Ils ne purent répondre un seul mot, et
« de ce jour, nul n’osa plus l'interroger. »
Allez par les chemins, et invitez tous ceux que vous rencontrerez.
Le roi, c’est Dieu. Le Fils du roi, c’est le Verbe de Dieu. Le mariage, c’est l’union du Verbe à la nature humaine ; c’est le commencement de l’humanité plus haute qui doit couvrir la terre. Les noces, c’est la fête éternelle qu'amène, au sein du genre humain ct de la création entière, l’incarnation de Dieu, et la venue des enfants de Dieu. Les premiers invités, ce sont les Juifs, cette race choisie qui, dans le monde ancien, fut le peuple de Dieu, le centre du monothéisme, le cœur et la con-
science du genre humain.
Mais ils mettent à mort les prophètes, les apôtres, le Christ lui-même. Ils sont rejetés et détruits, comme l'ont été et le seront tous ceux qui veulent détruire le royaume de Dieu.
Les nouveaux invités sont tous les hommes, tous ceux que les Apôtres peuvent atteindre Allez par les chemins et invitez tous ceux que vous rencontrerez , quels qu'ils soient, bons ou mauvais!
Ceux qui acceptent deviennent bons par l’acceptation. L'homme qui entre sans la robe nuptiale est l'hypocrite qui entre pour se moquer, et qui est rejeté dans les ténèbres extérieures, pieds et mains liés. Symbole du châtiment que mérite l'âme qui a vu la lumière, et qui l’a méprisée.
Le peuple juif a été détruit, exterminé, Jérusalem a été incendiée et inondée de sang, parce qu'elle a tué les envoyés de Dieu. |
La même lutte continue. Et tout ce qui S'Oppose au progrès du royaume de Dieu sera brisé.
La crise présente que traverse l'Europe est l’un des points saillants de cette grande lutte.
Ce sont toujours les mêmes obstacles. Les uns lapident et tuent les envoyés de Dieu. Cela se fait aujourd'hui encore par toute la terre, même en
Europe. Nos yeux aveugles n’ont pas assez fait at- LP ji
tention à ce César contemporain qui a fait des martyrs proprement dits, qui a été un Dioclétien en ce siècle, et qui étouffe, aujourd'hui encore par son fils, au centre de l’Europe, la foi des peuples, et ce progrès de Justice nécessaire que Dieu veut, savoir: la vie et la liberté des nations.
Donc une partie du genre humain repousse et combat, aujourd'hui encore, le royaume de Dieu, par la force et le fer.
Mais le plus grand nombre des hommes sont les invités insouciants, qui vont à leurs affaires et à leurs plaisirs, mais non pas à la fête éternelle.
Au moment où j'écris ces lignes, au commencement de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, comment comprendre l’aveuglement obstiné des peuples ?
Il est visible à tous les yeux, ce semble, que le royaume de Dieu veut s'approcher encore. Chacun le dit en son langage et de son point de vue. Les signes des temps sont tellement manifestes, que Dieu peut dire plus que jamais à la plupart. des hommes : Hypocrites, comment donc ne comprenez-vous pas ce temps où vous vivez?
Un petit nombre d'ouvriers intelligents et décidés pourraient aujourd'hui, beaucoup plus qu’en aucun autre temps, influer sur la marche
du monde entier. Mais même ce petit nombre de dévoués ne se trouve pas. Chacun reste dans ses plaisirs, dans ses affaires, et dans sa tradition stupide. Changer sa vie, la consacrer pour travailler au salut du monde, on ne le peut, on ne le veut. Et l’on repousse, ou bien avec colère, ou bien avec mépris, où même avec respect, les envoyés du roi, et chacun dit à sa manière : « Je ne « puis y aller! » -
C'est là le grand prodige! Tant d’âmes sont appelées par l'élan magnifique de la jeunesse, par l'enthousiasme d’un noble esprit et d’un noble cœur. Elles écoutent! Elles semblent hésiter un instant ! Mais le torrent de la vie telle qu'elle est les emporte, et ils roulent dans le stérile mouvement des jours vides. Ils roulent jusqu'à la fin, et n’ont pas connu Dieu, ni leur âme, ni le royaume de Dieu : et puis ils meurent, O mon Dieu, parmi ce nombre immense d’appelés, que vos élus sont rares |
D'autres sont appelés par le dégoût, le deuil, le veuvage du cœur, l’expérience même du monde et de la vie. Il semble qu'il n’y ait plus de chaines, plus d'illusions ! Devant eux s’ouvre la seconde ou la troisième phase de la vie, la seconde veille, /a
troisième veille, dit l'Évangile. Ils ont la force, ils