BERGAMOTE
môme temps qu'un peu aromatique. Elle se combine avec les acides pour former des sels jaunes et cristallins.
L'autre alcaloïde, découvert par Polex, porte le nom à'oxyacanlkine. Ses sels sont incolores et possèdent une saveur amère et astringente.
Action puysiologique. — Les deux alcaloïdes de V Épine -Vinette possèdent des propriétés amères et stomachiques. Le sulfate de berbérine, à la dose de 80 centigrammes à 1 gramme, exerce aussi une action cathartique. D'un autre côté, la pulpe ou le suc du fruit possède les qualités des acides végétaux.
La berbérine paraît douée de propriétés énergiques. Curci'lui attribue le pouvoir de coaguler le sang dans les vaisseaux en applications locales, d'être un stimulant puissant du tube digestif. Prise à l'intérieur, elle amène un affaiblissement graduel et la mort dans le collapsus au bout d'un certain temps d'usage. Les animaux maigrissent et perdent leurs forces, leur sang ayant un pouvoir oxydant fort diminué. Loin de faire contracter la rate, suivant l'opinion des médecins en Italie, elle relâcherait son tissu. Chez l'homme, elle amène facilement l'épistaxis.
Usages. — Cette association de propriétés peut devenir fort utile dans une foule de circonstances où il faut rafraîchir en même temps que tonifier : ainsi, dans l'embarras gastrique, les fièvres bilieuses, même les fièvres intermittentes, rémittentes et continues de diverses natures, principalement d'un caractère adynamique.
La berbérine et l'extrait de Berberis ont été administrés avec succès contre la fièvre intermittente (Piorry). L'oxyacanthine est un amer nauséeux à la dose de quelques centigrammes.
Au résumé, sans être comme fébrifuge un rival du quinquina, l'Epine- Vinette constitue encore un bon tonique acidulé.
Modes d'admnistration et doses. — On donne le suc des baies de Berbei-is en nature; on en fait aussi un sirop. Le Quinoïde Armand paraît être un extrait de Berberis, mou ou sec. Il possède une saveur fortement acide et amère, en même temps que légèrement sucrée. Ses vertus thérapeutiques sont celles que nous avons assignées à la plante elle-même. Les alcaloïdes en combinaison saline peuvent être administrés sous forme de pilules, à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme.
BERGAMOTE. Fruit du Citrus Lhnetta, Risso, var. Bergamoia. — Auran-
TIACÉES.
Angl. : Bergamot. — Ail. : Bergamotbirne, Bergamottciti'onen.
La Bergamote, cultivée d'abord à Bergame, contient dans son zeste une huile volatile verdâtre, la plus lourde de toutes celles du genre Citrus, et dont l'odeur suave est extrêmement recherchée. Cette essence est entièrement soluble dans l'alcool à 28°. On l'emploie dans la fabrication des parfums; comme ténifuge, à la dose de 4 à 8 grammes, et contre la galactorrhée, 'associée à l'essence de menthe, dans un Uniment à base d huile de ricin.
BIGARADIER. 4J
BÉTOINE, Betonica officinalis, L. — Labiées.
Angl. : Belonyivood. — Ail. : Betonienkraut, Zehrla-ant.
Decaisne nous apprend que jadis les Bretons fumaient la Béloine à la manière du tabac, et lui donnaient le nom de Pélun. Elle contient une huile volatile, de la résine, du tannin et quelques matières gommeuses; d'oîi ses propriétés astringentes qui l'ont fait jadis comparer au cachou et au quinquina.
Le Codex àe 1837 mentionne 18 formules officinales dans lesquelles entrait la Béioine. Le Codex de 1884 se contente d'en inscrire le nom dans sa matière médicale.
Telle est la rapide déchéance de cette panacée d'autrefois tant surfaite. A peine l'emploie- t-on, de notre temps, comme sternutatoire et comme sialagogue.
BEURRE, Butyrum.
Angl. : Butler. — Ail.: Butter.
Composition. — Le Beurre est la matière grasse du lait des Mammifères ; celui de vache est formé de margarine et butyroléine en presque totalité, puis de butyrine, caprine et caproïne, et d'acide butyrique qui lui donne son odeur.
C'est le plus digestible de tous les corps gras ; néanmoins, pris en quantité exagérée, il agit comme relâchant et même purgatif. Cet effet se fait sentir d'autant plus vite, que le sujet mange moins d'autres aliments, et que les glandes salivaires, pancréatique et biliaire fonctionnent moins activement.
Comme les autres matières grasses, le Beurre convient peu aux personnes disposées à l'obésité, adonnées à une vie sédentaire, dans les climats chauds. C'est un aliment respiratoire et plastique qui, s'il n'est pas brûlé, ou s'il ne contribue pas à la formation des globules sanguins et à la nutrition, détermine une surcharge nuisible, et accroît sans profit la sécrétion biliaire. Il est très avantageux, au contraire, dans des conditions inverses c'est-à-dire lorsque la dépense est proportionnelle, et quand l'économie réclame des combustibles, ou du moins des corps gras nécessaires à la genèse des hématies et des jeunes cellules en général. Ainsi le beurre est très utile aux sujets faibles, scrofuleux ou tuberculeux. De temps immémorial les Japonais donnent des boulettes de beurre salé à leurs phtisiques, et Trousseau prescrit des tartines de beurre assaisonnées d'un mélange de chlorure de sodium, d'iodure et de bromure de potassium aux enfants lymphatiques, scrofuleux, cachectiques etc
En pharmacie on ne l'emploie guère' parce qu'il rancit vite; c'est tou-
42 BIGARADIER.
Angl. : Bitler Orange tree. — Ail. : Pomeranzebaum.
Le Bigaradier, qui donne VOrange amère, fournil aussi des fleurs et des feuilles dont voici les usages domestiques et médicaux.
Fleurs d'Oranger. — Elles doivent leur odeur exquise à une huile essentielle abondante. De plus, elles renferment un principe qui jaunit au contact de l'air par érémacausie, et difi'érents composés organiques ou minéraux. L'huile volatile, obtenue par distillation, et connue sous le nom de Néroli (Yoy. ce mot), ne reproduit pas exactement l'odeur de la fleur.
La fleur d'Oranger est un calmant du système nerveux, et peut devenir, à haute dose, un véritable stupéfiant.
On en fait un usage constant contre les maux d'estomac, les maux de tête et les malaises nerveux. Chez les très jeunes sujets elle est narcotique et tient la place de l'opium. Chez les adultes elle n'est que calmante et
antispasmodique. , ^
La fleur d'Oranger se donne en infusion, en pasltlles ou bonbons et sous
forme d'eau distillée.
Veau de fleur d'Oranger de Paris, fabriquée avec les fleurs de nos orangeries est incomparablement plus suave et plus estimée que celle qm nous vient de Provence ou du midi de l'Europe. On prend l'une et l'autre par cuillerées à café, dans une petite quantité d'eau sucrée, à la dose de. 20 à 30 grammes dans un julep. On prépare aussi un sirop de fleur d Oranger, qui se donne en potion, à la dose de 30 grammes.
Feuilles d'Oranger. - Leur composition est analogue à celle des fleurs; elles fournissent une huile volatile, Vessence de Petit-Grain, du tannin et une matière extractive. Par la distillation avec de l'eau, elles donnent également une eau aromatique, mais d'une odeur beaucoup ^^ms agréab e que celle des fleurs, et qui sert à la falsifier. On reconnaît aisément a ?raude à ce que l'acide nitrique n'en altère par Vineoloréite, tandis qu avec î'eau de Seur d'Oranger il donne une teinte rose de Chine plus ou moms
'^Malgrlton infériorité par rapport à la fleur, la feuille d'Oranger agit dans le même sens et sert aux mêmes usages. C'est e le qu'on prescri le plus ordinairement en infusion, associée au tilleul, à la ^^^^^^fl^^^^^' ^ Écorce d'Oranger amère. - Le zeste de la Bigarade ^'^'"^^^^^2 huile volatile semblable à celle de l'Orange douce, essence ^^^^arade o^ E de Portugal, mais d'une saveur plus forte, poivréé et amère, c qu la fa t préférer comme stomachique, tonique et stimulant diffusible ainsi aue comme correctif des médicaments désagréables ou repoussant L a- ^rtumeTemporte dans les très jeunes oranges ou petits grau^s, aux dépens Torrc pe aromatique. Une variété de Bigaradier fournit de petites orang:s'qui?confites da'ns le sucre, prennent le nom de ck.no. et sont un
TLTilerran^e'inon seulement tonique et stimulante, mais encore r Xifuge On la donne à la dose de 3 à8 grammes. La prépa- :::romc!i:L Cl- usit^ est le s.., ..co.. d'Orange .n,.. On em-
BILE DE BŒUF. *3 ploie aussi la teinture d'écorce d'Orange, la Confection d'Orange et parfois Vhuile essentielle à la dose de 10-15 gouttes. En outre, l'écorce d Orange amère entre dans le Sirop antiscorbutique, V Esprit carminatif de Syloius, la Teinture stomachique. Quant aux orangettes ou Petits Grains, elles forment desséchées d'excellents pois à cautère.
BILE DE BŒIUF, Bos taurus, L. — Mammifères-Ruminants. Angl. : Oxgall. — AU. : Ochsengalle, Rindsgalle.
La Bile est une des sécrétions les plus complexes de l'organisme, et les principes qu'elle renferme sont d'une telle instabilité, qu'ils varient et se multiplient avec les menstrues dont la chimie se sert pour les séparer et les mettre en évidence. Cependant, à part la taurine, la cholestérine et quelques autres composés d'importance secondaire, on peut dire que la Bile est un savon, et se résume dans le tauro et glvcocholate de soude. Ainsi la science moderne confirme les vues des anciens sur les propriétés alcalines, savonneuses et fondantes de la bile.
Action physiologique. — En qualité d'amer, la Bile peut agir comme apéritif. Le fiel d'un petit oiseau a paru avoir cet effet et n'a rien de désagréable. Cependant la bile en trop grande quantité produit la nausée et déterminerait des vomissements ; une fois parvenue dans l'intestin, elle contribuerait à la fonction digestive et activerait la sécrétion de la membrane muqueuse ainsi que la contractilité de la tunique musculaire.
Parvenue dans le système vasculaire, la Bile déterminerait des phénomènes très divers selon les circonstances. Feltz et Ritter l'injectant dans le sang l'ont vu ralentir le pouls, abaisser la tension artérielle et la température. Ses sels agissent de même et modifient comme elle le globule sanguin, ainsi qu'on le verra plus loin. Bouillaud avait déjà signalé un ralentissement extraordinaire du pouls dans le cours de l'ictère simple, et croyait devoir l'attribuer à l'action de la bile, qu'il appelle une digitaline animale. Dans les iclères graves les choses se passent tout autrement, et la cholémie engendre un ensemble de symptômes assez analogues à ceux de l'urémie, avec une disposition marquée aux hémorrhagies multiples, laquelle semble devoir être rapportée à l'état aplastique de la fibrine et à l'altération des globules eux-mêmes. Quelques observateurs ont noté, en effet, que de la bile ajoutée à une gouttelette de sang dans une préparation microscopique amène la dissolution des hématies à la manière de l'ammoniaque. Grollmund a fait aussi, dans ces derniers temps, d'intéressantes expériences de laboratoire sur l'action de la bile. 11 a vu des injections de cette humeur déterminer une activité exagérée des organes sécrétoires, rendre les urines et les selles sanglantes, donner lieu à du tremblement et des convulsions, au ralentissement du pouls, au refroidissement et à la mort en peu de jours. L'examen microscopique lui a démontré la diminution du nombre des globules rouges, des granulations graisseuses, et la présence constante de cristaux d'héijioglobine. D'après notre confrère de Strasbourg, la bile privée de graisse et de matière colorante agit peu, le