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CHLORAL HYDRATÉ, HYDRATE DE CHLORAL

Angl. : Hydrate of Chloral. — AU : Chloralhydrat.

Le Chloral, C*HC1302,2HO, découvert presque simultanément par Liebig et Dumas, en 1832, n'a été introduit dans la thérapeutique qu'en 1869 par Oscar Liebreich. On trouve dans le commerce l'Hydrate de Chloral sous forme de masses saccharoïdes d'une odeur un peu chloroformée, rappelant celle de l'ananas ou des pommes de reinette, d'une saveur amère. Il se dissout dans le quart de son poids d'eau froide et plus facilement encore dans l'alcool, l'éther et le chloroforme. Sa réaction est neutre, sa volatilité assez grande, et il se décompose facilement au contact d'un alcali en donnant du chloroforme.

Action physiologique. — L'Hydrate de Chloral est un irritant, un caustique superficiel pour nos tissus. Sur la peau il détermine, suivant que sa solution est plus ou moins concentrée, l'escharification, la vésication, la simple irritation; et il a sur les muqueuses une action exactement comparable, en même temps qu'il arrête d'emblée les mouvements des cils vibratils (E. Magnaud). On a trouvé, en effet, chez les sujets morts après avoir pris des doses assez massives de Chloral, une véritable gastrite. Et Léo Testu parle d'ulcérations, d'eschares, d'hémorrhagie, etc. Injectée sous la peau, sa solution faible est bien tolérée par le tissu cellulaire, mais une solution forte produit un abcès ou bien une eschare. Mêlé au sang, l'Hydrate de chloral le coagule et communique au caillot un ton gris-brun de cmr de Cordoue. Les hématies sont déformées, granuleuses, et il se forme des cristaux d'hémoglobine. Mais je dois insister ici sur ses remarquables vertus antiseptiques, grâce auxquelles il empêche la putréfaction des hquides organiques ou des tissus animaux (Pavesi, de Mortare) (Hirne et Diijardin-Beaumetz, Personne, Byasson, etc.) C'est ainsi qu'une solution au dixième conserve bien les cadavres, les pièces anatomiques, le lait, l'u-

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Fine la viande et (Luigi Amici) l'ergot de seigle, et jusqu'aux pomnies de ' terre etc De même elle ennpêche la fermentation de la bière (Lissonde).

Administré par la bouche, à la dose de 0,S0 à 1 ou 2 grammes, l'Hydrate de Chloral en solution aqueuse donne lieu aux symptômes suivants. D'abord sa saveur chaude provoque une salivation réflexe; puis l'excitation topique de la muqueuse digestive, avec sensation de chaleur dans l'estomac, éveille sympathiquement une stimulation générale comparable à celle qui suit immédiatement l'ingestion d'une liqueur alcoolique. Quand la dose est trop forte ou l'irritabilité excessive, il peut survenir des nausées, des vomissements, des coliques, et môme (Laborde) des lipothymies. Au bout de 15 à 20 minutes, on observe quelquefois une ébriété ordinairement fugace, et après une demi-heure le sujet éprouve de l'engourdissement, de la titubation, de la somnolence, puis bientôt un sommeil véritable,' calme, profond, qui dure trois, quatre, cinq et six heures consécutives, et durant lequel on observe la coloration du visage et des téguments, l'injection oculaire, l'étroilesse delà pupille comme dans le morphinisme hypnotique. 11 existe en même temps une résolution musculaire bien marquée; mais la sensibilité, quoique émoussée, est loin d'être abolie, car tout attouchement provoque un mouvement comme dans le sommeil spontané, toute piqûre excite une plainte, et, au réveil, les malades affectés de névralgie disent qu'ils n'ont pas cessé de souffrir (Gubler, Wilhème, Van Lair Horand et Peuch). Cependant je dois faire remarquer ici, avec Hammerten, que parfois, chez les animaux principalement, le simple contact donne lieu à une réaction réflexe alors que les irritations les plus violentes laissent le sujet insensible.

Si les effets sont exagérés par des doses de G à 12 grammes, le sommeil chloralique se transforme en stupeur avec pâleur périphérique, mydriase, anesthésie cornéale, conjonctivale et cutanée, affaiblissement des contractions cardiaques, ralentissement des mouvements respiratoires et abaissement de la température de 1 à 4 ou 5 dixièmes de degrés. Enfin quand la dose est toxique, soit par son excès absolu, soit à cause de 1 état morbide antérieur et de la prédisposition du sujet, le cœur cesse de battre et la vie

s'éteint, parfois subitement. ■,■ a a i

Jastrowitz et Willième ont signalé la persistance de la sensibilité de la muqueuse nasale sur la sous-cloison, tandis que l'anesthésic générale était complète. De mon côté, j'ai fait voir que les vapeurs de Chloral produisaient l'insensibilité de la cornée longtemps avant celle de la peau, exception unique jusqu'à présent dans l'histoire des intoxications.

A part les accidents topiques, l'Hydrate de Chloral porté dans le lissu cellulaire produirait des effets diffusés semblables à ceux qui viennent d'être énumérés. Cependant Horand et Peuch notent l'absence de vomissements à la suite des injections hypodermiques ou inlra-veineuses. Au résumé, trois périodes doivent être établies dans le syndrôme du chloralisme aigu : 1» ex-citation • 20 hypnotisme ; 3° narcose ou stupeur. La première est en général de'courl'e durée et peu caractérisée. Habituellement tout se borne à une

CHLORAL HYDRATÉ, HYURATE DE CULORAL. 615 légère excitation ébrieuse (Rougeot) avec accélération du pouls, accroissement de calorification et augmentation de tension vasculaire (Davreux), phénomènes auxquels il faudrait joindre Thyperesthésie d'après Giovanni et Ranzoli. Quelquefois cependant il survient du délire, symplôme noté par Athaus et d'autres observateurs, mais qui s'est montré d'une violence exceptionnelle dans le cas du D' Noir (de Brioude). Enfin le Magnaud aurait été témoin d'une surexcitation médullaire qui aurait donné heu à des convulsions comparables à celles de la strychnine,

La période d'hypnotisme est la plus importante à tous égards ; c'est la seule que doivent rechercher le thérapeutiste, celle de narcose toxique devant être soigneusement évitée puisque, comme nous l'établissons plus loin, le Chloral n'est qu'un anesthésique insuffisant ou dangereux.

Une quatrième période pourrait être admise : celle de retour ou de recouvrance. Lorsque l'intoxication chloralique a été profonde, les sujets repassent en sens inverse par les phases qu'ils ont d'abord parcourues : du coma avec insensibilité cutanée et cornéaleils reviennent à la stupeur avec faible anesthésie, et de là au sommeil chloralique simple. Il peut même apparaître un délire récurrent comme dans le cas du Noir (de Brioude).

Nous verrons plus bas quelle est la destinée du Chloral dans le sanget les parenchymes; disons seulement un mot de ses voies d'élimination.

Le Chloral s'échappe nécessairement par les issues ouvertes aux substances volatiles, c'est-à-dire par les surfaces respiratoire et cutanée. En grande masse, son élimination par les bronches est telle qu'il détermine delà bronchorrhée (Mégnin). D'ailleurs Peltz et Ritter ont démontré chimiquement sa présence dans l'air expiré. En outre il s'élimine par les reins, trouvés ecchymosés, congestionnés par Vulpian après l'injection veineuse. A la vérité. Personne n'est point parvenu à retrouverle Chloral non plus que le chloroforme dans les urines, ce qui lui fait dire avec Liebreich que le Chloroforme dérivé du Chloral est de plus séparé en ses éléments et passe à l'état de chlorures alcalins avec du formiate de soude ; mais diverses considérations ne permettent guère de douter de la présence de l'un ou de l'autre de ces composés en petite proportion dans la sécrétion rénale chez les sujets qui en ont absorbé des doses considérables. Je ne citerai pas à preuve l'augmentation de densité et d'acidité de l'urine signalée par J. Tuke ; mais j'invoquerai l'analogie et ferai remarquer que puisque le chloroforme s'exhale par les poumons il serait tout naturel qu'il en sortît également par les reins ; je rappellerai aussi le ténesme vésical observé par Maxwell Adams, et la réduction de la liqueur cupro-potassique par les urines des sujets ■soumis à l'usage du Chloral, fait déjà reconnu depuis longtemps comme l'un des symptômes du chloroformisme. Musculus et de Mehring nomment acide urochloralique le produit d'élimination qui passe dans l'urine.

La théorie de l'action pharmacodynamique du Chloral est encore un sujet de contestations entre les observateurs : les uns à la suite de Liebreich croient que ce composé se dédouble nécessairement et totalement dans l'organisme en acide forraique et en chloroforme, de telle sorte que les effets

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