I. — PRINCIPAUX ARTICLES D’EXPORTATION DU PORT DE LAMBAYÈQUE
Situé dans la partie septentrionale du Pérou et recevant les produits étrangers qui alimentent les provinces de Truxillo et de Jean, ce port fait un commerce assez considérable de tabacs, peaux apprêtées, ouvrages en paille, monnaies d’or et d’argent, vieille argenterie, argent en lingots, riz, etc., etc.
La valeur annuelle des exportations, d’après la moyenne des dernières années, s’élève à 2,045,621 fr.
II. — PRINCIPAUX ARTICLES D’EXPORTATION DES PORTS D’iSLAY ET DE PAITA.
Coton. — Le coton peut se cultiver sur toute la côte du Pérou. Il y a deux qualités, connues par la laine longue et la laine courte. Celle de laine longue se cultive seulement dans la province de Piura (département de la Libertad), dont Paita est le port, et on a observé que le coton que l’on recueille dans les provinces du sud du Pérou est plus fin que celui de la partie nord du Pérou ; il est cependant de très-bonne qualité ; et, après celui de la Perse et de l’Égypte, il est le plus estimé en Angleterre. Sa culture sur toute la côte du Pérou
PORTS ü’iSLAY ET DE PAITA.
augmente rapidement, et les bénéfices qu’il présente pour l’avenir sont tels, que, malgré la répugnance que l’on a à employer des capitaux dans des entreprises agricoles, plusieurs mises de fonds furent faites pour cet objet en 1857, de manière qu’on doit espérer que l’exportation augmentera considérablement.
Les récoltes se font tous les six mois à Paita et dans quelques autres localités, et tous les ans dans d’autres parties du pays. La plantation produit dès la première année et arrive à sa maturité à la troisième année.
Il faut considérer le coton comme un des produits les plus importants de l’agriculture péruvienne et qui peut servir de retour pour les importations d’Europe. L’état prospère dans lequel se trouve cette branche d’industrie est dù, en grande partie, aux capitaux anglais et français.
Laines. — L’exportation des laines du Pérou ne remonte qu’à quelques années, ou du moins, de 1850 à 1840, se bornait-elle à quelques centaines de quintaux. En 1842 et 1845, elle s’éleva à 10,000 ou 12,000 quintaux ; en 1844, elle fut moindre, par suite de l’état de guerre qui désola le sud du Pérou; mais, en 1845, elle s’est relevée, et a atteint les chiffres de 25,000 quintaux de laine de brebis et de 1,600 quintaux de laine d’alpaca. Les premières, qui pourraient tenir le milieu entre les laines fines et les laines communes en Belgique , proviennent des nombreux troupeaux qu’on élève dans cette partie du plateau des Andes connue sous le nom de Caliao ; elles sont amassées à Puno, d’où elles sont transportées à d’os d’àne à Islay , en passant par Aréquipa.
Peaux de boeufs. — Les peaux de bœufs ne s’exporteront jamais en grandes quantités, car, outre qu’une grande partie du cuir tanné que l’on emploie pour souliers, etc., vient de l’Équateur et d’autres pays, le manque de bois de construction, tant dans l’intérieur que sur la côte, fait que l’on emploie les peaux pour portes et différents autres usages, de manière qu’il ne reste qu’une quantité minime pour l’exportation ; les cuirs salés et frais s’exportent dans la proportion de 2 des premiers sur 5 des derniers; les uns pèsent ordinairement 25 livres et les autres de 59 à 40, mais ils ne sont pas tant estimés que ceux de Buenos-Ayres.
Leur prix à Puno même est de 4 à 6 piastres (de 20 à 50 fr.) le quintal; les frais de transport à Aréquipa sont de 1 piastre; d’Aréquipa à Islay, de 8 à 10 réaux (5 à 6 fr. 20); enfin, les frais d’emballage, etc., sont de 9 réaux (5 fr. 60) par quintal, ce qui porte le prix moyen des laines, à Islay, de 7 à 9 piastres (55 à 45 fr.) le quintal.
Peaux de loups-marins. — L’exportation diminue pour les peaux de loupsmarins, ces animaux devenant rares par suite des quantités considérables tuées pendant les années antérieures.
Produits minéraux. — Les montagnes qui environnent la vallée de Tambo, renferment également une grande quantité de sulfate de magnésie et de soude; au-dessus de ces sulfates, se trouve une quantité considérable de chlorure de soude, recouverte elle-même d’une immense couche de sulfate de chaux qui s’étend jusqu’à la mer.
En d’autres endroits se trouvent des agglomérations considérables de sulfate de fer, mêlé de sulfate d’alumine et de potasse, de sulfate de magne-
TORTS D’iSLAY ET DE PAITA.
sium, de chlorure de soude, de manganèse et de carbonate de chaux. Si l’on considère que le sulfate de fer, indépendamment de son utilité propre pour la teinture, donne, au moyen de la distillation, l’acide sulfurique; si l’on tient compte, en outre, de l’immense quantité de sulfate d’alumine, de potasse et d’ammoniaque que l’Europe consomme tous les ans pour ses tanneries de cuirs, fabrications de bougies, impression de papier, etc., on comprendra que l’agglomération de ces matériaux, dans la vallée de Tambo, sur les bords d’une rivière, à peu de distance de la mer, dans un lieu rempli de combustibles et où les cendres des sucreries produisent une immense quantité de carbonate de potasse, aujourd’hui abandonné comme entièrement inutile, doit devenir un jour une source féconde de richesses pour le pays.
Les observations qu’on vient de faire sur la vallée de Tambo peuvent, du reste, s’appliquer à chacune des vallées du département d’Aréquipa; la nature du sol y est à peu près la même ; partout, il renferme des richesses immenses, mais dont on ne pourra tirer parti que quand le pays, remis des commotions politiques qui n’ont cessé de l’agiter depuis le départ des Espagnols, aura vu s’accroître sa population et se répandre des capitaux que la crainte a tenus jusqu’ici cachés.
La plupart des arts industriels sont encore dans l’enfance à Aréquipa. Il y existe peu d’ouvriers européens, et les outils dont on s’y sert sont très-grossiers. — D’industrieux artisans, munis d’un bon outillage, y trouveraient de grands avantages.
Quinquina. — L’admission des quinquinas du Pérou dans le commerce extérieur ne remonte qu’à quelques années; mais ce produit parait devoir prendre rapidement une grande importance. Les quinquinas recueillis dans les forêts de Carabaya, sur les contins du Pérou et de la Bolivie, ne paraissent pas inférieurs à ceux de Calisaya, connus depuis longtemps en Europe; leur valeur actuelle, à Islay, s’élève à 40 ou 45 piastres le quintal (4 fr. 70 à 5 fr. 20 le kilogr.). Leur exportation, en 1845, a été de 5,500 quintaux environ, et tout annonce qu’elle deviendra plus considérable.
Sucre. — Le sucre est aussi une nouvelle branche du commerce d’exportation du Pérou. En 1854, on fit le premier essai de l’embarquer comme retour pour l’Angleterre, et l’augmentation annuelle des quantités exportées démontre le résultat obtenu. Ainsi, on a exporté :
En 1854 . 120 quintaux.
On calcule que si cette branche d’industrie prend de l’extension sur la côte du Pérou, on pourra exporter annuellement 55,000 quintaux de sucre moscovade, après avoir pourvu à la consommation du pays.
Dans le principe, les propriétaires ne voulaient pas croire qu’il était plus avantageux pour eux de préparer et de vendre leurs sucres moscovades pour le marché européen que le sucre raffiné pour celui du Chili ; mais l’expérience qu’ils ont acquise depuis 1856, le sucre péruvien ayant été exclu du marché du Chili par suite de la guerre déclarée par le Chili au Pérou, les a