SULFATE DE CUIVRE, COUPEROSE BLEUE, VITRIOL BLEU
satisfaisants contre certaines névralgies, la tuméfaction de la rate et la cachexie fébrile (Briquet) et les métrorrhagies (P. Machiavelli).
En somme, sans valoir la quinine, même à dose supérieure, il a cependant sur elle le grand avantage de son bas prix, qui le recommande dans la médecine des pauvres, sans compter qu'il est souvent mieux toléré, agit très vite et bien dans les cas simples, et ne trouble pas l'appétit.
Son mode d' admini&lralion est le même que celui des sels de quinine, et ses doses varient entre 0,50 et 3 grammes.
On pourrait, je crois, l'associer avec avantage dans la même formule au sulfate de quinine, au sulfate de cinchonidine pour composer des mélanges fébrifuges d'une activité graduée.
SULFATE DE CUIVRE, COUPEROSE RLEUE, VITRIOL BLEU, Sulfas ciipricus.
Angl. : Sulphale of Copper. — AU. : Schwefelsàures Kupfer, Kupfer Vilnol. Le Sulfate de cuivre (CuO, SO^ 4- 5H0) se rencontre dans la nature. On connaît ses magniQques cristaux de couleur bleue. Ils se dissolvent dans A parties d'eau à froid, 2 parties d'eau bouillante, mais sont insolubles dans l'alcool. Ce sel se combine avec les matières albuminoïdes pour former des composés qui se précipitent, mais peuvent se redissoudre dans un excès d'albumine ou de sel cuprique.
Action physiologique. - Localement, le Sulfate de Cuivre agit comme astringent plus ou moins fort, et même comme caustique par sa combmaison avec les principes immédiats des liquides et des tissus.
Ingéré dans les premières voies, il donne lieu, dans la bouche, à une saveur métallique et légèrement slyptique, et, si la dose est forte ou excessive il occasionne des nausées, des vomissements et même de la phlogose des organes digestifs. La mort peut survenir au milieu des convulsions ou bien dans l'insensibilité.
Cette terminaison est beaucoup moins fréquente qu'on ne le supposait autrefois. 11 résulte, en eflet, des expériences de Galippe surtout, de celles de Burq et Ducom, que les préparations de cuivre n'ont pas une grande puissance toxique, puisque des chiens supportent de i à 4 gram. d un sel cuprique soluble sans être trop incommodés. Bien plus, Galippe n est pas arrivé à tuer ces animaux même avec des doses élevées. Il ne faudrait cependant pas trop conclure de l'animal à l'homme, quoique ce médecin ait luimême bien résisté à de fortes doses de sels divers de cuivre, et affirmer pour notre espèce l'innocuité des préparations dérivées de ce métal.
A petites doses, même longtemps continuées, le Sulfate de Cuivre ne manifeste son action par aucun symptôme déterminé ; la colique de cuivre observée chez les ouvriers qui travaillent ce métal, paraissant tenir plutôt à la qualité spéciale du sel cuprique qu'à la nature de la base. Cependant il agit dans ce cas comme astringent faible, capable de diminuer la sécrétion muqueuse de l'intestin, et les auteurs ont cru lui reconnaître une action tonique générale et antispasmodique. Telle est l'opinion de Levi et Barduzzu
SULFATE DE CUIVRE, COUPEROSE BLEUE, VITRIOL BLEU. 953 qui alfirment d'après leurs expériences de laboratoire et leurs observations cliniques, que le Sulfate de Cuivre améliore la nutrition et devient ainsi indiqué dans les anémies.
Substances incompatibles. — Le Sulfate de Cuivre se décompose en présence des bases alcalines et terreuses, des acétates de fer et de plomb, des astringents végétaux. Il faut donc éviter de l'administrer en môme temps que ces diverses substances.
Usages. — Modes d'administration et doses, — A l'extérieur, le Sulfate de Cuivre s'emploie comme astringent et cathérétique, soit en dissolution dans l'eau, soit à l'état solide.
Un cristal de Couperose bleue peut servir à toucher la conjonctive granuleuse et produit des effets calhérétiques analogues à ceux de la Pierre divine.
En solulion aqueuse, le Sulfate de Cuivre constitue un des collyres les meilleurs et les plus usités. La proportion est de JO à 20 centigrammes pour 30 grammes d'eau. Je n'en fais souvent mettre que 10 centigrammes pour 100 grammes de dissolvant. On peut y joindre d'autres sels astringents, tels que le sulfate de zinc ou l'alun ; on y ajoute aussi avec avantage du camphre, de l'eucalyptol ou de l'essence de térébenthine qu'on a fait digérer dans l'eau, ce qui en augmente le pouvoir astringent et antiseptique. La pierre divine : azotate de potasse. Sulfate de Cuivre, alun, ââ 100 gr. ; camphre pulv., 5 gr., est quelquefois employée en collyre liquide, à doses équivalentes ou un peu plus fortes,
A l'intérieur, le Sulfate de Cuivre est généralement prescrit comme vomitif lorsqu'on veutagirénergiquement et qued'autres substances émétiques ont échoué : ainsi dans le croup et les empoisonnements, surtout dans l'empoisonnement par le phosphore, dans lequel il jouerait peut-être le rôle d'antidote (Purjesz). Mais rien ne démontre jusqu'ici qu'il ait une réelle action (Burq, Dusseris) contre le choléra, action curative ou prophylactique, malgré le talent avec lequel Burq a groupé les faits autour de cette idée de traitement ou de prophylaxie du choléra par le Cuivre.
La dose est de 10 centigrammes et au delà pour les enfants, de 20 à 30 et 40 centigrammes pour les adultes, en plusieurs prises, dans une potion ou mieux dans de l'eau pure, les correctifs ne pouvant que gêner l'action vomitive. A petites doses, le Sulfate de Cuivre pourrait remplacer les autres préparations de ce métal usitées dans la médication altérante, tonique et antispasmodique. Levi et Barduzzi lui doivent quelques succès dans certaines dermatoses invétérées. Ils le prescrivent aussi comme tonique, à la dose de 3 à 7 cenligr.par jour. Enfin Burq et Moricourt le recommanderaient volontiers dans la fièvre typhoïde, d'après deux faits seulement. J'ajoute que dans le système métallothérapique de Burq, le Cuivre joue un rôle capital. Tout sujet sensible au Cuivre doit nécessairement prendre du Sulfate ou d'autres préparations de ce métal à l'intérieur.
Trousseau le prescrivait en injections vaginales dans la leucorrhée, à la dose de 2 grammes par jour, dans 500 grammes d'eau, et en lavements
95i SULFATIÎ \)E CUIVRE AMMONIACAL.
dans la diarrhée chronique, à la dose de 50 centigrammes à \ gramme seulement.
En injection parenchymaleusc, Danielli se loue des bons résultats d'une solution de Sulfate de Cuivre au centième contre les bubons suppurés.
Dans l'épilepsie, la chorée et d'autres maladies générales, on ordonne ordinairement le sulfate de cuivre ammoniacal.
SULFATE DE CUIVRE AMMONIACAL, Sulfas cupro-amrnonicus.
Angl. : Ammoniacal coppe?', cupro-sulphale of ammonia. — AU, : Ammoniacum cuprico-sulpkuricum, Kupfersalmiak.
D'un bleu d'azur et d'un goût métallique et styptique, le Sulfate de Cuivre ammoniacal {CuO, 2AzH,3SO^,HO) exhale une odeur d'alcali volatil et se dissout dans i partie et demie d'eau.
Action physiologique. — Elle est analogue à celle du sulfate de cuivre, sauf peut-être une légère stimulation due à la présence de l'alcali volatil. Il produit moins aisément des nausées et des vomissements, mais son action émétique est certaine à doses plus élevées. Injecté dans les veines ou absorbé en forte proportion, il empoisonne, accélère la respiration et la circulation, amène la résolution des forces, la paralysie et la mort.
A doses minimes et répétées, le Sulfate de Cuivre ammoniacal produirait sans doute les effets des préparations cuivreuses en général, que je vois ressortir d'un certain nombre de travaux cliniques, savoir : l'accroissement de l'appétit et des forces générales, l'augmentation de la richesse du sang et de l'embonpoint, la diminution des sécrétions et la sédalion du système nerveux, phénomènes très voisins de ceux qui caractérisent l'action de l'arsenic. Dans ses observations cliniques, Féréol n'a que très rarement noté des troubles désagréables : goût métallique persistant, nausées, vomissement, diarrhée, dépression des forces, même en poussant les doses un peu loin (0,60 par jour).
Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Sulfate de Cuivre ammoniacal se donne intérieurement à la dose de 5 à 25 centigrammes par jour dans les grandes névroses : hystérie rebelle (Brodie), épilepsie (Hawkins), chorée ; dans l'asthme nerveux et dans quelques autres circonstances : céphalée (Weismann), odontalgie (Boerhaave), mais avec des résultats tout à fait incertains ou nuls en ce qui concerne l'épilepsie (Charcot, Bourneville). Au contraire, entre les mains de Bourdon, de Féréol surtout, et d'autres médecins, il s'est montré très puissant remède contre le tic douloureux et la névralgie faciale plus simple, principalement quand l'afTection est de nature congestive.
Schrœder Van der Kolk a employé avec succès les préparations de Cuivre dans la manie chronique, idiopathique, et nous a transmis sur ce sujet des remarques intéressantes. 11 a vu des sujets amaigris, affaiblis, cachectiques, reprendre de l'embonpoint, de la force et une bonne apparence en môme temps que leur névrose était avantageusement modifiée. De tels faits conduisent à envisager le Cuivre comme un tonique reconstituant, je dis eutro-
SULFATE FERREUX OFFICINAL, SULFATE FERREUX PUR. 95o
phique, et me portent à le considérer comme pouvant jouer un rôle utile dans la cure recorporante ou à' engraissement.
On l'administre en pilules de 2 à 5 centigrammes, en potion (Féréol : eau distillée, 100 gram. ; sirop de Heur d'oranger ou de menthe, 30 gram. ; sulfate de Cuivre ammoniacal, 0,10 à 15 centigr. ; et rarement en solution. Une atténuation plus grande des doses convient davantage lorsqu'on doit continuer longtemps le médicament pour en obtenir l'action altérante.
A l'extérieur, la Solution de Sulfate de Cuivre ammoniacal, ou Eau céleste (eau distillée, 30 grammes; Sulfate de Cuivre, 5 centigrammes, avec quelques gouttes d'ammoniaque), sert à lotionner les ulcères indolents; c'est un collyre usité pour dissiper les taches de la cornée. Enfin elle s'emploie en injections contre la leucorrhée. L'eau céleste doit être étendue d'eau pure lorsqu'on s'en sert en collyre et en injections uréthrales.
SULFATE D'ÉSÉRINE, Sulfas eserinus.
Angl. : Sulphate of physostigma. — Ail. : Physostigndnum sulfuricum.
Le Svlfate d'Ésérine, sel amorphe mais cristallisable, est extrêmement déliquescent et ses solutions s'altèrent très vite au contact de l'air, On le préfère généralement dans la pratique à l'Ésérine, parce qu'il est un peu plus soluble et s'administre plus facilement en collyre ou par la méthode hypodermique ; mais en réalité toutes ses propriétés sont celles de cet alcaloïde (Voy. Ésérine). Le collyre au Sulfate neutre d'Ésérine est au centième.
SULFATE FERREUX, SULFATE DE PROTOXYDE DE FER, PROTO- SULFATE DE FER, Sulfas ferrosus.
Les deux variétés suivantes sont indiquées au Codex :
SULFATE FERREUX DU COMMERCE, SULFATE DE FER, COUPE- ROSE VERTE, VITRIOL VERT.
La Couperose verte, en prismes rhomboïdaux, d'un vert clair, est un sulfate de fer impur, renfermant des sulfates de cuivre, de chaux, de zinc, d'alumine, et jusqu'à de l'arsenic. Aussi bien n'est-elle employée en médecine qu'à titre de désinfectant, particulièrement pour détruire l'odeur des matières fécales et neutraliser leurs principes contagieux en temps d'épidémie de fièvre typhoïde, de dysenterie ou de choléra. Ce Sulfate de Fer, calciné, a été proposé par Braconnot pour préparer des solutions anlipu-! trides propres à la conservation des pièces anatomiques.
SULFATE FERREUX OFFICINAL, SULFATE FERREUX PUR. Angl. : Sulphate of Iron. — AU. : Sulphas ferrosus, Schwfelsaures Eisenoxydûl.
Le Sulfate de fer (FeO',S03,7HO) se rencontre dans la nature comme produit de l'oxydation des pyrites martiales et dans quelques eaux minérales notamment dans celles de Cransac, dePassy, dans celles de Selkenbrunnen '
956 SULFATE FERREUX OFFICINAL, SULFATE FERREUX PUR.
d'Alexisbad, dans la source de Micheno, en Bohême, et dans celle de Bukowine, en Silésie. On doit le préparer directement en combinant Fe et pour les usages médicaux.
Ce sel cristallise en prismes rhomboïdes, obliques, d'un vert glauque. Son goût est à la fois styptique et acide. Il est efflorescent, altérable à l'air, et se dissout dans 1,8 d'eau froide, 0,3 d'eau bouillante, mais est insoluble dans l'alcool.
Action physiologique. — Le Sulfate de Fer est puissamment astringent ou môme irritant. En solution concentrée, il coagule les matières albuminoïdes du sang et des tissus, supprime la circulation capillaire, éteint par conséquent les actions organiques, c'est-à-dire la vie, dans les couches superficielles des membranes avec lesquelles il est en contact, et détermine secondairement une inflammation circonscrite.
A petites doses, il est simplement astringent, et stimule d'abord la contractilité de l'intestin, de manière à provoquer de plus fréquentes garderobes; mais, comme il diminue les sécrétions des premières voies, il ne tarde pas à déterminer la constipation, qui est le phénomène durable. Les matières fécales sont plus ou moins colorées en noir par la présence du sulfure de fer.
Absorbé, il exerce son action astringente et tonique sur toute l'économie ; puis à la longue, son action reconstituante et corroborante. A doses fortes, il cause de la chaleur et de la douleur gastriques, assez souvent des nausées et des vomissements. Ingéré en quantités excessives, il agit comme poison irritant et détermine des effets éraéto-cathartiques.
Ge protosel ne subit pas d'oxydation ultérieure dans l'économie et se retrouve inaltéré dans les urines.
Substances synergiques, auxiliaires. — Le Sulfate de Fer a pour analogues ou semblables, sous le rapport pharmacodynamique, les astringents, les autres martiaux, et spécialement le perchlorure de fer.
Substances antagonistes, incompatibles. — Gontre-poisons. — Ses antagonistes sont les agents de la médication émoUiente, débilitante et anliphlogislique ; ses incompatibles, les substances chargées de tannin et toutes celles qui peuvent le transformer en composé insoluble. Ses contre-poisons chimiques seraient la magnésie hydratée et les oxydes alcalins, pouvant précipiter l'oxyde de fer et donner naissance à un sel purgatif.
Usages. — Le Sulfate ferreux est employé plutôt comme styptique et astringent qu'à titre de préparation martiale.
En applications topiques, on l'utilise contre la blennorrhagie, la leucorrhée, la conjonctivite chronique; contre l'érysipèle (Velpeau), la chute de la muqueuse rectale (Vincent), et contre les hémorrhagies qui s'effectuent par des vaisseaux de petit calibre.
A l'intérieur, on l'administre de môme contre les hémorrhagies dites passives, les flux catarrhaux et séreux, les hydropisies, le relâchement et l'atonie des viscères, les cachexies.
Il a même rendu service contre les oxyures.
SULFATE DE MAGNÉSIE, SEL DE SEDLITZ, SEL D'EPSOM. 9o7
D'ailleurs ce médicament peut être prescrit en qualité de ferrugineux, mais on semble s'accorder à croire que son action topique sur le tube digestif en interdit l'usage prolongé, et qu'il faut le réserver pour le cas où l'action astringente est spécialement réclamée.
Modes d'administration et doses. — Le Sulfate de Fer s'emploie en pommade ou en solution pour l'usage externe. A l'intérieur, on le donne en pilules de 5 centigrammes. Une ou deux au début de chaque repas constituent une dose suffisante. Quelquefois il est associé à l'aloès, à parties égales, et prescrit sous le nom de Pilules italiennes noires. Pour en préparer la solution, il faut se servir d'eau récemment bouillie et privée d'air. Pereira recommande le procédé de Webb, qui consiste à dissoudre le Sulfate ferreux dans l'eau de Seltz artificielle.
Comme médicament interne, on a prescrit la solution de 4 grammes de Sulfate de Fer dans un litre d'eau (Marc), à prendre par verrées dans la journée, contre la fièvre intermittente. Pour lotions toniques et styptiques, la dose doit être plus forte.
Le Sirop chalybé de Willis contient 5 grammes de Sulfate ferreux dans 700 grammes de sirop de gomme. On en prend 50 grammes par jour dans une tisane amère exempte de tannin. Le vin de Quinquina ferrugineux en renferme 2 grammes seulement, avec 2 grammes d'acide citrique, 10 grammes d'eau distillée et 990 grammes de vin de quinquina gris, au grenache {Codex), et se prend aux mêmes doses.
La Pommade martiale de Velpeau est formée de 10 grammes de Sulfate de Fer dans 30 grammes d'axonge. Ce chirurgien la préconisait contre l'érysipèle comme l'un des topiques les plus sûrs.
SULFATE DE MAGNÉSIE, SEL DE SEDLITZ, SEL D'EPSOM, Sulfas magnesicus.
Angl. : Sulphate of Magnesia, Ëpsom or Bitler purging Sait. — Ail. : SchtOefelsàures Magnesia, Bittersalz.
Le Sulfate de Magnésie {MgO,QO^;1âq) existe en abondance dans le règne minéral^ notamment dans la dolomie et dans l'eau de mer, d'où on l'extrait. Les eaux naturelles de Sedlitz, de Pullna, de Friedrichshall, de Birmenstorf, de Montmirail-Yacqueiras, etc., lui doivent en grande partie leurs pro' priétés médicinales. Il est en petits cristaux prismatiques, solubles dans leur poids d'eau, insoluble dans l'alcool, neutre au papier de tournesol.
ACTION PHYSIOLOGIQUE. - Le Sel de Sedlitz provoque l'exosmose aqueuse au travers des parois des vaisseaux capillaires (Poiseuille), et devient par là un purgatif hydragogue comme le sulfate de soude et les autres sels neutres mais plus puissant qu'aucun d'eux. '
Toutefois le phénomène n'est pas aussi exclusivement physique qu'on le croit généralement, car le système nerveux intervient d'une manière évidente dans sa production. Les ingénieuses expériences d'A. Moreau démontrent en effet qu'une solution saline, enfermée dans une anse intestinale dont les nerfs ont été coupés, reste comme non avenue. II en est à peu
938 SULFATIî DE MAGNÉSIE, SEL DE SEDLITZ, SEL D'EPSOM.
près de même à la suite de l'action de l'opium sur la muqueuse, mise ensuite en contact avec le sel neutre. Buchheim et Wagner, qui avaient été témoins de ce fait, en tiraient la conclusion que l'opium favorisait l'absorption du sulfate de soude et du Sulfate de Magnésie. Sans doute, tel est l'un des résultats de l'intervention de l'opium, mais ce n'est pas l'effet direct du narcotique. A mon avis, les choses se passent de la manière suivante : la muqueuse intestinale stupéfiée par l'opium ne sent plus l'action irritante du sel neutre et ne répond plus à la provocation par une diacrise exagérée ; cependant l'absorption n'est pas empêchée et le sel passe en notable proportion dans la circulation sanguine.
Dans cette opinion le flux séreux n'est plus un simple résultat de l'exosmose obéissant aux lois de la physique pure, c'est la manifestation d'une irritation sécrétoire déterminée directement ou par action réflexe, à la suite d'une impression faite sur la muqueuse digestive.
Le Sulfate de Magnésie possède un goût amer et quelque peu nauséabond, en sorte que, lorsqu'il est ingéré dans l'eslomac sans correctif, il occasionne quelquefois du malaise et des envies de vomir; mais ces symptômes, ordinairement peu marqués, ne tardent pas à se dissiper en même temps que l'effet purgatif commence à se faire sentir. Les évacuations ont lieu sans beaucoup de coliques et ne laissent à leur suite qu'une tendance à la constipation sans irritation intestinale.
Arm. Moreau a le premier démontré que le Sulfate de Magnésie et d'autres sels neutres injectés dans les veines ne produisent aucun effet cathartique. Ses expériences ont été reprises et confirmées par Jolyet et André Cahours, qui ont en outre établi que le Sulfate de Magnésie est le plus toxique des sulfates neutres purgatifs : 2 à 6 grammes injectés à la fois dans le sang d'un chien peuvent le foudroyer. Les eff"ets de ce sel seraient comparables à ceux du curare. Déjà (1857) Vulpian avait noté la perte des mouvements spontanés et réflexes chez une grenouille empoisonnée par le
Sulfate de Magnésie.
De son côté Rabuteau prétend que non seulement le Sulfate de Magnésium injecté directement dans le sang ne purge pas, mais qu'il fait l'inverse et détermine l'endosmose des sels dans les vaisseaux capillaires. C'est ce que l'observation clinique nous avait enseigné, sauf l'explication théorique; car nous savons que toutes les eaux salines, telles que celles de Chatelguyon, de Saint-Nectaire, de Carlsbad, si elles ne produisent pas d'effets purgatifs, constipent ou augmentent la constipation primitive.
Faut-il' admettre maintenant avec Luton que l'injection sous-cutanéô d'une dose de 0,10 à 0,25 de Sulfate de Magnésie détermine des effets laxatifs? L'influence nous paraît être ici d'ordre moral : il s'agit d'un effet d'attention expectante, comme disent les Anglais, car la plupart des expérimentateurs qui n'ont pas indiqué aux patients le but de l'mjection ne sont arrivés à aucun résultat (Gubler). Luton augmente d'ailleurs les doses du sel magnésien et affirme qu'il réussit sous ce mode d'administration.
De petites quantités de Sel d'Epsom diluées dans une proportion d eau