BLANC DE BALEINE
lauro-cholate de soude produit de vives souffrances 'et des accidents convulsifs, tandis que le glycocholate est relativement inoffensif.
Usages. — Il s'en faut bien que ce liquide animal soit aussi fréquemment employé que par le passé, et les applications qu'il reçoit sont, ou purement empiriques, ou peu rationnelles.
On a eu l'idée d'administrer la Bile pour suppléer au défaut de la sécrétion hépatique; seulement on a oubhé que l'estomac, qui la reçoit d'abord, devait se révolter au contact d'un composé qui lui est étranger et qu'il ne tolère jamais lorsque celui-ci reflue du duodénum par un mouvement antipéristaltique. Pour faire réussir cette idée, bonne en soi, il faudrait emprisonner la bile dans une capsule insoluble dans les liquides gastriques, non , fusible à une température 37°,50 centigrades, et qui ne se romprait que dans l'intestin grêle, comme pourrait faire une enveloppe de cire et de résine, soluble seulement dans les sucs alcalins.
Dolbeau propose d'injecter de la Bile dans les kystes hydatiques du foie, au lieu de teinture d'iode ou d'autres liquides irritants.
La Bile de bœuf a été préconisée récemment encore contre cette smgulière affection des organes visuels à laquelle on a imposé la dénommation d'kémémlopie, bien que la maladie consiste, non pas à voir pendant le jour mais au contraire à ne plus voir dès que le soleil est au-dessous de l'horizon : ce qui lui mériterait le nom à'Anyctalopie, ou dysopie iiocturne.
BISTORTE, Polygonum Bislorta, L. — Polygonacées.
Angl • Bistort, Southwood. — Ail. : Schlangen, Natterwurzel.
La Bistorte est commune dans les régions montagneuses et subalpmes de la France. Sa racine, très riche en tannin et en acide gallique, est un de nos meilleurs astringents indigènes, égale à la ratanhia (Cazm), qui convient dans les diarrhées, les flux, la leucorrhée, le scorbut, les aphthes, les maux de gorge, les stomatites, etc.
On la prescrit à l'intérieur à la dose de 4 grammes en poudre et de 30 grammes en décoction. On en fait aussi un extrait brun jaunâtre et colorable en noir par le perchlorure de fer. Elle entre dans la composition du Diascordium.
BLANC DE BALEINE ou CÉTINE. Matière cristallisable de l'huile de Cachalot [P/iyseier macrocephaliis, L.). — Cétacés. Angl : Spermaceti. — AU. : Wallratli.
La Cétine ou Spermaceti, est une matière grasse, cristalline, douce, onctueuse, très peu altérable, ayant ainsi les qualités d'un excellent excipient. Aussi est-elle fréquemment utilisée pour.la préparation du cold-cream, du
cérat simple et de divers onguents. ^ • , u diarrhée
File a môme été employée autrefois comme adoucissant dans la diarrhée et la dysenterie, et, chose incroyable, jusque dans l'inflammation des
bronches.
BOLDO. 45 BLUET OU BARDEAU, Cenlaurea Cyanus, L. — Composées ou Synantui^:rées-Carduacées.
Angl. : Blue Bottle. — Ail. : Blaue Kornblume.
Le Bluet est maintenant inusité en médecine. Cette admirable fleur ne sert plus qu'à composer des bouquets. On prétend, à la vérité, que ses semences purgent assez bien. Qu'importe, puisque la matière médicale regorge de purgatifs. L'infusion on la décoction passaient autrefois comme douées de vertus astringentes bonnes contre les ophtalmies, d'oii leurnom pittoresque à' Eau de casse-lunettes.
BOIS AMER DE SURINAM. — Voy. QuASSiA AMARA.
BOIS DE CAMPÊCHE ou BOIS D'INDE, Hœmatoxylon campechianum, L. — Légumineuses-Césalpiniées.
Angl.: Campeackywood, Logwood. — Ail.: Campecheholz Blauholz.
Coloré par une substance particulière que Chevreul a isolée et à laquelle il a donné le nom d'hématine, ou hematoxyline, très soluble dans l'eau, ce bois possède une saveur légèrement astringente qui le fait employer comme tonique et astringent dans les flux, la dysenterie putride, les fièvres adynamiques. Sous son influence, l'urine se colore en rouge. On fait prendre la décoction de 30 grammes de bois ou bien 4 grammes d'extrait.
BOLDO, Pneumus Boldus, Mol. — Monimiacées.
Cet arbre, originaire du Chili oîi ses vertus thérapeutiques sont très appréciées, fournit à notre matière médicale ses feuilles, dont la composition est la suivante : huile essentielle 2 p. 100, le principe le plus abondant; la boldine, substance amère; du tannin, des matières aromatiques et quelques autres substances sans intérêt (Bourgoin et Verne).
La boldine, découverte par Cl. Verne, est un alcaloïde peu soluble dans l'eau, soluble facilement dans l'alcool et le chloroforme.
Action physiologique. — Étudiées chez les animaux, les petites doses de Boldo (Teinture-essence) n'ont qu'un eff"et légèrement soporifique ; les doses fortes amènent de la diarrhée et des vomissements.
Chez l'homme, on note des eiTets stimulants sur les premières voies grâce à la saveur chaude et aromatique du produit, ou bien de l'excitation et de l'irritation du tube digestif quand les doses sont trop fortes.
L'essence est très stimulante des voies digestives; elle donne de l'ardeur d'estomac, des renvois et paraît s'éliminer en partie par les reins. Avec la boldine elle constitue la partie active du médicament.
Usages. — Vanté au Chili comme remède des maladies du foie, le Boldo est plus justement considéré comme carminatif, stomachique, stimulant diaphorélique et, peut-être, balsamique. U peut donc être utile aux sujets afl-ectés d'atome des voies digestives: dyspeptiques, convalescents, anémiques, et dans les affections catarrhales des muqueuses. C'est un tonique qu on peut rapprocher du quinquina, de l'eucalyptus ou de la coca; mais
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rien n'aulorise à le préconiser comme un spécifique contre les maladies du foie.
Modes d'administration. — On prépare un extrait, une teinture, un vin et un élixir; ces derniers passent pour les préparations les plus sûres. L'extrait et la teinture se prescrivent aux doses de 1 à 2 grammes ; l'essence, peu usitée, est stimulante à la dose de 30 à 50 centigrammes par jour; la boldine n'est pas employée à cause de son prix élevé.
BOUILLON-BLANC OU MOLÈNE, Verbascum Thapsus, L. — Scrofula-
RIACÉES.
Angl. : Mullein, high Taper. — AU.: Wollkraut, Konigserkraut.
Les fleurs de Bouillon- Blanc sont estimées émoUientes et pectorales. On les emploie en infusion bien passée, contre le rhume, les tranchées, la dysurie. Elles font partie des Quatre Fleurs pectorales.
BOUBBACHE, Borraqo officinalis, L. — Borraginées. Angl. : B or âge. — AU. : Borretsch.
La Bourrache passe pour adoucissante, pectorale et sudorifique. Son infusion est un remède populaire au début des maladies de refroidissement, bronchites, rhumatismes, et des fièvres exan thématiques. On en préparait une eau distillée, un suc et un extrait.
Toutes ces préparations sont tombées en désuétude.
En raison de la forte proportion de nitrate et sels végétaux de potasse qu'eUe renferme, la Bourrache est surtout indiquée comme diurétique. C'était une des Quatre Fleurs cordiales.
BBINVILLIÈBE. — Voy. Spigélie anteelminthique.
BBYONE BLANCHE, Bryonia dioica, Jacq. — Cucurbitacées.
Angl. : White Jalap, Bryomj. — AU. : Gichtrûbe, Zaunrûbe.
Composition. — La Bryone ou Couleuvrée est une Uane herbacée indigène, dont la racine usitée en médecine contient : i° une matière amère soluble dans l'eau et l'alcool, la bryonine, mieux nommée bryonicine (Walz), avec un principe accessoire la bryonitine, cristalline et blanche : la bryonine est cristaUisable, soluble dans 'l'eau, et sa formule s'écrit C*8H80Oi9; c'est un glucoside; 2° une masse énorme d'amidon ; 3° un peu d'huile concrète de couleur verte et un peu de ré.sine; 4" différentes substances organiques et
inorganiques. , ;/ i •
Propriétés physiologiques. — La racine de Bryone ou Navet dudtabie laisse exsuderun suc blanc laiteux d'une saveur âcre, amère et désagréable, d'une odeur nauséeuse, qui se dissipe parla dessiccation. Ce suc produit sur les muqueuses une irritation locale, et détermine des selles diarrhéiques. U peut occasionner des vomissements. Appliquée en grande quantité sur la neau la Bryone y fait lever des ampoules. Mitigée par le mélange avec la racine de Consoude et formant un cataplasme elle cause encore des érup-
BUCHU OU BUCCO. 47 lions de boutons à la peau. Introduite dans l'estomac d'un chien, à la dose de 16 grammes, la racine de Bryone n'a pas tardé à le faire périr avec des signes d'inflammation du tube digestif. Chez l'homme on cite quelques cas d'empoisonnements graves et même mortels par ce faux navet, dans lesquels on nota des accidents convulsifs intenses et par exception des effets éméto-catarlhiques.
Antidotes. — Contre-poisons. — La noix de galle contrarie les effets de la Bryone, suivant Dulong d'Astafort. Dans un empoisonnement, après l'emploi des vomitifs, on donnerait les agents stimulants et l'opium.
Synergiques : Les drastiques de la famille des Gucurbitacées : élatérium, coloquinthe, ou leurs principes, Vélatérine et la colocynthine.
Usages. — Les effets thérapeutiques de la Bryone dérivent en grande partie, sinon en totalité, de son action émétique et drastique. C'est par là qu'elle est utile dans les fièvres bilieuses, les flux de même sorte, les coliques vermineuses. C'est encore en qualité de vomi-purgatif qu'elle agit comme expectorant, et de drastique hydragogue qu'elle aide à la résolution des hydropisies ou qu'elle améliore les hypérémies encéphaliques, la manie, etc. Son action dynamique générale, après absorption et diffusion dans le sang, ressort moins nettement de l'observation chnique.
Topiquement, c'est un révulsif énergique par ses propriétésirritantes violentes et un révulsif des engorgements chroniques articulaires ou autres.
On administre sa poudre en nature à la dose de 1 à 2 grammes et la Bryonine en pilules de 1 à 2 centigrammes.
BUCHU ou BUCCO, Diosma crenata, L. — Rutacées. Ln^.: Bucku. — Ail.: Buccoblàlter, Gotterduft.
Composition. — Les feuilles deBucco, fournies par plusieurs Diosma ou Barosma du Gap de Bonne-Espérance, doivent leurs propriétés à une huile volatile jaune pâle, qu'elles renferment dans la proportion de plus de 1,5 p. 100, C^H^^O. On y trouve encore de la gomme, de l'acide salicylique et un principe douteux, la diosmine, de Landerer.
Action physiologique. — Le Bucco ou Buchu est un tonique stimulant qui porte d'abord, comme les autres aromatiques, son action sur l'estomac et l'intestin, puis sur le système général par l'intermédiaire des actions réflexes et de la circulation. Ses principes actifs, en passant par les appareils respiratoire, urinaire et cutané, produisent des effets locaux conformes à ceux des autres balsamiques, à savoir, la diminution des produits inflammatoires et plastiques ou purulents, l'accroissement, au contraire, de l'exhalation aqueuse.
Usages. — Les Hottentots et les natifs du Cap préparent un esprit de Buchu {Buchu brandy) très usité dans les afl'ections chroniques de l'estomac et de la vessie. Le Bucco convient dans l'inflammation chronique et le catarrhe de la vessie et des bronches; dans la prostatite et dans la diathèse urique, comme diurétique; dans les maladies cutanées, à titre de sudoriflque, et dans la dyspepsie atonique pour ses qualités excitantes.