EN
Les articles de coton, tels que indiennes, calicots écrns, madapolams, percales, etc., dont la consommation est immense , sont fournis par les Anglais, et la France n’a importé que quelques jaconats et indiennes, mais en tr èspetite quantité et quelques couvertures de lit.
Les Américains du Nord qui. les années antérieures, avaient apporté beaucoup de calicots écrus, n’y ont pas trouvé leur compte et ont laissé le champ libre à l’Angleterre; ce pays et l’Allemagne fournissent les bas de coton dont la consommation est très-grande.
Les articles de coton de Belgique trouveront infailliblement un grand débouché sur ce marché et des avantages certains.
Pour les articles de fil , la consommation en est presque réduite à rien , et les navires de Hambourg en portent plus que suffisamment. Les toiles d’Allemagne et d’Irlande ont entièrement supplanté celles de France. Les bretagnes de ce dernier pays, dont il y a quelques années le débouché était très^considérable, sont abandonnées, et on ne rencontre plus dans le commerce que des bretagnes contrefaites, venant d’Irlande et de Hambourg, que la Belgique pourrait fournir également.
La valeur des produits français , débarqués à Arica en 1845 , est estimée à 300,000 piastres ou un million et demi de francs. Les principaux articles ont été en lainage, et surtout des châles mérinos brodés, franges de soie, dont la consommation est très-grande, surtout dans les qualités moyennes du prix de CO francs en France, mais cet article, par sa grande abondance, est devenu d’une vente difficile.
Par une économie mal entendue, on en a envoyé avec des franges de laine, qu’on a été obligé de vendre à très-bas prix, et qui ont beaucoup déprécié cet article.
Châles, mérinos, Casimir et satin laine à relief: — Pour cet article, comme pour le précédent, les fabricants belges pourraient soutenir avec avantage la concurrence avec les fabriques françaises. Les châles à relief, de France, ont
(*) Le réglement de commerce et le tarif des douanes pour la Bolivie, ayant été modifiés récemment, à la suite du traité de paix signé , il y a quelques mois, entre le Pérou et la Bolivie, on devra prendre connaissance de ces documents qui seront publiés dans le Moniteur du commerce, édité a
Anvers. ,
NOTICE
tué les châles casimirs anglais, dont on importait des masses, et c’est celui des articles français qui s’est le mieux soutenu et se soutient encore. Les fabricants belges pourraient aussi s’occuper avec avantage de cet article. Les mêmes châles imprimés à plat, n’ont pas été goûtés.
Les casimirs et autres étoffes légères de laine pour pantalon ont eu un grand débouché, mais sont délaissés aujourd’hui et ne peuvent se vendre qu’à perte.
Draps. — L’importation de cet article de France a été presque nulle pour ce point. A qualité égale, les draps anglais et belges peuvent se donner à 8 et 10 p. c. meilleur marché.
Mérinos en pièces. — L’usage de cet article s’est beaucoup propagé dans le cours de l’année dernière, et reprendra sans doute pour l’hiver prochain.
Les autres articles de laine, comme bayetas, flanelle, étoffes pour tapis, sont importés exclusivement d’Angleterre.
L’article des bayetas à long poil, dit pellon, est d’une haute importance pour le commerce anglais; la consommation en est immense, et il mérite toute l’attention des fabricants belges.
Les objets de laine confectionnés , comme robes de mérinos brodées, manteaux pour dames et objets d’habillement d’hommes, ont été entièrement délaissés.
Les derniers, étant chargés d’un droit de 40 p. c., n’ont donné lieu qu’à des introductions en contrebande. Les ponchos, pour dames, en mérinos brodés, ont été recherchés et se sont bien vendus.
Les soieries de Chine, d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne ont abondé sur le marché, ce qui a porté le plus grand tort à celles de France. Les serges de ce dernier pays ont été supplantées par celles de Malaga; la soie à coudre, par celle de Murcie; le velours et les étoffes pour gilets, par ceux d’Italie; la listonnerie, par celle de Suisse et d’Allemagne. Quelques-uns de ces articles, comme la serge et la soie à coudre, peuvent être supérieurs à ceux de France; d’autres, comme la listonnerie et le velours, peuvent être meilleur marché.
L’article des châles de soie façonnés a été entièrement délaissé, et ne se vend qu’à forte perte; il est vrai que ce sont les châles de mérinos brodés français qui leur ont porté le plus grand tort.
Les bas de soie de France sont délaissés pour ceux d’Angleterre ; cet article et les mouchoirs foulards sont les seuls, en soierie, que les Anglais peuvent apporter.
L’importation des soieries de France a élé en listonnerie, rubans de taffetas façonnés, étoffes pour robes gorge de pigeon, châles gorge de pigeon, et quelques autres brodés ou de fantaisie, robes en gros de Naples brodées, manteaux pour dames, de velours et autres, brodés, quelque peu de velours, satin et gros de Naples en pièces, mouchoirs foulards des Indes, imprimés en France, quelques gants et mitaines en soie, quelques voiles en tulle, et quelques étoffes pour gilets.
L’importation des liquides de France a été très-forte, mais la majeure partie s’est vendue à de très-bas prix, et a dû laisser des pertes sensibles. Les vins rouges ordinaires en bouteilles, cognac en bouteilles , champagne, fron-
SUR LE COMMERCE d’âRICA ET TACNA?
tignan et liqueurs en bouteilles, ont été les principaux liquides importés, ainsi que l’eau-de-vie blanche en barils, mais cet article, ainsi que le cognac, ne pouvant plus être expédié en Bolivie, à cause des forts droits qu’exige le Pérou, ne devra plus être apporté.
Il s’est vendu passablement de bière en paniers, ainsi que du guignolet. Quant à l’huile à manger, la consommation en est presque nulle. Ce département en produit suffisamment, et il s’en expédie même pour les autres points du Pérou.
Depuis que les navires espagnols sont admis, la consommation des vins français a beaucoup diminué, ceux d’Espagne, entrant en concurrence. L’introduction des liquides, à Arica, a été telle qu’il a fallu en réembarquer pour le Callao et Valparaiso, faute de pouvoir les vendre.
Les navires espagnols ont porté beaucoup de fer de Biscaye, dont l’usage est assez limité, vu que la consommation annuelle ne peut pas dépasser G à 8 cents quintaux. Celle du fer anglais est plus forte, car la Bolivie s’approvisionne de cet article à Tacna. On peut l’évaluer de 4 à 5 cents quintaux par an.
Le mercure s’est soutenu à des prix très-élevés, de 145 à 150 piastres le
quintal.
Le seul acier voulu sur le marché est celui de Milan, porté par les Sardes ; la consommation ne dépasse pas 5 à 4 cents quintaux par an.
Le zinc, seul métal qui venait de France, est entièrement délaissé : la consommation en est presque nulle.
La fayence est presque exclusivement portée par les Anglais. Les envois de cet article de France ont eu peu de succès.
La porcelaine est de peu d’usage, seulement les services pour thé et café se vendent avec avantage.
La cristallerie taillée ne convient pas, mais la consommation de la cristallerie ou verrerie ordinaire est très-forte ; cet article vient de Hambourg, à des prix très-bas, mais la Belgique pourrait néanmoins soutenir la concurrence pour cet article en ne prélevant pas un fret plus élevé que les Allemands. Le frêt de Hambourg à Arica est de 15 à 15 piastres le tonneau.
Le papier demi-florette génois a exclu, pendant longtemps, toute autre classe de papier de ce marché; maintenant, celui à mécanique de France est d’un grand usage pour écrire ainsi que pour l’impression, mais il en est tant venu que la vente n’a pu avoir lieu qu’avec grande perte. Il en a étédemème pour le papier à lettre; la vente de plusieurs parties de cet article a à peine couvert les droits et les frais.
Le papier peint est presque toujours fourni par la France; la consommation de cet article augmente tous les jours et celui de Belgique se placerait avantageusement; il ne faut que du beau.
L’eau de Cologne, l’eau de lavande et la parfumerie se sont assez couramment vendues.
Les veaux cirés et les moutons vernis ont été vendus assez couramment , mais les peaux chamoisées qui, les années précédentes, avaient laissé de grands bénéfices, sont entièrement délaissées.
NOTICE
Les peaux de mouton maroquinées se vendent peu; celles chevreaux bronzées ont obtenu de bons prix.
Les meubles ne conviennent pas pour ce marché, tant à cause du droit de
. , P* C‘ onî: sont greyés, qu’à cause de la difficulté de transport dans Pinteneur^ Il en est venu cependant quelques-uns de Hambourg.
Les pianos viennent généralement d’Angleterre. Ceux de Belgique, entiè-
rement semblables à ceux de Broodwood et Collard-Collard , à Londres, se placeraient egalement.
Pour les chaises, dont la consommation est très forte, les Américains du or es appoitent. Ils ont pour ainsi dire monopolisé cetarticle qui pourrait cependant aussi venir de Belgique avec avantage.
La quincaillerie, la taillanderie et la coutellerie viennent principalement n^ etene, cependant, les Américains du Nord en portent également, et les na\ 11 es génois importent beaucoup de mercerie d’Allemagne. Ces derniers imposent aussi la majeure partie des drogueries et médicaments qui se consomment sur le marché; néanmoins, il en vient aussi de France, mais généralement sur commandes.
Les articles venant de France, étant généralement de luxe, leur consommation est tiès-limitée, et lorsque les importations sont trop fortes, il s’en sui une aisse dans les prix proportionnellement bien plus forte que sur des ai ticles d une consommation générale.
Déplus, les marchandises anglaises viennent presque toutes pour compte es abricants mêmes. Elles n’ont donc à supporter qu’un seul bénéfice et peuvent par conséquent se vendre à meilleur marché. Le commerce français se fait d une autre manière. Il ne vient presque rien pour compte des fabricants, et les expéditions que faisaient les armateurs français, il y a quelques années, ont également presque cessé. Une ou deux maisons seules envoyent ces navires avec des cargaisons pour leur compte. La majorité des navires rançais viennent chargés à frêt; partie en est fournie par les maisons en France qui expédient les marchandises à leurs correspondants de la côte pour être vendues pour leur compte. Ces maisons, dont les chefs ont presque tous résidé au Chili et au Pérou, achètent des fabricants , et ces opérations sont généralement avantageuses. Mais, en dehors, de cela vient la pacotille, système funeste au commerce en général et le plus souvent aux mômes pacotilïeurb, qui n obtiennent généralement leurs marchandises que de seconde ou troisième main, surchargées, ainsi, de plusieurs bénéfices et de plus des frais de voj^age des pacotilleurs qui les accompagnent ; aussi très-souvent le prix de revient de ces marchandises est-il plus élevé que celui auquel on peut vendre à la côte. Il est de fait que plusieurs armateurs n’admeltent des officiers à bord de leurs navires qu’à condition qu’ils mettront un certain nombre de tonneaux de marchandises à bord. Ces officiers , pour la plupart jeunes gens manquant de moyens, sont forcés à des achats onéreux et se trouvent ensuite ne pas pouvoir remplir leurs engagements. Plus d’un a perdu tout sou avenir pour un seul malheureux voyage. Les armateurs devraient renoncer à ce funeste moyen de procurer quelques tonneaux de frêt à leurs navires, d autant plus que ce sont ces pacotilles qui fomentent la contrebande, compromettent les navires et portent le plus grand tort à la cargaison. La vente