‹ Commetaire sur l'Évangile selon Saint MatthieuChapitre 86 sur 89 · IL · texte numérisé non relu

IL

Tout n'est pas dit, car je sais qu'on oppose à tous ces témoignages un raisonnement qui mérite discussion. Oui, dit-on , il y aurait certitude historique s’il s'agissait d’un fait possible : mais toute

st nulle, tout témoignage non aven

s'il s’agit de l'impossible en soi.

J'admets ce raisonnement. 1l est certain, il est d'évidence même que ce qui est émnpossible en soi ne saurait avoir lieu, et que tout témoignage en sens contraire est nul de droit. Donc ce raisonnement est bon; mais il ne s'applique pas iei ; car comment savez-vous que la résurrection d’un mort est impossible en soi ? | |

Hélas! j'en appelle à l’époque, prochaine peutêtre, où la science prétendra ressusciter les morts. En ce temps-là on nous dira : Jésus-Christ est ressuscité, nous l’admettons; mais qu'est-ce que cela prouve ? C'est ce qui peut se voir sans miracle.

Que dis-je ? Dès aujourd’hui je ne sais déjà plus où en est la science sur ce point. Voici que des savants, Je parle de vrais savants, affirment que

«la mort n'est pas sans appel» dans certains

rs

cas ; Je vois en outre de faux savants, abusant de ces faits, annoncer que la science, dans son progrès, nous donnera le secret de la vie; que cette science, étant infinie, nous donnera le pouvoir in-

fini. Et ce sont les mêmes hommes, je parle de ces

Dans un écrit récent d’un savant véritable, libre de tout mauvais système, voici des faits devant lesquels l'esprit de l’écrivain semble hésiter. (Revue des Deux-Mondes , Études physio- 10 iques sur quelques poisons américains, par M. Claude Bernard.) 5 L’estimable et savant auteur s’est, je crois, expliqué un peu obscurément, et peut-être corrigerait-il sa rédaction s’il réimprimait ce travail. Je ne lui reprocherai pas de dire, dans le réeit d’une expérience scientifique : l'animal mourut en dix minutes, pour ajouter ensuite : l’animal retomba dans la mort apparente. Ici la pensée de l'écrivain est claire. Il s’agit de mort apparente. Mais voici des passages où l’auteur semble vraiment hésiter : « De là résulte (dit-il, page 186) cette conséquence « importante que la mort par le curare n’est point SANS APPEL «et qu'il est possible de faire revenir à la vie un animal ou « un homme qui aurait été empoisonné par cet agent toxique. » Et plus bas : « La science vitale existe. et, s’il arrive un jour, « ce qui n’est pas douteux, qu’à force de travail et de patience, « la physiologie soit définitivement fondée comme science, « alors nous pourrons... exercer notre empire sur tout Ce monde « d'organismes élémentaires. qui constituent notre être... En « connaissant.les lois qui régissent leurs rapports divers, nous « pourrons régler et modifier à notre gré les manifestations « vitales. » N'y a-t-il pas là des affirmations bien hardies ? Du reste il ne faut nullement confondre ce savant avec les sophistes et panthéistes qui annoncent que les progrès de la science nous feront Dieu. Car je lis ici même cette affirmation : « Sans « doute le principe des choses nous échappera toujours, la

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derniers, qui rejettent, comme étant nul de droit, l’écrasant témoignage historique qui proclame la résurrection du Sauveur, et cela sous prétexte, tantôt que la résurrection est impossible en soi, tantôt que c’est un fait qui ne s’est jamais vu | Mais, quoi que dise ou ne dise pas la science, n'est-il pas évident en soi, pour qui n’est pas athée, c'est-à-dire insensé, que le principe des choses, que la cause créatrice peut donner, peut ôter, et peut rendre la vie? Dieu peut ressusciter. Il faut avoir perdu le sens de la valeur des mots pour le nier. Il s’agit donc ici d’un événement qui n’est pas

. . Q 4 ? L4 impossible en soi, d’un événement qu'une nuée de

« Science n’atteindra jamais la CAUSE CRÉATRICE de la matière : « seulement nous connaîtrons les lois, etc. »

Ce que j'entends conclure de tout ceci, c’est qu’à une époque où les vrais savants, en présence de faits certains et très-remarquables, s'expriment ainsi, à tort selon moi : LA MORT, dans tel Cas, N’EST POINT SANS APPEL; à une époque où les sophistes, abusant de ces faits (Revue des Deux-Mondes du 15 octobre 1863), se demandent si la sgience ne nous donnera pas un jour «le der- « nier mot de la matière, la loi de la vie ; si, maître du secret de « la vie, l’homme n’en modifiera pas les conditions ; si la science « infinie n’amènera pas le pouvoir énfini, et ne nous rendra « pas vraiment maîtres de l’univers; » je dis qu’en aucun temps, mais surtout dans un pareil temps, on ne peut être admis à rejeter, comme nul, le poids énorme de témoignages historiques certains, sous le prétexte que la résurrection des morts est émpossible en soi.

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