‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 263 sur 384 · CHLORURE (PROTO) DE MERCURE PAR V0UT1LIS\T10N · texte numérisé non relu

CHLORURE (PROTO) DE MERCURE PAR V0UT1LIS\T10N

made (Cesarini), au 10% contre le psoriasis, le lichen eczémateux, etc.; ou la

solution normale étendue d'alcool (au 1/4) contre le zona (Baudon.Lailler).

CHLORURE DE MAGNÉSIUM CRISTALLISÉ, Chloruretum magnesicum,

Angl. : Chloride of magnésium. — Ail, : Chlor magnésium.

Le Chlorure de magnésium, Mg Cl, cristallise en aiguilles incolores, déliquescentes, solubles dans 0,6 d'eau froide et dans 5 parties d'alcool à 90°. 11 existe dans l'eau des mers et dans celle d'un grand nombre de sources minérales, particulièrement dans l'eau de Châtel-Guyon, qui lui doit ses propriétés purgatives.

Le Chlorure de magnésium est purgatif à la manière des autres sels neutres, par irritation de la muqueuse ethypercrinie réflexe, mais non par simple exosmose. Lebert et Laborde lui reconnaissent, en outre, la propriété de déterminer une supersécrétion de bile.

On le donne à la dose de IS grammes comme purgatif, pour un adulte. La quantité est réduite à la moitié pour les enfants du second âge. A dose plus faible il est diurétique.

CHLORURE MERCUREUX, PROTOCHLORURE DE MERCURE, Chloruretum hydrargyrosum.

Les deux variétés suivantes sont employées en médecine et doivent se trouver dans les officines.

CHLORURE (PROTO) DE MERCURE PAR VOLATILISATION, CALO- MEL, CALOMELAS, MERCURE DOUX, CALOMEL A LA VAPEUR, Chloruretum hydrargyrosum.

Angl. : Subchloride of Mercury. — AU. : Quecksilberchlorûr. Action PHYSIOLOGIQUE. — Le Calomelest en poudre blanche, d'apparence cristalline au microscope, naturellement insoluble, à peu près insipide et sans effet local apparent, ce qui lui a valu le nom de Mercure doux. Mais, dans l'estomac, le Chlorure mercureux ne tarde pas à se dissoudre, soit à la faveur des acides, qui s'emparent d'une partie de sa base et le transforment proportionnellement en sublimé corrosif, soit par l'intermédiaire des chlorures alcalins (Mialhe), qui forment avec lui un composé de chlorhydrate de chlorure d'hydrargyre et de sodium, sorte de sel double dans lequel le chlorure du métal de la dernière section joue le rôle d'acide par rapport à celui de la première. Enfin, il me paraît démontré qu'un excès de matières organiques : albumine, mucus, épithélium, est capable de dissoudre une quantité notable de Protochlorure hydrargyrique. D'après Jeannel, les choses se passeraient encore autrement. Le calomel ne commencerait à être attaqué que dans l'intestin par le carbonate de soude auquel le mucus doit son alcalinité; de l'oxyde de mercure mis en liberté serait alors dissous par les corps gras toujours présents dans le tube digestif. Enfin, on a dit encore (Voit, Rabuteau) que le Calomel se décomposait dans les voies digestives en sublimé et mercure métallique, tous deux facilement absorbables.

CHLORURE (PROTO) DE MERCURE PAR VOLATILlSmON. 679 Quoi qu'il en soit, les conditions ne sont pas toujours également favorables à la dissolution du Calomel. Cependant, les agents de la transformation sont toujours en proportion à peu près constante et fort restreinte, ce qui donne lieu parfois aux conséquences les plus paradoxales. Ainsi des doses faibles, de 5 à 20 centigrammes, produisent des effets considérables ou violents, tandis que des masses énormes (1 gr., 2 gr. et davantage) ne produisent ni diarrhée, ni dyscrasie et ne manifestent que des propriétés absorbantes comparables à celles des substances inertes telles que la craie ou le sous-nitrate de bismuth. Effectivement de petites doses trouvent toujours une quantité suffisante de dissolvants pour acquérir de l'activité pharmacodynamique, tandis qu'avec des doses massives la minime proportion qui peut être modifiée se trouve pour ainsi dire perdue au milieu de la'poudre inaltérée et insoluble.

Une fois dissous, le Calomel commence à faire sentir son action sur le tube digestif. Le phénomène primordial est l'état nauséeux auquel se rattachent quelques troubles sympathiques, savoir: un état de malaise, de langueur pouvant aller jusqu'à la défaillance, un flux de salive qu'il ne faut pas confondre avec le ptyalisme caractéristique, quelquefois une sueur froide et un léger frissonnement précurseur du vomissement, qui est assez rare. Ces premiers symptômes font place à une sensation désagréable vers .le duodénum et le bile du foie, à des coliques intestinales, et finalement à de la diarrhée, si la dose est suffisante.

Les matières évacuées sont d'abord molles, puis féculentes, enfin liquides et fortement colorées en vert d'herbes ou vert-olive. Les dernières selles causent au passage, dans la fin du rectum, une sensation pénible de cuisson plus ou moins vive. Cette teinte herbacée des selles du Calomel {Calomel stools) n'a pas encore reçu d'explication entièrement satisfaisante. Ce qu'on sait bien, c'est qu'elle n'est pas due à la présence d'un composé mercuriel nouveau (Simon, Golding Bird), et qu'elle ne saurait dépendre, comme le veut Kraus, de l'action du Protochlorure sur le lait, puisqu'elle se montre chez les adultes nourris de viande. Tout porte à penser avec Michéa, Mialhe et la plupart des cliniciens, que le Calomel, surexcitant la sécrétion hépatique, fait arriver dans l'intestin des flots de bile verte, semblable à la modification qu'imprime à la bile jaune l'action prolongée de l'air et des acides peu énergiques. Le pigment biliaire est d'ailleurs tellement voisin de la matière colorante des globules et de ses dérivés, que Golding Bird et Schônbein ont pu, sans s'éloigner beaucoup de la réalité, rapporter à une altération de l'hématosine la coloration spéciale des selles obtenues à l'aide du Calomel.

Cette action cholagogue induite des faits cliniques serait confirmée par quelques expériences récentes. Ainsi Pécholier a retrouvé le mercure en forte proportion dans le foie des lapins empoisonnés par le Calomel; Byasson également, qui de plus nous apprend qu'après l'ingestion d'une faible dose de bichlorure hydrargyrique, le métal a élé retrouvé au bout de quatre heures dans l'urine; au bout de cinq heures dans la salive. Je n'at-

Page 1