SULFATE D'ALUMINE PUR. S
modique, anticatarrhal, aphrodisiaque et emménagogue. On le donnait en poudre, à la dose de SO centigrammes à 4 grammes.
La teinture de Succin (10 gr. p. 100 d'alcool à 80 c.) est souvent employée à la dose de 2 à 4 grammes dans une potion.
Les vapeurs qui se dégagent du Succin projeté sur des charbons ardents ont été conseillées contre les douleurs, et pour fortifier les parties qu'on y expose.
Les colliers d'Ambre, qu'on mettait jadis autour du cou des enfants, passaient pour avoir la vertu de favoriser l'évolution dentaire et de prévenir les convulsions. Nous pensons, avec Mérat et de Lens, Trousseau et Natalis Guillot, qu'ils n'ont d'autre mérite que d'empêcher l'intertrigo du cou chez les petits enfants trop gras.
Le Succin et ses préparations entrent dans une multitude d'anciens médicaments, parmi lesquels le Baume de Fioravanli, ÏFau de Luce, qui contient du succinate d'ammoniaque, et le Sirop de Karabé, qui est opiacé, sont les seuls qu'on prescrive quelquefois. L'Eau de Luce est une teinture alcoolique d'huile pyro-succinique, additionnée de savon médicinal de baume de la Mecque et d'ammoniaque, qu'on prescrit à la dose de 10 à 20 gouttes dans un verre d'eau ou dans une potion comme stimulant diffusible, alexipharmaque. Le Sirop de Karabé n'est autre qu'un sirop d'opium ordinaire renfermant 0,50 de teinture de Succin par 100 grammes.
SUCRE DE SATURNE. - Voy. Acétate neutre de plomb.
SULFATE D'ALUMINE PUR, Sulfas aluminicus.
Angl. ■ Sulphate of Alumina pura. - Ail. : Schwefelsdures Alaunerde.
Le Sulfate d Alumine (3S03,AP03 ; 18 aq.) se rencontre dans la nature. alLL ï ^"«t^l"^ées, légèrement déliquescentes, très
acides, très solubles dans l'eau (1 p. 1,5) et renferme 15 p. 100 d'alumine
AcTiON PHYSIOLOGIQUE ET USAGES. - Son action styptique, très prononcée équivaut à celle de l'alun. HomoUe et Bouchardaf l'ont utilisée dans un grand nombre de circonstances où il fallait réduire les vaisseaux capi la res ralentir des sécrétions exagérées, arrêter des écoulements sangii ns d ' terminer la rétraction des tissus et môme détruire des végétation épi'thé haies ou vascu aires. C'est ainsi que ce sel a rendu des servi s "on ti^ les angmes, les polypes muqueux et le nœvus, l'ongle incarné ils .^l^p m tntes et les déplacements de matrice ;' confre le cane de^'' ', : 1 ozène, les catarrhes vésical et vaginal etc ^t^ioiaes , contre
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qui doit en partie à ce sel ses propriétés médicinales. Elle est très efficace dans le pansement des ulcères sanieux, infects, succédant à l'érosion ou au sphacèle des tumeurs cancéreuses, dans les plaies phagédéniques ou gano-réneuses (Laugier) et contre la leucorrhée.
" Pagliari prépare un sucre chargé de Benzoate d'Alumine, qui est syner gique du sulfate et hémostatique.
Le mtrate d'Alumine est un autre synergique très préconisé par Gill contre le purit vulvaire, en solution au Vb-
Le Sulfate d'Alumine et de Zinc paraît plus énergiquement styptique et calhérétique que le Sulfate d'Alumine simple, et s'emploie de môme.
SULFATE D ALUMINE ET DE POTASSE. — Voy. Alun de potasse.
SULFATE D'ATROPINE, Sulfas airopinœ.
Angl. : Sulphale of Alropia. - AU. : Schioefelsàures Atropin, Alropinum sulfuricum.
Le Sulfate neutre d'Atropine, C^^H^^AzOe.SO^.HO, se présente en poudre blanche ou en cristaux déliés, fort solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, peu solubles dans l'éther. 11 renferme 85,S0 p. 100 d'atropine et jouit de toutes les propriétés physiologiques et thérapeutiques de l'alcaloïde pur (Voy. p. 517). C'est la préparation d'atropine le plus habituellement prescrite.
SULFATE DE CADMIUM, Sulfas cadmicus.
Angl. : Sulphate of cadmium. - AU. : Sc/noefelsdures kadmiumoxyd,
Cadmium sulfuricum. .
Le Sulfate de Cadmium, GdO,Sœ, est en cristaux prismatiques, volumineux et incolores, efflorescents, d'une saveur astringente, solubles dans leur poids d'eau, presque insolubles dans l'alcool.
Action physiologique et usages. - Les effets du Sulfate de Cadmium ressemblent à ceux du sulfate de zinc, mais ils sont dix fois plus forts (Rosenbaum et Schubarth, Soret et Rabuleau), ce qui l'a fait réserver pour le traitement des maladies externes. C'est un puissant styptique et un emc-
tique violent (Burdach). ...
Il a été employé avec avantage par un grand nombre de praticiens conirc les taches et opacités de la cornée (Rosenbaum, Graefe, Guilhé, Ansiaux), l'ophtalmie chronique (Graefe, Giordano), et l'olorrhée (Lincke).
Et Gazeau assure que les injections de Sulfate de Cadmium, au millienie ou au quinze centième, calment très vite la blennorrhagie aig"'^' sent la durée de la maladie. Il associe ce médicament (0,07 p.-lOO d eau distillée) à 7 grammes de sous-nitrale de bismuth dans une formule d miection contre la blennorrhée. c.;
D'autre part Grimaud affirme qu'U constitue un antiphlogis .que aussi puissant que le mercure ; qu'il agit aussi bien que le tartre sl.bié dans la pneumonie, et qu'enfin comme ce dernier, il peut déterminer la puslulation de la peau.
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Modes d'administration et doses. — On emploie le Sulfate de Cadmium en solution pour collyre, à la dose de 2 centigrammes et demi à 20 centigrammes, dans 30 grammes d'eau distillée.
Ce sel fait la base d'une pommade astringente, à la dose de 10 centigr. pour 15 grammes d'axonge.
SULFATE DE CINCHONIDINE BASIQUE, Subsulfas cinchonidicus.
Angl. : Sulphate of cinclionidinia. — Ail. : Cinchonidinum sulfuricum.
Le Sulfate de Cinchonidine basique, C^^H'^^Az^O^jSO^iHO ; 6aq., cristallise en aiguilles ou en prismes suivant qu'il renferme plus ou moins d'eau. Le sulfate à 6 équivalents d'eau est le sel officinal ; il se dissout dans 96 parties d'eau à -j- 12°, et plus facilement dans l'alcool, mais il est insoluble dans l'éther. Ses solutions sont lévogyres. Il renferme 74,06 p. 100 de Cinchonidine et 13,60 d'eau.
Action physiologique. — A dose faible chez l'homme bien portant, le Sulfate de Cinchonidine n'a aucune action sur la température ou sur le pouls. Tout au plus produit-il une légère céphalalgie, de la salivation et une augmentation de l'appétit. A dose élevée, au contraire, ses effets sont ceux de la quinine, mais affaiblis. C'est ainsi que les vertiges, les bourdonnements d'oreille, les troubles visuels, l'obnubilation des idées sont moins constants qu'après l'administration de ce dernier alcaloïde et plus supportables.
Par co-ntre, les animaux à sang chaud supportent mal le Sulfate de Cinchonidine, et ses propriétés convulsivantes sont chez eux d'autant plus marquées que leur rang est plus haut dans l'échelle zoologique. (V. Chirone et Ant. Curci.) A dose élevée il les fait vomir, saliver abondamment; il accélère leur respiration d'abord, la ralentit plus tard, augmente le cbiffre des pulsations et la pression vasculaire, abaisse la température (Douvreleur) et leur donne des convulsions (F. Coletti) ou plutôt de véritables accès d'épilepsie bien complets (Laborde et Dupuis).
Ces derniers accidents établissent surtout la différence d'action entre la quinine et la Cinchonidine, qui sous ce rapport se rapproche de la cinchonine (Laborde). Chez les animaux à sang froid le Sulfate de Cinchonidine détermine de l'engourdissement, de la résolution paralytique, mais n'est plus convulsivant (Douvreleur). Chirone admet que la ' Cinchonidine est convulsivante en excitant les centres psycho-moteurs de l'encéphale, parce que si l'on supprime le cerveau chez un pigeon, les convulsions n'ont plus lieu sous l'influence de cet agent.
Ses meilleurs antagonistes sont les bromures (Testa), et sans doute les anesthésiques, peut-être aussi l'alcool.
Le Sulfate de Cinchonidine s'élimine surtout par les reins, et quelque peu par les glandes salivaires.
Usages. - D'après les essais, nombreux déjà, des médecins qui pratiquent dans l'Inde, le Sulfate de Cinchonidine égalerait la quinine comme fébrifuge (Weddell, Howard). En effet, la commission de Madras chargée
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de rechercher la valeur de ce médicament contre les fièvres intermittentes, constate que sur 350 cas, 346 guérisons furent obtenues. Ces brillants résultats ont encore été confirmés dans des recherches faites plus tard à la Réunion (Nourry et Lejuge), en Afrique (Poncet, de Cluny), en France (Grisolle et Bouchardat, Bourru, etc) ; de telle sorte qu'il paraît aujourd'hui avéré que ce médicament est réellement un antipériodique guérissant la fièvre intermittente. Toutefois il n'est pas prouvé qu'il possède contre elle la puissante efficacité de la quinine, à ce point que ses partisans n'osent pas le recommander contre la fièvre pernicieuse. Plusieurs médecins même reconnaissent qu'il n'agit, qu'à dose réellement forte, et G. Hunter, de Bombay, assure que 0,60 de Sulfate de Cinchonidine équivalent seulement à 0,18 de quinine. Où serait donc, s'il en est ainsi, l'avantage pécuniaire mis en avant (V3 en moins) par certains de nos confrères pour faire accepter le nouveau fébrifuge ? J'ai hâte de dire que cette question n'est nullement tranchée, et qu'aux doses normales du sulfate de quinine son succédané s'est montré souvent efficace. Il est mieux supporté, dit-on, que la quinine, mais n'agit pas aussi rapidement (Love, d'Atlanta).
Marty, toutefois, lui a trouvé une grande variabilité d'action et lui reproche d'être mal toléré souvent. Quoi qu'il en soit, nous pensons que le Sulfate de Cinchonidine pourrait être substitué à la quinine dans toutes ses applications, puisqu'en réalité c'est un agent de sédation circulatoire, calorifique surtout et nerveuse (Gubler), à la condition, nécessaire je crois, de surélever ses doses. Lejuge, en effet, l'a trouvé utile déjà dans les fièvres rémittentes à forme ictéro-hémorrhagique, dans la névralgie, la dysenterie palustre et la cachexie paludéenne. 0. Henry l'a vu arrêter les menaces d'avortement d'origine malarienne, et renforcer le travail d'accouchement quand il est languissant.
Modes d'administration et doses. — Le Sulfate de Cinchonidine et le sulfate de quinine ont les mêmes modes d'administration ; mais leurs doses différeront un peu dans les formules, plus fortes pour le premier. Douvreleur indique de l'injecter sous la peau en solution alcoolique.
Vansant a proposé deux sels de Cinchonidine, lesiodures, qu'il prépare à l'aide du sulfate et dont je dois dire ici quelques mots.
Le Proto-iodure de Cinchonidine cristallise en prismes; il est peu soluble dans l'eau à froid, plus soluble à chaud, mais se dissout bien dans l'alcool. Le Bi-iodure est en poudre brun rouge, d'aspect cristallin, soluble dans l'alcool, moins soluble dans la glycérine et l'eau bouillante.
Ces sels auraient suivant lui des vertus remarquables dans les fièvres intermittentes, le rhumatisme, les névralgies, la syphilis. Voici l'une des formules indiquées: Sulfate de Cinchonidine, iodure de potassium, acide citrique, al. Ib'-SO; eau distillée, 175 grammes. On fait prendre de cette mixture une cuillerée à soupe trois fois par jour.
SULFATE DE CINCHONINE BASIQUE, SULFATE DE CI>CllOI>T>'E DU CODEX DE 180G, Suùsulfas cinchonicus.
SULFATE DE CINCHONINE BASIQUE. !);H
Angl. : Sulphate of Cinchonia. — AU. : Cinchoninwn sulfuricum.
Le Sulfate de Cinchonine basique, cm'^^A.z'^0^-,S0\m;2Rq., cristallise en prismes rhomboïdaux droits, courts, durs et transparents {Codex). Il se dissout dans 65,5 parties d'eau froide, 14 parties d'eau bouillante, 60 parties de chloroforme et à peine dans l'éther.
Cent parties de ce sel renferment Si ,44 p. dOO de Cinchonine et 4,99 d'eau. Il est dextrogyre et non fluorescent.
Action physiologique et usages. — La Cinchonine a presque la même composition chimique que la quinine, et elle ne diffère pas beaucoup non plus de cet alcaloïde au point de vue de ses effets physiologiques. On a signalé quelques nuances. Chez l'homme elle détermine plus difficilement que la quinine des troubles de la vue, des bourdonnements d'oreille, des vertiges et de la titubation ; mais en revanche elle cause une céphalalgie frontale avec sentiment de compression aux tempes tout à fait caractéristique, à des doses qui n'ont rien d'excessif: 0,60 à 1 gramme, des douleurs précordiales, des soubresauts, de l'affaiblissement marqué avec tendance syncopale (Bouchardat, Briquet), de la pâleur de la face et le ralentissement du pouls (Paillard).
Chez les animaux, le Sulfate de Cinchonine devient facilement convulsivant, et quand on l'injecte dans une veine, l'état convulsif est le même qu'avec la quinine (Briquet), ou bien l'on constate la stupeur, la prostration, la lenteur des mouvements, la tendance à l'immobilité si la dose n'est pas excessive. Cet agent est d'ailleurs mieux supporté, à dose double par les animaux, que les sels de quinine (Briquet).
Laborde annonce des résultats légèrement différents. Tandis, en effet, que suivant lui, la quinine ne détermine qu'exceptionnellement des attaques convulsives chez les animaux, la Cinchonine provoque à coup sûr de véritables attaques d'épilepsie bien complètes. Bochefontaine admet aussi que cet alcoloïde est plus convulsivant que la quinine, mais qu'en revanche il déprime moins le système nerveux central et n'a pas les propriétés émétiques de cette dernière. Le Sulfate de Cinchonine s'élimine par les reins.
Ses vertus thérapeutiques sont incontestables, mais on a eu tort de vouloir trop les rapprocher de celles de la quinine. Sans doute il coupe la fièvre admirablement, comme l'ont démontré les observations de Briquet, Wahu, Lavéran, Bouchardat, Delondre et Giraud, Moutard-Martin, Michel- Lévy, Hudellet, Victor Paillard et Clémens, Paolo Machiavelli, Peppert, recueillies en France, en Grèce, en Amérique et en Italie, toutefois la plupart de ses partisans reconnaissent qu'il n'a pas toujours une intensité d'action suffisante. Pour Moutard-Martin, ce ne peut être qu'un adjuvant de la quinine, soutenant l'efi^et thérapeutique acquis de ce merveilleux médicament ; pour Michel-Lévy c'est le fébrifuge des cas légers observés au printemps ; pour Wahu et Lavéran, il s'adresse aux fièvres peu graves qui laissent au clinicien tout le temps d'agir.
Le Sulfate de Cinchonine n'est pas moins puissant que le sulfate de quinine dans le rhumatisme (Briquet, Paillard), de plus il a donné des résultats