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qu'il en est du bel avenir comme de la vue des belles montagnes. Les enfants croient que l’on y touche; mais les hommes savent qu'elles sont toujours plus loin qu'on ne les voit.
Il faut donc dire, quand on annonce les progrès possibles, que, dans un temps connu de Dieu seul, et sous cette condition indispensable que les nations retourneront à Jésus-Christ, alors les grandes choses espérées viendront, et elles viendront, non pas dans leur perfection absolue, — ce serait là le ciel, — mais, en approchant du but peu à peu, à mesure que les hommes, dans l’ensemble, sauront persévérer et s’avancer dans la pratique des commandements de Dieu et des conseils évangéliques. |
Ceci bien entendu, j'espère qu'un jour la vie évangélique pénétrera dans la vie des États. Il y aura de réels progrès politiques et sociaux, progrès de justice et de liberté, de dignité, de paix et de stabilité. « Les rois des nations les domi- « nent, dit l'Evangile (dominantur eorum), et les « grands font peser sur eux leur pouvoir (pote- « statem exercent ineos). Qu'il n’en soit pas ainsi « parmi vous. » Donc il n’en sera plus ainsi parmi nous. Il n’y aura plus, dans le monde chrétien,
de dominateurs d'hommes, plus de grands faisant
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peser leur pouvoir sur les peuples. L'inique inégalité cessera. Les grands alors seront grands de la vraie grandeur, par le travail, par le courage, parles services rendus aux hommes. Il y aura de vrais « ministres » et de « vrais serviteurs » des nations : ce sont les termes évangéliques : ##nistres et serviteurs qui seront les plus grands devant Dieu et devant l’histoire, parce qu'ils seront les serviteurs des autres : ministres en effet et serviteurs que les nations pourront choisir, élever, révoquer, comme une famille choisit ses serviteurs et en dispose. Les chefs des peuples ne posséderont plus Les peuples, mais ils les serviront, s’efforçant d’imiter, dans l’ordre politique, le Christ, qui, dans l’ordre éternel, « est venu pour servir, et non pas pour « être servi. » Ils auront la joie et l’honneur de servir les nations par le travail, le génie, le courage, et seront fiers de rester chaque jour dépendants de la patrie leur mère.
Sous cette vraie forme de ministère on verra le mal et l’abus, qui partout renaissent chaque jour, expulsés chaque jour par voie d’imperceptible révolution. Et ce mouvement continu de progrès et de réparation, loin de briser l'État, sera la cause de sa stabilité. Ce mouvement vrai, comme celui
de la terre, laissera immobile l'axe et le centre.
Alors commencera enfin l’inviolabilité réelle du centre, condition première de la vie, faute de laquelle on sait des peuples qui tombent du mal caduc tous les quinze ans. Alors commencera cette royauté impersonnelle, permanente, immuable, qui ne meurt pas, qui est sacrée, et qui, drapeau vivant de la patrie, est saluée avec enthousiasme par tous, et défendue par tous jusqu’à la mort. Alors, dis-je, pourront survenir ces vrais rois qui, étant vraiment les premiers, les premiers selon l'Évangile, seront les serviteurs des serviteurs de tous, serviteurs permanents, nécessaires points d'appui des serviteurs qui passent. Ces rois très-grands, parce qu'ils seront très-humbles, appliqueront à leurs sublimes devoirs les paroles mêmes du Christ, roi éternel : «Je ne puis rien « faire de moi-même; Von possum ego à meipso facere quidquam (Joan. v, 30). » «Le Fils ne peut « rien par lui-même... mais ce que le Père fait, « le Fils le fait aussi (Joan.v, 19). » Ainsi sauront parler de la patrie les rois du monde nouveau, ces fils ainés de la patrie. Le fils ne peut rien par lui seul, diront-ils. Il ne peut rien, et ne veut rien qu'avec l’ensemble de la nation.
Oui, laissez revenir la séve évangélique après l'hiver que traverse l’Europe, et vous verrez à
quelle grandeur, à quelle félicité, à quelle gloire de justice, de liberté, de dignité, de richesse et de J ; ; 8 :
paix, peuvent s'élever les sociétés chrétiennes fondées sur la parole du Christ, roi de ce globe : P ) 8 « Le Fils de l’homme est venu, non pour être
« servi, Mais pour servir. »