‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 264 sur 384 · CHLORURE (PROTO) DE MERCURE PAR VOUTILISATION · texte numérisé non relu

CHLORURE (PROTO) DE MERCURE PAR VOUTILISATION

tache pas b*eai]COup d'importance à ces faits, parce que je ne crois pas à la nécessité de l'élimination par le foie pour l'explication des ellets spéciaux du calomel; toutefois, je dois dire que Cl. Bernard et Moser n'ont pas pu en déceler la présence dans la bile recueillie à l'orifice de la fistule à la suite de l'administration du Calomel. Bien plus, les expériences de Scott et de la Commission d'Edimbourg, celles de Rutherford et Vignal ou de Rohrig sembleraient démontrer tout le contraire des opinions reçues, puisque l'écoulement de la bile aurait été ralenti ou bien peu modifié par l'influence du Calomel et d'autres préparations mercurielles;;mais Fraser objecte avec raison que les mutilations exigées par le procédé expérimental : savoir, la perforation delà paroi abdominale et du fond de la vésicule biliaire, ainsi que la ligature du canal cholédoque, ne sauraient manquer de troubler profondément la sécrétion biliaire, et je pense avec lui que ces expériences ne prouvent rien contre la réalité de l'irritation sécrétoire provoquée dans le foie par le Protochlorure hydrargyrique agissant topiquement après absorption, ou bien à distance par voie de sympathie.

Les selles vertes sont, dit-on, plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes ; si cette différence existe, elle s'explique probablement par autre chose que la prédominance des chlorures dans le sexe masculin. L'action cholagogue du Calomel se continue quelquefois pendant plusieurs jours à la suite de l'administration d'une seule dose, et, lorsqu'on en répète l'usage, il peut survenir de la diarrhée persistante, des vomissements répétés et des symptômes d'entérite et d'hépatite, avec ulcérations de la muqueuse digestive et passage à la gangrène.

D'autres accidents se produisent quand le Calomel n'agit pas comme purgatif, soit parce qu'il est employé à trop faible dose, soit parce que le foie reste torpide. Alors, après quelques prises du médicament, rarement après une seule, si ce n'est lorsqu'elle est très forte et pourtant exempte d'effets cathartiques, on voit survenir la salivation, la stomatite ulcéro-membraneuse, parfois la gangrène de la bouche, un gonflement énorme delà face, la fétidité de l'haleine, la gêne de la déglutition et de la respiration, si la langue et les différentes parties de l'isthme guttural sont extrêmement tuméfiées, enfin la mort, dans des cas heureusement fort

rares

Le plus souvent le Calomel, à doses fractionnéBS, n'occasionne que du ptyalisme et une stomatite modérée, compliquée ou non d'un peu d'hypercrinie pancréatique et de diarrhée muqueuse. Dans ces conditions, une partie du Protochlorure hydrargyrique est absorbée, et va produire dans le sang et les tissus les effets altérants décrits à l'occasion du mercure métallique (Voy. ce mot).

Substances synergiques, auxiliaires. — Les synergiques du Calomel sont de diverses sortes, suivant l'objet qu'on se propose. Ce sont tantôt des purgatifs, tantôt des altérants antiphlogistiques et antiplastiques (bromure et bibromure de mercure), ou bien des sialagogues, des antbelminthiques. T es chlorures alcalins et les acides capables de s'emparer d'une partie de

CHLORURE (PROTO).DE MERCURE PAR VOLATILISATION. ««1 la base sont des adjuvants du Calomel en ce sens qu'ils l'aident à se transformer en une substance d'une activité supérieure. Il en est de même du mucus, qui favorise son absorption sans transformation préalable en bicblorure. L'opium ne devient un auxiliaire que lorsqu'il s'agit d'apaiser la révolte des intestins et de prolonger le contact avec la membrane absorbante,-c'est-à-dire quand on veut obtenir rapidement les effets généraux.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — Les alcalis libres et les astringents seraient des antagonistes chimiques et dynamiques du Protochlorure de Mercure. Les substances adjuvantes deviennent, à certains égards, des incompatibles. Ainsi les acides et les chlorures alcalins favorisent la solubilité du Mercure doux. Cependant comme il importe, sous peine d'empoisonnement, de modérer la métamorphose du Calomel en sublimé corrosif, et comme les acides de l'estomac ou les chlorures normaux du suc intestinal suffisent généralement pour opérer cette transformation, il est prudent d'éviter les limonades minérales et les bouillons fortement salés, lorsqu'on administre le Calomel par la voie gastrique. Toutefois, les expériences de Verne sont à cet égard pleinement rassurantes, puisqu'elles démontrent qu'à la température de de 38° à 40°, ni le sucre, ni le chlorure de sodium n'opèrent la transformation du Calomel en sublimé. Seule l'albumine le décompose pour former un albuminate de protoxyde mercuriel. Il est donc sans danger de prescrire le Calomel dans de la confiture d'abricot, et l'on n'a rien à redouter des limonades acidulés, plutôt propres à faciliter son action cathartique.

En revanche, on évitera, chez les sujets soumis au traitement ioduré, les insufflations de poudre de Calomel dans les yeux, parce que l'iode passant dans les larmes, il pourrait se faire de l'iodure de mercure très irritant (Schlâfke).

Usages, — Au résumé, le Calomel est un purgatif cholagogue énergique mais incertain, dont les effets sont subordonnés aux changements qu'il subit dans le tube digestif en présence des matières albuminoïdes et des autres agents de transformation. Pour en assurer l'action, il est sage de l'associer aux purgatifs proprement dits, spécialement aux drastiques, tels que la scammonée, l'aloès, la résine de jalap. Cette précaution est d'autant plus indispensable, que le Protochlorure de Mercure est peut-être detoutes les préparations hydrargyriques celle qui amène le plus vite la stomatite spéciale et la salivation, circonstances peu favorables, pour le dire en passant, à l'opinion qui veut que le Calomel n'agisse qu'après s'être métamorphosé en sublimé corrosif. Les effets cathartiques de ce médicament sont utilisés spécialement dans la jaunisse par rétention de la bile, dans l'ictère hémaphéique en rapport avec l'insuffisance absolue ou relative de la fonction hépatique, dans l'embarras gastrique, contre lequel il constitue l'un de nos moyens d'action les plus puissants (Duckworth), dans les maladies organiques du cœur, les hydropisies, etc. La facilité avec laquelle on obtient la salivation mercurielle à l'aide du Calomel, et l'intensité des lésions buccales qu'il détermine, désignent naturellement ce composé

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