H. BOSCH SPENCER
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INTRODUCTION
La mission que le gouvernement du Roi me confia, en 1858, ayant eu pour but l’organisation des consulats sur la côte occidentale de l’Amérique du sud, rétablissement de relations avec les diverses républiques et la recherche de nouveaux marchés pour l’exportation de nos produits vers ces contrées, je crus, en me rendant dans l’autre hémisphère, que l’on avait enfin compris les besoins impérieux de notre commerce et de notre industrie, ainsi que la nécessité de réunir tous les efforts pour réparer, autant que possible , le temps perdu depuis 1850. Pour que ma mission eût une utilité égale à son importance, je m’empressai de visiter les principaux établissements industriels en Belgique, afin de posséder une connaissance parfaite de leurs produits et des prix de revient de chacun d’eux. En meme temps, je crus devoir informer nos industriels de mon prochain départ pour l’Amérique ; et plusieurs , répondant à la demande que je leur avais faite, m’adressèrent des échantillons de leurs fabricats, afin de me mettre à même, après mon arrivée sur les marchés étrangers, de comparer nos produits avec ceux des autres nations.
Comme l’Angleterre et la France étaient déjà en possession, à cette époque, des quatre sixièmes du commerce de l’Amérique du sud, je visitai successivement Londres, Liverpool , Manchester , Paris, Bordeaux et le Havre, pour obtenir tous les renseignements nécessaires sur le commerce de ces diverses places avec les républiques où je devais me rendre. Dans ces localités, je parvins, non sans peine, à réunir un nombre considérable d’échantillons de toute nature, ainsi que les prix, les modèles et les dessins de tous les articles que l’Angleterre et la France fournissent à l’Amérique du sud. Ayant ainsi rassemblé tout ce qui m’était indispensable pour rendre ma mission véritablement utile , je fis voile pour l’Amérique. A mon arrivée au Brésil, ma santé très-délabrée
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me mit clans la nécessité de m’y arrêter, et je me vis forcé d’y séjourner pendant quelques mois avant de pouvoir reprendre la mer et songer à affronter un long et pénible voyage. Désireux d’utiliser mon séjour au Brésil, je ne tardai pas, dans l’intérêt de nos relations avec ce pays, à examiner la situation de notre commerce à Rio de Janeiro et à rechercher les causes qui l’empêchaient de s’étendre. La valeur des produits belges qui s’exportaient à cette époque pour le Brésil , n’était que d’un million de francs environ, tandis que le Brésil nous fournissait pour une valeur de quinze millions de ses produits. Cette disproportion, si frappante entre les échanges des deux pays et surtout si contraire à nos intérêts, me détermina à examiner sérieusement les causes de ce fâcheux état de choses et à essayer d’y porter remède, autant qu’il était en moi, dans l’intérêt de mon pays.
L’exportation de nos produits au Brésil était donc languissante depuis nombre d’années, et j’acquis bientôt la certitude que ceci tenait non-seulement au manque de renseignements sur les ressources et les besoins du pays , mais encore et avant tout à la conduite malheureusement peu honorable de deux individus chargés, à cette époque, des fonctions de consul et de vice-consul belges au Brésil. Dès ce moment, je crus devoir prendre certaines mesures pour arrêter et déjouer les plans de nos agents consulaires et les empêcher de frustrer à l’avenir les expéditeurs de Belgique. J’eus soin, en même temps, de préparer un travail sur le commerce de Rio de Janeiro ; et, aussitôt que ma santé me le permit, je visitai tour à tour les principaux ports du Brésil, tels que Bahia , Pernambouco , Maceo , Maranhan , Ceara , Para et Santos. Comme il n’existait, en Belgique, aucun renseignement sur ces localités, je lis de nombreux travaux statistiques et commerciaux sur chacune d’elles, et je m’empressai d’adresser tous ces documents au gouvernement du Roi, après avoir pris en même temps les mesures nécessaires pour l’organisation, sur la côte, des consulats dont l’établissement était indispensable.
Ma présence dans les divers ports et mes travaux sur chacun deux eurent pour résultat de donner plus d’essor à nos relations avec le Brésil. En effet, quelques mois après mon départ de ce
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pays, plusieurs maisons belges qui y étaient établies, voulurent bien me tenir au courant de la marche progressive de notre commerce au Brésil (*). Je me serais abstenu de mentionner ce qui précède, si Futilité de mon voyage au Brésil et de ma mission en Amérique n’eût pas été mise en doute par plusieurs personnes qui n’avaient pas cherché jusqu’alors à se pénétrer de la haute importance de nos relations transatlantiques et de la nécessité de les étendre sans retard pour assurer l’avenir de notre industrie et de notre commerce.
Après quelques mois de séjour au Brésil, je me rendis sur la côte occidentale, avec laquelle nos relations avaient été assez insignifiantes jusqu’alors. Pendant mon séjour dans les diverses républiques, j’ai étudié leurs ressources et leurs besoins, tout en
(*) Voici, entre autres, une lettre que je reçus quelque temps après :
Consulat de Hollande.
< Bahia, 30 mars 1 846.
» Mon cher monsieur,
» Une occasion se présentant ce jour pour votre port, par le trois-mât brésilien La » Feliciana, j’en profite avec empressement pour vous accuser réception de votre bien » agréable lettre de Valparaiso, du 1er février 1 845, la seule qui me soit jamais parvenue » de vous depuis que vous avez quitté le Brésil, quoique vous ayez eu la complaisance » de m’écrire plusieurs fois. Je vous remercie infiniment des détails que vous me donnez
* sur votre pèlerinage. Je vois que vous avez beaucoup travaillé, et regrette qu’on vous » conteste les frais que vous avez faits dans vos excursions dans les différents ports du » Brésil. Cependant, si les relations commerciales de la Belgique ont pris quelqu’étendue » dans cet empire, c'est à vos constants efforts que cet avantage est dû. Quand je me » rappelle la masse énorme de documents que vous avez recueillis lors de votre séjour » auprès de nous, je suis tenté de croire que jamais agent étranger ne s’est donné autant » de mal que vous vous en êtes donné, mon cher monsieur, pour tirer tout le parti pos-
* sible de la mission qui vous a été confiée. J’ai donc l’espoir qu’en vous rendant justice » en tout, votre gouvernement, dont la sollicitude tend toujours à créer de nouveaux » ^débouchés pour le commerce et l’industrie belges, ne se refusera pas longtemps à vous » rembourser tous vos frais, et je serai heureux d’apprendre par vous-même, que je ne » me suis pas trompé.
» Agréez, mon cher monsieur, l’assurance de mes sentiments affectueux.
» Votre tout dévoué serviteur,
» (Signé) F. Leciague. «
A Monsieur Bosch Spencer, chargé d’affaires de S. M. le Roi des Belges, à Lima ou à Santiago.
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adressant au gouvernement du Roi de nombreux rapports sur l commerce, la statistique, les finances, la politique et 1 administration des divers pays d’Amérique. Malgré les entraves incessantes que notre commerce semblait se susciter à lui-même, je vis nos exportations pour l’Amérique du sud augmenter d année en année, ce dont il sera facile de se convaincre en jetant les yeux sur les résultats suivants, obtenus depuis 1841 jusqu’en 1848 : En 1841, la valeur des produits belges exportés vers la
côte occidentale de l’Amérique du sud, ne s’é¬
leva qu’à . fr.
En 1842, la valeur des produits belges exportés fut de »
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En 1844,
En 1847.
Depuis mon retour en Belgique, j’ai été assez heureux de faire comprendre à plusieurs armateurs et fabricants, la nécessité de donner sans retard un plus grand essor à nos relations transatlantiques ; et, d’après les expéditions déjà faites dans le courant de cette année, il y a lieu d’espérer que les exportations pour la côte occidentale de l’Amérique du sud s’élèveront, en 1848, à une valeur de 3 millions de francs au moins.
Un grand nombre de personnes, dans le but de former une vaste association et de donner par là une grande extension à nos relations avec les républiques de l’Amérique du sud, m’ayant vivement engagé à livrer à l’impression tous mes travaux statistiques et commerciaux, je n’ai pas hésité, après avoir obtenu l’autorisation du gouvernement, à entreprendre à mes frais un long et pénible travail et à revoir et résumer tous mes documents, afin d’être à même d’en publier promptement, d’une manière complète quoique succincte, un ensemble qui pût servir de guide à notre commerce pour les nombreux échanges à établir entre la Belgique et l’Amérique. Telle est donc l’œuvre que je livre aujourd’hui au public, dans l’espoir que le résultat désiré ne se fera pas attendre, me réservant de publier sous peu un deuxième volume sur
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la statistique générale des diverses républiques, et, plus tard, un troisième volume sur l’administration et la politique de ces pays depuis leur indépendance.
Notre commerce, en général, hésite trop souvent à accorder sa confiance aux renseignements officiels qui sont recueillis dans son intérêt; pour le rassurer à l'égard de ceux qu’il trouvera dans cet ouvrage, je crois convenable de lui faire connaître l’opinion de deux des premières maisons de Lima et de Valparaiso sur mes travaux commerciaux (*).
(*) Lima, le 25 juin >1844.
Monsieur le chargé d’affaires,
Ayant eu l’occasion de voir votre rapport ou Note générale sur le commerce d’ importa-* tion au Pérou , avec ses nombreux détails et échantillons, c’est avec le plus grand plaisir que nous venons vous exprimer notre opinion sur le mérite et l’exactitude de votre travail.
Le manque total ici de toute assistance subsidiaire ou intermédiaire pour exécuter une œuvre semblable, rend votre travail d’autant plus surprenant, et l’accomplissement de ce que vous avez entrepris est infiniment plus méritoire que l’on ne peut se l’imaginer en Europe, où des renseignements et des échantillons s’obtiennent par des courtiers, tandis qu’ici, dans toutes les circonstances, pour les plus petites choses comme pour les plus importantes, ce n’est qu’avec les plus grandes peines, l’activité et les soins personnels que l’on parvient à les obtenir.
L’immense détail de votre travail, les nombreuses recherches que vous avez dû faire et l’exactitude de votre œuvre ont donc augmenté d’autant plus notre étonnement. Et, nous pouvons dire avec franchise que nous, avec tous les avantages d’une longue expérience locale et de nos relations acquises après une résidence de plus de vingt ans à Lima, en qualité de négociants commissionnaires pour tous les articles en général, recevant constamment de grandes consignations de marchandises de différentes parties d’Europe, de Chine et des États-Unis, nous aurions hésité longtemps avant d’entreprendre un travail de cette nature, et certes nous ne serions jamais parvenus à remplir aussi bien cette tâche.
Nous sommes, Monsieur le chargé d’affaires, avec la plus parfaite considération,
Vos obéissants serviteurs,
Alsop et Cre.
A Monsieur Bosch Spencer, chargé d’affaires de S. M. le Roi des Belges, à Lima.
Le chargé d’affaires de France au Chili certifie véritable la signature de MM. Alsop et Cle, négociants à Lima et àValparaiso.
Santiago, le 6 mai 1845. (Signé) De Cazotte.
Lima, le 4 décembre 1844.
Monsieur le chargé d’affaires,
Ayant examiné avec soin vos relevés et travaux du plus grand intérêt, relatifs au commerce du Pérou, que vous avez bien voulu nous confier pour en prendre connaissance,
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Dans la première partie de l'ouvrage, j'ai résumé d’abord la statistique commerciale des diverses républiques pour obtenir ensuite le chiffre total du commerce annuel de la cote occidentale, qui est de 240 millions de francs. On verra, en examinant les chiffres posés, que les importations annuelles sur les divers marchés s élèvent à une valeur de 120 millions de francs, auxquelles la Belgique peut concourir, pour plusieurs millions, avec un grand nombre de ses produits.
Dans la deuxième partie, j’ai fait connaître tous les articles qui
permettez-nous de vous exprimer la haute opinion que nous avons de cet admirable travail.
Nous sommes convaincus que parmi tous les rapports et états commerciaux qui aient jamais été faits au Pérou, il n’y en a aucun semblable au vôtre ou qui puisse lui être comparé.
Embrassant tous les articles de quelque utilité, votre travail donne toutes les indications d’une manière claire et précise, et vous avez combiné la plus grande concision, précision et exactitude avec les détails les plus minutieux et les plus lucides. Nous avouons que nous sommes étonnés de ce que vous ayez pu vous procurer tous les matériaux nécessaires pour élaborer ces pénibles, mais utiles travaux, surtout dans un pays comme le Pérou, où il n’existe aucune facilité pour recueillir des renseignements statistiques et commerciaux et où les plus simples documents ne s’obtiennent qu’avec des peines, une perte de temps et des dépenses incroyables.
Le labeur et la valeur d’un travail comme le vôtre seront dûment et entièrement compris, et nous pensons qu’il ne peut manquer d’être hautement estimé par tout le monde en général, et que dans votre pays on saura l'apprécier ainsi qu’il le mérite.
Vous devez avoir éprouvé une grande satisfaction, après plusieurs années d’un travail incessant et de grandes dépenses, d’avoir vaincu tous les obstacles et d’être parvenu à produire une œuvre aussi complète, qui se trouve en dehors de toute rivalité et qui donne la plus haute opinion de votre zèle et de vos productions qui traitent du commerce et des branches qui en dépendent.
Nous sommes, Monsieur le chargé d’affaires, avec la plus parfaite et respectueuse considération,
Vos très-obéissants serviteurs, p. pon de Fred. Hutii Gruning et Cîe.
H. G. Rodenvald.
A Monsieur Bosch Spencer, chargé d’affaires de S. M. le Roi des Belges, à Lima.
Le chargé d’affaires de France au Chili certifie véritable la signature de MM. Huth Gruning et CU;, négociants à Lima et à Valparaiso.
Santiago, le 6 mai 1845.
(Signé) De Cazotte.
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s’importent au Pérou, tant pour la propre consommation de ce pays que pour celle des républiques auxquelles il sert d’entrepôt.
La troisième partie mentionne tous les articles qui s’importent au Chili, tant pour la consommation de ce pays que pour celle des républiques auxquelles le Chili sert d’entrepôt.
En indiquant l’importation annuelle des divers articles au Pérou et au Chili, j’ai eu soin de faire connaître en même temps les quantités à importer par cargaison, ainsi que les plus minutieux détails sur les assortiments, les dimensions, les poids, les mesures, les qualités, les formes, les couleurs et le mode d’emballage suivi pour tous les articles qui peuvent être expédiés vers ces contrées.
Des échantillons, des modèles et des dessins, au nombre de 5,580, dont j’ai fait mention aux divers articles d’exportation, se trouvent à la disposition des intéressés : ils pourront les consulter, en quelque sorte sans se déplacer, vu que j’ai fait préparer à mes frais plusieurs exemplaires desdits échantillons, qui ont été déposés dans les principales chambres de commerce du pays. Dans le nombre des échantillons, dessins et modèles déposés, se trouvent une infinité d’articles que la Belgique ne fabrique pas, mais qu’elle produira avec la plus grande facilité aussitôt qu’elle le voudra. Plusieurs de ces articles pourraient être fabriqués dans les maisons de détention et autres ateliers du gouvernement et des communes.
La quatrième partie de l’ouvrage traite spécialement du commerce d importation en Bolivie.
Dans la cinquième partie, j’ai fait connaître l importance des principales mines du Chili, du Pérou, de la Bolivie, ainsi que les produits qui concourent aux exportations des diverses républiques.
La sixième partie se compose : 1° des comptes simulés de navigation ; 2° d’un grand nombre de comptes simulés de vente et d’achat.
La septième partie mentionne les conditions auxquelles les maisons consignataires belges au Pérou et au Chili, se chargent des affaires en commission, etc.
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Enfin, la huitième partie de l’ouvrage fait connaître le système des poids et mesures du Pérou, du Chili, de la Nouvelle-Grenade et de l’Angleterre.
Le commerce et l’industrie se trouvant ainsi en possession de tous les renseignements nécessaires pour donner suite à des expéditions importantes vers la côte occidentale, il ne reste plus maintenant qu’à réunir tous les moyens pour opérer sur une grande échelle et avec certitude de succès.
Des consulats belges existant aujourd’hui dans les principaux ports de la côte, notre commerce y trouvera aide et protection pour l’expédition des navires. Les ports de Valparaiso, Cobija, Arica, Islay et Callao, dont j'ai suffisamment fait connaître l’importance, sont ceux vers lesquels nos navires seront généralement expédiés. Cependant, comme ils devront parfois se rendre dans les ports intermédiaires, tant pour y vendre une partie de leur cargaison que pour y charger des produits en retour, je crois devoir donner quelques indications sur tous les points de la côte où nos navires pourront être obligés de se rendre.
Comme plusieurs capitaines, en se dirigeant vers la côte occidentale de l’Amérique du sud, préfèrent passer par le détroit de Magellan que de doubler le cap Horn, nos navires se verront quelquefois dans le cas de toucher au port San-Felipe ou Famine, situé dans le détroit. Ce port est habité aujourd’hui, les Chiliens y ayant établi une colonie, qui est encore dans l'enfance; néanmoins nos navires y trouveront des vivres et du secours en cas de besoin ou de danger. Depuis quelque temps déjà, le gouvernement chilien a formé le projet d’établir un service à vapeur dans le détroit pour remorquer les navires, afin de raccourcir ainsi le voyage de ceux qui se rendent au Chili et de contrebalancer de cette manière, jusqu’à un certain point, les avantages qui sont acquis au Pérou depuis l’établissement du service à vapeur par Panama.
Le port d’Ancud ou San Carlos, dans l’archipel de Chiloë, a déjà une certaine importance pour la consommation des produits européens. Nos navires y trouveront des jambons, des pommes de terre et des planches d’alerce, à des prix très-avantageux.
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L’archipel de Chiloë, qui se compose de soixante-quatre îles, dont la plus grande (Chiloë) a 40 lieues de longueur sur 13 de largeur, est destiné à devenir un des points les plus importants, comme position maritime, dans la Mer du Sud. La possession de ces îles, où il y a peu de population aujourd'hui, sera toujours extrêmement utile au Chili , tant pour le maintien de sa puissance maritime dans la mer Pacifique, que pour la conservation de sa prépondérance sur les autres Etats de la côte. Le climat y est très-pluvieux ; mais tout porte à croire qu’il le sera infiniment moins, à mesure que l’on verra disparaître les épaisses forêts qui recouvrent en tous sens le sol de cet archipel.
Le port de Valdivia (Chili), qui est principalement fréquenté par les navires baleiniers, est peu important jusqu a ce jour pour la consommation des produits européens, mais les navires belges y trouveront des vivres frais et des bois à des prix très-avantageux. Le mouillage y est très-bon, et l’on peut dire que Valdivia est le plus beau port de la république : son éloignement du centre du pays et le chiffre assez restreint de la population de la province de Valdivia expliquent suffisamment le peu d’importance qu’il a atteint jusqu a ce jour.
La province de Valdivia, qui a 60 lieues de longueur sur 23 de largeur, possède plusieurs fleuves navigables. Elle est encore couverte de forêts vierges, qui s’étendent jusqu’au pied des Andes; son climat a beaucoup de ressemblance avec celui du midi de l’Europe, et elle est destinée à devenir une des provinces les plus productives du Chili aussitôt qu elle sera plus peuplée. Le gouvernementchiliena déjà prisdes mesures financières pour y attirer des colons européens, et il serait facile à la Belgique de s’entendre avec lui pour y former une colonie.
Le port de Talcahuano, dans la province de Concepcion (Chili), qui est séparé de celui de Valdivia par le pays des Araucans ou l’Araucanie, est déjà assez important pour la consommation des produits d’Europe. Nos navires y trouveront des vivres frais en abondance, du froment, de belles farines, des cuirs, du vin, de la viande salée, du poisson sec, du charbon, du cuivre en barres, des bois de construction, etc.
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La Belgique possède depuis peu un vice-consulat belge dans cette localité; M. Alexandre Cross en est le chef.
L’Araucanie, que je viens de mentionner, est aussi destinée à devenir une des parties les plus productives du Chili, et elle le deviendra aussitôt que la race guerrière et longtemps indomptable des Araucans sera assez affaiblie pour ne pouvoir plus s’opposer à rétablissement des colons européens; déjà, elle décroît considérablement chaque année, par suite des maladies qui la déciment et de la démoralisation profonde dans laquelle elle tombe tous les jours davantage.
Le port de Constitucion, dans la province de Maule (Chili), n’est pas sans importance pour la consommation des produits européens. Nos navires y trouveront en retour des vivres frais, des haricots secs, de la farine, des fromages, du vin, du suif, du bois de construction, etc.
Le port de Valparaiso (Chili) est le plus important de la république, aussi bien comme entrepôt du Chili et d’autres pays de la côte, que comme point de consommation. A cet égard, on pourra consulter la statistique commerciale des diverses républiques de la côte occidentale, qui forme la première partie de cet ouvrage.
Un consulat belge est établi depuis plusieurs années à Valparaiso; M. Corneille De Boom en est le titulaire.
Notre consul est un des chefs de la principale maison belge de ce port, établie sous la raison de De Boom, Vigneaux et Grisar. L’intelligence, l’activité, la bonne foi à toute épreuve des chefs de cette maison sont trop connues en Belgique pour qu’il soit encore nécessaire de la recommander davantage au commerce belge.
Le port de Coquimbo, dans la province du même nom (Chili), prend tous les jours plus d’importance pour la consommation des produits d’Europe. L’emploi du charbon de terre pour la fonte des métaux au Chili augmentant chaque année, les navires belges qui se rendront à Coquimbo ou dans plusieurs autres localités de la république, pourront toujours prendre une partie de leur chargement en houilles grasses dont ils trouveront le placement à 9 et 10 piastres par tonneau.
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