TANNIN OFFICINAL, ACIDE TANNIQUE, ACIDE GALLO-TANNIQUË
Acidum tannicum.
Angl. : Tannic Acid. — AU. : Tanninum.
La plupart des plantes astringentes doivent leurs propriétés spéciales à la présence du Tannin (C^sH'oOis). Mais ce principe immédiat n'est pas absolument identique dans toutes les espèces végétales. Tantôt il précipite en noir bleuâtre les persels de fer (Tannin du chêne, de la noix de galle, etc.), tantôt il les précipite en vert (Tannin du quinquina), et tantôt en gris (Tannin de la ratanhia et du cachou), d'où les trois variétés désignées sous les noms acides quercitannique, quinotannique, et mimotannique.
Le Tannin possède une réaclion légèrement acide et une saveur fortement styptique. Solubledans l'eau, l'alcool et l'éther, insoluble dans les huiles grasses et volatiles, il précipite de leurs solutions, la morphine et les véritables alcalis, y compris certaines substances intermédiaires entre ces principes immédiats et les glucosides ; il précipite l'albumine et la fibrine, l'albuminose et la caséine, ainsi que la gélatine, et forme avec ces dernières substances, comme avec les tissus animaux, des composés imputrescibles. C'est en cela que consiste le tannage des peaux. Le Tannin est un bon dissolvant de l'iode.
Action physiologique. - Aussi l'Acide tannique est-il le plus puissant des astringents végétaux, et son action styptique se fait-elle sentir énergiquement sur toutes les muqueuses.
Mais le Tannin, mêlé en très faible proportion aux matières albuminoïdes.s y combmesans se coaguler, etpénètre avec elles par absorption dans les vaisseaux sanguins. On a pu acquérir la preuve de sa présence dans le sang, par 1 imputrescibilité que ce dernier manifeste, chez les chevaux •\ la suite de l'ingestion d'une centaine de grammes de Tannin en cinq jours (Henri Bouley, communication orale). Lewiu suppose que le Tannin arrivé dans le sang se transforme aussitôt en tannate alcalin, lequel est incapable de produire la coagulation de cette humeur et circule dès lors sans Zger pour 1 organisme dans toutes ses parties. Ce qui ue l'empêcherait p^dé CiLut.EH KT Labbéb, 3<: édition.
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manifester toutes ses propriétés astringentes sur son passage. Quoi qu'il en soit voici les principaux faits observés après l'administration interne de petites doses de Tannin. Ce sont surtout des effets locaux : d'abord une action ^-typtique et désagréable dans la boucbe, et des troubles digestifs de nature dyspeptique et gastralgique. L'intestin s'exonère plus facilement et l'on a noté parfois de la diarrhée plutôt que de la constipation.
A dose élevée ces phénomènes s'accentuent : la digestion devient impossible, il y a des vomissements, des crampes d'estomac, une réaction générale allant jusqu'à la fièvre, de la constipation opiniâtre et du malaise avec oppression, de la dysurie ou de l'ischurie. On note de plus que les principales sécrétions sont diminuées : urine, salive, sécrétion intestinale, etc.
Les effets locaux du Tannin sont diversement interprétés. On pensait généralement que c'était un type d'astringent, condensant les tissus sur lesquels il était appliqué, y compris les vaisseaux, les tannant, si l'on veut, même vivants. Les expériences de Rosenstirn et Rossbach paraissent contredire cette manière de voir. En effet, examinant le mésentère d'une grenouille sur lequel ils faisaient agir des solutions faibles d'Acide tannique, ils ont remarqué que les vaisseaux, artères, veines, capillaires, loin d'être rétrécis étaient considérablement dilatés. De plus ils ont vu que le Tannin augmentait les sécrétions des muqueuses, loin de les diminuer et pouvait déterminer sur celles-ci des effets d'anesthésie. D'où leur conclusion citee plus haut que le Tannin à faible dose dilate les vaisseaux, contrairement à l'opinion reçue. Mais à doses fortes on retrouverait vraisemblablement les effet sastringents connus et généralement admis.
Dans la circulation, l'Acide tannique se convertit en acides gallique et nvrogallique, composés plus oxydés que lui-même. 11 est représentée dans les urines par ces différentes combinaisons. Seul Le^vin soutient que le Tannin ne se transforme pas en acide gallique.
Substances synergiques, auxiliaires. - L'Acide gallique, les acides végétaux et minéraux, les styptiques métalliques, sont synergiques du Tannm quant à sa vertu astringente; les aromatiques en sont les auxiliaires pour les effets hémostatiques ; les amers astringents, les ferrugmeux, les fébrifuges, pour les effets toniques. .
Nous ne parlons pas de certaines combinaisons d'Acide tannique avec des bases métalliques ou terreuses ayant déjà par elles-mêmes des qualités stYPtiques. Le Tannate de Plomb a tous les inconvénients des sels de saturne celui de Zznc n'a aucun avantage sur le Tannin seul; le Tannatede Bts.nuU, est inférieur au sous-nitrate, comme absorbant ; enfin le Tcwnale d Munuue n'e-t pas tout à fait défini. En revanche Lewin fait grand cas des tannâtes alcalins et les recommande, de préférence au Tannin lui-môme. On fj^^^;^' drait, suivant lui, en précipitant une solution d'A. tannique par albumine et faisant redissoudre le tout dans du carbonate de soude ou de potasse.
Substances ANTAGONistES, incompatibles. -Les Iluidiliants du sang ou antiplastiques : les mercuriaux, les alcalins à dose élevée, l'ammoniaque paiticulièremenl, sont opposés au Tannin.
TANNIN OFFICINAL, ACIDE TANNIQUE, ACIDE GALLO-TANNIQUE. ' <J9o
En outre, pour éviter l'inconvénient de faire de l'encre et de noircir les lèvres, les dents et la langue, il ne faut pas administrer successivement du Tannin et une préparation ferrugineuse soluble. On ne doit pas davantage l'associer aux autres sels métalliques, spécialement à ceux d'antimoine, non plus qu'à la gélatine et aux matières albuminoïdes, qu'il précipite.
Usages. — Le Tannin est fréquemment employé comme tonique et astringent : 1" dans les hémorrhagies du tube digestif, des poumons, des reins et de l'utérus ; 2" dans les flux muqiieux, séreux ou purulents, soit topiquement contre la blennorrhagie, les ûueurs blanches, la conjonctivite (Desmarres, Hairion, etc.), soit après absorption contre le catarrhe pulmonaire ou intestinal, les hydropisies et l'albuminurie (Garnier); et parmi les hydropisies, Duboué cite surtout la pleurésie et le kyste de l'ovaire; 3" dans les cas de sueurs profuses, chez les fébricitants et les tuberculeux (Gharvet, Woillez); 4° dans les prolapsus de la muqueuse rectale, les polypes muqueux du nez (Stanislas Martin), l'allongement excessif de la luette, et d'autres cas analogues; 5» dans les inflammations simples, pultacées et pelliculaires des muqueuses, spécialement dans les angines. Ce médicament a même été vanté tout particulièrement dans la diphtérie de la gorge (Cousot, Hubert, deLouvain) comme l'un de nos meilleurs et plus sûrs topiques. On a voulu trouver dans le Tannin des propriétés anthelminthiques qu'il ne possède guère. En outre, Chansarel l'a préconisé comme antipénodique. Scott Alison le considère comme efficace dans la dyspepsie atonique, dans la langueur nerveuse. Il l'emploie pour accélérer la formation des globules sanguins et retarder celle des produits hétéromorphes. Ce serait aussi un antidote contre les vomissements excessifs provoqués par 'ipécacuanha. Enfin, quelques médecins allemands le recommandent dans le traitement de la coqueluche, en inhalations. Et il passe pour le contrepoison efficace des alcaloïdes végétaux.
Modes d'administration et doses. - Le Tannin se prend à l'intérieur en poudre, en pilul.,s, en potion et en élecdcaire. On en donne depuis 10 cen tigrammes au minimum jusqu'à 1 gramme au plus. Une dose plus forte produit des troubles digestifs qui s'opposent à l'absorption
A l'extérieur, on le prescrit à l'état pulvérulent sur les plaies molles et saignantes, les ulcères chroniques; on le fait priser dans les ca d'Tpi Ux rebelle, de développement polypeux de la muqueuse nasale ; on ' h s f
Nante . Tannin 10 grammes; mucilage de gomme, 100 grammes- alcool e menthe, 10 grammes (Cousot). EasoluCion, il sert à lotfonner les'u è e toniques, ou bien U s'emploie en collyre, en gargarisme, en injection en
lavement, en pommade ou en suppositoire. "'jeciion, en
On radminislre parfois sous forme de douches nébulisées.
dose du véhicule doublée ^ '''' au vin et la
Le couvre (Desmarres) renferme i gramme de Tannin pour 100 gram-
9% TAKTUATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTKE STIBIÈ, ÉMÉTIQUK.
mes d'eau distillée, additionnée de 20 grammes d'eau de laurier-cerise. Celui de Hairion en présente la môme quantité dans 7 grammes seulement de mucilage de gomme.
Dans le gargarisme (Januart), il entre 2 grammes d Acide tannique, 10 grammes d'eau, 50 grammes d'eau de rose, et autant d'huile de rose.
La pommade se compose de : Tannin et eau distillée, iâ, de 5 à 10 grammes ; axonge, 30 à 45 grammes.
Le gUjcérolé présente à peu près les mêmes rapports : 10 grammes de Tannin pour 50 grammes de glycéré d'amidon. Le gycérolé d'amidon au Tannin forme un cataplasme astringent.
Le lavement (Bouchardat) contient : Tannin, 1 gramme, dans eau, 300 grammes.
On peut mettre 50 centigrammes à \ gramme d'Acide tannique danà un sapposiloire de beurre de Cacao.
Il existe encore des formules de bougies au Tannin (Schuster), employées contre la blennorrhée ; de crayons au tannin plus spécialement destinés aux cautérisations utérines. Duquesnel prépare les crayons en associant le Tannin à la gutia-percha. Tandis que le Codex incorpore 0,50 de gomme à 10 grammes d'A. tannique, avec Q. S. d'eau et de glycérine pour obtenir une masse malléable. ,
Le collodion au Tanninesl une mauvaise préparation, en ce sens qu elle n'agit pas mieux que le collodion simple et n'emprunte rien à l'action styptique du médicament, absolument dissimulé dans la pellicule solide.
TARTRATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTRE STIBIÉ, ÉMÉTIQUE, Tartinas slHiico-potossicus.
Angl.: lartrate uf Antimong and Potash, Fmetic or stilnated lartar. — \11 • Siibio-Kali larlaricam, Weinsteinsàures Anlimonium Kali. ' l^^Tanrale de Potasse et' d^Anlimoine (Ko.Sbœ,C«H^Oio,2HO) cristallise en octaèdres rbombiques devenant opaques au contact de l'air. II est insoluble dans l'alcool et se dissout dans 14 parties d'eau froide; sa solution rougit le papier de tournesol, faiblement.
Action physiologique. - Le Tartre stibié, d'un goût d'abord un peu douceâtre, puis styptique et métallique, provoque, à la dose minime de 1 centigramme, la nausée, l'horripilation, l'afflux de, la salive, ainsi que des mucosités bu( cales ; la sécrétion exagérée de l'estomac, des intestins etdes glandes annexes, notamment du pancréas et du foie. Meierhofer et Nobilmg observant sur eux-mêmes, ajoutent à ces effets les suivants, quand 1 usage des petites doses de 0«%00l à 0^>-,0i est continué quelques jours : pesanteur de tête, abattement dans les membres, tiraillement et déchirure dans les articulations, soif, somnolence, vertiges, éblouissements, pouls Iréqueni, irrégulier, dysphagie. Et encore de la dyspepsie avec ses Iroub es ">;d'"a.. e douloureux et autres, avec alternative de diarrhée et de constipation afia blissement général, prostration, amaigrissement notable, ^'^«S«Jf^^^^^^ albuminurie; en somme, nutriYion profondément afTectée, avec tendance
vers la cachexie. Le Tartre stibié serait donc ici un véritable poison, altérant violemment les fonctions de digestion et de nutrition. Je donne ces observations sous toutes réserves, elles sentent fort I homœpathie. On trouve, paraît-il, chez les animaux empoisonnés lentement, des dégénérescences graisseuses comparables à celles que produisent l'arsenic et le phosphore. 2 ou 3, et à plus forte raison 5 centigrammes pris d'un coup, exagèrent les phénomènes gastro-intestinaux décrits plus haut, et leur ingestion est bientôt suivie de vomissements composés d'abord des matières alimentaires ou autres préalablement contenues dans l'estomac, puis de mucosités presque pures, et enfin, le plus ordinairement, d'un mélange de mucus et de bile jaunâtre, ^^rarement verdâtre, à moins qu'elle n'ait séjourné quelque temps au milieu du liquide acide des premières voies. Des selles diarrhéiques ne tardent pas à suivre les évacuations par les voies supérieures, et présentent en premier lieu les matières fécales simplement délayées dans les liquides versés par la muqueuse digestive; en second lieu, ces mêmes liquides colorés par une petite quantité de matières alvines et par la bile; enfin, si l'effet cathartique est excessif, une sorte de sérosité presque incolore, coagulable par la chaleur et surtout par l'acide nitrique, et tenant en suspension des flocons d'épithélium ou d'une substance protéique amorphe, grisâtre, semblable à la matière riziforme des selles cholériques.
Cette débâcle est naturellement accompagnée des phénomènes généraux, sympathiques, qui se lient physiologiquement aux troubles analogues des organes digestifs, indépendamment de toute spécialité de causes occasionnelles : ce sont la pâleur et le refroidissement de la périphérie cutanée, , parfois précédés par une élévation momentanée de la température (Th. Ackermann, Duméril et Demarquay, Pécholier, etc.); l'irrégularité d'abord, puis le ralentissement du pouls, la dépression du système nerveux et du pouvoir musculaire, la prostration morale. A ces phénomènes se joignent parfois, quand l'action est toxique, l'anxiété épigastrique, la cyanose, l'anurie, l'aphonie et les crampes. Cet ensemble symptomatique constitue le choléra slibié.
Cependant de tels désordres fonctionnels ne se produisent habituellement qu'à la suite de l'administration de doses fortes, de 20 à SO centigrammes et au-delà; ou bien avec des doses plus modérées, de 5 à 10 centigrammes, mais seulement chez des sujets prédisposés et placés au milieu de circonstances saisonnières ou cosmiques favorables à ce genre d'accidents.
Sous une forme massive ou en solution concentrée, le Tartrate antimonié de Potasse cause dans les premières voies une irritation qui se traduit non seulement par de la rougeur inflammatoire, mais aussi par des aphthes ou des ulcérations plus ou moins nombreuses et développées. Ces lésions, en rapport avec l'intensité de la cause, sont d'ailleurs d'autant plus prononcées, qu'elles ont leur siège sur une partie plus rapprochée de l'entrée des organes digestifs, là où la dilution n'a pas eu le temps de se produire. On en découvre jusque vers la fln de l'œsophage et môme sur la muqueuse gastri-
que (Gubler), chez des sujets ayan t pris de 50 centigrammes à 1 gramme de sel antimonial en vingt-quatre heures. Rarement il se produit de la gangrène des parois stomacales. L'angine slibiée s'accompagne de salivation et de dysphagie très douloureuse.
Appliqué à la surface du corps, soit en poudre, soit en solution concentrée, rÉmétique détermine sur la peau un travail phlegmasique semblable à celui qu'on observe du côté de la muqueuse digeslive, à cela près de la persistance de la couche épidermique, ce qui établit la différence entre la pustule et l'ulcération aphtheuse.
Les pustules stibiées, semblables à celles de la vaccine ou de la petite vérole, débutent, comme ces dernières, par les follicules cutanés, et présentent une période papuleuse, puis vésico-pustuleuse, une couche plastique avec structure aréolaire, un développement centrifuge, enfin une ombilicalicn centrale avec dessiccation et coloration noirâtre. Elles occasionnent de très vives douleurs, qui ne cessent de croître qu'avec la soustraction du corps irritant, et laissent après elles des cicatrices indélébiles.
L'absorption du Tartre sLibié, difficile par la peau, qui lui oppose sa couche épidermique ou qui réagit violemment contre une action devenue irritante, s'opère aisément, au contraire, par la muqueuse gastro-intestinale, sans qu'il soit besoin d'une transformation préalable en chlorure d'antimoine, comme le voudrait Mialhe.
Une fois parvenu dans la circulation, cet agent ne fait que continuer l'action pharmacodynamique par laquelle il a d'abord signalé sa présence dans les premières voies, sans amener d'ailleurs aucun symptôme nouveau devant être mis sur le compte d'une action altérante spéciale. On ne constate pas autre chose que la persistance de l'aiïaiblissement et du ralentissement de l'action cardiaque, ainsi que des mouvements respiratoires; celle de la réfrigération, de la résolution des forces et des phénomènes dérivés de ces modifications fondamentales.
Les battements du cœur sont généralement ralentis, seulement dans une proportion variable suivant le rythme initial : l'abaissement étant d'autant plus considérable que l'accélération morbide était plus grande.
Le pouls peut tomber de 72 à M pulsations (Trousseau et Pidoux); ordinairement, avec une fièvre vive, il ne s'abaisse que d'un tiers ou d'un quart, et l'on obtient souvent une diminution de 20 pulsations à la minute (Gubler), tandis que Hirtz l'évalue en moyenne à 6 ou 10 seulement. En même temps qu'il se ralentit, le pouls s'amollit, et le sphygmographe, appliqué pendant la période de vomissement (Arthur Bordier), démontre que les courbes de l'ondée sanguine se réduisent considérablement, s'elfacent presque, et deviennent des cônes tronqués très surbaissés et à base supérieure légèrement oblique. Le redressement subit qui accompagne l'acte du vomissement me semble avoir pour cause le refoulement du fluide sanguin vers la périphérie et l'augmentation instantanée de la pression vasculaire passive.
La température, quelquefois momentanément accrue, tombe de 1 à3 degrés, Ackermann et Hadziejewski ont vu un abaissement de 6»,6, plus ou
TAUTRATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTRE STIBIÉ, ÉMÉTIQUli. 099 moins, suivanl qu'elle était préalablement plus ou moins hypernormalc. Elle peut descendre au-dessous du chiffre physiologique, au moms dans les régions superficielles, lorsque l'action hyposthénisante est intense. Ce fait devient évident quand il existe des accidents cholériformes ; il n'est pas moins certain dans les cas plus mod(irés, ainsi que le prouvent les expériences Ihermométriques. La température intérieure elle-même s'abaisse de 1 degré, d'après les recherches de Hirtz.
La respiration ne saurait toujours suivre ce mouvement descensionnel de la circulation et de la caloriflcation, parce que, suivant la réQexion judicieuse de plusieurs praticiens, il existe un obstacle mécanique à l'accomplissement de cette fonction chez la plupart des sujets auxquels on administre le Tartre stibié. iMais, si l'on veut être complet, il faut étendre cette réserve au pouls lui-même pour les cas où le cœur est atteint soit d'anciennes lésions des orifices et des parois mettant obstacle au jeu régulier de cet organe, soit d'inflammations récentes, superficielles ou parenchymateuses,nées en même temps que la phlegmasie pulmonaire ou développées secondairement. On peut dire cependant qu'accélérée au début, elle devient pénible et lente pendant le vomissement et simplement lente après.
La sécrétion sudorale est généralement accrue sous l'influence du Tartre stibié, et le visage se couvre d'une sueur perlée, parfois fraîche ou froide, pendant l'état de nausée et surtout de vomissement. L'hypercrinie rénale est loin d'être aussi constante, elle ne se montre que dans les cas où les évacuations gastriques et intestinales sont faibles ou nulles.
Le composé anlimonial, après son absorption, se retrouve dans le sang (Taylor), dans le foie et les principaux viscères (Orfila) ; puis, au bout de quelques heures, il passe dans les divers émonctoires, où il a été constaté : dans la bile (Lewald), dans le lait (Lewald, Hepp), dans l'urine et la sueur (Hepp). Je pense, ajoutais-je dans la première édition de ce livre, qu'il doit être éhminé également par la muqueuse digestive, au même titre que l'urée dans les expériences d'extirpation des reins, et je trouverais plausible d'attribuer à cette action locale, consécutive, les vomissements et les purgations observés chez les chiens par Magendie, Orfila, Brinton et Richardson après l'injection de l'Émétique dans le système veineux. Les quantitées employées chez l'homme par Hannon étaient sans doute insuffisantes pour déterminer ces symptômes violents ; tout s'est borné à une augmentation de la diurèse, avec dépression considérable du pouls et de la respiration.
Celte vue, dès lors simplement plausible, a acquis la valeur d'une opinion à peu près démontrée par les résultats des belles expériences sur l'émétine exécutées chez les animaux par les docteurs Ernest Labbée et A. d'Ornellas et vérifiées chez l'homme, dans mon service à l'hôpital Beaujon. Efl'ectivement, il ressort de ces expériences que le principe actif de l'ipécacuanha, injecté sous la peau dans de bonnes conditions d'absorption, se montre inefficace aux doses qui sont suffisantes quand on les porte directement dans les premières voies; qu'en tout cas les efl'ets s'en font sentir beaucoup plus tardivement et seulement lorsque la substance éliminée par
les glandules gaslro-intestinales et mise en contact avec la muqueuse digeslive, où elle a été retrouvée par d'Ornellas et Méhu, peut faire sentir son action topique irritante (Voy. Ipécacuanha, p. 194).
Mais du reste Hermann etGrimra, Radziejewski, ont retrouvé également l'Émétique dans les matières vomies, alors qu'ils l'avaient injecté dans une veine. De telle sorte qu'on peut croire à l'impression primaire produite par cette substance sur les réseaux nerveux de l'estomac lui-même comme cause du vomissement, plutôt qu'à une action directe sur les centres nerveux se manifestant d'emblée. Eu d'autres termes, il paraît probable que ces centres obéissent à une action réflexe, née de la stimulation des extrémités périphériques du nerf vague.
11 est douteux que le Tartrate antimonié de Potasse à dose thérapeutique, même lorsqu'il est éliminé en grande quantité à la fois, puisse déterminer des symptômes phlegmasiques vers la peau ou les organes urinaires. A plus forte raison ne puis-je admettre, avec Bôcker, Crichton et Gleaver, qu'une pusiutalion secondaire puisse se montrer, même exceptionnellement, aux bras, aux cuisses et aux parties génitales comme conséquence de la prétendue saturation antimoniale, sur le compte de laquelle on a mis plus faussement encore les aphtes de la muqueuse digestive, si faciles à expliquer par l'action irritante locale et immédiate des solutions concentrées de Tartrate antimonié de Potasse. Les pustules observées dans les régions externes cidessus désignées étaient, selon toute vraisemblance, le résultat delà dispersion des molécules de Tartre stibié employé à l'état solide ou en solution concentrée dans différents véhicules.
A doses relativement excessives ou trop longtemps continuées, le Tartre stibié devient un poison irritant, corrosif, indirectement narcotique, hyposthénisant, et les exemples d'une issue funeste ne sont pas rares. Tantôt le malade succombe aux suites du choléra stibié, sans présenter aucune altération anatomique sérieuse des premières voies (Rayer, Grisolle, Strambio, Beau, Taylor); tantôt on constate, après la mort, soit une véritable gastrite diffuse, ce qui est rare, soit des ulcérations circonscrites de la muqueuse, environnées d'un cercle inflammatoire ou compliquées de gangrène et de -péritonite localisée (Gubler), ou bien enfin la mort résulte d'une syncope ou d'un alfaiblissement progressif.
Tandis que des quantités moyennes de Tartre stibié, administrées à des sujets prédisposés, occasionnent parfois des vomissements pour ainsi dire incoercibles et des superpurgations épuisantes, on voit d'un autre coté des doses fortes du médicament ne produire chez certains malades ni effets vomitifs ni efl'ets purgatifs. Dans ce cas, on dit qu'il y a tolérance, et non pas immunité, attendu que d'autres symptômes témoignent de l'influence dépressive exercée par l'Émétique sur l'économie. Contrairement à ce qu'on a pu croire, celte tolérance ne s'observe jamais d'emblée sur des individus sains ni sur des malades dont l'état des forces est satisfaisant. A part les cas d'aneslhésie de la muqueuse gastrique et ceux où existerait un désordre fonctionnel de la paire vague ainsi que des centres de réflexion, elle ne
TARTRATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTRE STIBIÉ, ÉMÉTIQUE. 1001 se montre dès les premières doses que chez les sujets épuisés ou dont les grandes fonctions sont profondément troublées par une affection générale de nature virulente ou sepliqne, ou bien par les désordres anatomiques graves d'un organe ou d'un appareil essentiel à la vie.
C'est ainsi qu'il est impossible d'obtenir des vomissements avec le Tartre stibié non plus qu'avec le sulfate de cuivre ou tout autre émélique, dans la pneumonie secondaire compliquant une fièvre typhoïde de mauvais caractère et dans la période adynamique d'une péripneumonie suppurée. Cependant il est bien rare que, dans les mêmes circonstances, l'Émétique ne donne pas lieu à des évacuations alviues; aussi Rayer a-t-il noté que la tolérance de l'estomac s'obtient plus vite que celle de l'intestin. La dilférence s'explique, à mon avis, par la complexité des actes nécessaires à l'accomplissement du vomissement, comparée à la simplicité d'une évacuation intestinale.'A la rigueur, le poids d'une colonne liquide renfermée dans le canal alimentaire suffirait à l'en faire sortir sans l'aide de la tunique musculaire de l'intestin. Pour l'expulsion par les voies supérieures, c'est tout autre chose : il faut non seulement le resserrement spasmodique de l'estomac, mais les efforts convulsifs du diaphragme, des parois abdominales et de toutes les puissances expiratrices. Or, cette association de forces ne saurait s'effectuer sans l'intégrité des fonctions du système nerveux, d'où dépendent les sympathies et les synergies. Quand le Tartre stibié, au bout de quelques heures ou de quelques jours d'emploi, est parvenu à se faire tolérer, c'est donc qu'en brisant l'énergie organique il a détruit cette harmonie indispensable à la réalisation des effets émétiques.
En définitive, loin d'indiquer un mode d'action nouveau de la part du Tartre stibié, la tolérance ne signifie pas autre chose que l'affaissement de l'économie déterminé par le mal ou par le remède, ou par les deux ; et quand elle existe, elle n'empêche pas la continuation des effets ordinaires et fondamentaux de la préparation antimoniale sur les organes digestils et le reste du système, à savoir, l'état nauséeux, l'hypercrinie de la muqueuse digestive et des glandes annexes, le coUapsus du cœur et des muscles volontaires, la réfrigération, etc.
La théorie pharmacodynamique du Tartre stibié est encore un sujet de controverse parmi les physiologistes : les uns ne l'envisagent, avec Rasori, que comme un hyposthénisant général, agissant après absorption ; les autres, h la suite de Broussais, ne veulent lui accorder que des effets topiques, et le rangent au nombre des agents de la médication révulsive et spolia- Irice.
Dans chacune de ces deux doctrines, la critique découvre aisément la part de l'erreur et de la vérité. Trousseau a parfaitement démontré que la dépression des forces ne saurait être mise tout entière sur le compte des pertes éprouvées par les vomissements et les selles diarrhéi(iues. S'eusuit-il qu'il faille l'attribuer uniiiuementàl'action diffusée du médicament aprèsabsorption? Pas le moins du monde. D'abord cette action contre-stimulante, telle que l'entendait le chef de l'ancienne école italienne, n'est nullement établie
1002 TARTRATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTRE STIBIÉ, ÉMÉTIQUE. sur des preuves valables. Les résultais des injections dans les veines pratiquées par Magendie, et à son exemple par d'autres physiologistes, peuvent, ainsi qu'on l'a vu précédemment, s'interpréter dans le sens d'une action locale sur l'estomac, consécutive à l'élimination du sel antimonial par la muqueuse gastrique. En outre, rien n'est plus facile que d'expliquer l'asthénie qui accompagne les phénomènes toxiques du Tartre stibié donné à l'intérieur, par les sympathies évidentes que les troubles gastriques éveillent dans toute l'économie. Que le vomissement soit provoqué par l'éraétique, par l'ipéca, par une indigestion, par le balancement de l'escarpolette ou ie roulis d'un navire, par une quinte de toux, par la titillation de la luette ou par la vue d'un objet dégoûtant, il a pour cortège nécessaire le refroidissement périphérique, la pâleur tégumentaire, la sueur, la sédation circulatoire et la résolution des forces. Pour que ces phénomènes se produisent, il n'est même pas indispensable que l'estomac et les puissances synergiques entrent en convulsion pour expulser le contenu du ventricule ; l'élat de malaise et de nausée qui suit la crise suffit à jeter l'organisme tout entier dans une prostration exclusive de la fièvre et du travail inflammatoire. , , . .
11 y a cependant des différences à noter, suivant les causes génératrices du vomissement, sous le rapport de l'intensité et de la persistance des symptômes aussi bien que sous celui du syndrome concomitant. Le mal de mer déterminé par divers agents de la médication émétique n'est m toujours simple ni toujours uniforme : à la modification des expansions périphériques du nerf vague qui donne la nausée et détermine la convulsion complexe du vomissement, s'ajoutent parfois des actions multiples, réflexes ou diffusées, qui viennent surcharger le tableau symptomatique. Ainsi les effets du Tartre stibié, plus violents et plus durables que ceux de l'ipéca seraient inférieurs à ceux de l'apomorphine. D'un autre côté le Veratrum viruie semble exercer une influence prépondérante sur le cœur soit par le moyen du pneumo-gastrique, en vertu d'une action réflexe, soit par un autre procédé non encore déterminé expérimentalement.
Quoi qu'il en soit, de tous les effets directs qui lui sont attribués, les actions nauséante et émétique du Tartre stibié sont les seules incontestables, et ces actions, qui s'exercent immédiatement sur la muqueuse gastrique, rendent suffisamment compte des phénomènes généraux dont rexislence semblait impliquer l'absorption préalable du sel antimonial et son conflit
avec les centres nerveux.
En conséquence, sans vouloir absolument nier l'action hyposthénisante directe et pour ainsi dire spécifique des préparations slibiées une fois parvenues dans la circulation, je me crois autorisé à n'accorder cependant une importance réelle qu'à leurs effets topiques sur le tube digestif, et aux sympathies qu'ils excitent dans le reste de l'économie. La réduction de l'hématose par l'antimoine en circulation dans le sang est une hypothèse ingénieuse proposée par Mialhe et admise par les chimistes sans preuve démonstrative, mais seulement comme moyen de comprendre les résultais
TARTRATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTRE STIRIÉ, ÉMÉTIQUE. 1003 constatés par les cliniciens. L'analogie avec l'arsenic, invoquée en faveur de celte manière de voir, ne lui apporte pas un appui bien solide, puisque l'action pharmacodynamique de ce dernier est elle-même fort obscure. En tout cas, si elle existe, l'action anhématosique n'a qu'une part secondaire et probablement minime dans le résultat défmitif. La valeur de la spoliation séreuse et de la déperdition des forces par les efforts des vomissements est beaucoup plus grande, mais, encore une fois, elle est certainement primée par celle des effets réflexes de l'état nauséeux.
La doctrine exposée ci-dessus me semble de nature à concilier tous les faits et à rallier toutes les opinions. Avec Rivière, Macartney, Rayer, elle fait pivoter la plupart des symptômes autour de l'action nauséante, sans vouloir, avecChomel et Dance, que le Tartre stibié soit absolument inerte s'il ne purge ni ne fait vomir, c'est-à-dire s'il est toléré; avec Broussais, Bouillaud et Barbier, elle accorde une importance méritée à la spoliation et à la dérivation opérées par la supersécrétion gastro-inlestinale, les vomissements et les évacuations alvines; avec Éberle et Trousseau, elle reconnaît la part considérable qui revient à la dépression du système nerveux dans les troubles circulatoires et calorifiques : seulement, elld ne fait de cette modification de l'innervation qu'un symptôme secondaire dérivé des désordres gastriques; enfin elle admet avec Laënnec l'accroissement de l'absorption interstitielle consécutive aux pertes séro-albumineuses essuyées par l'économie. Elle n'a aucune répugnance à déclarer, après Fontaneilles, que des altérations sanguines doivent en résulter; elle laisse même le champ libre à la démonstration d'une action de présence, actuellement hypothétique, sur le sang et le système nerveux, laquelle contribuerait dans une certaine mesure au résultat final, l'hyposthénie ; mais elle n'a que faire du prétendu pouvoir imaginé par Rasori, de diminuer directement la diathèse de stimulus envisagée comme une entité spécifique, et, repoussant les facultés curatives occultes dont Tealer, cité par Pereira, a gratifié rÉinétique, elle cherche dans les données acquises en physiologie l'explication de ses effets thérapeutiques. Si les expériences de Meierhofer et Nobiling sont exactes, elles viendraient comme preuve à l'appui des effets altérants des petites doses d'Émélique bien comparables cette fois à ceux (Je l'arsenic.
Il me reste à faire comprendre l'action topique irritante et même escharotiqiie du Tartre stibié. Ce sel ne produit pas sur la muqueuse ou la peau des efi'ets chimiques comparables à ceux des acides ou des alcalis concentrés : il ne brûle pas d'emblée les tissus; mais, semblable à l'arsenic, il les imprègne sans les détruire, les modifie dans leur vitalité et les irrite, puis les frappe de mort s'il est en quantité suffisante, et développe circonférentiellement une inflammation plus ou moins vive, aboutissant à l'exsudat plastique et à la suppuration. Ces phénomènes, qui supposent la présence d'un tissu vivant, ne se montrent pas sur le cadavre.
Substances synergiques, auxiliaires. — Les vomitifs et les purgatifs, ainsi que tous les moyens qui favorisent ou assurent les effets de ces agents,
lOOi TAUTHATE d'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TABTRE STIIJIÉ, ÉMÉTIQUE.
sont synergiques ou auxiliaires du Tartre stibié. Il en est de même, à certains égards, des émissions sanguines et de quelques médicaments qui, tels que les émoliients, les délayants, les acidulés, le sulfate de quinine, l'arsenic, le bromure de potassium, sont capables de calmer, d'une laçpn ou d'une autre, l'éréthisme iiiHammatoire et fébrile; aussi le ïartre stibié estil souvent associé à la limonade citrique ou tartrique, et son emploi combiné avec celui du sulfate de quinine ou de la saignée.
On peut encore rapprocher de l'Émétique la digitale, le Veratrum viride au point de vue de ses effets éméto-cathartiques et névro-musculaires; l'arsenic, le mercure, le phosphore, etc., en ce qui touche son action sur la nutrition, qu'il altère suivant le mode connu de ces agents toxiques ; stéatose.
Substances antagonistes, incompatibles. — Andidotes, contke-poisons. — Les aromatiques, les alcooliques et les autres stimulants dilfusibles s'opposent aux effets physiologiques de l Émétique. Il en est de même des narcotiques et spécialement de l'opium, lequel ne devrait, en conséquence, jamais être associé au Tartre stibié dans une formule. Si l'on craint la violence d'une dose ordinaire du médicament, il vaut mieux la réduire au quart ou à la moitié que d'y ajouter de l'opium, qui en neutralise les effets dans la même proportion; 5 centigrammes d'extrait gommeux thébaïque me paraissant équivaloir quelquefois à 5 et même à 10 centigrammes d'Émétique. Si l'on tient à procurer du sommeil au malade, il est plus rationnel de suspendre pour quelques heures l'usage de la potion stibiée et d'administrer le narcotique isolément.
Il existe enfin des antagonistes partiels : par exemple, le froid appliqué au visage et aux mains contrarie les vomissements , tandis que la chaleur modère la diarrhée, en sorte qu'il serait possible, par une combinaison de conditions connues d'avance, de faire prédominer les effets, soit émétiques soit cathartiques.
D'un autre côté, le Tartrate antimonié de Potasse est altéré dans sa composition par certaines substances agissant en vertu de leur pouvoir chimique : tels sont le t;mnin et toutes les matières qui en renferment, notamment le quinquina, le thé, la noix de galle, l'écorce de chêne, etc. Ces substances végétales sont les contre-poisons de l'Émétique, de mêgie que l'opium, l'alcool et les stimulants diffusibles en sont les antidotes dynamiques.
Usages. — Le Tartre stibié est naturellement indiqué toutes les fois qu'il s'agit d'obtenir une action éméto-cathartique. Il offre encore une application rationnelle dans les cas morbides où un groupe de symptômes peut être réprimé par les effets secondaires du médicament, sympathiques ou autres, qui suivent l'état nauséeux, les vomissements et la diarrhée.
1» En qualité û'évacuant, il est généralement employé dans l'embarras gastrique et intestinal, dans la fièvre gastrique et bilieuse, dans le premier septénaire de la lièvre typhoïde, dans les indigestions qui n'aboutissent pas, dans les empoisonnements par des substances toxiques ingérées par la bou-
TARTRATE d'aNTIMOINE ET DE POTASSE, TAHTRE STIBIÉ, EMÉTlUUE. lUOil che. De ces types on peut rapprocher les cas de corps étrangers introduits dans les premières voies, et ceux de catarrhe sutFocant, de croup bronchique et laryngé, d'angine couenneuse et d'amygdalite suppurée, dans lesquels les efforts de vomissements contribuent puissamment à l'expulsion des matières muqueuses, plastiques ou purulentes qui encombrent les voies aériennes ou digestives.
2» Mais, dans plusieurs cas de cette dernière catégorie, rÉmétique agit en outre en exagérant les sécrétions muqueuses et favorisant la séparation des autres produits d'exsudation. On recherche également ses propriétés Injpercriniques dans la bronchite sèche ou à râles vibrants, dans la pneumonie avec excès de plasticité, et quelques circonstances analogues.
3" Gomme hypocinétique ou résolutif de la puissance musculaire, le Tartre stibié trouve son opportunité dans la réduction des luxations difficiles et des hernies rebelles aux taxis, dans la coqueluche, les toux spasmodiques, dans les névroses convulsives : hystérie, épilepsie ; dans le tétanos et la chorée (Rasori, Laënnec, Breschet, Gillette, Bouley, Marrotte), ainsi que dans les contractures et les spasmes symptomatiques des lésions des centres nerveux. 11 pourrait être administré au même titre dans le but d'arrêter les contractions douloureuses et inefficaces de l'utérus, ce qui n'empêcherait pas l'acte du vomissement ou l'irritation portée sur le rectum par le Tartre stibié en lavements d'être utile, comme le veut Stedraan, dans le travail languissant (^e^/ioMs /aéoM?-). Dans les maladies organiques ducœur, l'Émétique joue encore le rôle d'hypocinétique, quand il fait cesser le tumulte des battements cardiaques et apaise la circulation à la manière de la digitale.
A°L''aciion diaphorétique est recherchée dans le cours des affections aiguës, inflammatoires et fébriles. Au milieu d'une fièvre ardente, quand les sudoriflques ordinaires, c'est-à-dire les stimulants, sont devenus impuissants ou dangereux, le Tartre stibié est le meilleur moyen d'amener la sudation et de provoquer l'appai ition d'un exanthème qui se faisait attendre. L'éruption morbilleuse ou scarlatineuse, celle des boutons varioliques, obtenue de la sorte, met fin quelquefois aux plus graves accidents.
o" Enfin le Tartre stibié est usité comme antip/ilnyistiqne, principalement, ainsi que je l'ai dit, pour ses qualités nauséantes et aussi pour son action spoliatrice, dans une foule d'états pathologiques, en tête desquels il convient de placer la pneumonie et le rhumatisme articulaire aigu. A la suite de ces maladies capitales viennent les bronchites et les bronchio-pneumonies, les pneumonies secondaires de la tuberculose pulmonaire, la pleurésie, l'érysipèle, le phlegmon, la phlébite, la méningite aiguë, et généralement les phlegmasies fébriles. A cet ordre de faits se rapportent les cas où le Tartre stibié agit comme anémiant, ou plutôt comme antifluxionnaire et déconrjcstionnant, ainsi que commQ hémostatique. Tels sont le coup de sang et l'apoplexie cérébrale, la manie aiguë avec hypérémie, sinon phlogose, de la pulpe encéphalique; tel est aussi le délire alcoolique, mais seulement dans sa période congestive etirfitative ou hypersthénique. Car ce serait une erreur de croire que la médication stibiéefùt applicable à tous les cas indif-
1006 TARTlUTli U'ANTlMOlNli ET Uli POTASSE, TARTRE STIBIÉ, ÉMÉTIQUE.
l'éremment, comme le voudraient quelques médecins étrangers. Au début, le délire et le tremblement alcoolique, élant des phénomènes d'asthénie, réclament l'opium et les stimulants diffusibles ; c'est plus tard, quand l'irritation et l'hypérémie ont remplacé l'abincitation primitive, que se lait sentir l'utilité du Tartre stibié, comme celle du sulfate de quinine, de la digitale ou du bromure de potassium.
Nous omettons à dessein de mentionner les applications que l'on a fait dériver de l'action altérante de l'Émétique.
Ces applications, quipourraientêtre à larigueur parallèles à celles du mercure et de l'arsenic, ne doivent pas être recherchées, puisque ces deux médicaments l'emportent de beaucoup dans l'espèce sur l'Émétique.
Malgré la diversité et l'apparente simplicité des mécanismes invoqués dans ces différentes catégories de cas, l'action du Tartre stibié reste cependant toujours identique au fond, bien que multiple dans ses conséquences. Ce qui justifie les distinctions établies précédemment, c'est moins la prédominance réelle de l'un des effets du sel anlimonial sur l'économie troublée, que l'importance majeure que chacun d'eux acquiert tour à tour, aux yeux du physiologiste, dans l'explication du résultat observé. S'agit-il, par exemple, d'une angine couenneuse, on explique les bons effets de l'Emétique par l'élimination des fausses membranes, tandis que l'hypercrinie muqueuse, la sédation nerveuse et circulatoire, la spoliation du sang, ont aussi leur part dans les résultats thérapeutiques. De même, dans une phlegraasie rhumatismale des séreuses cardiaques, l'action hypocinétique n'est qu'un élément de curation auquel se joignent effu-acement les effets toniques vasomoteurs, réfrigérants, révulsifs ou dérivatifs, diaphorétiques, etc., et ainsi des autres cas pathologiques.
Pas plus que les autres agents de la matière médicale le Tartre stibié n'est l'antagoniste spécial de certaines formes, encore moins de certaines entités morbides ; il ne s'adresse pas à la convulsion en général, ni à la pneumonie ou bien au rhumatisme envisagés comme espèces nosologiques, mais il combat diverses modifications pathologiques qui se retrouvent comme éléments générateurs ou comme complication dans les nombreuses maladies où l'expérience a démontré l'efficacité du traitement par le Tartrate antimonié de Potasse.
Les désordres anatomiques et fonctionnels sur lesquels l'Émétique a le plus de prise sont ceux qui se traduisent par les mots fluxion sanguine et fièvre : celle-là représentant la fièvre locale, celle-ci l'inflammation généralisée. Puis viennent les phlegmasies plus avancées, les poussées hémorrhagiques, les phénomènes d'excitation sensitive et motrice, les sécrétions défectueuses, et secondairement, les collections liquides ou les épanchements plastiques. J'ai vu dans plusieurs circonstances, où l'opération de la thoracentèse était repoussée, le Tartre stibié en lavage déterminer à la faveur d'une entérorrhée séreuse très abondante, la résorption d'hydrothorax énormes qui avaient résisté aux diurétiques, aux drastiques et aux vésicatoires volants.
TARTRATE D'ANTIMOINE ET DE POTASSE, TARTRE STIDIE, ÉMÉTIQUE. 1007 Si l'action nauséante enraye les hémorrhagies cérébi-ales elles hémoptysies,siles eiïets éméto-cathartiques provoquent la résorption de vastes épanchements séreux, ces troubles artificiels de l'économie agissent plus sûrement encore pour éteindre le feu de la fièvre ou des inflammations localisées. Dans ces conditions seulement, le succès peut être instantané et durable ; partout ailleurs la médication stibiée ne donne que des résultats aléatoires et momentanés : elle agit en qualité de palliatif plutôt que comme réellement curative.
Dans le rhumatisme, par exemple, l'Émétique produit d'excellents résultats quand les localisations sont peu stables et la fièvre intense. Dans la pneumonie, c'est le premier degré qui cède rapidement et s'évanouit parfois sans retour par une sorte de délitescence, selon l'expression consacrée.
Mais pour mieux réussir, faut-il donc chercher à obtenir la tolérance? En aucune façon.
Dans mon opinion, qui, je le répète, est celle de Rivière, deMacartney, de Rayer, de Dance et de Chomel, le Tartre stibié ne jouit de propriétés thérapeutiques qu'à la condition de produire ses effets physiologiques ordinaires, c'est-à-dire la nausée, le vomissement et les phénomènes généraux connexes ; il ne possède aucun effet altérant démontrable en dehors de ces modifications fonctionnelles qui se rattachent à l'action éméto-cathartique par voie de sympathie ou par d'autres liens connus du physiologiste. En conséquence, il serait absurde de vouloir supprimer les effets nauséeux et vomi-purgatifs d'oii tout le reste dérive ; car si l'on y parvenait complètement on se priverait par cela même de toute influence favorable sur la marche ultérieure de la maladie. Loin de se proposer un tel but, on doit avoir pour objectif constant, sinon l'action éméto-cathartique, du moins l'action nauséante du Tartre stibié. Les doses de sel antimonial doivent être pesées, fractionnées et rapprochées, ouéloignéesde telle sorte que le résultat désiré soit maintenu dans de sages limites tout le temps jugé nécessaire pour se rendre maître des accidents. Presque jamais il n'est indispensable d'éviter les évacuations stomacales et alvines dans la première phase du traitement; souvent, au contraire, la dépression profonde qui en résulte et qui s'augmente de la spoliation séreuse de l'organisme, exerce une influence décisive sur l'issue du mal. Mais, une fois acquis ce premier résultat, il suffit généralement de soutenir l'action nauséante, à moins que, par exception, il ne semble préférable de répéter une ou deux fois par jour les secousses de vomissements.
Les contre-indications du Tartre stibié se tirent principalement de l'état des voies digestives et de celui des forces organiques, à quoi il faut joindre la composition du milieu ambiant dans ses rapports avec la pathogénie, en d'autres termes, la constitution médicale régnante. On évitera soigneusement l'emploi de l'Emétique chez les sujets exposés au dévoiement, au vomissement, et qui soufl'rent d'une lésion de l'estomac ou des intestins; chez ceux qui sont dans la débilité, la prostration, et à plus forte raison dans la période adynamique des aflections malignes. On s'en abstiendra encore
1008 TAUTItATIi D'ANTlMOINIî 1£T Dli PûTASSIi, TARTRE STIBIÉ, ÉMÉTIQUE.
dans les temps et les lieux oùrôgnenl épidémiquement des maladies dangereuses qui, telles que la dysenterie ou le choléra, portent leurs principales violences sur le tube digestif et les viscères abdominaux.
Outre ses usages internes, le Tartre stibié est encore un agent extérieur de la médication irritante, escharotique, et partant révulsive. L'intensité et la durée de ses effets topiques l'ont fait préférer non seulement aux rubéfiants, mais même aux vésicants, dans le traitement des inflammations chroniques et rebelles du larynx, des bronches et des autres organes thoraciques, et parfois dans celui des hydarthroses, des arthrocaces et de diverses affections chirurgicales. On s'en servait aussi pour ranimer les dermatoses chroniques, telles que l'acné rosacée, le psoriasis, etc.
Modes d'administration et doses. — Pour l'usage interne, l'Emétique se donne généralement en solution aqueuse, avec addition de correctifs et d'adjuvants, à distances et à doses variables suivant le but qu'on se propose.
S'agit-il de provoquer des vomissements, on fait prendre des quantités d'Émétique relativement élevées, et l'on rapproche les prises successives pour obtenir des effets cumulatifs. Veut-on, au contraire, assurer l'action cathartique, il faut administrer des doses filées, c'est-à-dire faibles et distancées, afin d'éviter la révolte de l'estomac et de permettre le passage dans l'intestin, où le contact prolongé du médicament déterminera une diacrise abondante.
En vue d'obtenir les effets cmUre-stimulants, on a pris, depuis Rasori, l'habitude d'administrer des doses énormes du Sel antimonial. Le promoteur de l'ancienne école italienne en donnait 1, 2, 3 et jusqu'à 4 grammes dans les vingt-quatre heures. En France, on n'a pas dépassé i gramme et demi, la dose ordinaire étant de 30 à 60 centigrammes : c'est encore beaucoup trop. A la vérité, cette dose était habituellement associée à 5 ou 10 centigrammes d'extrait gommeux, ou bien à une quantité correspondante d'une autre préparation d'opium, et. par conséquent, elle était sensiblement atténuée dans ses effets toxiques. Néanmoins je la considère comme excessive par ces deux raisons, que, d'une part, elle n'agit pas mieux qu'une quantité six à dix fois moindre, et que, d'autre part, elle entraîne des accidents locaux et généraux parfois redoutables. D'après mon expérience, 3 à 10 centigrammes chez les malades à la diète et n'ingérant aucun médicament tonique m aucune substance antagoniste, suflisent à réaliser tous les effets hyposthénisants désirables, à la condition de n'y ajouter ni opium ni aucune préparation narcotique. Encore est-il nécessaire de les fractionner et de répéter les prises, afin de se borner à l'action nauséante, ou du moins de produire aussi peu que possible d'évacuations par le haut et par le bas et de soutenir régulièrement celte action.
A la condition de forcer un peu la dose, on peut épargner au malade la saveur désagréable du Tartre stibié en la dissimulant sous des substances aromatiques. Il est commode de l'inlroduire dans le julep gommeux du ( ■■Hlex, qui est aromatisé avec de l'eau de fleur d'oranger ; on peut également
le faire dissoudre dans l'eau de menthe ou de l'infusion de Tilleul édulcorée.
Cependant le meilleur mode est celui que l'on connaît sous le nom A'Èmélique en lavafje ; c'est une solution de 5 à 10 centigrammes de Tartre stibié dans un véhicule aqueux abondant, ordinairement un litre de tisane de chiendent, de bouillon de veau, de bouillon d'herbes, de petit-lait ou d'eau d'orge. Je prescris de préférence 5 ou 10 centigrammes d'Émétique dans un pot de limonade tartrique, à prendre par demi-verrées d'heure en heure ou de demi-heure en demi-heure, avec recommandation de suspendre l'administration du remède dès qu'il s'est produit des vomissements, ou, ce qui est le plus fréquent, des selles diarrhéiques, sauf à la reprendre au bout de deux ou trois heures d'arrêt, si le mal l'exige.
En général, il faut éviter les effets éméto-catharliques réitérés et violents, quand on ne recherche que l'action antiphlogistique ou sédative. La chorée, pas plus que la pneumonie, ne réclame des doses exagérées, et l'on peut arriver à des résultats aussi satisfaisants dans la danse de Saint-Guy avec 10 centigrammes qu'avec des quantités quadruples ou sextuples. Mais quelle que soit la modération des doses, il sera prudent de laisser reposer le sujet après trois jours de traitement (Gillette).
En qualité de vomitif, le Tartrate de Potasse et d'Antimoine s'administre un peu différemment. C'est bien toujours la dose de 5 à 10 ou tout au plus de 13 centigrammes qui est usitée, mais on la donne en trois fois seulement à dix minutes ou un quart d'heure de distance, chaque prise dans un verre d'eau tiède. Souvent on cherche à assurer l'action émélique en associant le Sel antimonial à ^8^50 ou 2 grammes d'ipéca pulvérisé.
Rarement le Tartre stibié se prend à l'état solide. Cependant on a conseillé comme mélange éméli(jue 3 centigrammes de ce sel mêlé avec le', 50 d'amidon ; mais quand celte poudre composée n'est pas homogène et que des particules d'Émétique se trouvent en contact avec une muqueuse asséchée et dénuée d'épithéUum, il peut en résulter une pustulation et des inconvénients sérieux.
On a recommandé aussi plusieurs formules de Pilules stibiées .' celles d'E. Boudet, beaucoup trop massives, étaient de 1 décigramme chacune • celles de Carrière ne renferment que. 4 milligrammes environ du principe actif associé à moins de 1 centigramme d'extrait hydro-alcoolique de digitale avec 10 centigrammes d'extrait de polygala sénéca. L'Émétique fait partie du Bolus ad quarlanam.
Les autres préparations les plus usitées sont VEau bénite des frères de la Chanté : Emétique, 30 centigrammes ; eau, 250 grammes ; et le Vin antimonie ou Via émetique (environ 10 centigrammes de Tartre stibié dans 30 grammes de vin de Malaga).
On a quelquefois administré le Tartre antimonié de Potasse en lavement ■ o ent.grammes pour 200 grammes d'eau, soit pour faire vomir, soit pTur activer les douleurs de la parturition (Young),
A l'extérieur, on emnjoie dans lo K.,f ^„ i •
emploie, aans le but de produire une éruption stibiée; OuULEii et Laduée, :io cdilioli. „.
1010 TAHTRATlî I-'ERRICO-AMMONIQUK, TARTRATE Dl£ FER ET D'AMMONIAQUE.
tantôt la Pommade d' Autenrielh : Émétique porphyrisé, 4 à 10 grammes ; axonge, 30 grammes ; tantôt V Emplâtre de poix de Bourgogne slibié, recouvert de'50 centigrammes à 2 grammes d'Émétiqiie en poudre. Dauvergne père se loue beaucoup Aw suppositoire :Tàviv& stibié, 0,10 ; beurre de cacao, Q. S. pour un suppositoire, comme révulsif dans les affections cérébrales
aiguils. .
Mais on a renoncé à faire pénétrer l'Émétique dans l'organisme par la méthode iatraleptique ; et les injections de sa solution ne servent guère que comme liquide irritant dans le traitement des kystes.
TARTRATEBORICO POTASSIQUE, TARTRATE ET POTASSE DE D'A- CIDE BORIQUE, CRÈME DE TARTRE SOLUBLE, Tariras borico-potasstcus,
Angl. : Boro-tarlrate of Potash, soluble cream of Tariar. — AU. : Kali tartaricum boraxatum, Tartarus boraxatus, Borax Wemstein.
Le Tartrale boriico-polassigue (KO,BoO3,C8lFO^0) est acide au goût, mcristaUisable et soluble dans l'eau en toutes proportions.
A faible dose, de 5 à 15 grammes, U est simplement diurétique; à dose plus forte, de 15 à 30 grammes, U agit comme purgatif. Absorbé dans les premières voies et parvenu dans la circulation, il laisse s'oxyder son acide organique, et se transforme, au moins partieUement, en carbonate alcalin pouvant donner sa réaction au Uquide urinaire.
A ces différents titres, la Crème de Tartre soluble trouve sonemplm, soit comme diurétique dans les hydropisies, soit comme altérant général et temnérant dans les maladies inflammatoires avec excès de plasticité, dans l embarras gastrique, la jaunisse, ou bien comme dialytique dans la gravelle
""T^'Lhnonâde tartro-boratée (Wahu) contient 30 grammes de Crème de Tartre soluble dans 400 grammes de Umonade citrique; eUe est agréable
et nurge doucement. x ,
La Poudre cornachine, ou de Tribus, renferme des quantités égales de scammonée, de Crème de Tartre soluble et d'antimoine diapho^^tique et s'emploie comme purgative à la dose de 1 gramme. Leau la.aU^e ée Corvisart contenait 30 grammes de Crème de tartre soluble, 25 milhgr. d'émétique pour 1000 gr. d'eau sucrée.
TARTRATE FERRICO-AMMONIQCE, TARTRATE DE FER ET D'AM- MONIAQUE, Tariras ferrico-ammonicus.
Angl • Ferrie tartrale of ammonia, Tartrate of iron and Ammonia. - au. •
prépa^ n iraiull le peroxyde de fer hydraté par Tacide tar nque e .imitant ensuite un peu d'ammoniaque liquide olTic.nale. On 1 obtient on meuL,ardTsiccatln.Uexiste,dure.te,d'autresprocédésdeprép^^
en dehors de eelui dont je viens de rappelerles traits prn,c,pau. d aprè» le
TARTIUÏE FERRICO-POTASSIQUE, TARTRATE DE FER ET DE POTASSE. lOH
Codex, sur lesquels il me paraît inutile de donner ici des détails. Il est, dis-je, en lamelles d'un rouge foncé, assez semblables à des débris de laque; très soluble dans l'eau, d'une saveur sucrée qui n'est pas désagréable, et très riche en fer, puisqu'il en renferme plus du tiers de son poids.
On reconnaît à ce sel, qui jouit des propriétés ordinaires de nos préparations martiales, divers avantages sur ses congénères. Tout d'abord sa facile solubilité dans l'eau, puis sa saveur agréable, sa richesse relative . assez grande en fer, sa faible astringence, et sa fixité telle qu'il reste souvent inaltéré en présence d'autres produits salins (Pereira).
Le Codex a donc bien fait de le mentionner, et nous croyons pouvoir à notre tour le recommander aux praticiens.
On peut le prescrire en poudre, en pilules, en solution ou en sirop à la dose de 30 centigrammes par jour ou plus. La formule du sirop du Codex est la suivante : Tartrate de fer ammoniacal en paillettes, 23 grammes; eau distillée, 23 grammes ; sirop de sucre préparé à froid, 930 grammes Une cuillerée à soupe contient 0,50 centigrammes de sel.
La liqueur de Carrié renferme du Tartratre de fer et d'ammoniaque.
PO^.?JrT P^l'ASSIQUE, TARTRATE DE FER ET DE
lUlAîsSE, lartras fernco-potassicus.
- ^"-^ ^e^s'^in.
Le rartmte de Potmse et de Fer (KO.Pe>0',C»H<0'»), ou Tartre ekahbi e prépare en traitant le peroxyde de fer hydraté {Voy p. 827) par le bUarl ra e de potasse pulvérisé; on l'obtient en écailles d'un rouge grelat foncé égèremen déliquescentes. Il est à peine soluble dans l'alcfol et se d ssoui dans cmq fo.sson po.ds d'eau. Ce sel se distingue des autres composé ft^ r ques parce que son oxyde, mieux combiné, n'est pas précipilabrnar le. a cahs. Doué d une saveur faiblement atramentai^e !>. beaCo p moin astrmgent que les sels ferrugineux solubles à acides minéra,'"T„ré3' des avantages réels dans la pratique en ce que, plus facileriênMe^té ! les malades, il dispose moins à la constipâ t on et e rce une S ,en. moms exctante sur les voies digestives et sur la circuhtion ri îf/
.ra'ti?: t::::^:::: ' - -tratr;:'::..';::
tious^auxquelles conviennent les pré;:TtL:r rfllf ",Vo;.
tiennent chacune 23 centigramme du s h f "''"P'^e. cou-
grammes de tartrate de fer prZrt „„ , ,<'°"'"e so.t plus de 10 centi-
rerrugineux dans les piMerdont iî^ ï '^"""""-^^ ««Posés
pilules dont lis forment la base. Elles se donnent
lUlii TAUTH.VTli DE l'OTASSIl, BITARTKÂTE DE POTASSE ACIOE.
cependant en aussi grand nombre que les autres pilules, et cette dose un peu massive paraît exempte d'inconvénients.
On fabrique aussi des Paslilles avec du sucre vanillé, contenant chacune 5 centigrammes de Tarlrate ferrico-potassique.
Le Sirop de Tarlrate ferrico-potassique, aromatisé avec la cannelle, représente 1 gramme de substance active par 30 grammes, et se donne chez les enfants par cuillerées à café ou à dessert, chez les adultes par cuillerées à soupe.
La formule du Codex est plus simple: Tartrate ferrico-potassique en paillettes, eau distillée, f», 25 gram.; sirop de sucre préparé à froid, 950 gram. Vingt gram. de cette préparation renferment 50 centigr. du sel ferrugineux.
VEau ferrée gazeuse (Mialhe), préparée avec le même sel, se compose de : Tartrate ferrico-potassique, 1 gramme ; bicarbonate de soude, 5 grammes; acide citrique, 4 grammes; eau, 650 grammes. Trousseau prépare plus simplement son Eau martiale avec I gramme de Tartrate ferricopotassique dans un litre d'eau de Seltz artificielle. Elle se prend, comme la précédente, à la dose d'une demi-bouteille à une bouteille à chaque
repas. ,
La solution martiale de l'hôpital de Lourcine contient 30 grammes de Tartrate ferrico-potassique dans 500 grammes d'eau, et se donne à la dose d'une cuillerée à chacun des deux repas principaux. Pour l'usage externe, on emploie avec beaucoup d'avantages une solution environ deux fois plus concentrée ^Ricord), contre le chancre phagédénique et d'autres ulcérations de mauvaise nature qu'il s'agit de tonifier, d'exciter, ou dont il
faut détruire la virulence.
Le Vin chalybé (angl. Steel Wine) devait autrefois ses vertus au lartra e double de potasse et de fer, puisqu'il résultait de la macération de a limaille de fer dans du vin blanc généreux. Le Vin ferrugineux ou chalybc du Co<lex a maintenant pour base le citrate de fer ammoniacal, dosé à 10 centigr. de sel par 20 gram. de vin de Grenache ou autre. Il se donne à la dose de 50 à 100 grammes. .
La solution hydro-alcoolique de Tartrate de fer et de potasse ou JevUiirc de Mars tartarisée, qui a disparu du Codex, à bon droit d'ailleurs car c était une préparation d'une composition (P. Vigier) tout à fait variable, cette teinture prescrite autrefois à la dose de 2 à 10 gram., sera avantageusement remplacée par la solution de Tartrate ferrico-potassique, ou mieux par celle de tartrate de fer et d'ammoniaque, plus stable. Egalement de pareilles solutions vaudront toujours mieux que cette poudre de tartrate de peroxyde de fer, râclée à la surface des boules de Mars on boules de Nancy, vieilles préparations de plus en plus oubliées, et que le Codex n'impose plus aux pharmacies.
BITARTRATE DK POlASSE, TARTRATE DE POTASSE ACIDE, CRÈME DE TARTRE, liilariras polassicus.