CANTHARIDE
flamment an contact de cette substance jusqu'à reproduire les lésions de la néphrite parenchymateuse (Cornil) ; mais il faut citer encore la peau (glandes sudorales), la muqueuse broncho-pulmonaire et peut-être les glandes salivaires.
■ Substances synergiques. — Ce sont les rubéfiants et les vésicants : moutarde, croton , thapsia, garou , ammoniaque , chloroforme, capsicum, bryone, etc.
Substances antagonistes. — L'action topique de la Cantharide peut être contrariée partout ce qui tend à épaissir l'épiderme et à produire la corrugation de la peau, ainsi que par la présence de l'eau et des liquides qui ne dissolvent pas la cantharidine. L'interposition d'un papier huilé est au contraire un non-sens. L'incorporation dans une substance protéique, albumineuse, nuirait également au travail de la vésication.
Quant aux effets diffusés de la cantharidine, c'est encore l'albumine qui en gêne le plus la réalisation. Le camphre, s'il est utile, ne paraît pouvoir agir qu'en s'opposant à l'élimination de la cantharidine par les reins qu'il ne traverse pas ou qui ne sont pas son émonctoire d'élection. D'un autre côté c'est à tort qu'on a cru pouvoir neutraliser les effets de la Cantharide sur l'appareil uro-génital par l'addition des alcalis (Ameuille, Martin-Damourette), car il est bien établi maintenant que les cantharidates alcalins sont eux-mêmes éminemment irritants et vésicants (Massing et Draggendorf, T. Delpech, Gubler).
Usages. — Localement, la Cantharide sert à produire la rubéfaction, pour exciter la sensibilité et l'irritation de la peau dans la paralysie, les névralgies, les douleurs rhumatismales, etc. C'est aussi le plus sûr et le moins douloureux de tous les vésicants. Elle est pour cela d'un usage vulgaire dans les maladies inflammatoires dont l'acuité commence à céder, ou qui sont parvenues à l'état chronique, notamment dans celles des yeux, des jointures, de la poitrine. La teinture de cantharides a réussi encore contre le chancre phagédénique et les dermatoses squameuses ; la solution chloroformée en injection, dans les ntevi materni s'est montrée quelque peu efficace, et la teinture acétique rend les meilleurs services dans la pelade (Yidal). Les anciens l'appliquaient sur la morsure des animaux venimeux.
On a cru pouvoir imposer à l'érysipèle une barrière infranchissable en plaçant un vésicatoire sur sa route ; c'était une illusion.
Comme agent dynamique général, la Cantharide a été en grande réputation dans l'hydrophobie, le tétanos, la chorée, l'épilepsie et la manie. On n'y croit plus.
Mais on l'emploie encore pour agir sur les organes urinaires, et d une manière détournée, sur l'appareil génital. L'irritation cantharidique est conseillée dans la paralysie vésicale, dans le diabète sucré, et en Angleterre toujours recherchée (Sydney-flinger) dans l'état subaigu de la maladie de Bright; mais, malgré d'imposantes autorités et malgré l'action coercitive que nous assignons à l'albumine, nous ne pouvons nous défendre de