‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 75 sur 384 · COTON · texte numérisé non relu

COTON

jours est-il que de l'aveu d'un grand nombre de chirurgiens, la méthode de A. Guérin, vulgarisée par les publications de quelques-uns de ses élèves, met, plus que toute autre, à l'abri de l'érysipèle, de l'infection putride et de la fièvre pyogénique. On a remarqué deux ou trois cas de tétanos chez des sujets traités de cette façon : ce n'est peut-être qu'une coïncidence fortuite. Toujours en vertu de cette propriété du Coton de tamiser l'air et de le purifier, la ouate entre dans des appareils dits Respirateurs (H. Guéneau de Mussy, H. Henrot) qui permettent à l'homme qui les porte de séjourner dans un milieu méphitique sans danger.

Imprégnée : de nitre ou de chlorate de potasse, la ouate sert à faire des moxas; d'iode [coton iodé de Méhu), elle remplace avantageusement les sachets et devient un bon révusif ; d'acide borique, d'à. salicylique, elle sert aux pansements antiseptiques, etc., etc.

Le coton soumis à l'action des acides nitrique et sulfurique réunis se change en cette singulière substance (Ci^HSO») découverte par Schœnbein, et nommée Pyroxyle, Coton-poudre ou Fulmicoton, laquelle, à son tour, étant dissoute dans l'éther, donne le CoUodion.

Celui-ci se présente sous forme d'une matière de consistance plus que sirupeuse, légèrement opaline, blanchâtre et exhalant une forte odeur d'éther. Associé à diverses substances : la glycérine, certaines térébenthines ou baumes, mais surtout à l'huile de ricin, il prend une consistance spéciale quand on l'étend sur la peau qui le fait nommer Collodion élastique. Sous l'une ou l'autre forme il dépose sur les téguments ovl on l'étalé une mince pellicule opaline assez résistante et adhésive qui devient un moyen de protection, de contention, de compression. De là dérivent ses applications à la médecine et à la chirurgie, extrêmement multipliées et variables à l'infini. Il remplace l'épiderme sur les surfaces excoriées ; par la rétraction qu'il subit en se desséchant, il maintient rapprochées les lèvres des divisions superficielles. Corrigan s'en sert pour agglutiner les bords du méaturinaire chez les enfants sujets à l'incontinence nocturne d'urine. Le plus souvent il agit à la fois de plusieurs manières; aussi rend-il des services réels contre les fissures des lèvres, des mamelons, delà région anale; contre les brûlures etlespla.es superficielles. On l'a quelquefois appliqué sur le visage au début de la variole pour faire avorter les boutons. Robert de Latour en couvre de grandes étendues pour apaiser un travail inflammatoire profond, tel que celui de la péritonite, voire de la méningite, de l'érysipèle, etc. Broca en couvrait aussi avec beaucoup d'avantage les surfaces érysipélateuses. D autres médecins s en servent contre les dermatoses, les gonOemenls articulaires, etc. ; contre le nœvus, etc. On a été jusqu'à le préconiser contre les maladies des oreilles et des yeux et le mal de mer.

^r..,f -'.f me paraissent avoir une réelle importance.

taire A ^ P'"' ''''^''^^^ ^'«"t'-e 'a carieden-

taire ,,^.e(auperchlorurede fer ou au i^nn\r.) ; résolutif on révulsif

odoforme-.ode ; vesicant ou cantharidal ; anesthési^^ne (à la vératrine, aconitme) , mercuriel (au sublimé) ; picriqve (à l'acide picrique), propre aux panse-

102 COUSSO.

ments antiseptiques (Currie) ; antéphélique (au sulfophénate de zinc) ; zatumé (à l'acélale de plomb), etc. Ces préparations jouissent à la fois des propriétés de l'excipient et de celles du médicament qu'on y a dissous.

Mieux vaut cependant quelquefois étendre d'abord la substance médicamenteuse (iodoforme) sur la peau, puis la recouvrir de coUodion (Gubler), on est plus certain d'une action immédiate.

En pharmacie, le CoUodion sert quelquefois à recouvrir les pilules d une

toile solide.

COURGE POTIRON, Cucurbita maxima, Ducb., et GIRAUMON, Cucur^ bita Pepo, L. — Cucurbitacées.

Angl. : Pumpion, Pumpkin. — AU. : Pfebe.

Le Potiron est le plus gigantesque des fruits de nos pays. On en mange la chair sous différentes formes : potages, taries, raisiné. Dans quelques contrées, on fabrique avec les graines une huile à manger et à brûler.

Les semences de Potiron valent les Quatre semences froides majeures Elles ont sur ceUes-ci l'avantage de pouvoir être employées fraîches la moi Ué de l'année, aussi s'en sert-on de préférence pour faire une émulswn pectorale rafraîchissante, qui se donne dans les rhumes, les inflammations du tube

"^Tn'empToie également la pulpe des graines comme t^^^^^g^' ^'f ^^j,^ plus certaine des propriétés médicales du Potiron Ses semences sont^arîaitement t^nicides et on ne discute plus aujourd hui que su la Wi tionde leur principe actif . Est-ce l'amande (Hérard) a gf f '

est-ce l'endoplévre qui enveloppe l'amande (Heckel)? toujours es^^^^^^^^^^^^ ce dernier a exlraU de l'enveloppe une substance résmeuse. la Pepo-,estne,

apHvp à la dose de 1 gramme- , lL doses Lnieides de semeurs de courge sonl de 40-80 grammes, ,u on

associe à l'huile de ricin. „„.a. Ji nn.;<;i!.dp

Le Giraumons^la chair plus rouge et le goût plus P^^"^"^^ il possède d'aiUeurs les mêmes qualUés et peut servir aux mêmes usages que le Potiron .

COUSSO, Banksia abyssinica, Bruce; Hagenia abyssinica, Lamk; Brayera anthelminthica, Kunth. — Rosacées-Spiréacées.

Angl • Kousso. - AU. : Blulhen der Wurmioidrigen Brayere.

rfp l'Abvssinie, fournissent à l'analyse un principe crislallm spécial, Kol^^^Kosine (Bedall), Co.éin (Stromeyer), Kwoséin (Marlin), deux S es donl l'une Inlipide, l'autre amére et .cre (Wittstein, -'^'-^/J ^ rinilant en bleu et du tannin précipitant en vert les sels de ter, une liui e Ule ayant l'odeur de la lleur (CH. Willing), de la matière grasse, de la • . .1 nneloues autres substances organiques et minérales. ' . ; ^«« it s présente en cristaux jaunes, soyeux, rougissant o papie bleul'unr;aveur'astriugente,peusolub,esdansralcool,raciieinentsolub.es

dans' la benzine, le choroforme et l'élber.

CRESSON DE FONTAINE. iO:\ La résine dcre, est un corps neutre.

Vhuile volatile, qui s'évapore avec le temps, se dégage cependant parl'ébullilion de la plante sèche en répandant une odeur fragrante.

Ce sont ces trois principes, auxquels il faut peut-être joindre les tannins, qui agissent vraisemblablement comme tsenicides.

Action puysiologique. — Le Gousso, doué d'une odeur peu forte, mais passablement nauséabonde, rappelant celle du Sureau, ne détermine pas sur l'homme des effets physiologiques bien marqués. Tout se borne à de l'astriction de l'arrière-gorge, à une légère sensation de chaleur, avec de la nausée ou parfois du vomissement et une excitation très douce de l'intestin à dose simplement lœnicide.

En revanche, il paraît exercer une action toxique violente sur les deux espèces de tsenia qui, lorsqu'ils sont expulsés après l'administration du Gousso, ne donnent généralement aucun signe de vie. En Abyssinie on le considère cependant comme assez dangereux, propre à déterminer l'avortement en tuant la mère et l'enfant, et à causer d'autres accidents mortels.

Les substances synergiques sont le Kamala, le Moucenna, la Fougère mâle, etc.

Usages. — Le Gousso constitue un vermicide plutôt qu'un vermifuge, et s'administre aussi bien contre le Tsenia Solium que contre le Bothriocephalus laïus. G'est un remède fréquemment employé aujourd'hui et souvent avec succès.

Modes d'administration et doses. — La dose de poudre est de 15 à 20 grammes infusés un quart d'heure dans 250 grammes d'eau tiède. Le mélange est avalé en une seule fois. On peut prendre un peu de jus de citron dans de l'eau fraîche pour éviter les nausées et la restitution de la masse par le vomissement, ou des boissons adoucissantes pour calmer la sensation d'astriction de la gorge. Et, comme le Gousso n'est nullement purgatif, il faut le faire suivre de l'ingestion de 20 à 30 grammes d'huile de Ricin, ou d'une bouteille d'eau saline purgative ; quelquefois même il est bon de préparer le sujet par une purgation préalable.

Le Gousso s'administre aussi en granules (1 partie de Gousso, 2 parties de sucre) fabriqués par Mentel sur la demande de Bouchardat et dont on donne 48 grammes, par cuillerées, avec de l'infusion froide de tilleul, dans l'espace d'une demi-heure.

CRAN UE BRETAGNE. - Voy. Raifort sauvage.

CRESSON DE FONTAINE, Nasturtium officinale, DG. — Grucifères. Angl. : Water Cress. — AU. : Brunnen Kresse.

GoMPosiTioN. — Celte plante cosmopolite, qu'on trouve dans les eaux vives des cinq parties du monde, contient, d'après Chatin, une huile essentielle sulfo-azotée analogue î\ celle des autres crucifères, un extrait amer, de l'iode, plus abondant dans les plantes qui végètent dans les eaux vives, du fer et des phosphates, etc.

104 CRESSON Dlî PAKA.

L'huile essentielle sulfo-azotée très amère et très odorante donne aux plantes la saveur piquante. Contrairement h l'opinion reçue, Chalin soutient que le Cresson, non plus que les autres plantes de la famille, ne perd pas la presque totalité de son huile volatile par la dessiccation. L'iode fixé par la potasse ne se perd pas davantage. Mais le principe huileux volatil peut se dissiper tout à fait par la coction prolongée.

Action physiologique. — Le Cresson produit dans la bouche une saveur piquante et amère, et dans l'estomac une chaleur plus ou moins marquée, selon la quantité ingérée. Il est stimulant, et Bobe-Moreau l'accuse d'avoir produit la rougeur de la face, des vertiges et de l'oppression. Les principes introduits dans la circulation sont ensuite éliminés par l'haleine, la peau et les urines, d'oii la diurèse abondante parfois observée.

L'usage prolongé du Cresson détermine sur l'économie un effet altérant qui en fait l'un des meilleurs dépuratifs et antiscorbutiques.

Usages. — Le Cresson se mange habituellement en salade, en purée, ou comme assaisonnement. C'est un aliment qui convient aux sujets lymphatiques, scorbutiques et goitreux ; aux diabétiques (Bouchardat et Chalin) et aux sujets affectés de certaines dermatoses, l'eczéma surtout. On en mâche dans les intervalles des repas pour modifier les gencives boursouflées, rouges et saignantes, ou disposées à s'ulcérer par un travail de gangrène parcellaire. On le recommande aussi contre les maladies des voies urinaires, les calculs et contre les catarrhes chroniques des bronches. Mais ses effets sont nuls contre la phtisie pulmonaire ou n'ont qu'une importance secondaire.

A l'extérieur les cataplasmes de Cresson passent pour détersifs. On prescrira de la même façon le Cresson alénois, Lepidium salivum, véritable succédané du Nasturtmm officinale, qui contiendrait une résinoïde, Cressine (Dupuy).

Les médecins prescrivent encore le Suc et le Sirop de Cresson. En outre le Cresson entre dans le Sirop antiscorbutique; il faisait naguère partie de plusieurs préparations actuellement délaissées.

CRESSON DE PARA, Spilantlies oleracea, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécidnidées .

Angl. : Speat leaved Spila7itJi.es. — AU. : Fahclie Flackblume.

Composition. — Le Spilantlies oleracea, originaire de l'Amérique méridionale et subspontané en Provence, contient, d'après Lassaigne, une huile volatile odorante et acre, de la gomme, de l'extractif, de la cire, une matière colorante jaune, du sulfate de potasse et du chlorure de potassium. C'est à Vhuile essentielle qu'il doit ses propriétés énergiques.

Action puysiologique et usages. — Le Cresson de Para possède une saveur poivrée, brûlante, qui excite la salivation d'abord, et ensuite l'action di"-estive de l'estomac, avec une sensation de chaleur marquée à la région ép'igastrique. Son action générale est stimulante. Il est usité comme condiment. On le conseille comme masticatoire et sialagogue. même comme

CROTON-TIGLIUM. lOo

hydragogue et vermifuge. C'est un excellent antiscorbutique, d'autant plus précieux qu'il est à peu près le seul que produisent certaines contrées chaudes du globe.

On en prépare une fl/ooo/a^î/re qui se prend à la dose de 10 à 30 grammes en potion, et en quantité plus forte sous forme de collutoire ou gargarisme.

CROTON-TIGLIU9I, Croton Tiglium, L. — I^uphorbiacées .

Angl. : Purgmg Croton. — AH. : Purgier Baum, purgier Hoh.

Composition. — Cette Eupborbiacée arborescente de l'Inde et de l'extrême Orient fournit des semences dans lesquelles on a découvert : une huile fixe et de l'acide crolonique (Pelletier et Caventou), une huile volatile (Brandes), une résine jaune-brune, de la stéarine, de la cire et quelques autres principes de moindre importance.

Vacide Crolonique, désigné sans doute à tort comme l'un des principes actifs du Tigli, car on conteste son existence, serait un acide gras, volatil, solidifiable à — 5° centigrades, formant des sels avec les alcalis et les oxydes terreux.

V huile volatile et la résine ont une part dans l'action irritante et purgative de l'huile de Croton. Celle-ci est soluble dans les autres huiles fixes et volatiles, dans l'éther et dans l'alcool. Toujours est-il que nous ignorons quel est au juste le principe drastique de l'huile de Croton et s'il faut réellement l'appeler avec beaucoup d'auteurs acide crotonique, ou Crotonol avec Schlippe.

Action physiologique. — L'huile de Croton est un irritant âcre des plus violents. Sa vapeur seule cause du picotement, de la rougeur, du larmoiement et de l'inflammation des yeux. Appliquée sur la peau, elle détermine en quelques heures une vive irritation et une éruption dense de petites vésico-pustules. En très petite quantité sur la langue, elle cause une cuisson extcême et une salivation prolongée. Introduite dans le tube digestif, elle occasionne d'abord une sensation d'âcreté dans le gosier et de chaleur dans l'estomac, avec des nausées parfois suivies de vomissements puis des coliques, des tranchées et des évacuations alvines très nombreuses d'abord fécales, pms aqueuses, et souvent de la supersécrétion urinaire, pourvu que la dose soit d'une demi à deux gouttes. 11 résulte quelquefois de cette dernière quantité une véritable superpurgation avec les symptômes cholériformes habituels A dose plus forte, elle produit des accidents toxiques graves, qui semblent dériver d'une véritable action toxique par absorption :

''''' ''''' "^'^^ "^«"^l^'-es et abat-

tement c urable. On a vu survenir des convulsions et la mort en trois jours.

I n est pas invraisemblable que l'huile de Croton puisse être absorbée uZC^n-' et parvenir dans le sang; mais les purgations observées des lli V. / abdominale ne sont probablement que

n ln ne suffisent pas à démontrer rigoureusement

ifo r r"''"'' drastiques dans le réseau sanguin du derme, et de là dans la circulation pour aller porter leur action sur le tube intestinal.

i06 CROTON-TIGLIUM.

L'action des semences du Crolon Tiglium ne difiere de celle de l'huile que par une intensité un peu moindre. Toutefois on a vu l'ingestion d'une seule graine fraîche devenir fatale.

Substances synergiques, auxiliaires. - L'huile du Crotoii Pavana et du -ros Pignon à'inde {Jairopha Curcas), la résine du Thapsia garganica produisent les mômes effets. L'huile de Ricin et d'autres purgatifs résineux sont les auxiliaires de l'huile de Groton.

Substances antagonistes. - Toutes les substances émoUientes et narcotiques enchaînent un peu les effets irritants du Groton. Malgré cela, ou plutôt à cause de cela, l'addition des mucilagineux et des matières absorbantes inertes est utile, en ce qu'elle empêche l'action de l'huile de s'épuiser sur un seul point, et permet à l'irritation de se contmuer le long du tube digestif au fur et à mesure que l'huile se dégage de son covrGctif .

A dose massive, les mucilagineux et les délayants serviraient à masquer plus complètement en même temps qu'à entraîner le drastique, et remédieraient à ses effets irritants.

Usages. — L'huile de Groton Tiglium est un drastique précieux par son énergie et par le petit volume sous lequel sa puissance s'exerce. Elle convient d'une part aux sujets indociles et difficiles, d'autre part à ceux dont la constipation, l'embarras ou l'occlusion de l'intestin sont accompagnes d un état torpide du tube digestif, ou qui réclament d'abondantes évacuations pour se débarrasser d'une hydropisie, ou conjurer une hémorrhagie cérébrale etc On y a fréquemment recours dans la colique de plomb ; mais elle est contre-indiquée dans les cas d'irritation gastro-intestmale, non seulement parce qu'elle exaspère cet état morbide, mais encore parce que, dans ces conditions, elle peut être inefficace. 11 est à remarquer, en effet, qu'en pareille circonstance les drastiques peuvent n'amener aucune évacuation, tandis que les purgatifs doux, les eaux salines par exemple, donnent de bons résultats ; ce qu'on peut expliquer en disant qu'une simple hypérémie favorise l'hypercrinie, tandis que l'inflammation aiguë s accompagne d'abord d'une diminution sécrétoire et spécialement de la sécheresse des

muqueuses. x ^ in

L'huile de Groton est aussi l'un des agents les plus employés de la nitthode révulsive, externe, parce que ses effets sont sûrs, quand elle est de bonne qualité, et qu'ils sont obtenus sans douleurs vives. On utilise pnncipalement ses qualités irritantes dans les inflammations peu aiguës des bronches et du pareuchyme pulmonaire, les névralgies et le rhumatisme. Turner vient de publier quatre cas favorables :\ son emploi topique, sur le cuir chevelu dans la méningite, et ses observations ont été confirmées par Vovart et d'autres praticiens. Nous ne parlons pas de son action contreirritante interne, parce que l'huile de Groton ne jouit pas, sous ce rapport, HP nronriétés qui ne soient communes fi tous les purgatifs drastiques Ladre dUl-nére a proposé une application heureuse de hui e de Groton au traitement de la teigne tonsuranle. 11 s'en sert comme épilatoue

CUBÈBE OU POIVHE-A-QUEUE. 107 pour faire tomber les cheveux malades. L'application de l'huile est facilitée par les Crayons de limousin : mélange solide d'huile (2), cire et beurre de

cacao (aa-1).

Ou plaçait autrefois à côté de l'huile de Croton, l'huile de Gurcas produite par les semences du Jalropha Curcas, également de la famille des Euphorbiacées, appelées aussi Gros Pignons d'Inde. Cette huile est moins violente que sa congénère, mais agit de mémo. Elle a disparu du nouveau Codex.

Modes d'administration et doses. — A l'intérieur, l'huile de Croton Tiglium se donne à la dose de 1 à 2 gouttes en pilules ou en dissolution dans une huile douce, ou dans de l'huile de ricin. En ajoutant une ou deux gouttes d'huile de Croton à 30 grammes d'huile d'amandes douces, on obtient une espèce à'huile de Ricin arlificielle. On en fait aussi une sorte de savon [crotonate de soude), en la combinant avec partie égale de carbonate de soude, ou moitié de son poids de lessive des savonniers. Enfin, on prépare une teinture dans la proportion d'une goutte d'huile pour 2 grammes d'alcool (Soubeiran).

A l'extérieur, l'huile de Croton-Tiglium s'emploie pure, étalée sur le milieu d'un emplâtre de sparadrap de diachylum, dont on fait adhérer les bords à la région sur laquelle on veut déterminer l'éruption. Ou bien on l'associe en proportion convenable à un véhicule approprié, tel que l'huile d'olive, l'essence de térébenthine, le liniment savonneux, etc.

CUBÈBE ou POIVRE-A-QUEUE, Cubeba of fie. inarum, Miq. ; Piper Cubeba, L. — Pipéracées.

Angl. : Cnbeb Pepper. — AU. : Kubebe, Schwindel-Kôrner.

Composition. — Les fruits du Cubeba officinarum de Java, ou Cubèbes, contiennent une huile volatile, une résine, du cubébin, de l'extractif et des matières salines.

Vhuile essentielle, Gi^H^* (A Schraidt) plus légère que l'eau, reproduit l'odeur du Cubèbe, ainsi que sa saveur chaude, aromatique et amère. Les Cubèbes frais en renferment de 6 à 15 p. 100.

La résine, qui est probablement la partie active, est constituée par de Vacide cubéhique et une partie indifférente, tous deux amorphes.

Le Cubébin, C3aH3*Oio semblable au pipérin et incristallisable, est uni à la résine. Dans cet état, il est soluble dans l'élher, l'alcool, les huiles fixes et l'acide acétique, mais non dans l'essence de térébenthine. Ce n'est pas un glucoside.

Action physiologique. - Pris en quantité modérée, le Cubèbe excite l'estomac, augmente l'appétit et active la digestion. A dose plus forte, surtout SI l'estomac est irrité, il occasionne une cuisson pénible, des nausées et des vomissements, des coliques et le dévoiement. Ses effets généraux sont l'augmentation de la température et la soif, parfois de la céphalalgie, des mouvements convulsifs ou de la paralysie partielle.

Les principes volatils résinoïdes du Cubèbe, préalablement admis dans le sang, s'échappent par la respiration en réduisant la sécrétion bronchi-

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