‹ Commetaire sur l'Évangile selon Saint MatthieuChapitre 85 sur 89 · Allez donc et enseignez toutes les na · texte numérisé non relu

Allez donc et enseignez toutes les na

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tions, les baptisant au nom du Père, et du Fils, « et du Saint-Esprit. »

20. « Et apprenez-leur à garder tout ce que Je « vous ai commandé. Et voici que je suis avec « vous, tous les jours, jusqu'à la consommation

« des siècles. »

11 est ressuscité, comme il l’a dit,

Jésus-Christ est ressuscité. Est-ce un fait histo-

rique certain ?

« Voici la grande nouvelle, dit saint Paul, voici, « dis-je, l'Évangile que je vous ai prêché, que vous «avez reçu, dans lequel vous vous maintenez, et « par lequel vous serez sauvés. »

« C’est que le Christ est mort pour nos péchés, «et a été enseveli; et que le troisième jour il «est ressuscité ; |

« Qu'il s’est montré à Pierre, et puis aux onze « apôtres ; |

« Et puis à plus de cinq cents frères, dont un « grand nombre vivent encore ; |

« Et qu'enfin, après tous les autres , il s’est « montré à moi! »

Voilà ce qu'a écrit saint Paul, personnage pleinement historique, dans une Épitre dont l’authenticité n’a jamais été contestée.

Comment expliquez-vous l'existence de ce texte si Jésus-Christ n’est pas ressuscité ?

Comment expliquez-vous l’absolue certitude avec laquelle ce grand homme et ce grand esprit insiste, au même endroit, sur ce fait de la résurrection, disant et répétant sous toutes les formes: « Si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédica- « tion est vaine, et votre foi est vaine? »

Saint Paul parle des cinq cents frères qui

virent ensemble Jésus ressuscité. Or, dans les

Actes des Apôtres, dont l'authenticité est également incontestée, on voit saint Pierre, entouré des apôtres et de ces frères, dont parle saint Paul, répéter, dans tous ses discours, ces mots : « Dieu l’a ressuscité, nous en sommes « tous témoins !. »

Dans l’un de ces discours, saint Pierre insiste sur un détail caractéristique : « Dieu l’a ressus- « cité, dit-il, et a voulu qu'il se montrât à nous. « à nous qui avons bu et mangé avec lui, depuis « qu'il est ressuscité d’entre les morts ?. »

Ce discours de saint Pierre, qu'il prononçait au milieu des apôtres, et des centaines de frères qui avaient vu, et qui tous répétaient dans la foule : « Oui, nous en sommes témoins ; » ce discours simple, consistant à répéter, à l'unisson, l’assertion du fait : «1 est ressuscité, nous l'avons «vu, nous tous ; » ce discours, dis-je, explique seul les autres faits qu'on ne conteste point, savoir : que trois mille hommes en une seule fois (Act. Il, 41), et une autre fois cinq mille hommes

5 Act. 11, 33. Hunce Deus resuscitavit, cujus omnes nos testes sumus. ACt. 111, 15: Auctorem vero vitæ interfecistis, quem Deus suscitavit a mortuis, cujus nos testes sumus.

>? Act. x, 40. Hunc Deus suscitavit tertia die, et dedit eum manifestum fieri... nobis, qui manducavimus et bibimus cum ille, postquam resurrexit à mortuis.

(Act. IV, 5), se sont joints aux apôtres ; et, qu’en ces Jours-là, l’âme humaine, sous l'influence du témoignage de la résurrection, a recu la réelle et divine impulsion de foi et d'espérance qui dure jusqu'aujourd’hui.

Mais tout cela est établi, remarquez-le, établi comme tout fait historique certain, sans que nous ayons encore mentionné le plus solide et le plus détaillé de tous les témoignages, savoir : celui des Évangiles.

Ne parlons pas du premier Évangile, qui est le témoignage de saint Matthieu , témoin oculaire, lequel rapporte que les onze disciples (dont il faisait partie) le virent en Galilée, et qui, de plus, cite les paroles que le Seigneur ressuscité leur adressa : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur Îa «terre, » et le reste.

Laissons saint Marc, qui répète simplement saint Matthieu , mais qui pourtant implique en outre le témoignage de saint Pierre. Ë

Laissons saint Luc, simple historien, mais qui impl ue saint Paul. |

Ne parlons que du plus saisissant et du plus détaillé de tous les témoignages, celui de l'Évangile de saint Jean.

Je sais bien que l’école qui soutient en logique

l'identité des contraires et des contradictoires, soutient aussi, en critique historique, que le quatrième Évangile n’est pas l’œuvre de l’apôtre Jean. Mais je sais également que tout homme qui a étudié la question, et dont les facultés intellectuelles n'ont pas été fondamentalement modifiées par la logique particulière de cette école, admet que l’œuvre de saint Jean est l’écrit le plus authenti-

que de toute l’antiquité *.

! C'est ainsi que s'exprime M. Ewald, l’un des plus savants exégètes et orieutalistes de l'Allemagne contemporaine, lequel d’ailleurs, de son point de vue rationaliste, ne craint pas de rejeter bien des pages de la Sainte-Écriture : « L’Évangile de « saint Jean, dit-il, œuvre étonnante, sous cent rapports, simple «et claire pour tout esprit droit, a été composé certainement « par le disciple intime du Christ. Le quatrième évangile se « défend lui-même parfaitement ; il a en outre l’appui de la pre- « mière épître, qu’on n’a jamais contestée ; il a enfin pour lui la « tradition tout entière, et l’on peut affirmer avec raison qu’il «n'y a pas, dans toute l'antiquité, un ouvrage dont l’authen- « ticité soit aussi certaine. » Revenant sur le même sujet dans un écrit récent, il dit : « C’est parce que cet auteur tient encore « à l'École de Tubingue, qu'il hésite sur l’authenticité de l’Évan- « gile de saint Jean, obstinément niée par cette école aveugle. « Assurément ceux qui, dès l’origine du débat, connaissaient la « question, n’ont pu avoir et n’ont pas eu un seul insta. : d’in- « certitude. Mais comme l'attaque redoublait de rage, on a, de- « puis dix ou douze ans, établi d'autant plus fortement la vérité, «et poursuivi l'erreur jusque dans son dernier refuge. Les choses « en sont aujourd'hui à ce point qu'aucun homme, à moins qu'il « ne veuille sciemment choisir l'erreur et rejeter la vérité, n’osera

Or, relisez le dernier chapitre de saint Jean, pesez tous ces détails, que l'Apôtre affirme avoir vus de ses yeux; méditez ces trois lignes : « L'un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup « de lance, et il en sortit de l’eau et du sang. « C'est celui qui a vu cela qui en rend témoi- « gnage . »

Donc il est mort.

Mais à cé fait, que le Christ est mort sur la croix, l’apôtre ajoute d’autres faits que voici. D'abord le récit de l'incrédulité de saint Thomas, lequel dit qu'il ne croira point, s’il ne met la main dans les plaies mêmes du Christ. Puis le récit de la seconde venue de Jésus-Christ dans le cénacle , où Thomas, voyant Jésus-Christ et ses plaies, tombe à genoux , en disant: « Mon Sei- « gneur et mon Dieu. » (S. Jean, chap. XX.) Puis enfin le récit de l'apparition près du lac de Tibériade, et le détail des discours du Christ. Saint

Jean cite ces mots, adressés par trois fois à saint

« dire que le quatrième Évangile n’est pas de l'apôtre saint Jean. » Ailleurs (Zehntes Jarbuch, 1850-1860, p. 99), il ne craint pas d'écrire ces mots : {n’y a qu'un fou qui en puisse douter !

* Joann. x1x, 34. Sed unus militum latus ejus aperuit, et continuo exivit sanguis et aqua. Et qui vidit testimonium perhibuit, et verum est testimonium ejus; et ille scit quia vera dicit, ut et vos credatis.

Pierre, qui s’en étonne et s’en afflige : « Pierre, «m'aimez-vous ? » Puis il cite cetteautre parole au sujet de saint Jean lui-même , dont il discute les termes précis, et qu il écrit deux fois : «Si je veux « qu'il demeure jusqu'à ce que je revienne , que « vous importe ? » (Chap.XXI.) Et le tout setermine encore, comme au chapitre précédent, par cette déclaration : « C'est ce même disciple qui rend té- | a'écrites;» Ac

noignage de ces choses, et qui les a° ‘discipulus ille qui testimonium PeRHIBET de his et scripsit hæc.

Si la certitude historique existe, il n'est vraiment pas possible de douter que Jésus n'ait été

vu vivant, et n'ait parlé à ses disciples, après avoir

dy été enlevé de la croix, sur laquelle il est certaine-

ment mort.

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