DE L’EXPORTATION DU GUANO
et, à la rentrée de la moisson, on s’aperçut que la rangée cultivée au guano
avait rapporté . . Liv. sterl. 439
et celle sans guano. . » 239
donc, par acre de guano rapportant le plus de pommes-deterre, il a été réalisé un bénéfice de . » 200
Observation. — Il est à remarquer que, depuis l’époque où les résultats qui précèdent ont été obtenus, le prix du guano a diminué, en Angleterre, des trois quarts; que, par conséquent, les chiffres posés, représentant les bénéfices qu’en rapporte l’emploi , augmentent proportionnellement de la moitié et du tiers.
L’exportation du guano pour l’Europe fit jeter les hauts cris aux cultivateurs péruviens. Quelques-uns demandèrent même au gouvernement qu’elle fût expressément défendue dans l’intérêt de la culture du Pérou. La société qui a le privilège d’exportation fit alors examiner les principales îles qui renferment ce produit. D’après les renseignements obtenus, il y a lieu de croire qu’il y en a pour plusieurs siècles et pour tous les cultivateurs de l’univers.
Les anciens Indiens, avant la conquête, faisaient usage du guano, et il est indubitable d’aprèsles vestiges qui restent de leurs travaux hydrauliques, que l’agriculture, chez eux, était en honneur et progrès. La population étant beaucoup plus nombreuse qu’elle ne l’est aujourd’hui, la terre devait produire d’autant plus pour la nourrir ; il est donc probable que la consommation du guano était plus considérable qu’elle ne l’est aujourd’hui. Néanmoins, laissant de côté tout ce que l’on peut avoir extrait de l’île de Chincha, d’où l’on exporte maintenant, pendant l’époque antérieure à la conquête, et ne tenant compte qu’à partir de l’époque de la fondation de Lima, c’est-à-dire depuis trois siècles jusqu’à ce jour, on obtient le résultat suivant .
Dans l’état actuel d’entière décadence de l’agriculture au Pérou, on extrait annuellement, pour la consommation des vallées de Lima, Carabello, Chaucay et Huacho, environ 50,000 fanègues; Pisco et Bujame consomment aussi une certaine quantité, ainsi que le département d’Arequipa; de manière que l’extraction annuelle du guano des îles peut s’élever à 3,000 tonneaux plus ou moins. Prenant ce chiffre pour base, il résulte que depuis 300 ans que dure l’extraction, on a extrait 900,000 tonneaux plus ou moins. Si donc on a extrait 900,000 tonneaux de l’îlede Chincha sans épuiser la vingtième partie de cette substance, il est clair que, sur ce seul point, on peut calculer avec une exactitude presque mathématique, que la masse encore à exploiter dans cette île, n’est pas moins de 17 millions de tonneaux ; les deux autres îles sont encore vierges ; jamais on n’y a touché, et celle du milieu est plus grande que celle où l’on travaille.