX PRÉPARÉ. 397

2 grammes; comme émétiqueà celle de 1 gramme 30 centigrammes, répétée, s'il y a lieu,

Ce sel est ordinairement administré en solution aqueuse plus ou moins étendue et quelquefois en pilules, associé le plus souvent à des substances auxiliaires : opiacés, alcooliques ou balsamiques. Son action est très supérieure à celle de l'acétate d'ammoniaque.

On en met de 2 à 5 grammes avec 20 grammes de rhum dans une potion diapJm'éiique contre la glycosurie (Bouchardat). La même dose associée à l'extrait d'opium se prescrit en pilules dans la même affection. Contre la bronchite chronique, Williams (de Cork) combine le carbonate alcalin avec la gomme ammoniaque, l'ipéca et la morphine.

Cazenave a fait préparer un sirop de Carbonate d'Ammoniaque d'un emploi commode, et destiné à remplacer le sirop de Peyrilhe dans le traitement des dermatoses squameuses invétérées.

Il existe aussi un Uniment de Sous-Carbonate d' Ammoniaque pour les douleurs rhumatismales.

EnQn, quand on veut le faire servir à la rubéfaction ou à la vésication, on en saupoudre un emplâtre de diachylum qu'on maintient appliqué sur la région choisie pour devenir le siège de cette phlogose thérapeutique.

CARBONATE DE CHAUX, Carbonas calcicus.

Ce se), qui contribue à former le blanc d'Espagne, de Paris ou de Meudon, la craie, le marbre blanc, n'a pas d'usages médicaux, car on lui substitue le carbonate de chaux précipité (Voy. ce mot) dans toutes ses applications. Il est répandu partout à profusion, constitue presque à lui seul des bancs entiers des terrains crétacés. On le rencontre en plus ou moins fortes proportions dans presque toutes les eaux potables, ainsi que dans les eaux minérales; il entre dans la composition des plantes, de la plupart des humeurs animales et constitue un élément des os, du squelette extérieur des Articulés et des coquilles des Mollusques.

^^'n^^'r'^l:'^ ''^z ^"^^"^ PRÉCIPITÉ, CARBONATE DE CHAUX PRÉ- PARE, Laroonas calcicus.

Angl. : Carbonate of Lime. - AU. : Kohlensàures Kalk

dTtr'' 1"""^ r''^'''' double décompo-

ActI pn d« «°"de cristallisé.

Jr^ZZT^TT- 7^?""^ ^^^-'d. le Carbonate calcaire en poudre agit a la manière d un absorbant mécaniniip d'il c.„ . j -,

ce sel se dissout en laissant dégager son ' h^' 1 7 f

un absorbant chimique, en même temos un'H ' f Par conséquent

mulant de la muqueuse gas^e omm^nn. f ^r' thésique. Les sels résultLt T a'combr.î ^

normaux de l'estomac ou avec ceux at -T ' '^^^ n'everrpnt rroiiinnn. n '^^ec ceux qui s y montrent accidentellement,

n'o onn.n T""" '"^^'^'^'^-^ fâcheuse sur le tube digestif e

occasionnent aucun dérangement de corps. C'est donc en vertu d'un pré-

,;93 CARBONATE DE LITHINE.

iugé regrettable qu'on attribue des qualités malfaisantes aux eaux calcaires prises en boisson. Elles sont plutôt salutaires aux personnes atteintes de dyspepsie atonique, ainsi qu'aux jeunes sujets en voie de développement.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les bases alcalines et terreuses sont des absorbants à la manière du Carbonate de Chaux, lequel trouve dans l'oxyde et le phosphate calcaires, des analogues au point de vue de la réparation des organes.

Substances incompatibles. — Si l'on veut utiliser les propriétés absorbantes du Carbonate de Chaux, il faut éviter l'introduction simultanée des

acides. ,

Usages. — Ce sel trouve son emploi dans l'acor, la pyrosis, ou ce qu on nomme la dyspepsie acescente, ainsi que dans l'hypérémie de la muqueuse des voies digestives et dans l'empoisonnement par les acides minéraux. Dans ma pratique nosocomiale, et même en ville, je le substitue souvent au sous-nitrate de bismuth, sur lequel il a l'avantage du, bon marché et celui de ne pas colorer en noir les matières fécales. Je m'en sers également contre la blennorrhée uréthrale et contre l'élytroïte chronique.

Modes d'administration et doses. - Le Carbonate de Chaux se donne en poudre dans du pain azyme ou délayé dans l'eau, à la dose de 2 à 8 ou 16 grammes par jour, selon l'âge des malades et la résistance des accidents. On a soin de ne pas en continuer trop longtemps l'usage à dose élevée, pour ne pas alcaliser la sécrétion gastrique.

Il est souvent utile de l'associer au Diascordium ou à d autres préparations narcotiques. A l'extérieur on l'emploie en injections uréthrales ou vaginales, à l'état de suspension dans un véhicule aqueux, et comme poudra absorbante sur les surfaces irritées de la peau. , . „

VEau de Carrare, du formulaire anglais, est une solution effervescente et concentrée de Carbonate de Chaux dans de l'eau chargée de 5 volume, d'acide carbonique.

CARBONATE (SOUS-) DE FER. - Voy. SafraN de MARS APÉRITIF.

CARBONATE DE LITHINE, Carbonas lithicus.

An^l. : Carbonate of Lit/da. — AU. : Kohlensàures Lilhin.

Le Carbonate de Lithme, CO^LiO, est en poudre blanche, cristalline inodore, d'un goût très alcalin, soluble dans 100 parties d'eau froide, mais nlus soluble dans l'eau chargée d'acide carbonique.

On le trouve dans un certain nombre d'eaux minérales alcalines particulièrement dans les eaux de Royat (Truchot, Fredet, Boucomont) qui en n iennent 0,035 p. lOOO; dans celles de Yichy, Carls'.ad lïeau^ ^^^^^^^^^^ tenay, la plus chargée en lithine (0,095), renferme surtout du chlorure de

"^'SiTvait fondé les plus belles espérances sur l'usage de ce médicament dans la giuUeetlagravelle urique, en raison de la propriété qu U possède

CAllBONATE DE MANGANÈSE, CARBONATE MANGANIÎUX. 399

à un assez haut degré de dissoudre facilement l'acide urique (Ure, Garrod) et les urates. Mais jusqu'à présent les vertus lithontripliques des sels de lithium restent douteuses, et l'on ne saurait affirmer que le Carbonate de Lilhine l'emporte au sein de l'économie sur ses congénères alcalins contre les manifestations de la diathèse urique.

Le Carbonate de Lilhine s'administre en pilules, granules effei'vescents, en poudre dissoute dans une eau bicarbonatée, à la dose de (Jb^dU à 1 gramme.

CARBONATE DE 3IAGÎVÉSIE OFFICINAL, IIYDROCARBONATE DE MAGNÉSIE, MAGNÉSIE BLANCHE, Hydro-Carbonas mngnesicuS.

Angl. : Heai'n and ligkl Carbonate of Magnesia. — AH. : Kohlensàure Bit- Icrerde, basische Kolilensciure Bitiererde.

Le Carbonnte de Magnésie (3G02,4MgO-f-4HO) possède les qualités absorbantes et antacides de sa base terreuse, et peut servir aux mêmes usages, il ne diffère de la Magnésie calcinée que par le dégagement de son gaz carbonique en présence d'acides plus puissants, tels que ceux du suc gastrique, ce qui constitue même un avantage sensible toutes les fois qu'il existe un certain degré d'irritabilité stomacale.

On l'administre ordinairement comme antacide ou lilhontriptique, en poudre ;\ la dose de 50 centigrammes à 5 grammes, délayé dans l'eau ou enfermé dans un pain azyme. Mais on prépare aussi une Faîi magnésienne et une Eau magnésienne gazeuse, dans lesquelles le carbonate de soude et le sulfate de magnésie donnent lieu, par double décomposition, à du Carbonate de Magnésie et à du sulfate de soude, le premier étant maintenu en dissolution par un excf'S d'acide carbonique (6 volumes) introduit par pression.

L'eau magnésienne gazeuse ne diffère de l'autre que par une quantité moitié moindre de substances salines. On les prescrit toutes deux par verrées dans l'acescence gastrique et la gastralgie concomitante, et l'on doit, selon nous, les préférer à d'autres absorbants, lorsqu'on veut obtenir concurremment des effets laxatifs.

CARBONATE DE MANGANÈSE, CARBONATE MANGANEUX, Carboms manganosus.

Angl. : Carbonate of Manganèse. ~ : Kohlensàures Manganoxijd

Le Carbonate de Manganèse, CO^MnO, existe en petite quantité dans les eaux de Casteljaloux, Provins, Luxeuil, Gondé, en France; dans celles de Carlsbad, Ems, Franzensbad, Marienbad, etc. C'est une poudre blanche un peu rosée, insipide, insoluble dans l'eau. '

Les sels de Manganèse se rapprochent beaucoup par leurs effets reconstituants, a-t-on dit, mais la preuve n'est pas faite de cette affirmation, de ceux des sels de fer. On les retrouve en tout cas dans nos principales cééales, dans presque tous nos fruits et légumes (Maumené). Le Carbonate se comporte comme le Bioxgde de Mmxganèse (Voy. ce mot)

Usages. -Modes d'administration et DosEs.-Le Carbonate de Manganèse

600 CARBONATE DE PLOMB, CÉltUSE.

serait, dit-on, un auxiliaire des préparations martiales, ce qui ne m'a pas été démonlré dans les essais que j'ai faits de ce médicament chez les chlorotiques (E. Labbée).

Le Carbonate sacchart'n des Anglais renferme du sulfate de fer, du carbonate de soude, du sulfate de manganèse et du sucre blanc. Le sucre ou le miel s'opposent à l'oxydation ultérieure du Carbonate manganeux; il en est de même du charbon en poudre.

Les doses du Carbonate de Manganèse sont de Ofc''',40 à 2 grammes par jour, en pilules.

CARBONATE DE PLOMB, CÉRUSE, Carhonas plombions . Angl. : Carbonate of Lead. — AU. : Bleiweùs.

Le Blanc de Plomb, ou Blanc de céruse (PbO,C02), se rencontre rarement à l'état natif; c'est presque toujours un produit de l'art, et les ouvriers qui le manient sont exposés à de graves dangers.

Action physiologique. — Appliquée sur la peau saine ou sur des surfaces excoriées, la Céruse produit des effets peu sensibles; cependant elle agit comme astringent dès que les acides normaux ou accidentels en dissolvent une proportion notable qui passe à l'état d'acélate ou d'un autre sel soluble. Absorbé lentement et graduellement, soit par les plaies cutanées et les surfaces simplement affectées d'intertrigo (Kopp, Gabier), soit par les voies respiratoires ou digestives, le Carbonate de Plomb donne lieu aux phénomènes suivants : langueur des fonctions digestives, pâleur anémique, constipation, arthralgie et mélalgie, courbature générale, colique sèche, analgésie, et plus tard paralysie spéciale des extenseurs des avant-bras, quelquefois de ceux des jambes, rarement hémiplégie ; ou bien encore céphalalgie, délire et convulsions éclamptiques. Ces derniers accidents se terminent d'ordinaire par la mort. Il existe aussi un tremblement saturnin, au même titre que le mercuriel, et une albuminurie saturnine bien étudiée par Ollivier.

En outre j'ai décrit sous le nom de Tumeur dorsale de la main, chez les saturnins d'abord, ensuite chez les hémiplégiques, une altération nutritive des tendons extenseurs des doigts liée à la paralysie et constituée par la nécrose du centre du tendon avec hypertrophie compensatrice des couches superficielles rappelant les contre-forts des os rachitiques. Des faits semblables avaient été vus d'abord par Plater, de Haën et Tanquerel des Planches, puis par Nicaise, et j'en ai fait vérifier les particularités par un habile micrographe, le docteur Legros.

Le plomb qui sature l'économie s'échappe par les différentes voies d'élimination, soit directement, soit après avoir fait partie intégrante des organes. 11 s'échappe notamment par les urines, qu'il rend parfois albumineuses, et oti il est d'ailleurs assez difficile de le démontrer, et se retrouve dans le cerveau et les autres parenchymes. Le goût sucré, accusé souvent par les ouvriers cérusiers, doit être attribué au Carbonate de Plomb apporté par l'air et qui se dissout duns les acides du liquide buccal, plutôt qu'au sel plombique versé par les glandes salivaires ou muqueuses. La coloration

CARBONATE DE PLOMB, GÉRUSE. 601 ardoisée des gencives à la sertissure des dents, et celle moins fréquente des joues et des lèvres, produite par une sorte de tatouage (Gubler) au contact des dents mutilées ou hérissées de tartre, sont vraisemblablement formées de sulfure de plomb. Il en est certainement ainsi (Gubler et Quevenne) de la couche noirâtre qui couvre habituellement la muqueuse du cœcum et du voisinage du côlon chez les saturnins (Legroux et Lailler, Gubler). Les sujets en proie à l'intoxication saturnine sont, moins que les hommes en santé, exposés aux états morbides inflammatoires et fébriles. L'analgésie accompagne le défaut de tendance à l'éréthisme vasculaire; elle marque une disposition de l'organisme toute contraire à la phlogose.

Substances synergiques, auxiliaires. — Tout ce qui diminue les phénomènes de caloriûcation, d'hématose et de nutrition dont les capillaires sanguins sont les agents ou le théâtre, tout cela favorise l'action de la Céruse et des composés de plomb : tels sont le froid modéré et continu, la digitale, la quinine, les bromures alcalins, etc.

Substances antagonistes. — Antidotes, contre-poisons. — Au contraire tout ce qui fouette la circulation, tout ce qui excite l'hypérémie et la phlogose exerce une influence antagoniste par rapport aux préparations saturnines. La chaleur, les irritants locaux, les stimulants diffusibles, sont dans ce cas. L'iodure de potassium agit à la fois comme excitant circulatoire et comme agent de dénutrition permettant l'élimination plus prompte du poison. Il partage cette dernière propriété avec le bromure.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Jusque dans ces derniers temps le Carbonate de Plomb n'était employé qu'à l'extérieur, sôit comme ingrédient de la plupart des masses emplasliques, soit dans quelques préparations spéciales, lorsque Beau crut pouvoir en tirer parti contre une des maladies les plus funestes, la tuberculose pulmonaire. Mais l'antagonisme entre cette terrible affection et l'intoxication saturnine n'est qu'apparent. A l'époque oti il était proclamé par le savant médecin de la Charité, j'avais à l'hôpital Beaujon deux malades dont l'un poursuivait le cours de sa phtisie tuberculeuse malgré la cachexie saturnine, et dont l'autre avait vu les premiers accidents de la tuberculose se manifester pendant qu'il s'empoisonnait à Glichy. Depuis cette époque j'ai eu l'occasion d'observer plusieurs cas semblables. La prudence conseille de renoncer à une médication dont le bénéfice est douteux et le danger certain

La Céruse est employée à l'extérieur comme moyen d'occlusion et comme astringent, sous forme de pommade, de cérat et d'emplâtre.

La pommade de Carbonate de plomb [Onguent de Rliasis), renfermant

4 grammes du sel plombique pour 20 grammes d'axonge, est prescrite pour activer la cicatrisation.

Le Cérat contre les névralgies, formé de 10 grammes de Céruse et de

5 grammes seulement de cérat, sert en réalité beaucoup plus comme enduit imperméable que comme préparation saturnine. 11 en est de môme du Limment d'Anderson contre l'érysipèle (Céruse, 50 grammes ; huile de colza, q. s. pour faire une crème).

602 CAnUONATE (D1-) DK POTASSE, CARBONATE DE POTASSE SATUllÉ.

V Emplâtre de Céruse, usité comme fondant, est composé de : Géruse, 500 grammes ; cire blanche, 100 grammes ; huile d'olive et eau, aa 1000 grammes.

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