‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 76 sur 384 · CUDÈBE OU POIVRE-A-QUEUE · texte numérisé non relu

CUDÈBE OU POIVRE-A-QUEUE

que ; par la sueur et la matière sébacée de la peau, en délertninanl quelquefois un exanthème semblable à celui du Copahu ; par l'urine, en augmentant la diurèse. Mais il peut également résulter, de doses excessives, des ardeurs d'urines et d'autres symptômes de congestion et d'irritation de l'appareil uro-génital : douleurs lombaires, hématurie, etc. Les urines chargées des principes résineux du Cubèbe offrent les mêmes caractères chimiques que lorsqu'elles charrient la résine de Copahu (voy. ce mol). Des différents constituants du Cubèbe l'essence agirait comme celle de térébenthine (Bernatski) ; la Cubébine n'aurait aucune action thérapeutique (Nothnagel et Rossbach); la résine aurait surtout des effets sur les voies urinaires.

Les substances synergiques et auxiliaires, aussi bien que les antagonistes, sont les mêmes pour le Cubèbe que pour le Copahu. Il faut encore en rapprocher le Piper Methysticum, ou Kava, de Tahiti, d'une grande efficacité, même dans la blennorrhagie à l'état aigu.

Usages. — On voit d'après cela que le Pom^e- à-queue mérite d'être employé aussi bien dans les catarrhes des voies respiratoires que dans ceux de la vessie ou de l'urèthre. Cependant le Cubèbe est généralement réservé aux mêmes usages que le Copahu, dont il partage les actions et les indications (voy. ce mot). On l'emploie encore comme carminatif ou stimulant dans l'atonie gastro-intestinale, et dans le rhumatisme. Il est doublement utile contre les arthrites blennorrhagiques. Dans la méthode de Trideau, malheureusement bien incertaine, on a plus souvent recours au Cubèbe qu'au Copahu lui-même dans le traitement de la diphiérie.

Enfin les Indiens le font servir à stimuler l'ardeur génitale; les anciens le donnaient contre la migraine, et les modernes le conseillent, avec quelque raison, dans certaines affections cérébrales, caractérisées par des symptômes congestifs : céphalée, éblouissements, vertiges, tilubation (Debout). Le docteur Deiters se loue de son emploi dans l'incontinence d'urine par atonie du col vésical, ou liée à la présence des vers intestinaux. L'usage du Cubèbe comme celui du Copahu ne peut être continué longtemps. Il y amène à la longue de la dyspepsie.

Modes d'administration et doses. — Les fruits du Cubèbe se donnent à la dose de 8 à 16 grammes par jour, en poudre, délayée dans de l'eau ou sous forme à'électuaire, avec quantité suffisante de sirop, ou enfin associée au baume de Copahu, sous forme à'opiat mou. Aux enfants atteints du croup on administre par cuillerées à café un mélange pulvérulent de sucre et de Cubèbe (oléo-saccharure, de Delpech),

On en prépare un extrait oléo-résineux (Dublanc) et un extiml fluide ou essence concentrée, qui est le produit de la dissolution de l'extrait oléorésineux dans l'alcool. Le premier se donne en émitlsion, pilules ou capsules, à la dose de 30 centigrammes à 4 grammes; le second s'administre, aux mêmes doses, en émulsion avec du mucilage de gomme arabique. Je citerai encore la bonne préparation de Delpech, l'extrait alcuolico élhéré. La teinture est peu employée.

Le Cubèbe fait partie de la Poudre anglaise a.ntigonorr/iéique.

CURARE, OURARI, WOUllALl OU WOORARA. IO9

CUMIN, Cuminum Cyminum, L. — Ombellipères-Guminées. Angl. : Officinal Cumin. — Ail. : Kùmmel.

Cette Ombellifère d'Égypte et d'Élbiopie, cultivée au Sénégal, doit ses qualités aromatiques et stimulantes à une huile essentielle, d'une odeur rebutante et d'un goût très acre, mais d'une grande puissance comme stomachique, carminatif et sudorifique.

Les semences de Cumin, qui font partie des Quatre semences chaudes, entrent comme condiment dans les pâtisseries, et se donnent, à la dose de 2 à4 grammes, en infusion dans 500 grammes d'eau. On en applique, en sachets ou en cataplasmes, sur les engorgements froids. Elles entrent dans la composition de V Emplâtre de Cumin, et servent avec celles de Carvi à préparer la liqueur connue dans le Nord sous le nom de Kiimmel.

CURAÇAO. — Voy. Bigaradier.

CURARE, OURARI, WOURALI ou WOORARA. Poison complexe en partie formé par le suc de divers Slrychnos : S. toxif'era, Benth, S. Crevauxii, S. Gubleri, S. Castelnœana. — Stuychnées.

Angl. : Curari. — AU. : Cw^ari.

Composition. — Roulin, Boussingault et Pelletier n'ont pu parvenir à découvrir dans le Curare un alcali cristallisable. La Curarine dePetroz n'est pas un produit défini. C'est Preyer qui obtint le premier le principe du Curare cristaUisé. La Curarine, C^Hi^Az, est déliquescente, soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'éther et la benzine; elle offre les caractères des alcaloïdes.

Action physiologique. — Le Curare peut être ingéré impunément dans les voies digestives, exemptes d'excoriations ou d'ulcérations, parce que l'estomac intact le digère sans doute, ou ne l'absorbe que très lentement, ce qui permet à l'élimination d'en débarrasser facilement l'organisme, Il est au contraire absorbé sans altération par la muqueuse rectale ou bronchique, ainsi que par les solutions de continuité de la peau et des tissus plus profondément situés. Parvenu dans la circulation, ce poison n'exerce aucune influence sur le cœur, ni sur les actes importants qui s'accomplissent dans les globules; il respecte également les centres nerveux les nerfs de senlimenl et même l'irritabilité musculaire, ou du moins celle-ci n'est modifiée qu'indirectement comme cela se Voit après la suppression de l'innervafon dans les expériences de Ziemssen, car Briicke a reconnu que chez un animal curarisé les muscles insensibles aux courants électriques instantanés répondent aux courants continus. Son action se concentre sur les fi et^ nerveux moteurs, dont il détruit, de la périphérie vers le centre mu^iul irArr^"' '•^-'^ l'effort de la volonté, la contraction

rcont c. hilit. ?' Marlin-Magron, Vulpian, etc.), ou, si l'on veut. P nPPfs 1? r "^^^^"^ dans l'ordre suivant

n rfs aryngés; 2» nerfs des membres et du tronc; 3» nerfs respiratoires; . d,.x.eme paire; 0" enfin, grand sympathique (Cl. Bernard). De son côté

no CURARE, OURARI, WOURALl OU WOORARA.

P. Bert note la résistance plus grande des nerfs viscéraux. La paralysie motrice due au Curare est donc assez semblable à celle qui suit les maladies aiguës, et à laquelle on a donné le nom de paralysie asi/iénique diffuse des convalescents (Gubler).

Cependant une analyse plus délicate des phénomènes a permis à Vulpian de reconnaître l'intégrilé des nerfs moteurs dans tous les points de leur longueur, et l'a conduit à penser que l'abolition des mouvements volontaires pendant le Curarisme ne pouvait être attribuée qu'à l'une de ces deux circonstances : l'altération des plaques nerveuses terminales, supposées anatomiquement distinctes des tubes nerveux, ou bien plutôt la solution de continuité fonctionnelle entre ces disques terminaux et les fibres conrlactiles. Selon Cl. Bernard, le Curare accélère la circulation et pourtant augmente la pression vasculaire. Pendant l'intoxication, si l'on entretient la respiration artificielle, on observe des supersécrétions manifestes des glandes rénales, sudoripares, salivaires, lacrymales et intestinales. La glycosurie est un phénomène souvent noté pendant le Curarisme (Winogradow, Cazal, LiouviUe et Aug. Voisin), peut-être comme conséquence de la paralysie du bulbe spinal. Winogradow remarque que la matière glycogène apparaît dans les urines, non parce qu'elle est formée en excès, mais parce qu'elle cesse d'être brûlée dans les muscles. LiouviUe et Aug. Voisin constatent cependant une élévation marquée de la température (1° à 2" à la périphérie, 3° à 4° dans le rectum) et même une véritable fièvre qui peut durer six jours, quoique le Curare soit éliminé en vingt-quatre heures. Tels sont les effets des doses faibles ou moyennes, tout d'abord excitantes pour le système nerveux : spasmes musculaires, exagération de toutes les sécrétions, etc., et puis bientôt produisant la paralysie motrice.

Les doses fortes au contraire tendent vers la paralysie généralisée. Non seulement elles coupent la communication entre les muscles striés et les nerfs moteurs, fait classique aujourd'hui, mais aussi elles arrêtent les mouvements du cœur, paralysent le grand sympathique et abaissent la température centrale.

De sorte que si dans le premier cas la mort arrive par asphyxie, due à l'impuissance des muscles respirateurs, dans le second elle résulte d'un arrêt complet du fonctionnement organique par paralysie de tout le système nerveux.

Substances synergiques, auxiliaires. — Bien que le Strychnos toxifera passe pour fournir les principaux éléments actifs du Curare, celui-ci possède cependant une action fort différente de celle des plantes de la famille des Strychnées, et la strychnine ou la bruCine soni, loin d'être les auxiliaires de la Curarine, dont elles passent, au contraire, pour les antagonistes. .

11 est juste de reconnaître cependant, qu'à dose massive la strychnme ne produit plus les convulsions tétaniques que l'on connaît, mais plonge l'animal dans la résolution la plus complète (Vulpian), analogue à celle du Curarisme.

CURARE, OURARI, WOURALI OU WOORARA. 111

De telle sorte qu'il n'y a pas entre les effets toxiques des différents Strychnos une dissimilitude complète.

On peut croire d'ailleurs que la fabrication du Curare modifie les principes vénéneux des plantes qui entrent dans sa composition. D'après cette manière de voir, soutenue par Schroff, Crum-Brown et Fraser, il pourrait bien y avoir dans ce poison des flèches de l'Éthyle-strychnine ou de la Méthyle-strycbnine, dérivés de la strychnine et agissant physiologiquement comme un curare (Grum-Brown et Fraser, André Cahours et Jolyet). Cette théorie ingénieuse me paraît, cependant, tomber devant ce fait qu'on connaît aujourd'hui plusieurs Strychnos d'Amérique agissant comme le Curare proprement dit(E. Labbée), en nature.

Je citerai encore parmi les synergiques de ce poison le Strychnos Iriplinervia, dont les préparations seules produisent la curarisalion (Couty et Lacerda), mais une curarisalion atténuée; l'extrait de Guacamacha, qui provient d'un arbre du Vénézuéla, de la famille des Apocynées, et dont on a voulu faire un curare agissant sur toute la musculature du squelette sans atteindre beaucoup la respiration, et d'une action tout aussi certaine, ingéré par l'estomac qu'administré par la méthode hypodermique, propre, dit-on, à combattre les contractures musculaires spasmodiques (Cari Stachs, Schiller); la Conicine et la Spartéine, principe du Spartium scoparium ; enfin tous les dérivés akyliques d'un certain nombre d'alcaloïdes : Méthyle-brucine, Méthyle-atropine, Méthyle-nicotine, etc. On pourrait enfin compter, d'après Rabuteau, plus de 18,000 agents chimiques curarisants.

Substances antagonistes. — Les antagonistes dynamiques seraient, selon plusieurs physiologistes, les alcaloïdes des Strychnées, auxquels, d'après les traditions populaires, confirmées par une expérience de Roulin, il faudrait ajouter le sel marin et quelques autres substances. Mais le sel nous paraît agir topiquement sur le poison ou sur la partie blessée, et non par antagonisme dynamique ou antidotisme véritable. Il en est de même du chlore et du brome, ou de l'iode qui n'exerce qu'une action de présence (Cl. Bernard) et j'en dirai autant de l'acide phénique (P. Bert).

Usages. — Vella, de Turin, a traité avec succès un tétanique par des injections sous-cutanées de Curare. Demme obtint 8 guérisons dans 22 cas de tétanos généralisé ou de trismus, et Busch 5 sur H malades. Mais cette expérience, répétée en France et ailleurs, n'a presque jamais réussi (Manec Pollm, G.ntrac). Jusqu'à plus ample informé, on n'est donc pas autorisé à considérer le Curare comme un spécifique du tétanos, ni comme l'antidote de la strychnme. Le Curare a été aussi employé vainement contre l'hydrophobie l'épilepsie (Gazai, LiouviUe, Aug. Voisin et Kunze, etc.) et la chorée (Beigel).

En somme son utihté thérapeutique n'a pas été jusqu'ici démon-

Modes d'administration et nosEs. - L'ingestion dans les voies supérieure, est souvent illusou-e. On ne peut donc introduire le Curare que par le leclum, ou par les méthodes endermique et hypodermique. Mais l'absorp-

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